Dans les envirôns de Wolfcnlniltel
Saxons , qui redoutaient de risquer le combat , préférèrent se soumettre à un traité , et ils obtinrent en effel la paix à la condition qu'ils paieraient, comme du temps de Clotaire , le tribut annuel de cinq cents vaches qui leur avait été imposé.
Grifon, trahi dans l'espoir qu'il avait mis en eus, se sauva dans la Bavière. «
Odilon venait de mourir, laissant le duché à son jeune fds ThassHlon.
Les Bavarois reçurent Grifon avec enthousiasme, et s'allièrent avec Lantfried, duc d'AUemanie, qui avait surcédé au malheureux Théodebald , mis à mort par Rarloman.
749. Pépin, après avoir réglé les affaires de la Saxe, s'avança au Sud contre les deux princes. En vain le pape Zacharie tenta , à la prière de Karloman , qui avait appris dans sa retraite les querelles de ses deux frères , de rétablir entre eut la concorde. Pépin traversa rAllemanie, passa le Leck, et s'avança jusqu'à l'Inn, derrière lequel les Bavarois s'étaient eh masse retirés avec leurs femmes, leurs enfants et leurs bestiaux. Il parvint à gagner les principaux de la nation qui, voyant l'impossibilité de résister aux forces qui allaient se déployer contre eux, abandonnèrent Grifon, comme l'avaient naguère abandonné les Saxons. Ils se soumirent , comme eux, à un traité. Pépin rétablit le jeune Tbassillon dans son duché sous la tutelle deChiltrude. Il pardonna à Grifon, qu'il se contenta de renvoyer en Neustrie, où il lui assigna douze comtés pour apanage, et lui donna la ville du Mans pour demeure. Mais ce prince, qui ne pouvait se résoudre à vivre en particulier, s'enfuit de nouveau bientôt après , et se relira en Aquitaine auprès de Waïfar. Pépin fut plus sévère envers Lantfried, duc d'AUemanie. Il lui ravit son duché, qui
depuis celle époque cessa d'être indépendant , et qui fut incorporé à la monarchie franque et régi par des message™ de la chambre1 , que les souverains y envoyèrent. Lanlfried, conduit prisonnier en France, ne survécut pas longtemps à ses malheurs; il mourut en 751.
Pépin , protégé par la fortune , conçut à cette époque la pensée de renverser la dynastie des Mérovingiens.
Le prestige dont était entouré celte famille, malgré le rôle presque nul que depuis longtemps elle avait joué sur le trône, porta le politique maire du palais à faire sanctionner par la religion une usurpation que ni Pépin d'Hérislal, ni Karl Martel, tout puissants qu'ils avaient été, n'avaient osé entreprendre.
Il avait pour lui les barons et les prélats qui , la plupart, lui étaient attachés par les bienfaits qu'ils en avaient reçus. Mais il avait à redouter le bas peuple, chez qui se conserve toujours plus intact l'instinct de la justice et de la droiture. Pour le tromper, il s'adressa à la superstition, et profita des embarras où se trouvait le pontife romain pour le porter à approuver son usurpation , et à faire taire les murmures que le renversement du trône des Mérovingiens aurait pu exciter.
Astolphe , roi des Lombards , avait rompu le traité fait par son prédécesseur, et était entré dans l'exarchat de Ravenne , s'était emparé de cette ville2, et menaçait 751 Home, qui dépendait de l'exarchat.
Pépin envoya une ambassade à Zacharie, et hii fit entrevoir sa protection contre les Lombards, s'il condescendait à servir ses projets d'usurpation. À la demande caplieuse qu'il lui fit faire , s'il ne convenait pas mieux de
1. Hissi régales, missi dominici; ktmigl. Kammerboien. Au mois de juillet , ainsi que le prouve un document cilé par Muralori^ Anliq. Itat. DUscrt. , 67.
donner le litre de roi à celui qui seul était capable de gouverner et de soutenir l'État, qu'à un prince faible, hors d'état de rien faire par lui-même , le pape , gagné par les promesses des ambassadeurs, répondit affirmativement, comme Pépin s'y était attendu. C'était, en d'autres mots, reconnaître que Childerich III était indigne de la couronne, et déclarer qu'il était juste que Pépin, qui gouvernait en effet , portât aussi le titre de roi. Fort de cette réponse , qui devait légitimer le détrônement de Childerich, Pépin assembla les États généraux à Soissons, et fit sanctionner par les seigneurs , par le clergé et par le peuple, qui n'osa s'élever contre la voix du prince de l'Église, son usurpation et la chute du malheureux Childerich , à qui l'on coupa la royale chevelure, et qui fut renfermé dans le monastère de Sithieu *. Son 01s, le dernier des Mérovingiens, fut aussi rasé et renfermé dans l'abbaye de Fontenelle2 en Normandie.
Boni face, autorisé par le pape 3, plaça lui-même la couronne sur la tête de Pépin et de son épouse Berlrada, en présence des autres prélats des deux royaumes. L'élévation sur le bouclier fut suivie du sacre religieux, cérémonie à laquelle la politique eut alors recours, a6n que la religion, donnant plus d'éclat à cet acte, le sanctionnât aux yeux du peuple, et qui, deux ans après, fut, avec une plus grande pompe encore, renouvelée par le pape Étienne. C'était sanctifier le pouvoir royal, et d'un autre côté, c'était reconnaître à l'Église une puissance supérieure à celle des rois. La guerre des Lombards entreprise par Pépin, la conquête, pour le pape, de l'exarchat de Ravenne, et le patriciat, et l'advocatie de l'Église romain