Xoviodunum
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les lerres de celle île, et les Francs et lés Saxons inquiétèrent le Nord el les côtes de la Gaule. Valenlinien confia à Théodose , père du grand capitaine qui plus tard régit l'empire sous le môme nom , le soin de purger la mer des pirates, et de rétablir le repos dans les* provinces de l'Ouest. Théodose repoussa les Barbares de la Bretagne, donna la chasse aux Saxons qu'il battit sur mer et dans les Orcades, et remporta divers avantages sur les Francs dans la Batavie.
La vengeance que les Romains tirèrent des Allemanes fut plus honteuse; car la* cour impériale ne craignit point de faire périr par un lâche assassinat Vithicab, fils de Vadomar, dont l'esprit audacieux guidait toutes les entreprises guerrières de ces peuples. Ca mort de ce prince servît toutefois la politique des Romains , et arrêta pour quelque temps les courses des Allemanes sur les lerres de l'empire. Valenlinien en profita pour. organiser son armée , à laquelle il réunit les troupes d'Illyrie et d'Italie sous les ordres du général Sébastien. Avec ces forces imposantes, qu'il partagea en en trois corps, il fit, en 368, le passage du Rhin. Lui-même, accompagné du jeune Gratien,.se mit à la tète du premier, et il confia les deux autres aux généraux Jovien et Sévère. Un petit combat eut lieu près des sources du Danube. Les trois corps d'armée firent leur jonction sur les rives du Neckar où, les Allemanes avaient pris position, et s'étaient retranchés sur les hauteurs dominant l'antique Solicînium, colonie romaine de l'époque florissante des Antonins.1. Une de leurs avant-gardes pensa surprendre Tenlpercur au moment où il s'avançait pour reconnaître
. I.Sulch, polit village aux portes de Rottenbourg entre Soulz cl TubinRiie. Voyez mes Établissement* romains sur le Ithin et sur le Danube.
l'ennemi. Quoique la montagnto où les Allemancs s étaient fortifiés ne fût abordable que d'un seul côté, Valentinicn donna Tordre d'attaquer. Sébastien dut, par un long détour, occuper les défilés du Nord, et l'empereur luimême , après avoir ronflé à la légion jovienne 1 la garde du jeune Gratien qu'il laissa dans le camp, se mit à la téle de la colonne d'attaque que dirigèrent sous lui deux intrépides officiers dont l'un était Germain. Les Allemanes, malgré leur bravoure, furent, après fine résistance opiniâtre, forcés de céder le terrain. Ils tentèrent de se retirer en ordre par la penté douce de la montagne. Mais leur mouvement fut aperçu de Sébastien qui , apparaissant avec sa division , et les attaquant de front, tandis qu'en arrière les troupes de Valentinicn les suivaient, opéra leur entière défaite.
Cette victoire cependant coûta cher aux Romains qui ne. tentèrent point de pénétrer plus avant dans le pays. Ils se retirèrent au contraire sur le Rhin, en longeant les plateaux du Neckar, et suivis, à ce qu'il parait, par les Allemancs , qui s'étaient ralliés , et qui , près de Lupodunum, le moderne Ladenbourg, livrèrent aux Romains un troisième combat , où ils furent cependant encore repoussés2.
Valentinien profita de la suspension d'armes qui suivit ces hostilités pour mettre le Rhin en état de défense et en relever toutes les tours et toutes les fortifications. Ayant cependant voulu poser quelques remparts sur une hauteur du territoire des Allemanes3, ces peuples- firent
\. Ainsi nommée du snrnom de Jovinus, que portait Dioctétien qui l'avait formée.