‹ Histoire des FrancsChapitre 89 sur 214 · LIVRE IX (MO). Î · texte numérisé non relu

LIVRE IX (MO). Î

en Bavière, el les conduisit à Radulf. Alors celui-ci , ses dispositions étant achevées , renonça aux déguisemens, et se déclara affranchi de toute sujétion envers les rois d'Austrasie.

Grîmoald, cette nouvelle reçue , comprit aussitôt les difficultés de la lutte qui allait s'engager, et la nécessité d^un puissant effort pour les vaincre. Il appela donc toutes les troupes que pouvait fournir

. l'Austrasie, aussi bien celles de la rive gauche du Rhin que celles des provinces plus rapprochées dé là Thuringe. Dès que les premières eurent été réunies , Adalgise et lui se mirent en marche^ menant avec eux leur jeune roi Sigebert. Bientôt on passa le Rhin , on rencontra les troupes germaines, Tarmée acheva de se former, et elle partit pour aller au-devant des Thttringiens.

Radulf avait partagé ses forces, ne voûtant ni mettre sa fortune au hasard d'une seule action, ni s'exposer à une défaite décisive sur un point trop éloigné du territoire de ses alliés, ni laisser violer le sien sans en disputer Fentrée. Il avait donc deux armées ; Tune à la tête de laquelle était Fare, et Tautre, dont

, il s'était réservé le commandement. Celle de Fare , destinée à rompre, s'il se pouvait, le premier choc des Austrasiens , s'avança jusqu'à la frontière , et en occupa les passages. Radulf, placé avec la sienne en seconde ligne, demeura libre d'agir selon le succès; prêt à marcher pour soutenir son lieutenant s'il avait du désavantage, ou pour rendre sa victoire plus complète et plus fructueuse, s'il l'obtenait. Mais l'événement

fut si prompt, et ses résultats si considérables, que le duc fut bientôt contraint d'abandonner ces combinaisons. Fare ne fut pas seulement vaincu, mais accablé. Son armée ne fut point repoussée, mais anéantie. Luimême , dédaignant de fuir, périt victime de sa vail-^ lance et de son opiniâtreté. Le nombre des morts fut immense , et ce qui ne mourut pas fut captif. Telle était la joie des vainqueurs , et la confiance dqnt les enivrait leur triomphe , qu'un serment solennel fut fait spontanément dans toute IVmée de n'accorder à Radulf ni composition ni merci. Il ne leur suflGisait plus de sa ruine ; ils juraient sa mort.

Mais lui , homme ferme et supérieur aux revers , ne désespéra pas si légèrement de lui-même et de sa fortune. Sa perte était grande ; cependant elle n'avait guère atteint que les Bavarois , et ce n'était pas en eux qu'il mettait sa principale espérance. Il lui restait sa meilleure armée, ses plus fidèles soldats, ses Thuringiens , bien plus intéressés à cette entreprise que les soldats étrangers. Il lui restait de nombreuses intelligences, qu'il s'était habilement ménagées chez les ennemis. Il lui restait en6n sa renommée, imposant appui dans la guerre, et le temps, féconde ressource, qui en produit quelquefois de si imprévues. *

Renonçant donc au premier plan de guerre qu'il s'était tracé , il leva son camp , s'enfonça plus avant dans l'intérieur de la Thuringe, repassa l'Unstrut et s'arrêta dans une position forte et élevée , non loin du lieu célèbre et funeste où avaient succombé , il y avait

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