‹ Histoire des Gaulois d'OrientChapitre 39 sur 40 · Â HISTOIRE · texte numérisé non relu

 HISTOIRE

cette ville signait: <rMarcellas, Ancyrae Galatiae primae^D On pourrait se demander toutefois si la locution grecque dont ces mots sont la traduction ne faisait pas de FoXarias le complément de xspdrvs (t[roX^6>s) , d'après un usage assez fréquent dans les monuments de l'époque impériale; mais cette interprétation serait ici inadmissible, la désignation étant la même pour Juliopolis. Marcellus demeura longtemps sur le siège d'Ancyre et est cité par saint Âthanase pour son attitude orthodoxe au concile de Nicée; il fut même, à diverses reprises, expulsé par les Ariens. Il paraît qu'à partir de 35o il ne reparut plus à Ancyre, son langage inconsidéré ayant répandu chez les catholiques des doutes sur l'intégrité de sa doctrine. Le rival de Marcellus était attaché au parti des semiariens; en 358, il réunit à AncjTe, pour la dédicace d'une église qu'il avait élevée , une assemblée d'évêques qui repoussa le dogme de la consubstantialité : il fut disgracié cependant avant la mort de Constance ^. Le nom de Juliopolis, mentionné parmi les villes de Galatie, montre que cette province avait alors dépassé la limite du Saugarius moyen; il s'agit bien eu effet de la Juliopolis de Bithynie. Mordtmann, dans le passage de sa brochure sur Gordium où il montre qu'on n'a le droit d'identiBer cette dernière ville avec aucune des Juliopolis, en signale une, il est vrai, sur la route d'Eski-Kara-Hissar à Ak- Schehr, celle que nous trouvons dans Ptolémée à l'est de Synnada et au nord-est d'Apamée', et l'on pourrait penser qu'il en est ici question, à ne considérer que sa position

' Lequiei),OrîeiifeAm(»aiiitf^tl, ' Leq. 0»*. ribttt. col. &5846o. coL A58. ' Ptol. V, ii,Sîi4-95.

si voisine du pays gaulois; mais il paraît qu'elle avait disparu ou perdu toute importance à Fépoque du Bas-Empire. Dorylée, Synnada, Âpamée, sont, en 3â5, comme de coutume, en dehors de la Galatie et appartiennent à la Phrygie. La Pisidie renferme alors Iconium , et Tlsaurie, Antioche et Lystre.

Un siècle environ après le concile de Nicée, dans la Notùia dignitatum utriusqiie imperii, la Galatie est définitivement divisée en deux provinces. L'une est consulaire; l'autre, sous le nom de Galatie Salutaire^, est régie par un président : toutes deux font partie du diocèse (civil) ou vicariat du Pont. Les deux Phrygies, la Pisidie, la Lycaonie, sont si bien séparées du pays galate, qu'elles appartiennent au diocèse d'Asie. Le Pont polémoniaque est une province distincte dans le diocèse du Pont, ainsi quel'Hellénopont, l'Honoriade, la Bithynie, les deux Arménies et les deux Gappadoces. Pancirole , dans son Commentaire sur la Notifia y dit que l'Honoriade, constituée par Théodose, s'étendait de l'Halys au Billeus (au Sangarius, suivant M. Perrot); elle ne comprenait ni Gangra ni Pompeiopolis , qui furent laissées au Pont, mais bien Glaudiopolis de Bithynie, comme métropole, Héraclée, Prusias et trois autres cités moins connues. M. Perrot vient de fixer à Bolu l'emplacement de Bithynium-Claudiopoli

is

Ce fut Théodose, ajoute Pancirole, d'après Etienne de

^ Ainsi nommëe à cause des ris, donné à plusieurs provinces,

sources de Myricion-Therma , et peut- t. XXXV de l* Académie des inscrip-

être aussi de Germa. (Voyez Belley, lions, ancienne série.)

Observations sur le titre de Sduta- * P. /i3-&6 de son grand ouvrage.

Byzance, qui divisa la Galatie en deux provinces^ : Ancyre fui la métropole de la première, et Pessinonte de la seconde, c est-à-dire de la Galatie Salutaire; cette division subsista longtemps. Au milieu du vi® siècle, l'évêque de Tabia (Tavia ou Tavium) figure au concile de Constantinople comme représentant de son métropolitain , celui d'Ancyre, et Ton sait que les circonscriptions ecclésiastiques concordaient avec les circonscriptions civiles. Antioche est désignée là comme appartenant à la Pisidie, Synnada, comme métropole de la Phrygie Salutaire, et Laodicée, de la Phrygie Pacatienne. En 681, les souscriptions d'un autre concile de Constantinople donnent de nouveau Ancyre comme métropole de la Galatie première, et Pessinonte, de la Galatie deuxième; Juliopolis est aussi dans la première; mais l'Isaurie et la Lycaonie sont toujours à part. Enfin, en 706, parmi les souscriptions de ce qu'on appelle souvent le concile in Trullo (et je crois aussi le Quiniseœte), si la ville d'Ancyre est dite simplement métropole des Galates, Pessinonte l'est de la seconde Galatie^ il y a cependant au sud quelque modification. Pancirole nous apprend que le consulaire de la première Galatie avait été remplacé de bonne heure par un vicaire, et que la deuxième eut un comte. Tels sont les grands traits de cette topographie; mais, grâce aux patientes recherches de Wernsdorf ^ et de Lequien, nous pouvons aujourd'hui, sans beaucoup de peine, la reproduire avec beaucoup plus de détail.

^ L'abbë Belley dit la même chose voya aucun représeutant au concile et s'en réfère à Mdala. — La Galatie , de Constantinople tenu sousce règne, désolée alors par Tarianisme, n'en- * De rep. Gaht, eh. ¥,87.

Autour d'Ancyre, qui figure partout comme métropole de la Galatie première, déterminons, s'il est possible, l'emplacement des villes épiscopales que des textes précis nous désignent comme appartenant à la même province. Nous pourrons ainsi nous donner une idée de son étendue et de sa forme, puis y grouper d'autres localités dont on connaît au moins la position par rapport à celles-là.

Un évêque de Tabia ou Tavium, l'ancienne capitale des Trocmes, que nous avons dû reconnaître dans Nefez- Kieui, signe, en 658, une lettre des évêques de la première Galatie à l'empereur Léon ; un autre paraît au cinquième concile général comme représentant du métropolitain d'Ancyre; un autre encore signe, en 706, au Quinisexte : ÈitlaxoTtos zt6Xeœs Taêlcts Ttfs ztpcûTtfs Tœv FaXaTÛt^ êircLpxlcLs^.

Des évêques de Juliopolis signent aussi, comme appartenant à la première Galatie, les actes du concile d'Ancyre (3 1 û) , du sixième concile général , du Quinisexte 2, et déplus, sans désignation de la province, du septième concile général. Kiepert, qui, d'abord, confondait cette ville avec Gordium , mais a rectifié son erreur dans Y Atlas antiquu8y la place près du Sangarius, à droite et près de l'endroit oii il a commencé à former un arc surbaissé, convexe au sud , avant de se diriger vers le Pont-Euxin. Ce lieu appartenait à l'ancienne Bithynie'; mais, comme les itiné--

^ Voyez la Collection des eoneiles, c'est sans doute une &ute d'impres-

col. 1697. — Lequien, Oriens ehris- sion.

tianus, coL 4 78-47 6. ^ Voyez Ptol. V, i, et mon cha-

^ La Collection donne Ibiopolis: pitre viii, S 5.

raires nous l'apprennent \ Juliopolis était entre Lagania, que nous retrouverons tout à l'heure, et Dadastane, ville frontière de la Bithynie impériale ^. Cette dernière ville est placée par Kiepert, apparemment d'après le réseau des itinéraires, à l'ouest de la longitude d'Héraclée, qui est presque celle de Juliopolis. Nous avons donc déjà obtenu ce double résultat, de constater que la Galatie d'alors avait dépassé le Sangarius moyen, ancienne limite de la Bithynie, et que la Galatie première occupait toute la région nord des Galates, atteignant ou même dépassant la longitude de Pessinonte, qui était la métropole de la seconde. Lagania ou Laganea, dont je parlais tout à l'heure, est aussi placée par Kiepert à droite du Sangarius, mais près du coude qu'il forme vers l'ouest, après la réunion des rivières d'Ancyre et de Pessinonte. L'itinéraire d'Antonin la met en effet entre Juliopolis et Minize ou Mnizi. C'était aussi une ville épiscopale de la Galatie première, au temps du concile de Chalcédoine (A5i); au sixième et au septième concile, ce siège figure sous le nom d'inastampolis^. Mnizi, qui, dans l'itinéraire d'Antonin est la seconde mân^io, en allant de Juliopolis à Ancyre, et que Lequien a raison, sans doute, d'identifier avec le Mirago de la Table, entre Lagania à l'ouest et Ancyre à l'est, était aussi un des évêchés de la Galatie première, comme le montrent les conciles du v® et du vn* siècle *. Cette ville

' Voyez Wernsdorf, /. /. deaux à Jérusalem la nomme aussi,

* Id. ihid. et Amm. Marc. XXV, et qu'Arcadius y a promulgué des

Page 1