Laibach
jeux capitoliens, les enlevèrent et les tuèrent l'und l'autre.
Le jeune Gordien resta donc seul maître de l'empire. 240. Ce fut sous le règne de ce prince et vers le même temps qu'il chassait de la Mœsie les Goths et les Sarmates qui y avaient fait une irruption et qui déjà avaient détruit la ville d'Istropole , que , sur le Rhin , Aurélien , qui plus tard fut empereur et qui alors était tribun de la sixième légion gallicane, eut à repousser des Gaules la première invasion des Francs.
La coalition de ces peuples, formée au Nord en même temps que celle des Allemanes s'était formée au Sud, semble être sortie d'une des tribus qui habitait les bords de l'Elb, et avoir réuni toutes les nations qui, longtemps en guerre avec les Romains, avaient appris par expérience que leur réunion seule, bien compacte, pourrait leur assurer contre eux leur liberté f. Les principaux peuples de cette coalition étaient les Sicambres, les Chamaves , les Bructères , les Cattes , les Ghérusques e^ presque toutes les petites peuplades du Bas-Rhin qui , plus tard , se partagèrent dans les deux grandes tribus des Francs ripuaires et des Francs saliens. Aussi les nombreux chefs qui les conduisaient étaient-ils , plus encore que chez les Allemanes, indépendants les uns des autres.
Une partie de ces Francs ayant traversé le Rhin pour piller dans la Gaule, fut poursuivie par Aurélien qui les vainquit et leur fit éprouver une perle de sept cents hommes tués et de trois cents prisonniers. 244. Gordien fut assassiné au milieu de ses triomphes contre les Perses ; et nous ne trouvons après lui qu'une suite
1. Aussi la loi des Francs coinmence-t-ello par ces mois : Gens Francontm , firma jtacis fadere , qttœ Romanorum ju<jum durissimitm de suis cenicibus cjcussit pugnando.
d'empereurs qui, tour à tour, se renversent du trône et sont massacrés par les armées.
Les Goths , repoussés par Gordien , n'eurent pas plutôt appris sa mort, qu'ils recommencèrent leurs incursions sur les terres de l'empire. — Dèce fut envoyé contre eux par Philippe. Mais une partie de son armée déserta à l'ennemi qui bientôt, au nombre de trente mille hommes, Goths et Bastarnes , auxquels s'étaient joints trois mille Carpes auxiliaires, vint, sous la conduite d'Ostrogotha , d'Argaith et de Gonthérich, mettre le siège devant Marcianopol, capitale de la Mœsie1.
Ils ne se retirèrent qu'après avoir reçu une rançon ; mais ce fut pour marcher contre les Gépides, dont le 245. roi Fastida venait de vaincre les Bourguignons ses voisins, peuple d'origine vindile , qui , descendu de l'Oder en même temps que les deux grandes tribus gépide et gothone étaient descendues de la Vistule, avait pris position à côté d'elles sur les monts Sudètes 2. Une partie de ces Bourguignons , chassée de ses terres , semble avoir alors émigré vers l'Ouest où nous la trouverons plus lard voisine des Allemanes 3. Fastida , enflé de ces succès, envoya des députés au roi des Goths , afin de lui mander que , renfermé dans l'épaisseur*de sombres forêts et au milieu de montagnes agrestes, il en voulait sortir, et qu'il eût à se préparer à la guerre, où à lui céder une