Pauli Diaconi , de Geslis Ixtngabardorum , c
dernière nation qui elle-même habitait le territoire de Waren et les bords du Warno , disparait alors dans le Nord.
Théodorich avait entretenu avec ces peuples des relations d'amitié, ainsi qu'avec les Estoniens qui , toujours restés sédentaires aux bords de la Baltique , où les premières notices de l'histoire nous les font connaître, envoyèrent au grand roi d'Italie des ambassadeurs et de l'ambre, bijou aussi recherché encore à cette époque qu'il lavait été sous les Romains. C'était alors une nation puissante qui, depuis la chute de l'empire desGoths sur la mer Noire, non-seulement occupait la petite province qui en a conservé le nom, mais qui étendait son pouvoir sur les diverses petites tribus de la Baltique jusqu'à la Vistule.
Les Danois faisaient eux-mêmes partie des peuples connus aux siècles suivants sous le nom de Normans ou d'hommes du Nord qui, par leurs aventureuses expéditions maritimes, se rendirent si redoutables.
La constitution politique des trois grandes tribus septentrionales, telle que leurs Sagas nous la font connaître, rend raison de leurs périlleuses navigations. Venues à une époque que nulle tradition ne précise, dans le Nord, où elles chassèrent devant elles les habitants primitifs , et les refoulèrent dans les neiges et les frimas de la Finnlande el de la Laponie, elles eurent toutes l'enthousiasme guerrier qui servit l'ambition des chefs qui les conduisirent. D'abord soumises chacune à un roi que la tradition faisait descendre d'Odin , leur grand dieu , leur héros , comme chez les Grecs les principales familles royales descendirent d'Hercule ou de Jupiter, elles finirent par se partager sous une infinité de chefs secondaires ou roitelets1,
1 . Fylkerkwùge : Fylker, canton ; Kœnig , roi , roi d'un canton.
qui, à la fois chargés de la surveillance des lois1, ayant la présidence dans* les assemblées de la nation2, étant grands-prêtres et sacrificateurs3, conduisaient encore les expéditions guerrières soit sur terre soit sur mer. Ils étaient choisis par le peuple, composé de bondes, paysans libres, possédant chacun un allod*, mais dont les plus riches avaient aussi des vassaux5 et des serfs6.
S elevait-il un chef aventureux qui hissât le pavillon , mille guerriers accouraient de tous côtés pour prendre part à ses courses. C'était le roi de mer7, ou, si sa résidence était un roc inexpugnable , le roi du roc 8, dont la renommée était d'autant plus grande que ses pirateries étaient plus nombreuses, et qu'il les exerçait avec plus de péril et de bonheur.
Tout porte à croire que ce fut un de ces aventuriers du nom de Cochilaïch, qui, avec ses vaisseaux, vint, en 516, piller, comme je viens de le dire, les côtes du Nord de la France. Thierry envoya contre lui son fils Thcodebert, qui vint l'attaquer au moment où ses troupes s'embarquaient. Le prince danois, qui voulait soutenir leur retraite, fut tué, en combattant, par Théodebert, dont la flotte atteignit les vaisseaux des ennemis , et leur reprit les prisonniers qu'ils avaient faits et le butin qu'ils étaient pré s d'enlever.
Une ambassade d'Hermannfried vint à la même époque à la cour d' Australie, implorer le secours de Thierry.