‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 71 sur 123 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Derniers tempe de l'empire romain d'Oeeident.

L'empire d'Attila ne survécut guère à la mort de ce prince. Les différents fils qu'il laissa ne purent s'entendre, et il en résulta des guerres dont les peuples germains et sarmates profilèrent pour reconquérir eux-mêmes leur liberté.

Ardarîch, roi des Gépides, leva le premier l'étendard.

Le danger réunit alors de nouveau les fils d'Attila, qui, cependant, perdirent dans la Pannonie, sur les bords du Nétab , une bataille sanglante , où plus de trente mille Huns périrent, et à leur tète Ellac, l'aîné des princes qui les conduisait. Ardarich resta maître de la Dacie propre2, et repoussa les Huns jusque sur la mer Noire, dans les

1. Peut-être y a-t-il quclquo rapport entre celte assertion historique et le poéroe des yiebelungen à l'article de Chriemhild. 1. La Transylvanie, la Valachic et une partie de la Haute-Hongrie.

plaines qu autrefois les Ostrogolhs avaient habitées. Pour •mieux assurer son pouvoir, il rechercha l'amitié de Martien, et fit un traité d'alliance avec l'empire.

Les Ostrogolhs, que son exemple anima du même esprit d'indépendance, s'unirent alors aux Scirres, et à quelques tribus d'Alains , de Rugiens et de Sarmates, et tous ensemble, ils traversèrent le Danube pour s'établir sur la rive droite du fleuve. Les Goths obtinrent des Romains toute l'étendue de la Pannonie, depuis Sirmium jusqu'à Vienne, et s'en partagèrent le territoire entre leurs trois princes Walemir , Théodomir etWidemir, qui toutefois restèrent offensivement et défensivement unis.

Les Scirres, les Alains et leurs confédérés, conduits par Candax, se répandirent dans la petite Scythie, et à côté d'eux vinrent aussi habiter les Rugiens , dont une autre partie forma un royaume particulier, voisin des Gépides, à l'embouchure de la Moravc dans le Danube.

Les Sarmates obtinrent des terres dans rillyrie.

Quant aux- Huns , partagés sous trop de princes pour que icur puissance fût désormais redoutable, ils ne purent remettre les Goths sous leur joug, malgré les guerres qu'ils leur firent pour les y contraindre. Ils formèrent plusieurs royaumes, dont les plus considérables furent celui que Dengezich fonda sur les bords delà mer Noire; celui qu'Hernach, son frère, l'un des plus jeunes (ils d'Attila, fonda aux confins de la Scythie mineure, et les autres établissements que d'autres de leurs princes fondèrent dans la Dacie riveraine, à laquelle les Bulgares, ■horde descendue des rives du Volga, donnèrent leur nom quelques années plus tard. Dengezich , après «plusieurs expéditions dans la Thrace, finit par être tué en 469 par le général Anagastc , qui envoya sa tête à Constanlinople.

/Elius, qui avait sauvé la Gaule par son courage et l'Italie par sa prudence , ne vécut pas assez de temps pour voir ces événements.

Devenu suspect à Valeqlinien, après les grands services qu'il hii avait rendus, il fut, ainsi que le préfet du prétoire, tué en 354 par la propre main de l'empereur; exemple de ce que peut la jalouse fureur d un ambitieux sur la faiblesse du» souverain ; car Valentinien fut poussé à se défaire d'un homme si nécessaire à l'État par les conseils du sénateur Maxime, de la femme duquel le prince avait abusé. Ce sénateur, pour se venger, et dans le dessein de se rendre maître de l'empire, lui persuada, en accablant yEtius de fausses accusations , de se défaire de cet homme , le seul qui eût pu mettre obstacle à ses projets.

Maxime fit, un an après, tuer Valentinien dans le champ de Mars par deux officiers qui avaient servi iEtius. H se fit déclarer empereur, et obligea Eudoxie, veuve de Valentinien, de l'épouser malgré elle. 11 donna le commandement des troupes et des provinces de la Gaule à Avitus qui, par ses sages dispositions , contint les Francs, les Allemanes et les Saxons, et qui vint à Toulouse où Théodorich II s'était, par le meurtre de son frère Thorismond, emparé du royaume des Wisigoths (453), renouveler avec ce prince l'ancienne alliance des Romains.

Mais Eudoxie, à qui Maxime, dans un moment d'amoureux transport, eut la faiblesse d'avouer qu'il avait, à cause d'elle, trempé dans le complot de la mort de son premier mari, n'en fut que plus animée à venger l'affront qu'il lui avait fait en la contraignant de partager son lit. Elle envoya à Carthage auprès du roi des Vandales , afin d'implorer la protection de ce prince contre son oppresseur."

455. Geiscrich ne manqua pas l'occasion, et avec une flotio nombreuse, il parut devant les côtes de l'Italie qui, sans défense, lui était ouverte, et d'où chacun ne songea qu'à fuir. Maxime , pris au moment où il voulait quitter Rome , fut impitoyablement massacré ; ses membre? furent jetés dans le Tibre. Geiserich entra sans résistance dans la ville , aux portes de laquelle le pape Léon vint le recevoir et obtint de lui que le fer et le feu épargneraient la cité. Mais le pillage dura pendant deux semaines consécutives. Toutes les richesses que la ville contenait, or, pierreries et métaux précieux, furent transportées à bord des vaisseaux vandales , et entre autres plusieurs vases pris dans le temple de Jérusalem par Titus Vespasien , et que plus tard , Bélisaire , après la chute du royaume des Vandales, fit transporter à Codstanlinople.

Un vaisseau fut en entier chargé des statues enlevées aux palais et aux places publiques et destinées à orner les places et les palais de Carthage. Ce vaisseau, malheureusement pour Fart, périt dans la traversée. Geiserich mena avec lui en Afrique l'impératrice et ses deux filles, Eudoxie et Placidic, dont la première fut donnée pour épouse à son fils Hunerich. j

Dés que la nouvelle de ces événements parvint à Tou- j louse, Théodorich, à la cour duquel Avilus se trouvait usa de toute son influence pour faire donner la pourpre à ce général. Avitus fut reconnu par l'armée et le peuple des Gaules ; le sénat et l'Italie suivirent leur exemple- Marcien, à qui la situation de l'Orient ne permettait guère de songer aux affaires de l'Italie , l'accepta pouf collègue.

Les deux empereurs envoyèrent des députés a Geis^ rich, afin de faire cesser les hostilités de ce prince, ^

Marcien pour réclamer aussi l'impératrice et ses deux filles. Mais le Vandale rejeta toutes leurs propositions , et continua avec sa flotte d'inquiéter non-seulement les côtes de l'Italie, mais encore celles d'Espagne .et de la Grèce.

Ce fut à cette époque que les Bourguignons, qui, après la mort de Gunthacar, avaient , dans #la personne de Gundiéoch , reçu un roi de la race d'Athanarich et qui, abandonnant le Rhin, s'étaient jetés sur la Séquanie, se répandirent dans le Jura et une partie des Alpes que le sénat romain leur céda par un traité. 456

Une autre de leurs tribus qui avait pour roi Chil» perich , s'avança jusqu'au Rhône. A leur place, les Allemanes s'emparèrent de la vallée du Rhin jusqu'aux Vosges, tandis qu'en arrière des tribus suéviques de cette coalition assises sur le Danube, et qui, depuis cette époque, vont être citées dans l'histoire sous le nom de Souabes1, les Boïens, à qui le passage des Goths et des Huns avait rendu la liberté, commençaient à se reformer en corps de nation et donnaient leur nom au bassin de l'isar3.

Les Bourguignons, devenus voisins des Wisigoths, qui, après leur victoire sur les Huns , avaient détruit les colonies des Alains sur le Rhône, s'allièrent avec Théodorich II contre les Suèves d'Espagne , que ce prince attaqua à l'instigation des Romains.

Réchila était mort à Mérida en 448 et avait laissé la couronne à son 61s Réchiar.

Ce dernier vint à la cour de Théodorich Ier et rechercha la main d'une des filles dq.ce prince, afin de s'assurer de son amitié. Rentré dans la péninsule, il y attaqua

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