‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 84 sur 123 · Grégoire de Tours, L. III , c. i · texte numérisé non relu

Grégoire de Tours, L. III , c. i

déjà du vivant de son père, avait porté le titre de roi et avait eu sa résidence à Genève. L'empereur Anastase conféra à Sigismond la dignité de patrice. Déjà les Bourguignons avaient de bonne heure sur le Rhin reçu les premières notions du christianisme f. Toute la nation même avait déjà, s'il en faut croire Socrate, renoncé au culte germanique dès Tan 440. Cependant arrivés sur le Rhône, la majeure partie, et surtout les grands, s'étaient laissés influencer par le voisinage des Wisigoths et avaient adopté l'arianisme. Sigismond abjura cette hérésie et, en 517, convoqua le synode d'Épauna, petite ville du Valais , ensevelie quarante-cinq ans plus tard sous les décombres d une montagne qui l'engloutit 2. Vingt-cinq évéques des divers diocèses de la Bourgogne assistèrent à ce concile , assemblé par le prince pour réparer les ruines que le schisme avait fait au catholicisme dans le royaume. Mais la conduite du roi ne répondit pas aux espérances qu'avait éveillées dans son peuple les premiers temps de son administration. Il avait eu de son épouse Ostrogot ha un fils du nom de Sigerich et une fille du nom du Suavigolha, laquelle avait épousé Thierry, roj d'Austrasie. Après la mort de la reine, il épousa une seconde femme de basse naissance , qui ayant conçu une haine mortelle contre ce jeune prince, pour quelques paroles de mépris qu'il s'était permises à son égard , le mit si mal dans l'esprit de son père, qu'il le fit étrangler. Le repentir vint plus tard. Poursuivi par ses remords et par l'image du fils que, dans sa fureur, il avait sacrifié, Sigismond se retira dans le monastère d'Ayaune qu'il avait fait bâtir ou augmenter en l'honneur du martyre de St. Maurice et de ses compagnons, que la tradition plaçait en ce lieu.

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