CHAPITRE II
RADULF (640).
Radulf commandait toujours , ou plutôt régnait en Thuringe. D'abord satisfait de résister auxVénèdes, il ne tarda guère à tenter de moins timides desseins.
À mesure que le gouvernement de Sigebert s^élait afTermi , et que Tarmée d'Austrasie avait repris plus de zèle , les Barbares , contrainls de se partager . et de s'étendre, n'avaient plus eu de si redoutables forces à envoyer en Thuringe. Radulf avait habilement profité de ces chàngemeus , et tandis qu'on se bornait encore à défendre les autres frontières , franchissant la sienne , et assaillant à son tour ceux qui Fassaillaient , il leur avait fait essuyer de sanglantes et glorieuses défaites. Ces succès avaient enflé son ambition. Il nourrissait secrètement l'espérance de s'élever, commeSamon^ au rang des rois, et de rétablir l'indépendance de la Thuringe , perdue depuis la conquête de Théodoric. Quand il eut vu Dagobert mort, deux rois enfans sur les trônes d'Austrasie et de Neustrie, Pépin mort lui-même, et la discorde (car l'indiscrète ambition de Grimoald l'avait réveillée) troublant et affaiblissant de nouveau l'Etat dont il était tributaire, il jugea le moment venu , et n'hésita point à en profiter.
Voulant d'abord réduire le nombre de ses ennemis, et prévenir les diversions qu*auraient faites infailliblement les Vénèdes , il se mit en paix avec eux , et s'assura de leur alliance. En même temps, averti que Fare, de la famille des ducs de Bavière, et fils de ce Chrodoald que Dagobert avait fait tuer malgré ses promesses et l'intercession de Chlotaire , recherchait avec avidité l'occasion de tirer vengeance de ce meurtre , il lui fit proposer de s'unir à lui , et d'associer leurs querelles. Fare accepta , leva des soldats