LA PROVINCE DE 6ALATIE
I. Formation de la province. Son étendue. — (r A la mort (rd'Amyntas, dit Dion Gassius^ Auguste ne confia point (Tson royaume à ses enfants, mais- en fit une province (T romaine. Ainsi la Galatie, avec la Lycaonie, eut un gou- (fverneur romain; les contrées de la Pamphylie qu Amyn- (rtas avait possédées furent rendues à leur autonomie (tô ffi5/!fii) rrfjxû)).^ Strabon nous apprend, de son côté, que Sagalassus était déjà, de son temps, crsous le même gou- «rverneur romain que tout le royaume d'Amyntas ^. -n Dès l'origine donc, la province de Galatie eut des limites bien différentes de celles du pays galate proprement dit. C'était peut-être la même politique qui, dans la Gaule européenne, minait les nationalités indigènes, en créant une Aquitaine et une Belgique de convention.
Quatre-vingts ans plus tard, Pline ^, décrivant cette province, la représente comme occupant d'abord une grande partie de la Phrygie (territoire des Tolistoboyes, des Votures et des Ambitues), avec Gordium, l'antique capitale du pays. Il la limite, à l'est et au nord, par la Cappadoce, prise, comme on le voit, dans le sens primitif, c est-à-dire comprenant le Pont, mais dans laquelle
' un, xxTi. — » T. III, p. 60 de réd. Tauchnitz. — ' V, xlii.
il étend le territoire des Galates eux-mêmes (Teclosages et Teutobodiaques) ^ plaçant les Trocmes en Paphlagonie et en Méonie : tout cela est assez confus, car les Trocmes étaient entre le Pont et les Tectosages. Enfin il ajoute que la Galatie va, au sud, jusqu'à la Cabalie, en Pamphylie, exclusivement^^ jusqu'à la Myliade de Baris et au territoire de Cyllante et d'Oroanda, en Pisidie. Elle touche aussi , dit-il , à la partie de la Lycaonie que Ton appelle VOhigène; ce qui donne à penser quAmyntas n'avait jamais possédé la Lycaonie tout entière, et confirme ainsi le double témoignage de Strabon et de Dion Cassius. Pline conserve à la Phrygie Cotyœum, Midaeum, Célènes (Apamée)^; à la Lycaonie, qui dépendait de la province d'Asie, Philomelium, Thymbrée, Peltae; tandis qu'Iconium est dans la tétrarchie lycaonienne ^, c'est-àdire apparemment que ce district était laissé à la Galatie. De Cibyra , dépendaient , dans l'ordre judiciaire , Hierapolis et Themisonium; de Synnada, dépendaient la Lycaonie non galatique et la Phrygie septentrionale; il y avait à Apamée un autre conventm juridicus ^ ; ces détails peuvent servir à déterminer les frontières de la Galatie impériale. Quant au Gallus, que Pline comprend dans la Galatie, mais qu'il distingue du Sangarius, comme il prétend que
' Ces derniers étaient apparem- de la Cabalie. Il faut plutôt, avec
ment une tribu germanique. Hamilton, la chercher au bord du
' nAttingit Galatia et Pamphyliœ lac Hoïran (II, 359 ). ^^ ^^^^^^ ^^
(rCabaliam.9) L'Oroanda dont Pline en Pisidie, entre Antioche et Saga-
va parler ne saurait être celle dont lassus. (Voyez Pline, V, xxiv.) parle Tite-Live; ce n'est pas certes ^ V, xli; cf. xxix. Œnoanda , qui faisait jadis partie de ^ V, xxv. la Cibyratique et se trouvait au sud * V, xxix; cf. xxviii.
les Galles de Cybèle en tiraient leur nom ^ il est à croire qu'il veut parler du Sangarius de Pessinonte. Le véritable Gallus est au nord-ouest de Dorylée , et ne peut, en aucun cas, être compris dans la Galatie de Pline.
Cet écrivain , en nommant les trois oppida^ Ancyre chez les Tectosages, Pessinonte chez lesTolistoboyes, et Tavium chez les Trocmes, ajoute que la Galatie comprend cent quatre-vingt-quinze peuples ou tétrarchies 2, c'est-à-dire cent quatre-vingt-quinze cantons, car des tétrarchies comme celles-là ne rappellent pas plus les douze tétrarques indépendants que nos baillis royaux du xvn* siècle ne rappellent ceux du xui*. Pline nomme quelques-uns de ces peuples, et le P. Hardouin, son annotateur, croit reconnaître quelquefois, sous les noms qu'il transcrit, ceux de localités d'Isaurie , de Pisidie et même de Lycie intérieure; mais on voit par là qu'il attribue au mot atttngit, cité plus haut, un sens trop étendu. Il semble, d'après le texte de Pline, que, de son temps, Iconium (Konieh), Isaura, Antioche-Césarée, Oroanda et Sagalassus, n'appartenaient pas à la province de Galatie ', bien qu'il y comprenne Séleucie et Lystre, l'une pisidienne, l'autre isaurienne; elle aurait donc été restreinte au sud depuis le temps de Strabon.
Au siècle suivant, Ptolémée distingue aussi de la Galatie le Pont galatique *, ainsi que l'Arménie mineure ^, la Lycaonie ®, la Pisidie ^ la Pamphylie, même intérieure ®,
'. Pline. V, m.ii.
' Ptol. V, vn.
' Id.ibid.