‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 113 sur 123 · Anna!. Metcns , a(f a 7Wi · texte numérisé non relu

Anna!. Metcns , a(f a 7Wi

donnés par le peuple romain et par le pontife au guerrier dont H avait couronné le front, furent le résultat de cet événement.

Zacharie mourut sans avoir pu recueillir le fruit de ses intrigues avec le roi.#

Le pontife Étienne, qui fut élu à sa place, mourut luimême trois jours après son élection , et avant qu'il n'eût été intronisé. On réélut donc un nouveau pape, qui porta la tbiare sous le même nom.

Le premier soin d'Étienne II fut de travailler à la paix 752. de l'Italie. U envoya au roi des Lombards des ambassadeurs et de riches présents tirés du trésor de St. Pierre, et en obtint une trêve de quarante ans, qui fut solennellement jurée.

Mais jamais prince ne fut plus qu'Astolphe parjure à ses serments, quand son intérêt le lui dictait.

Quatre mois s'étaient à peine écoulés depuis la conclusion du traité, que, reprenant les armes, il entra dans le duché romain, et quoiqu'il, déclarât ne point vouloir se rendre maître de la ville de Rome, exigea néanmoins de chaque habitant une contribution d'un sou d'or. En vain Étienne lui envoya de nouveaux ambassadeurs. N'étant point accompagnés, comme la première fois» de présents, ils n'en purent rien obtenir.

Pépin était alors occupé contre les Saxons, dont il réprimait de nouveau la révolte, et à qui il imposait un nouveau tribut.

L'empereur Constantin envoya en 753 le silenciaire Jean , de Constantinople , avec des lettres au' pape et au roi lombard, dans lesquelles il engageait le premier à faire tous ses efforts pour ramener la paix, et exigeait du second l'évacuation de l'exarchat. Le pape adressa au roi le messager impérial , qui n'en put de même rien ob)e-

nir. Aslolphe menaça» au contraire, les Romains de les faire tous passer au fil de l'épée, s'ils n'obtempéraient pas à ses ordres.

Étienne, impuissant contre lui » invoqua le secours du ciel par des prières et des processions , et se ressouvenant des services que le siège de Rome avait rendus à Pépia, et des promesses que le roi franc avait faites à Zacharie , il lui demanda sa protection dans un écrit qu'il chargea un pèlerin de lui remettre.

Grifon, à la même époque, quitta la cour du duc d'Aquitaine, pour se rendre en Italie auprès d'Astolphe.

Pépin fit promettre au pape sa protection , et envoya contre le prince Thadon, gouverneur de Vienne, et Frédéric, qui commandait dans la Bourgogne transjurane , afin d'empêcher son passage dans la péninsule. On en vint aux mains dans la vallée de Maurienne , et le combat rat si obstinée, que firifon et les deux comtes restèrent sur la place.

Mais avant que Pépin neùUfait ses préparatifs de campagne, le pape prit la résolution de se réfugier à sa cour. Il lui fit part de ce dessein par une lettre qu'il remit à l'évéque de Goritz,' que le roi lui avait député, et qui n'eut pas plus tôt instruit le prince du désir du pontife . qu'il s'empressa de lui envoyer Krottgand , évéque de Metz, et le duc Anklar, afin de raccompagner en France,

A l'arrivée de ces deux seigneurs à Rome, le silenciaire Jean revint de Constantinople muni de nouvelles lettres de l'empereur, qui ordonnait au pape de se rendre en personne auprès d'Astolphe, et de réclamer de ce prince l'évacuation de Ravennc et des autres villes qu'il retenait.

Étienne se mit donc en route pour Pavie, accompagné des deux envoyés de Pépin.

Anklar prit les devants pour annoncer au roi l'arrivée du pontife , qui fut reçu avec tous les honneurs et les égards dûs à son rang, mais qui, malgré les présents dont il accompagna sa mission, ne put la faire réussir. Le roi cependant ne mit point obstacle à son voyage ; et le pape arriva donc à la cour de Pépin qui était alors à son château de Pontigo près de Vilry , et qui, avec la reine et ses enfants, se rendit à trois milles au-devant de lui, descendit de cheval dès qu'il l'aperçut, et l'accompagna ainsi à pied jusqu'au château où ils entrèrent le 6 janvier 754.

L'intrigant pontife sut si bien mettre le roi dans ses intérêts , que le prince lui promit , comme il l'avait déjà fait à Zacharie , sa protection contre les Lombards ; par reconnaissance , le pape renouvela le sacre 1 du roi dans J'église de St. Denis , afin sans doute de mieux légitimer son usurpation aux yeux de la nation.

Pépin fît sommer Astolphe d'évacuer les villes de l'exarchat et du duché romain.

Le Lombard ne s'était point rendu aux prières de l'empereur d'Orient à qui ces villes appartenaient, et il se rendit moins encore à la sommation du roi franc, qui en effet n'avait nul droit de les réclamer. Dès lors la guerre devint indispensable.

Les États généraux, assemblés par Pépin, accueillirent avec enthousiasme la communication qu'il leur fit de ses projets hostiles contre les Lombards. Il envoya un corps d'armée dans les Alpes , qui , quoique inférieur 755. en forces à celui d' Astolphe, repoussa l'attaque que ce prince vint en faire , et le contraignit de se renfermer dans Pavie.

Pépin passa lui-même les monts à la téte du gros de l'armée, et vint mettre le siège devant cette ville.

Mais Astolphe lui ayant fait faire des propositions de paix et le pape l'ayant lui-même engagé à les accepter, il ne s avança pas plus avant.

Astolphe s'obligea par ce traité à remettre au pontife les villes de l'exarchat et du duché romain qu 'il avait prises à l'empire

Mais à peine il se vit débarrassé des Francs, que, loin de se conformer à ce traité, il parut devant Rome avec son armée à laquelle s'étaient jointes les troupes du doc de Bénévent. Il somma les Romains de leur remettre le pontife qui , sous prétexte de réclamer ces villes au nom de l'empereur , s'était' lié au roi franc , afin de pouvoir lui-même s'en emparer et accomplir enfin l'acte politique auquel avaient déjà, depuis Grégoire, travaillé ses prédécesseurs.

Le pape, irrité de voir ses projets anéan|js, adressa de nouveaux ambassadeurs à Pépin , et remua ciel et terre pour l'engager à passer une seconde fois en Italie. H alla jusqu'à feindre cette fameuse lettre de St. Pierre, adressée du ciel au roi franc et à ses enfants , et qui prouve combien la superstition religieuse avait alors, dans toutes les classes, pris de profondes racines. Cette lettre eut son effet.

756. Pépin passa les Alpes, et vint faire le siège de Pavie, afin d'appeler Astolphe sous les murs de cette capitale: Il y reçut les députés de l'empereur, qui vinrent à la fois le complimenter de la part de leur souverain, et réclamer de lui qu'il respectât les droits de l'empire sur les provinces dont les Lombards s'étaient emparés.

Astolphe s'avança pouf débloquer Pavie, et cependant renoua des négociations de paix avec le roi franc , qui pour la seconde fois se laissa gagner, et la lui accorda, sous la condition toutefois que le premier traité serait

accompli, que la ville de Comachio, serait aussi cédée au pape , et que le tribut de douze mille sous d'or , imposé aux Lombards eu 520 par Clotaire Ier, et dont ils avaient plus tard été dispensés par Clotaire II, serait payé de nouveau annuellement.

De cette époque date le véritable pouvoir des papes , qui, forts de l'appui de la cour d'Austrasie, usurpèrent sur l'empire d'Orient, à qui les troubles religieux et les attaques incessantes des Sarrasins, des Esclavons et dès Bulgares ne permirent point de s'y opposer, la souveraineté des pays où jusqu'alors les évéques de Rome n'avaient eu qu'un patrimoine étendu, et que la politique des Francs leur laissa en fief avec d'autant plus de condescendance, que la puissance des papes devait sewir de contrepoids à celle des Lombards.

Astolpbe ne survécut pas longtemps à ces événements; 757. il mourut, l'année suivante, d'une chute de cheval. Gomme il ne laissait point d'enfants mâles , sa mort renouvela l'ambition de Rachis , qui sortit de son oouvent et reprit lepée qu'il avait déposée depuis huit ans1. Mais il eut un ipmpéliteur redoutable dans Didier2 , général d'Astolphe, dont le parti fut d'autant plus puissant, qu'il sat mettre le pape dans ses intérêts. Didier fut proclamé roi. «

Le pape Étienne mourut quelque temps après.

Le siège de Rome avait espéré de Didier une condescendance , qu'il fut loin par la suite de trouver chez ce prince.

Didier s'allia à Thassillon , duc de Bavière, qui, en

1. Il fut en effet reconnu dans plusieurs villes. Voyez à ce sujet Muratori, Anliq. liai., t. IU f Appcnd. , p. 1007. — Angel. a nucc , « «>• flbl. ad , c. H. Chrome. Cassinens.

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