On croit que celle saline est celle de SchwtebiscMIaU
les AHemancs. Leur armée était forle de quatre- vingt mille hommes. À la nouvelle de cette coalition, les Allcmanes qui se regardaient impuissants à combattre d'un côté les Bourguignons et de l'autre les Romains, se retirèrent en masse.
L'armée des Bourguignons s avança donc jusqu'au Rhin, sans rencontrer la moindre résistance , causant maintenant non moins d'inquiétude aux Romains qui ne s'étaient point attendus à ce que les Allemanes leur laisseraient libre le passage, qu'ils avaient causé de terreur à ces derniers. Valentinien, dont le seul but avait été d'empêcher les Allemanes de traverser le Rhin, et qui n'avait fait aucune disposition pour se joindre aux Bourguignons, se vit maintenant obligé de contenir ces derniers, qui, trompés dans leur attente, égorgèrent les députés romains et regagnèrent leurs foyers, emportant, dit l'historien Ammien, une idée peu avantageuse de la foi romaine. Les Allemanes se retirèrent vers le Sud, où Théodose vint les attaquer avec sa cavalerie, et en prit un certain nombre qu'il transporta sur les rives du Pô , où ils devinrent tributaires des Romains.
Valentinien , en 371 , entreprit une nouvelle campagne contre ces peuples, laquelle fut celte fois dirigée contre ceux qui habitaient au Nord entre le Mein et la Lahn. Là régnait Macrien , prince non moins terrible aux Romains que Vithicab l'avait naguère été au Sud. Valentinien , averti qu'il se trouvait à, Wiesbade , où , à cause de sa santé débile il prenait les eaux , résolut de l'y surprendre. L'armée passa le Rhin dans le plus grand secret au-dessous de Mayence , où un pont de bateaux fut jeté. On marcha toute la nuit. Sévère, qui formait lavantgarde, ayant rencontré quelques gens qui transportaient des marchandises, les fit tons tuer de peur qu'ils ne
jetassent l'alarme. Valentinicn el Théodose suivaient en arrière avec le gros de l'armée. Mais quelque silence qui fût ordonné , le soldat , habitué au pillage , ne put se contenir; quelques maisons incendiées par lui annoncèrent a la pointe du jour aux Allemanes l'approche de l'ennemi. Macrien , transporté dans une légère voiture, s'échappa par des routes détournées où il fut impossible aux Romains de l'atteindre.
Sa fuite excita la fureur de Valenlinien qui , pour s'en venger, dévasta tout le pays. Afin de contrebalancer la puissance de Macrien , qui s'étendait aussi sur les Bùcinobantes , tribu des environs du Taunus 1 , il leur donna pour* souverain à son retour à Trêves Fraomar , qui alors était au service de Rome ainsi que BilheridQ et Hortar, deux autres des principaux de cette nation. Mais Fraomar trouva le pays tellement ravagé , qu'il renonça à celle souveraineté ; il obtint le commandement des auxiliaires germains dans la Bretagne. Hortar, resté "dans les Gaules, mais ne supportant qu'avec peine l'oppression de son pays , devint l'espion de Macrien ; il y eut bientôt entre ce prince et lui une correspondance dont malheureusement Florentius, gouverneur de la Germanie, fut instruit par l'interception d'une de ses lettres ; il fut condamné par l'empereur à l'horrible supplice du feu. Rien cependant ne put faire plier l'énergie de Macrien qui, ennemi de Rome, mais noble et généreux, ne céda que lorsque Valenlinien, à qui les troubles des provinces du Danube faisait désirer la paix sur le Rhin , lui . fit faire sous main des propositions dignes d'être écoulées. 37i. 11 devint alors l'allié des Romains , et leur rendit des services non moins importants qu'il leur avait auparavant
1. Le bowrç de Bnzbach en a conservé le nom. Voyez mes Établissement* romains.
fait de mal par ses hostilités. Il périt quelque temps après dans une guerre qu'il eut avec les Francs, et où il tomba dans une embuscade que lui tendit Mallobaude, chef dune tribu de cette coalition , qui passa lui-même au service des Romains.
La tranquillité qui régnait sur le Rhin , permit à Valentinien de se rendre sur le Danube. De grands travaux de fortiGcalions avaient aussi été entrepris sur ce fleuve , sans que les nations germaines ou sarmates y eussent mis obstacle. Mais le gouverneur de la Valérie ayant voulu élever quelques remparts sur le territoire des Quades , ces peuples s'y opposèrent et en appelèrent aux traités. Le gouverneur, sous prétexte d'aplanir ces difficultés, fit inviter à un festin diplomatique leur roi Gabinius; et au moment où ce prince se retirait , il le fit lâchement assassiner. Les Quades , à la nouvelle de cet attentat que le gouverneur n'avait commis que pour profiter du désordre que cette mort devait porter parmi eux , loin d'être intimidés , appelèrent à leur secours les lazyges ; et passant le Danube, vinrent incontinent l'attaquer. Peu s'en fallut que Maxima Constantia , fille de l'empereur Constant , destinée pour épouse au jeune Gratien , ne tombât en leur pouvoir. Us firent le siège de Sirmium, qui cependant résista à leurs attaques, et se repliant sur la Valérie, ils anéantirent en grande partie les deux légions des surnoms de Pannonique et de Mcesique. Les Sarmates libres que Constance , quelques années auparavant, avait rétablis dans leurs terres , voulurent aussi profiler de ces troubles , et traversèrent le Danube pour piller la Mœsie; mais Théodose le jeune, duc de cette province, les repoussa si vigoureusement qu'ils se virent bientôt contraints de demander la paix.
Ce fut dans ces circonstances que Valentiuien arriva. 575.
Une députât ion des Sa r ma tes , qui s'était rendue à sa rencontre, afin de disculper les incursions de ce peuple sur le territoire romain, reçut pour réponse qu'il examinerait ses raisons lorsqu'il serait arrivé aux frontières. 11 plaça son camp près de Carnuntum, lieu alors presque désert, et après y être resté pendant trois mois à faire ses préparatifs de guerre, il vint passer le Danube sur un pont de bateaux à Acincum. LesQuades se retirèrent en niasse dans leurs montagnes , et l'armée rentra dans ses quartiers d'hiver sans avoir vu l'ennemi , mais laissant derrière elle les traces de l'incendie dans tous les lieux qu'elle avait traversés. Ces peuples envoyèrent à l'empereur des ambassadeurs à Bregetio où il transporta sa cour, et lui demandèrent la paix, donnant pour excuse que la guerre portée sur les terres des Romains ne venait point de la nation entière des Quades, mais d'une partie de la populace qui , ayant eu à se plaindre du gouverneur de la Valérie, s'était laissée entraîner par d'autres bandes avides de pillage. Ils offrirent de livrer à l'armée romaine un contingent de jeunes soldats. L'empereur leur répondait d'un ton violent, lorsque, frappé d'un coup d'apoplexie, il tomba dans les bras dé ses serviteurs qui le transportèrent dans une pièce voisine où il rendit l'esprit. On cacha sa mort à l'armée; et on rappela Mérobaude qui, avec sa cavalerie, était encore dans le pays des Quades, avec ordre de replier le pont du côté de la rive romaine. Afin d'ôler aux troupes tout motif de révolte, on nomma Auguste le second fils de l'empereur, Valentinien II , qui était dans le camp avec l'impératrice Justine sa mire, et à qui Gralien, qui était resté à Trêves, ne fit nulle difficulté de reconnaître ce litre. La paix avec les Quades fut le premier acte du nouveau gouvernement.