‹ Histoire des Gaulois d'OrientChapitre 40 sur 40 · X. C'est là que mourut Jovien. lois · texte numérisé non relu

X. C'est là que mourut Jovien. lois

' Voyez Wernsdorf, /. /. Wems- * Voyez Lequien, Oriens chrisua-

4orf ajoute que Fltinéraire de Bor- nus, col. /i 8 1-48 a.

se trouvait, comme on le voit dans Kiepert, au nord de la rivière d'Angora.

Nous voyons donc rattachée à la province d'Ancyre une bande de terrain longue, mais assez étroite, se dirigeant à louest de la métropole, en suivant la vallée du Sangarius. Gangra était dans la Paphlagonie ^ ; Claudiopolis ou Bithynium (Bolu) était la capitale de l'Honoriade, qui comprenait aussi Cratia ou Flaviopolis (Keredi), et, par conséquent, devait s'étendre au sud jusqu'aux monts Orminius*.

De l'autre côté de la métropole était Aspona, (rGalatiœ crmunicipium brève, i^ dit Ammien Marcellin ^, que Jovien traversa en venant de Cappadoce à Ancyre, et que les signatures de Ghalcédoine, du sixième concile général, du Quinisexte et du septième, désignent comme ville épiscopale de la première Galatie. Je ne sais où mettre Verinopolis et Calumène, que Lequien place aussi parmi les évêchés de cette province, ni la ville de Synodie, citée par Wemsdorf d'après une notice. Ginna figure dans celle de Hiéroclès et dans les signatures de divers conciles généraux à partir de celui de Nicée *.

Quant aux villes non épiscopales, Wernsdorf en cite un grand nombre, même en dehors de celles que nous font connaître Strabon et Ptolémée, et dont j'ai parlé ailleurs; il accompagne ordinairement leurs noms d'indications topographiques qui doivent leur faire trouver place ici. Ge sont d'abord, sur les frontières de Cappa-*

' Voyez In Trulh. mentaire sur la Notitia dignitatum.

*^ Cf. Perrot, t. I, p. 43-/i/», la ' XXV, x. carte de Kiepert, et Pancirole , Gom- * Ladjuien, col. 483-/i84.

doce, Andrapa ^ Therma, Stabium ^; puis Soanda, Mogaron et Daranon, signalées à la fois comme limitrophes de la Gappadoce et comme voisines de Tavium, ce qui nous montre que la frontière de la Gappadoce impériale était peu éloignée de Nefez-Kieui; Pardosena, voisine aussi de la frontière des Trocmes et près de Tavium*; Gorniaspa, près de Tavium, sur la route de Sébaste^. Dans une direction un peu différente de celle-ci étaient Garmias ou Garimas, entre Âspona et la frontière cappadocienne ^ Gorbée (la Corbeonte de Ptolémée), à 20 milles d'Ancyre ^, et Rosologiac à lâ milles de Gorbée"'; puis Grentias, à 2Û milles d'Ancyre. On trouvait encore, aux environs de la métropole, Sicéonte, ville importante, à 12 milles d'Ancyre *, et Araunia, archiprêtré, à 5 milles de Sicéonte; Aspasi, entre Ancyre et Aspona^; enfin Delemna ^®, Bolelasgus ^S Medosaga et Mita ^^. Eccobrige était entre Ancyre et Tavium ^*; c'est un nom de physionomie gauloise : selon Wessling^*, la s^labe brtg indique, dans un grand nombre d'exemples , les villes situées près des

^ ItiDëraire de Bordeaux à Jëru- " Itinéraire d'Antonin. salem. ** Tabie de Peutinger.

* Table de Peutinger. '^ Itinéraire d'Antonin.

^ Itinéraire d'Antonin. ^* Ap.Wemsdorf. Nous avons vu,

* Ibid. au ch. viu, cpie l'itinéraire d'Antonin

* Table de Peutinger. place Eccobrige un peu plus loin

* Kiepert : Emdscbiler à environ d'Ancyre que de Tavium; le pas- 1 6 kil. au sud-est d'Angora. sage de l'Halys est, au contraire , un

^ Itinéraire d'Antonin : environ peu plus près d'Angora; Eccobrige 19 kil. au sud-est (Kiepert). donc, s'il était réellement au pas-

* Proc. Des édifices. sage d'une rivière, devait être sur

* Table de Peutinger. un des affluents cpi'a traversés Ha- '" Itinéraire de Jérusalem. milton.

ponts ou des fleuves. Enfin notons , comme pourvues aussi de désignations topographiques, Manegordium^ Prasmon et Genaxepaliden ^, entre Ancyre et Mnizi; Ipetobrigen, près de Mnizi, Hieronpotamon (sans doute sur le Sangarius), entre Laganée et Juliopolis^; Milia, près de Juliopolis *. Tous ces lieux sont indiqués par Wernsdorf comme appartenant à la première Galatie, et leur position l'explique assez.

Les détails concernant la Galatie deuxième ou Salutaire sont moins nombreux, et elle parait avoir toujours été moins étendue. La détermination de ses limites méridionales offre un certain intérêt à cause des variations fréquentes que la Galatie romaine avait éprouvées de ce côté. Pessinonte fut toujours la métropole de la seconde Galatie. Théodose la déclara capitale^; un métropolitain de cette ville signe le concile d'Ephèse, et un autre se fait représenter à Chalcédoine ®. C'est comme ville métropolitaine .de cette province que ses titulaires signent les actes du sixième concile général, du Quinisexte, du septième, d'un autre concile assemblé au ix* siècle, et enfin, au XI* siècle, de l'assemblée réunie par Cérulaire"'. Germo- Colonia (Germa, colonie romaine) ne paraît comme évêché, avec celte orthographe, qu'au ix® siècle; aussi ne me refuserai-je pas, comme Lequien, à l'identifier avec Germia, évêché de la deuxième Galatie, suivant Hiéroclès, ville des Tolistoboyes, comme nous savons que l'était

* Itinéraire d'AnUmin. ' Malala (ap. Lequien, coi. ASq). ' Itinéraire de lérusalem. ^ Oriens christianus , col. /Î90- ' Ibid. 491.

* Ibid, ' Ibid, col. 491-/19ÎI.

30â HISTOIRE

Germa, et dont le nom ne parait que dans les conciles antérieurs. Peut-être faut-il aussi reconnaître le Mirgon actuel ^ dans le Miricium , surnommé Therma , qui fut un évèché de la deuxième Galatie, durant les premiers siècles du Bas -Empire. Orcîste (Alekian) est alors compris dans cette province : la notice de Hiéroclès et la souscription du prélat au Quinisexte le disent expressément; à Ëphèse et à Chalcédoine, Tévèque d'Orciste avait signé sans autre désignation. Amorium fut aussi suffiragant de Pessinonte, d'après une notice ecclésiastique, mais Lequien ne lui a pas donné place dans sa Galatie non plus qu'à Polybotum, Philomelium, Dodmium , Sozopolis (cette dernière entre Amorium et Germa), qui sont désignées de même par les notices, mais ne paraissent parmi les évèchés galates à aucun concile général. Petenissus, qui figure au concile de Chaicédoine comme appartenant à la deuxième Galatie, était une ville de Lycaonie au temps de Strabon; dans Ptolémée, c'e^t une ville des Byzènes, alors adjoints à la Galaiie et limitrophes des Galates^. Eudoxiade, près du Pont galatique, dit Wemsdorf , et Glanée, où Lequien reconnaît la Cdœnœ gdate de Ptolémée, sont aussi connues par des actes de conciles pour appartenir à la deuxième Galatie, ainsi que Trocmada, dont la position paraît tout à fait inconnue, mais qui fut un évêché, au moins depuis le nr* siècle jusqu'au IX*'.

En résumant ces documents, on voit que, sans atteindre,

' Kiq)ert : sur le Sakaria, à huit '* Voyei Leqaieo, col. 493-^94, oa dix kitomètres «ivinm au-de»- et mon A. xir. sous lie Yemia. ^ Lequien . iW.

à beaucoup près, les limites du royaume d'Âmyntas, la Galatie SaliUaire a dépassé celles de la Galatie primitive, bien qu'elle fût formée surtout par le pays des Tolistoboyes; on Tavait dédommagée quelque peu, aux dépens de la Phrygie ou de la Lycaonie, de ce que les Trocmes et les Tectosages.se trouvaient réunis dans la Galatie première. Mais, d'autre part, il faut ajouter que Lequien a maintenu dans la Phrygie Salutaire, non-seulement Dorylée, Midée, Cotyée, Ipsus, Âbrostola même, mais encore Polybotum, Âmorium et Docimia, que Wernsdorf mettait en Galatie, et qui peut-être ont passé de l'une de ces provinces à l'autre, durant les siècles qu'embrasse l'histoire de l'empire byzantin.

Au X® siècle, le livre des Thèmes ou provinces, qui figure parmi les œuvres de l'empereur Constantin Porphyrogénète, parle de la Galatie, mais la comprend dans le thème des Bticcellaires. Pour l'auteur, les Galates sont des colons des Francs^ venus au temps de Nicomède. Alors encore Ancyre est la capitale du thème; mais celui-ci, qui commence au bourg de Modiène pour aller jusqu'aux frontières de Gappadoce et à la forteresse de Saniana, s'étend au nord jusqu'à la mer et comprend Héraclée, Tium, Glaudiopolis, Gratia, Basilée et l'embouchure du Parthenius; seulement il laisse en dehors ce qu'on appelait la Paphlagonie, et s'arrête, vers le sud-est, au fleuve Halys. Les villes principales étaient Ancyre, Glaudiopolis, Héraclée, Prusias et Tium; Constantin Porphyrogénète divise la population de cette province en Galates, Maryandynienset Bithyniens. Vers le commencement du xn® siècle, les mémoires de Nicéphore Bryenne, le mari d'Anne

30/ï HISTOIRE

Comnène, qualifient Ancyre de 7go}Jxviov\ tout en l'appelant métropole des Galates^; elle n'était pas encore au pouvoir des Turcs.

Des faits, pour toute la période qui s'étend de Théodose aux croisades, on n'en trouvera guère qui touchent à l'histoire de Galatie, quand on aura rappelé, au temps d'Arcadius, l'invasion de l'Asie Mineure par les barbares et la révolte des Goths sous Targibile ^; au temps de Justinien, les terres données à Gélimer et quelques travaux de défense, soit contre l'ennemi, soit contre les eaux, exécutés à Juliopolis *; enfin, au vn** siècle, l'occujpation temporaire du pays, par les Perses d'abord, par les Arabes ensuite^. La Galatie n'est plus alors la patrie des Galates, ou, du moins, n'est plus regardée comme telle, bien que, de nos jours, M. Texier y ait retrouvé encore des yeux bleus et des cheveux blonds, qui lui ont rappelé le type gaulois*. Quand les Turcs viendront (et ils sont bien près, au temps de Nicéphore Bryenne), ils ne verront là que des Romains; et la grande expédition des croisés a laissé la Galatie sur sa gauche, après la bataille de Dorylée, sans se douter assurément qu'Etienne de Blois, Hugues de Vermandois et Raymond de Toulouse , le comte du pays des Tectosages, eussent si près d'eux des arrière-cousins de leurs soldats. Le nom même d' Ancyre disparait en quelque sorte de l'histoire jusqu'à ce que la sécurité relative des temps modernes ait rendu à cette ville une cer-

* Nicéphore Bryenne, livre II, * Procope, Des édifices, V, iv. ch. VII. * Tejàer, Revue des Deux-Mondes,

* Ibid. ch. VI. août i84i.

^ Voyez Claudien et Zosimc. * Id, ibid.

taine prospérité corainerciale. Durant les trois derniers siècies du moyen âge, elle nVst signalée que comme le séjour momentané de Bajazet l'Eclair, traînant après lui comme auxiliaire * l'infortuné Manuel Paléologue (1890), qui s'y occupa de controverse avec un docteur musulman , et qui, dans une lettre à Cydonius, son précepteur ou son ami, dépeint l'Asie Mineure centrale comme désolée et déserte, les habitants s'étant enfuis, sur le passage de l'armée turque, dans les cavernes, les forêts et les montagnes; la plupart des villes étant partout renversées et n'ayant pas même laissé leur nom dans la mémoire de leurs sauvages dévastateurs. Douze ans plus tard , Ancyre ou Angora donnait son nom à cette terrible bataille où une barbarie plus effroyable encore que celle des Turcs arrêtait pour un jour leur marche vers l'Occident.

* Berger de Xivrey, Mémoire sur la vie et les ouvrages de Manuel Paléologue, p. 5^1-59.

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