‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 47 sur 123 · Eumène, Panegyr. VI, c · texte numérisé non relu

Eumène, Panegyr. VI, c

les contrées que les Romains avaient autrefois envahies, main dans les terres d'où sortirent primitivement ces peuples; expressions qui, si elles sont justes, tendraient à confirmer ce que nous avons dit ci-avant, qu une peuplade du Nord (où ni Drusus, ni Tibère, niGcrmanicus n avaient abordé), donnant la première l'impulsion, prit ce nom, qui passa plus tard collectivement à toutes les nations qui entrèrent dans sa coalition. 11 eut, à son retour, à repousser une nouvelle invasion des Allemanes , qui vinrent l'attaquer jusque sous les murs de Langres où il se vit forcé de se renfermer. L'arrivée du gros de son armée lui permit toutefois de reprendre bientôt l'offensive , et après une victoire sous ces mêmes murailles, il refoula les Allemanes au delà du Rhin, où, dans les plaines qu'arrose la Windisch, et où déjà sous Aurélien il leur avait fait sentir la force des armes romaines, il gagna «sur eux une nouvelle bataille. Peut-être alors se cimenta l'alliance qui , lorsque Constance alla porter la guerre aux Pietés , mit à sa suite une nation allemane sous la conduite de son roi Éroch , à qui Constantin dut principalement la couronne.

Dioctétien et Maximien revinrent à Rome en 303 et y reçurent les honneurs du triomphe, te dernier que \k cette capitale. Deux ans après eut lieu l'abdication de Dioctétien et de Maximien , et le nouveau partage de l'empire entre Constance et Galère, déclarés Augustes, et auxquels furent associés, au préjudice de Maxence, fils de Maximien, et de Constantin, fils de Constance, Sévère et Maximin , fils de la sœur de Galère , que cet empereur fit nommer. Constance, dans ce partage, se contenta des provinces qu'il tenait déjà, et laissa le reste à Galère, qui se réserva l'Illyrie, la Thrace et l'Asie, donna l'Italie et l'Afrique à Sévère, et la Syrie et l'Égypte à Maximin.

Constantin resta comme en otage auprès de Galère. Cependant il obtint plus tard la permission de partir pour venir trouver son père, permission que Galère ne lui accorda, dit-on p que dans le dessein de le faire arrêter en chemin. Soit que Constantin en fut instruit, soit qu'il s en méfiât, il le prévint, et ayant pris la poste sur-le-champ, il arriva heureusement à Boulogne, lorsque Constance levait l'ancre pour passer dans l'île de Bretagne. 11 suivit son père dans la Calédonie, et lorsque Constance, tombé malade, mourut à York, le roi des Allemanes auxiliaires se montra l'un des plus zélés pour faire tomber sur lui la couronne. Son influence gagna l'armée qui, en effet, proclama Constantin empereur. Galère refusa cependant de le reconnaître, et peu s'en fallut qu'il ne jetât au feu le portrait de Constantin que ce dernier lui envoya , selon l'usage, en lui annonçant son élection.

Galère nomma Sévère empereur, en remplacement de Constance, et n'accorda à Constantin que le titre de César dont celui-ci d'abord se contenta.

Le règne de Constantin , sous qui le christianisme * triompha après toutes les persécutions qu'il s'était attiré, forme époque dans l'histoire de la Germanie , non moins que dans l'histoire générale , par l'influence que cette nouvelle doctrine exerça sur les peuples parmi lesquels nous verrons bientôt les nations germaniques se mêler, et d'où la civilisation qu'ils en reçurent reflua sur le sol germanique.

Le premier soin du nouveau César fut de purger la Batavie des Francs qui, pendant que Constance avait porté la guerre dans la Bretagne , y avaient de nouveau pris pied. Par une de ces atroces barbaries, dont il usa du reste plus tard envers les Allemanes, et que sa politique semble lui avoir tracées pour jeter la terreur parmi

les peuples, il fit livrer aux bêtes dans le cirque de Trêves les deux rois Ascarich et Ragaïs, que le sort des armes venait de lui remettre. L'esprit de vengeance souleva contre lui les Bructères, les Chamaves, les Tubantes, qui, tous, faisaient partie de la coalition franque, et auxquels se joignirent les Cabiones et les Allemanes. Il les vainquit cependant, et enrôla de force dans les légions les prisonniers qu'il leur fit , et livra aux combats du cirque ceux qui refusèrent.

En renouvelant l'antique coutume romaine d'en user avec cette rigueur envers les rois vaincus , n'était-ce pas tracer aux peuples sous qui le colosse devait crouler, les sanglantes représailles, l'incendie, le carnage qui continuèrent de suivre toutes leurs expéditions? Car la crainto ne les retenait pas, mais la force. Les murs de Deuz que Constantin éleva sur la rive droite du Rhin pour protéger le pont qu'il jeta devant Cologne et qui, comme deux siècles auparavant, permirent en tout temps aux troupes romaines le passage du fleuve, ne purent sauver la Gaule 'de leurs attaques, dès que des événements majeurs le rappelèrent loin de cette province.

Maxence, fils de Maximien , n'avait pu voir d'un œil tranquille que , dans le partage de l'empire , il eût été oublié. Il se créa lui-même empereur à Rome et engagea son père qui ne s'était qu'à regret dépouillé de la pourpre, à la revêtir de nouveau. Sévère marcha contre eux. Mais malheureux et contraint de se réfugier dans Ravenne, il tomba au pouvoir de Maximien qui, dit-on, le força de se faire ouvrir les veines. Maximien, qui avait à redouter Galère, crut devoir s'unir à Constantin , et passant dans la Gaule, il lui conféra le titre d'Auguste et lui 307. donna pour épouse sa fille Fausta. Galère, qui pendant ce temps s'avança en Italie , se vit contraint d'en sortir

sans attaquer Maxencc, dans la crainte que son armée, où des symptômes de révolte se manifestaient , et sur la fidélité de laquelle il ne pouvait compter, ne passât du côté de son rival, et qu'il ne subit lui-même le sort de Sévère qu'il venait venger. Maximien, de retour en Italie, devint à son tour jaloux de l'autorité de son fils, et ayant, dans un moment de fureur, voulu lui arracher la pourpre, il fut chassé par les soldats et le peuple , et se réfugia auprès de Galère à Carnuntum , où Dioclétien fut aussi invité à se rendre. Les résolutions qui furent prises exclurent de nouveau Maximien ; Galère nomma Auguste Licinius, un de ses anciens amis , qu'il s'associa à la place de Sévère. Cette nouvelle nomination ne tendit qu'à augmenter la discorde qui régnait dans l'empire ; car Maximien , jaloux de ce que les autres avaient pris le titre d'Auguste, pendant qu'il n'avait que celui de César, se fit proclamer empereur par son armée et contraignit Galère de le reconnaître en cette qualité.

Maximien, brouillé avec Galère et Licinius, revint trouver Constantin dans la Gaule , et renonça une seconde fois à la pourpre. Mais les Francs menaçaient la 310. frontière; tandis que Constantin revôlait dans le Nord de la Gaule pour les empêcher de la traverser, il apprit que son beau-père s'était à Arles emparé du palais et des trésors , et qu'il avait pour la troisième fois repris l'autorité. Il laissa à ses généraux le soin d'observer les Francs, et retourna avec la plus grande célérité s'opposer à Maximien qui , forcé dans Marseille , fut contraint de se donner la mort. Constantin, débarrassé de lui, revint rejoindre ses légions sur le Rhin , et poursuivit ses opérions contre les Francs , campagne sur laquelle 1 histoire ne donne point de détails, mais pour l'heureuse issue de laquelle il rendit alors des actions de

511. grâce à Apollon1. Galère mourut peu de temps après. Maximin et Licinius firent ensemble un accommodement, et convinrent que le détroit de Calcédoine formerait la limite de leurs possessions respectives , et que le premier conserverait l'Asie , et le second l'Europe.

312. Cependant Maxence, sous prétexte de venger son père, menaçait Constantin qui, forçant le pas de Suze, vint l'attaquer à Turin, à Brescia, à Vérone, et qui, partout vainqueur, campa jusque sous les murs de Rome. Son armée, forte de quatre- vingt mille hommes d'infanterie et de huit mille cavaliers , était Composée eo majeure partie de Barbares, de Germains et de Gaulois, troupes tirées du Rhin > de la Gaule ou de la Bretagne. Maxence sortit de Rome avec une armée plus considérable encore , composée de Romains, d'Italiens, de Carthaginois et d'autres peuples, et vint se poster entre le Tibre et le camp de Constantin. La bataille fut un moment indécise. Hais la cavalerie de Maximien ayant été rompue, la confusion se communiqua au reste de l'armée qui fut mise dans la plus épouvantable déroute. Le pont du Tibre, encombré de fuyards, ne pouvant à tous donner passage , force leur fut de se jeter dans les flots , et de ce nombre fut Maxence qui y fut précipité avec son cheval et s'y noya.

Constantin, avant d'entreprendre cette guerre, adoplat-il le signe du christianisme? donna-t-il cours à la fable du labarum ? mit-il la croix sur l'étendard en place de l'aigle de Jupiter? c'est ce qui importe peu à l'histoire des événements. Entré à Rome, il fut reçu aux acclamations du peuple et du sénat qui, selon sa coutume, s'empressa d'adorer le vainqueur, et de détester la mémoire du

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