‹ Histoire des Gaulois d'OrientChapitre 36 sur 40 · V, VI · texte numérisé non relu

V, VI

' V, xxiii-xxiv et XLi; cf. xxvm.

* Plol. V,vi,S3,9.

» M. ibid. S 7

la Gabalie S la Phrygie pisidique ^ et la Gilicie-Trachée ^ ; mais il ne la borne point, tant s'en faut, au territoire des trois peuples Gaulois. Il lui donne en effet pour frontières : à Test, la Gappadoce; au sud, la Pamphylie; à louest, l'Asie et la Bithynie^, et, au nord, le Pont et la Paphlagonie^. Après avoir énuméré les villes des Tolistoboyes, des Tectosages et des Trocmes, il désigne comme limitrophes des Gaulois f mais compris dans sa carte de Galatie, les Proserliménites ®, avec les Byzènes et une partie de la Lycaonie"'. Ce dernier mot me fait penser qu'S y a, dans le premier, une faute de copiste, et qu'il faut lire ProslimniteSy c'est-à-dire riverains du lac Tatta, Dans la dernière division, Ptolémée comprend Laodicée Katakekauméné ; puis il nomme une partie de la Pisidie ®, avec Antioche et même ApoUonie; ici encore, comme en Lycaonie, on retrouve des domaines d'Amyntas; ainsi la restriction que Pline avait laissé entendre se trouve effacée. La Lycaonie galatique de Ptolémée s'étend un peu au sud et bien à l'est de Laodicée, Enfin Lystre (en Lycaonie) et Isaura appartiennent également à la Galatie de Ptolémée. On en peut conclure que, sous le haut empire, ces limites n'ont pas subi de variations bien considérables. Néanmoins, comme Ptolémée comprend^ dans la carte de Pamphylie la Pisidie presque tout entière (une Antioche, Gormasa, Gremna, Pednelissus, Selgé), il est possible

' Voyez Ptolémée, livre V, cha- * Ptolémée, V, iv, S i, 5.

pitre V, S 6. " Id. ibid, S lo.

' ld.iUd.%k-^. ' Id.ihid.% 10.

' Id.ihid. S 3. ' ld.ibid.$ 11.

* W. fW(i. iv,Si. ' Id.ibid.$i^.

que, depuis le temps de Pline, la Galatie eût, à la fois, regagné au sud et perdu au sud-ouest.

Les monuments sont d un faible secours touchant Tétendue et les variations de la Galatie impériale. Un petit nombre d'entre eux, sans toucher à aucun grand fait politique, mentionne des provinces ou des contrées en les distinguant de la Galatie; mais ils procèdent par simple énumération , ou même se bornent à énoncer un nom de province. Ainsi Ton trouve dans le Corpus inscriptianum grœcarum un procurateur de Tiberius Claudius et de Nero Claudius, pour la province galatique, honoré dans Iconium comme bienfaiteur par le peuple de cette cité S ce qui s accorde avec les faits rappelés plus haut sur l'étendue de la Galatie au sud, dès les premiers temps de sa réunion à l'empire; tandis qu'une inscription d'Eumenia^ nous fait comprendre que cette ville était restée dans le proconsulat d'Asie. D'autre part, l'inscription en l'honneur de GaBsenius Gallius, citée dans le paragraphe sur la topographie et datée du temps de Vespasien, distingue de la Galatie, la Gappadoce, la Lycaonie et la Pisidie, en accord avec les passages de Pline, auteur contemporain, qui désignent comme en dehors de la province galatique la Gappadoce et la Lycaonie occidentale et en distinguent aussi la Pisidie; chez lui, d'ailleurs, Iconium paraît rejetée hors des limites de la Galatie, ce que l'inscription dé

' Qwjntsinsei^tiomsm grœcarum, clamé dans les jeax augastaux et

n* 3991. aussi dans les jeux césariens de la

* Ibid. n** 8902 b. Décret de la cité. M. Franz pense que c'est celui province d'Asie en l'honneur du pro- qui fut consul l'an 11 avant Jésusconsul Paulus Fabius Maximus , pro- Christ.

cette ville ne permettra pas sans peine d'accorder pour le temps de Claude, mais ce que celle de Meulk-Koi ne nie pas pour le règne de Vespasien. Deux inscriptions désignent le consulaire A. Julius Quadratus comme ayant été lieutenant en Gappadoce et propréteur de Lycie et de Pamphylie^ Vers la seconde moitié du second siècle, un Crescens a été procurateur de Phrygie^; un proconsul du nom de Tatius Titianus était, au temps de Septime Sévère, proconsul d'Asie, et l'Asie comprenait encore la Phrygie pisidique, puisqu'une ville de ce pays, Lacina (larisli), date de son proconsuiat une inscription tracée en l'honneur de la famille impériale^. Dans les inscriptions latines du recueil d'Orelli et Henzen , on trouve ^ un fonctionnaire ayant été (successivement peut-être) lieutenant impérial et propréteur de Galatie, de Pisidie, de Phrygie, de Lycie (ou Lycaonie : LYC), d'Isaurie, de Paphlagonie, du Pont galaiique , du Pont polémoniaque et de l'Arménie (mineure?). Cette inscription, découverte par Hamilton à Antioche de Pisidie^, montre que les dénominations anciennes n'étaient pas oubliées. Elle ne prouverait peutêtre pas que les deux Ponts et la Paphlagonie aient formé trois provinces sous le haut empire (auquel appartient ce texte, puisqu'il y est question de la xni* et de la xxif légion^); il serait donc un peu téméraire d'invoquer cette

* Corpus inscr, n" 3539 , 35/i8. dire de Maro-Aurèle et de L. Verus. La Pamphylie restait donc en dehors (Voyez n" 3888.)

de la Galatie, de même que la Cap- ^ Corpus inscr. n° 3956. padoce. * Ibid, n° 6919.

* La date secondât de son nom, * Yalobatch, n° 178 de Fappen- M. Aurelias Crescens, puisqu'il est dice.

dit affranchi des empereurs, c'est-à- ^ rrLeg[atus] leg[ionis] xnicen [1.]

DES GAULOIS DECRIENT. 365

inscription, si Ton n'avait pas d'autre preuve pour montrer que la Pisidie et Tlsaurie étaient administrativement séparées du pays des Galates. Mais, si Ton rapproche de ces lignes une inscription de Gagliari ^ en l'honneur d'un Cosconius Fronto, qui fut successivement proctiratettr du vingtième dans le Pont et Bithyniey le Pont intérieur (galatique) et Paphiagonie, l'Asie, la Lycie, la Phrygie, la Galatie et les Gyclades, il sera permis de penser que les subdivisions officielles furent plus souvent qu'on ne le pense conformes aux divisions historiques. Le Pont galatique se trouve ici joint à la haute Paphiagonie, mais en conservant son nom, comme le Pont proprement dit était uni à la Bithynie et à la Paphiagonie maritime, comme la Phrygie gardait sa dénomination dans l'ordre civil, tout en formant deux circonscriptions judiciaires.

IL Le gouvernement impérial en Galatie. — Quelle fut, sous le haut empire, la condition politique de la Galatie? C'est ce qu'il n'est pas difficile de déterminer. Dion Cassius, il est vrai, dans son tableau des provinces publiques et des provinces de l'empereur ^, ne nomme point la Galatie, dont il ne raconte l'annexion qu'un peu plus loin; mais il vient de dire que les provinces faibles, pacifiques, non exposées à des mouvements hostiles, furent seules données au sénat, et il ajoute presque aussitôt que les provinces réunies postérieurement à ce partage furent dans le lot de l'empereur. Strabon , d'ailleurs , avait tranché la question, si toutefois c'en était une, et il l'avait fait avec

rrgeminae,D et plus loin rrTrib. leg. ' Henzen, 69/10. ffxxiipriiiiig.9ï ^ Dion Gassius, LUI, xri.

l'autorité d'un contemporain, voisin du territoire dont il parle, quand, exposant, à la fin de soii ouvrage ^ la géographie générale du monde romain, il énumère les provinces, consulaires ou prétoriennes, laissées par Auguste au peuple romain^ et qu'il y comprend l'Asie en deçà de l'Halys et du Taurus, sauf les Galates, les peuples qu'avait gouvernés Amyntas, la Bithynie et la Propontide, Quel- . ques lignes plus loin, il dit que la part du sénat s'augmenta de ces deux dernières, et il ajoute : xà^ S'àXkœs èncLp)(icLs 6)(ei Kcuaap. La Galatie et le reste du royaume d' Amyntas étaient donc, depuis Auguste, au nombre des provinces du prince.

Dion Cassius explique très-clairement en quoi consistait Le gouvernement des provinces, tant sénatoriales qu'impériales, et il décrit ainsi l'administration de ces dernières, les seules qui doivent nous occuper ici: Le gouverneur, nommé par le prince, portait le titre de propréteuTy quand même il eût été consul. H avait l'épée et l'habit militaire, en signe de la juridiction qu'il exerçait sur les soldats, et il était accompagné de six licteurs; mais il ne prenait les insignes de son pouvoir qu'en entrant dans son gouvernement, et le terme de son administration n'était point fixé d'avance. Ainsi, moins pressés de s'enrichir, les propréteurs pouvaient être moins habituellement pillards et trouver le temps d'exécuter des réformes utiles^. C'étaient ordinairement d'anciens préteurs, quelquefois d'anciens questeurs ou autres magis-

^ Strabon, t. III, p. 5o9-5o3. produits dans ce pays le système des ^ Voyez , dans le Voyage en Chine, mutations à époques fixes et rapprepar M. Hue, les fâcheux effets qu'a chëes.

trats d un rang moyen dans l'ordre sénatorial , les chevaliers étant plutôt réservés pour le commandement des forteresses. Des procurateurs, chargés de la levée des revenus du prince, étaient envoyés dans les provinces, et l'administration financière devait rester étrangère aux propréteurs. Gouverneurs et procurateurs reçurent, depuis Auguste, un traitement fixe, et ne durent rien toucher de plus, sans Tordre du pouvoir central; lorsqu'ils recevaient un successeur, ils devaient quitter la province dans un délai de trois mois^

Pour ce qui concerne la Galatie au point de vue militaire, une inscription funéraire du recueil de MM. Lebas etWaddington nous signale la présence, à Ancyre, de la légion prima adjutrix^, et M. Texier en donne une autre, tracée par la légion Macédonienne Auguste^ en l'honneur d'Hadrien. M. Cavedoni a fait observer, d'après un passage de Suétone [inVesp.)^ que, du*temps de Vespasien et à cause d'incursions de barbares, un ordre impérial réunit temporairement la Gappadoce et la Galatie, et qu'il y plaça un consulaire avec des légions ^.

' Dion Casshis, LUI, xii, xv. — latgik, à 18 milles d'Angora et s 5

Saëtone , Aug. xlvii. de Sangra. ( Voyage en Asie Mineure ,

' Ct>rptMtf»c7*.n*i796.L'abbëBel- p. 190.) Quant à Tinscription de la ley, dans son Mëm. sur Ancyre ( Acad. page précédente , elle ne parait pas des inscript, anc. série, t. XXXVII), être Tœuvre d^une l^on, mais elle dit sur ce sujet : tr Ancyre avait une semble tracée .en Thonneur d'un progarnison romaine, représentée par préteur de Galatie , puis de Cilicie , ex- Taigle légionnaire , au milieu de deux questeur de la 3' légion Augusta , exenseignes militaires, sur les médailles lieutenant de la 6' légion Ferrata. frappées en Thonneur de Septime Se- — Voyez aussi Henzen , n" 69 1 3. vère,de JuliaDomnaetdeCaracalla.» * Voyez Franz, Addenda ad Corp.

' Cantonnée, dit l'auteur, à Ga- inscr. gr. t. III, n° 4oi5.

M. Schœnemann, dans sa docte dissertation deBithynia et PontOy pravincia romana ^ décrit, à son rang, l'administration de la Bithynie, quand elle fiit passée, au temps d'Hadrien, sous la domination exclusive du prince, et il trouve là peu de détails nouveaux; mais, grâce à la mission temporaire que Pline le jeune avait exercée un peu auparavant dans ce pays, comme délégué extraordinaire de Trajan, il a pu tirer de leur correspondance beaucoup de renseignements pour éclairer les détails de cette administration, à laquelle, sauf le mérite et la probité du personnage, nous pouvons assimiler, en thèse générale, le gouvernement des propréteurs. Nous le voyons exercer sur l'administration, même municipale, une surveillance active, utile peut-être dans certaines conjonctures, comme celles qui avaient amené sa mission, mais passablement minutieuse; il ne lui manque qu'un Tocqueville pour revêtir l'aspect d'un intendant de l'ancien régime. Choix des sénateurs (échevins et capitouls), condition d'entrée dans ces diminutifs de sénats^, droit de faire des largesses au peuple, vérification détaillée et rigoureuse des comptes municipaux ^, édifices à réparer ou à cons-

' Gœttingen, i855. le droit de faire sa volonté que le

' cLors de la réforme municipaie conseil municipal de la ville. Elle

de 176A, un intendant consulte les ne pouvait même parier quV

officiers municipaux d une petite ville près avoir sollicité la permission exsur la question de savoir s'il faut presse de l'intendant fut- elle

conserver aux artisans et autre menu même unanime , elle ne pouvait ni

peuple le droit d'élire leurs magis- s'imposer, ni vendre, ni acheter,

irais, Ti {L'Ancien régime, f, 167.) ni louer, ni plaider, sans que le

^ rr Cette assemblée démocratique conseil du roi le lui permît.» (Ibid.

de la paroisse n'avait pas plus p. 99.)

truire, tout est de son ressort^. . . en apparence, bien entendu, car, sur ces graves matières, il en réfère à chaque instant à Rome^; quand il s'agit de créer une compagnie de pompiers, l'autorité centrale décide en dernier ressort que, vu les désordres qui pourraient s'ensuivre, l'initiative locale ne doit pas aller jusque-là^. Le gouverneur avait aussi à présider la cour impériale [conventus juridicus) j à juger les causes des provinciaux, à sévir contre les soldats dont il disposait ^. Les employés qui figurent dans cette correspondance sont un conseiller et des cantubemales (peut-être à titre officieux), un préfet de la côte du Pont, qu'on ne retrouverait pas en Galatie, trois procurateurs, dont deux sont appelés à prendre part aux travaux de la juridiction contentieuse^; on voit aussi, par les lettres de Pline, que les postes étaient établies pour le service de l'Etat ®.

Quant à la Galatie en particulier, les inscriptions nous apprennent peu de chose sur les fonctionnaires romains qui ont présidé au sort de ses habitants. Ëusèbe et Eutrope ^ disent que le premier propréteur de ce pays fut un certain Lollius; quant au Gaesenius Gallius dont j'ai parlé plus haut, on l'appelle , au temps de Vespasien , cr Leg[atum]

^ Schœnemann, p. 35. — Dans obtenir la permission de relever son

Pline, voyez spécialement les lettres clocher ou de réparer son presby-

35, 43, 46, 48, 91 et ii4 du tère.» {L'Ancien régime j^^f. 118.) X' livre. ' Schœnemann, p. 36.

* ffPour arriver à tout diriger de * Id. ibid. Paris, il a faflu inventer mille * Id, p. 36-37.

moyens de contrôle Je n'ai ja- * Id. p. 38.

mais remarqué qu'il s'écoulât moins ^ Voyez Texier, Revue des deux

d'un an avant qu'une paroisse pût Mondes, août i84i, et Contzen.

«fpropr[aBtore],T^ dans rinscription de Meulk. D'autres monuments trouvés en Galatie, mais non datés, du recueil de MM. Lebas et Waddington, désignent comme (rLeg[atum] (r Aug[usti] pr[o]praBtore n L. Petronius Verus * ; comme procurateur de Galatie, puis procurateur du vice -président de la même province et du Pont^, un certain Senecion, et enfin ^ L. Didius Marinus comme ayant été aussi procurateur en Galatie, et, plus tard, procurateur des familles de gladiateurs en Asie, [Bit]hy[nie] , Galatie, Cappadoce, Lycie, Pamphylie, Cilicie, Chypre et Pont. On en peut conclure que le Pont et la Bithynie étaient alors séparés. Nous avons vu tout à l'heure qu'une inscription citée par M. Texier était tracée en l'honneur d'un ancien chef de légion, devenu ensuite propréteur de la province de Galatie et de celle de Cilicie : j'y reviens pour faire observer qu'il avait été préteur (à Rome) et proconsul de Pont et Bithynie avant de remplir ces trois fonctions, énumérées après celles-là dans son cursm honorum, comme si le commandement d'une province militaire et impériale était considéré comme un titre supérieur aux deux autres; je ne pense pas d'ailleurs que les mots Prpr. provinc. Galatiœy provinc. Ciliciœ, indiquent une réunion, même temporaire, de ces deux gouvernements. Dans les inscriptions d'Orelli et Henzen nous trouvons encore, outre celle de Meulk, deux textes latins dont on peut trouver, par induction, la date approximative*. J'ai déjà parlé de tous deux à propos des limites de la Galatie romaine, mais c'est ici l'occasion de les rappeler pour

* Corpus inscr. n° 1790. ^ Corpus inser, n" 1794.

' Ibid. n" 1793. * Ibid, n" 6912 et 69/10.

suivre, autant que possible, la série des gouverneurs, et surtout pour constater le maintien du régime des propréteurs et procurateurs en Galatie. L'inscription trouvée à Yalobatch (Antioche de Pisidie) par M. Hamilton appelle (rleg[atum] Aug[usti] propr[aetore] provincpœ] Gaffl[atiae]. . . PontiGala[tici], etc. t? un certain Stell. SoUers (P. I. StelL Soplerjti) que M. Henzen reconnaît, d'après d'autres données, pour avoir été consul mffectus vers le principat de Trajan; le Gosconius Fronto, fils de Marcus, qui, d'après Imscription de Gagliari, a été procurateur du vingtième en Galatie et autres lieux pour les Augustes y doit avoir exercé cette fonction sous Marc-Aurèle et Verus, car, sous la tétrarchie de Dioclétien, on ne trouverait pas apparemment, ni la province de Pont et Bithyniey ni celle de Pont intérieur et Paphlagonie. Quant à la légion première italique ^ qui figure dans le même texte, il faut avouer que la Notitia dignitatum contient une désignation semblable, avec le titre de Pseudocomitatensisy pour un des corps attachés au diocèse d'Orient. Tout au moins faudrait-il reporter ce texte aux premiers temps de Dioclétien et Maxîmien ; mais il est plus naturel de voir dans Gosconius Fronto M. F. un fils de M. G. Fronto, le (rcher ff maître 7) de Marc-Aurèle.

G'est aussi au second siècle, au principat d'Hadrien, qu'appartient la propréture de G. Julius Scapula, honoré par un décret d une tribu d'Ancyre ^ ; seulement nous ne pouvons affirmer positivement qu'il ait exercé cette fonction en Galatie, non plus qu'un consulaire, portant le

' Corpus inêcr. gr. n* /joqq.

nom de C. Julius Severus (consul en 1 55, dit M. Franz), et qui n*est désigné comme propréleur que pour la Palestine dans rinscription ancyriote ^ rédigée en son honneur. Galpurnius Proculus, proconsul d'Asife et propréteur en Belgique, est signalé comme bienfaiteur et sauveur de la grande cité galate ^, sans désignation de date. Quant à Fulvius Rusticus yEmilianus, lieutenant de l'empereur, propréteur et consul, dont le sénat et le peuple d'Ancyre honorent également les bienfaits, son consulat est de Tannée 206'. Le gouvernement d'un autre consulaire, Minucius Florentins, est désigné ailleurs, sans titre ni date, comme celui où un travail très-utile à Ancyre a été exécuté *. Il y a une monnaie ancyriote de T. Pomponius Bassus a propr[aBtore] ^. n Quant aux inscriptions grecques du Corpus, trouvées en Galatie autre part qu'à Ancyre même, aucune d'elles ne mentionne de gouverneur du pays.

Ancyre, en effet, fut toujours la métropole de la Galatie entière, durant le haut empire. Elle porte le titre de Métropole de Galatie dans l'inscription en l'honneur de Galpurnius et de Fabius Silo, et elle y joint à son propre

' Corpus inscr. n' Aoag. Galatia. — L'abbë Bellay, dans le

* Ibid. n° ûoii. — Un L. Fabias $ 6 de ses Obêervations sur VHit' Cilo {sic) , deux fois consul (pour la toire et les monuments de la viUe d'Anseconde fois en 30/1 , dit Franz ) , est cyre ( Acad. des inscr. ancienne sërie, désigné, au n* 5896 {Addenda)^ t. XXX VU), signale aussi, d'après comme gouverneur et conune /»a/ron les médailles, cette propréture de (tsrpoo^aT^) d' Ancyre, métropole Poinponias Bassus, sous Nerva et de Galatie. Trajan, celle de L. Fabius Silo, au

^ Ihid. n* /ioi2. temps de Septime Sévère, et quatre

* Ihid, n° /io5o. autres dont la date lui est inconnue,

* Eckhel , Doctr, numm. vet. t. III , y compris celle d'i£milianus.

nom l'épithète de Sébasle [Atigusta); elle s'appela aussi i4ntoninienne, sous le règne d'Antonin Caracalla^ Ailleurs^ elle est qualifiée simplement de métropole^ sous Vespasien peut-être, certainement sous Marc-Aurèle et au ni^ siècle, comme sur les monnaies de Néron, Antonin et Garacalla. On ne peut guère en méconnaître les habitants dans les Sébasténiens Tectosages du texte rédigé en l'honneur de Cocceius Alexander'. On a voulu pourtant trouver une Sébaste tectosage différente d'Ancyre elle-même. Eckhel, il faut en convenir, refuse à cette dernière ville les médailles qui portent la légende CEBACTHNÎ2N avec les mots KOINON TAAATfîN, soutenant que, quand Ancyre a pris cette épithète, elle a toujours maintenu son nom à côté ; que, d'ailleurs , le nom d'Ancyre figure seul sur une médaille de Néron , et que le nom de Sébaste n'est jamais uni au titre de métropole. Eckhel rappelle aussi une Sébaste de Galatie, distinguée d'Ancyre par Pline, mais je ne vois aucune raison pour la placer chez les Tectosages. 11 me semble que toutes raisons purement négatives ont une bien mince valeur en présence des mots Koivot* TaXaTS)v, qui ne pourraient guère être accolés au nom d'une cité de quatrième ordre; elles balanceraient tout au plus la mention du sénat et du peuple des Sébasténiens Tectosages dans l'inscription citée. L'abbé Belley, dans son mémoire inséré au trente-septième volume de l'Académie des inscriptions, est assez pressant à cet égard quand il signale, sur le

* Voyez Eckhel, ubi supra et dailles de Commode et de Gallien,

Belley, S 3. dans les Nummi antiqui populorum et

^ Corpus inscr. grœc. n" 4oi9, ttr^tum f7/tt«/r«ft de Hardouin. /iOi5, /ioao, ^oAq , et diverses mé- ^ Corpus inscr. gr. n** Agi o.

revers où se trouve le mot ^eSoL(/lvvGûv (avec Koivov TctXctr tS)v au droit) , une représentation qu'il pense être celle du fameux temple d'Auguste, existant encore à Angora; mais les détails donnés par Eckhel lui-môme sont plus concluants encore contre la thèse qu'il soutient, puisqu'il nous dit que ce temple est hexastyle; c'est donc bien, comme l'a fait remarquer M. Texier, l'effigie même du temple d'Auguste, lequel e«^ hexastyle etpériptère. Déplus , sur les huit médailles rapportées par Eckhel à Sébaste, parce qu'elles portent le nom de ^eSac/lrfvcfôv sans celui d'ÀyxvpiràvciôVy quatre présentent la figure de Men, qu'on trouve aussi comme type ancyriote; enfin le sénat de Sébaste, nommé ^sur l'une de ces médailles, y porte le titre de sacré y par allusion sans doute au néocorat d'Ancyre, constaté aussi par la numismatique; or l'une des tribus ancyriotes s'appelait tepà BovXalct.

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