‹ Histoire des FrancsChapitre 66 sur 214 · LIVRE VII {<;28). m · texte numérisé non relu

LIVRE VII {<;28). m

paix follement accordée après la victoire d'Ëtampes , les sanglantes guerres de la Bourgogne et de l'Austrasie^ letonnanle et si opportune mort deThéodoric: et à la fin, la vieillesse de Brunehault , Tenfance et rillégitimitë de ses petits-Gls, les anciennes haines des leudes d'Aulrasie, les subites infidélités de ceux de Bourgogne, les ambitieuses trahisons deWarnachaire. Des trois royaumes où régna ce prince, le premier lui fui conservé par le courage artificieux de Frédegonde, et restitué par la jalouse défection de Théodebert; les deux autres, quHl eût fallu conquérir, on les lui vendit. Il fut à la fois clément et cruel, et l'un et l'autre par faiblesse. Sa timide condescendance pour Dagobert était d'un père, non d'un roi. Il pardonna aux évêques de Son, de Sens et d'EaiiSé, peul-étre parce qu'ils étaient évêques. A Godin, qui était sûrement coupable, il n'osa lui faire ni loyale justice ni grâce. Il aima mieux lui manquer de foi et le faire honteusement assaillir par des meurtriers. A Boson, qui était peut-être innocent , ce furent aussi des meurtriers qu'il lui envoya, au lieu de juges. Vainqueur des Saxon^. il les désarma, et désarmés, il les massacra froidement pour n'avoir plus k les craindre. Maître de la personne de Corbus et de Sigebert, il les égorgea pour posséder avec plus de sécurité leur héritage. Maître de la personne de Brunehault, il voulut sa mort pour être à l'abri de ses vengeances, et de peur d'encourir à son tour la haine de ceux à qui elle inspirait tant de haine, il l'abandonna lâchement à lenr exécrable férocité.

On a dit qu'il se livrait immodérément à Texercice de la chasse ; qu'il résistait difficilement aux dangereuses séductions des femmes; qu'habile à résoudre ce que conseillait la prudence, il l'était beaucoup moins à le maintenir; que, changeant si promptement de pensée et de volonté, cette inconstance d'esprit lui avait, à la longue, ôté le respect et la confiance de ses •fendes : heureux, quelque fâcheuses que fussent ces fautes, s'il n'y en avait pas de plus condamnables dans sa vie !

Il eut du zèle pour les intérêts de l'Eglise. Il en eut aussi pour la réforme des lois ; car le code des Allemands , qu'avait autrefois publié Théodoric d'Austrasie , et oii Dagobert devait faire à son tour de nouvelles modifications, en subit, sous ce règne, de fort importantes (1)»

(i) Et quicquid Theodoricus rez propter yetustissiiuam pagunorum consuetndinem emendare non potuit, post haec Ghildebertus rez inchoa* ▼it, sed Ghlotarius rex perfécit. {Prœfot. ad Capit, Dagoberti régis . )

Page 1