‹ Histoire des Gaulois d'OrientChapitre 26 sur 40 · CAMPAGNE DE MANLI06 YULSO CONTRE LES GALATES · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE MANLI06 YULSO CONTRE LES GALATES

I. Guerre d'Antiochus. — L'état de l'Asie va subir un bouleversement profond : dès les premières années du II* siècle, Rome commence à y faire sentir son action irrésistible, quelle n'abandonnera plus. L'attaque d'Antiocbus contre les cités grecques de ce continent, et son expédition, mal combinée et mal conduite, au secours des Eto* liens, avaient attiré sur lui une catastrophe, que nul ne pouvait désormais éviter, s'il s'attirait le ressentiment du sénat. Dédaigneux des conseils d'Annibal , le roi s'était vu rejeter brusquement des Thermopyles en deçà de l'Hellespont, et bientôt refoulé de l'Hellespont sur l'Hermus, où se termina la guerre. En Grèce, s'il en faut croire Polybe \ Antiochus n'avait amené que dix mille hommes; maintenant, au contraire, il semblait vouloir se dissimuler le voisinage de l'abîme en s'entourant d'une foule nombreuse, imitant, quoique de loin, l'exemple des rois tant de fois vaincus par la Grèce ^. Dans cette foule, il comptait, non sans quelque confiance sans doute, des corps de ces Galates qui avaient vaincu son père, et que ni Darius ni Xerxès n'avaient connus.

' Cite par Tite-Live , XXXVI , xix. i q,ooo cavaliers , dit Tite-Live. Ap- ' 69,000 fantassins et plus de pien dit 70,000 hommes.

Le consul L. Scipion, frère de l'Africain, étant parti de Dardane par Rhétée et Hion, arriva en six jours, selon Tite-Live, de cette dernière ville aux sources du Gaïcus^ où il fut rejoint par Eumène, roi de Pergarae. Après quelques soins donnés au ravitaillement de Tarmée, comme l'hiver approchait, on se dirigea vers le camp du roi de Syrie. Celui-ci était établi non loin de là, sous Thyatire, que couvre un petit affluent de l'Hermus. A l'approche de l'armée ennemie, il renvoya à P. Scipion, qui accompagnait Lucius, son fils, fait prisonnier par les troupes royales; l'Africain ému lui fit conseiller, dit Tite-Live, de ne point livrer bataille que lui-même n'eût rejoint le camp, dont une maladie le retenait éloigné. Comme pour se conformer à cet avis, Antiochus passe le Phrygius, qui rejoint, parla rive gauche, la rivière de Thyatire, et vient camper près de Magnésie du Sipyle , qui se trouve au confluent de cette rivière et de l'Hermus^.

Le consul, qui était d'abord allé le chercher vers Thyatire, suivit ses traces et vint camper à k milles de lui. Là un millier de cavaliers, pour la plupart Galates, et un grand nombre d'archers à cheval vinrent, en traversant le fleuve, attaquer les avant-postes et insulter le camp romain. Après cette escarmouche assez sanglante et deux

' Tite-Live, XXXVII, xxxvii. — ' Voyez Tite-Live, ibid, - Cf.

H s'agit plutôt ici du Gérée, affluent PoL XXI, x-xii. Ce dernier parie

du Gaïcus, puisque fauteur dit en- des conditions de paix proposées au

suite (xxxvni) que l'armée mit de là roi avant la bataille, et dit qae l'avis

cinq jours à gagner Thyatire. (Voy. transmis par l'Africain était celai de

la carte de la Grèce européenne et faire la paix n'importe à quel prix,

asiatique dans VAtlaê anttquns de sans risquer de combat contre les

Kiepert.) Romains.

jours de repos, rarniée romaine tout entière passa THermus et vint camper d'abord à deux milles et demi, puis, cinq jours après, à un mille seulement du camp royal. Des deux parts on avait, durant cet intervalle, offert le combat sans l'engager ^ Cependant l'approche de l'hiver et le mépris des Romains pour les Asiatiques, d'un côté, de l'autre, la crainte de voir l'armée syrienne se décourager, firent résoudre la bataille.

Deux légions romaines (c'est tout ce qu'en avait Scipion) occupèrent le centre de son armée, rangées, selon la coutume, sur trois lignes, hastaires, princes et triaires (plus les vélites), et flanquées l'une et l'autre d'une légion latine ou alliée ^. Chacune de ces quatre légions offrait un cadre pour 6,5 oo hommes, mais très-probablement un effectif inférieur : Polybe, dans sa dissertation sur l'organisation de l'armée romaine , donne un chiffre de &,2 0o fantassins à chaque légion, sauf les levées extraordinaires, et, pour la cavalerie, limite le chiffre à 3oo pour les Romains, ajoutant que les légions italiques pouvaient en avoir davantage *. Des auxiliaires grecs et asiatiques, au nombre de 8 à 9,000 tout au plus, s'étendaient à droite sur le flanc des troupes consulaires; à

* Tite-Live, XXXVII, xxxviii. — mais il semble , d'après Polybe (li-

App. Syr. XXX. — Dans Polybe, le vre VI, chapitre xxvi), que Tordre in-

rëcit de la bataille de Magnésie est diqaë par Tite-Live à Magnésie était

perdu. réellement conforme à la coutume

' Appien (chap. xxxi) les place à des Romains. Nous verrons, d aildroite et fait appuyer au fleuve les leurs , qu' Appien se trompe , s'il veut légions romaines. C'est Tordre que parler de légions appuyées complé- Tite-Live lui-même donne à Tarmée tement à THermus. romaine pour la bataille de Cannes; ' Polybe, VI, xx-xxvi.

Page 1