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CHAPITRE PREMIER

ROYAUME d'aquitaine (628-631).

La fortune ne secondait pas seulement Pambition du roi d'Àustrasie ; on eût dit qu'elle l'appelait et la provoquait. Cette mort de Chlotaire, venue si tôt, et, pour ainsi parler, contre nature, lui montrait les voies tout ouvertes , et les obstacles aplanis plutôt que formés. Que pouvait contre lui Charibert si jeune?. Que pouvaient pour Charibert Sichilde et Braudulf? Encore un peu plus d'années à Chlotaire , et cet enfant était homme, cet homme guerrier, ce guerrier roi. Chacun se fût empressé pour le défendre ; personne peut-être n'eût eu la pensée de l'attaquer.

Les circonstances donc favorisant ainsi ^es inclinations, Dagobert s'y abandonna sans ménagement. Ne se fiant point entièrement à la force , ni entièrement non plus à la persuasion , en même temps qu'il envoie des députés en Neustrie et en Bourgogne , pour lui concilier les esprits , il rassemble en Austrasie une forte armée, pour aider encore mieux au succès de leurs sollicitations. Il se hâte , et pendant qu'on délibère encore dans les deux royaumes, ses troupes, déjà réunies , se mettent en marche , débouchent par les Ardennes , passent la Meuse , et viennent camper entre les deux villes de Reims et de Soissons.

Dès ce moment toutes les irrésolutions cessèrent en Bourg;ogne. Les leudes et les cvêques se soumirent ; Dagobert fut roi. En Neustrie , au contraire , on continuait d^hésiter. Mais Thésitation même était un succès. On sedivisait/et la résistance eût demandé la^ plus étroite union. Parmi les leudes, et même parmi les évêques , quelques-uns seulement persistaient à maintenir les droits du jeune 61s de Chlotaire ; tous les autres condescendaient à Tusurpation de Dago* bert. Braudulf cependant réussit à soulever quelques parties du peuple; mais ses succès ne furent ni étendus ni durables. Les troupes d'Austrasie eurent bientôt dissipé ce fantôme d'arrtiée , et une troisième couronne ceignit le front de leur roi. Le principe de lâ'succeiàsion légitime avait triomphé par Chlotaire ; ii se fkisait ma,intenant un premier essai de succession par.droit de primogéniture. On ét^ait parvenu h exclure les enfans nés hors du mariage ; on tentait d'esclure à leur tour les puînés.

Mais cette tentative, d^abord si heureuse, n'eut cependant p9s un succès aussi absolu que le promettaient ces commencemens. Les mécontentemens croissaient jen Neustrie ; les divisions s'y perpétuaient. 11 étak difficile. de garder toujours Tarmée d'Austraste , et difficile aussi d'espérer qu'après son départ le nombreux parti qu'avait encore Charibert, continuât de rester soumis et paisible. L'idée prévalut de lui accorder une satisfaction partielle, et de le désarmer par une sortp de transaction. Charibert serait roi , et posséderait un royaume; mais ce ne serait ni un royaume

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