Voyez le panégyrique d'Euméuc, VI, c. Si
vaincu. On lui donna le titre de souverain pontife; on dépouilla lare de triomphe de Marc-Auréle pour en orner celui de Constantin, et on lui dressa une statue d or, ovation qui ne se faisait que pour les Dieux.
La politique de Constantin lui fit rechercher l'amitié 513. de Licinius et, trois mois après, eut lieu à Milan l'en Irevue de ces deux empereurs, et le fameux édit de liberté de conscience, qui donna au culte chrétien les mêmes droits qu'aux autres cultes de l'empire. Licinius , pour mieux resserrer leur alliance, épousa Constantine, sœur de Constantin.
Ce dernier repassa les Alpes, sur la nouvelle qu'il reçut de nouveaux projets d'invasion de la part des Francs. Ces peuples, en apprenant son arrivée, hésitèrent cependant à passer le Rhin. Mais Constantin, pour mieux les attirer, se replia du côté des Allemanes, laissant à ses officiers dans le Bas-Rhin le soin de couper la retraite aux Francs, dès qu'ils seraient entrés dans la Gaule. Cette tactique lui réussit ; s'abandonnant lui-même au cours du Rhin , il entra dans le pays des Francs, qui, ouvert et sans défense, fut mis à feu et à sang, et d'où revenant sur l'armée qui était entrée dans la Gaule, et qui se trouva cernée de toute part, il lui fit subir les plus grandes perles. Son panéygriste le loue de nouveau, à cette occasion, d'avoir fait combattre dans le cirque de Trêves où il rentra, les prisonniers qui tombèrent entre ses mains.
Licinius, pendant ce temps, combattait Maximin qui, 51 i. vaincu et forcé de fuir, prit du poison dont il mourut à Tarse.
La guerre que cette mort provoqua cutre les deux empereurs restants pour le partage de l'empire , eut pour résultat d'ajouter aux provinces que Constantin possédait déjà, la première Mœsie, l'illyrie, la Dardanie, la Macù-
doine et la Grèce , et de conférer le titre de César à ses deux fils Crispe et Constantin , ainsi qu'au 01s de Licinius qui portait le même nom que son père.
Constantin laissa Crispe dans la Gaule , que le jeune prince sut protéger contre les Francs et les Allemanes.
Lui-même eut à combattre les Sarmates sur le Danube, guerre qui dura depuis 319 jusqu'en 322, mais dont l'origine et les détails nous sont inconnus. Les annales ne mentionnent qne le nom du roi qni le. conduisait, Ransiniond , qui périt en faisant le siège d'une ville, et dont la défaite mit au pouvoir des Romains une grande foule de prisonniers , qui furent éparpillés dans les cités romaines.
Optatien , qui chanta cette campagne, cite dans ses vers les victoires de Campona dans la Valérie1, celle de Bononia dans la Basse-Pannonie , et une troisième qui eut lieu dans la Mœsie , près de Margos. Peut-être la cause de cette guerre fut-elle la même que celle qui donna 323. lieu à la guerre des Goths qui éclata peu après, et qu Eusèbe, dans la vie de Constantin, attribue au refus que l'empereur fit de payer à ces peuples le tribut que ses prédécesseurs s'étaient engagés à leur fournir2. Constantin , dit Socrate 3, conduisit contre les Goths et les Sarmates l'étendard de la croix , et les victoires qu'il remporta sur eux furent si immenses que, ne pouvant douter que le ciel ne combattit pour lui , beaucoup d'entre eux adoptèrent le christianisme. Ce nouveau culte, dont peutêtre déjà, dans leurs courses vagabondes sur les côtes de l'Asie mineure , quelques notions leur avaient été portées par les prisonniers qu'ils firent, se propagea chez eux avec