‹ Histoire des GirondinsChapitre 111 sur 194 · LIVRE VINGT-TROISIEME. 2il · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-TROISIEME. 2il

» satisfera le peuple et qu'il voudra bien entendre » et connaître la vérité. »

Les tribunes et les pétitionnaires écoutèrent froidement ces paroles. Le député Choudieu fit voter d'urgence la formation d'un camp sous Paris et la permanence des séances de l'Assemblée. L'Asseml^lée procède à la nomination des ministres.

Roland , Clavière et Servan , les trois ministres girondins renvoyés, furent réintégrés sans scrutin, sur la proposition de Brissot. Leur nomination était une vengeance de leur destitution par le roi. Danton fut nommé ministre de la justice, Monge ministre de la marine, Lebrun des affaires étrangères, Grouvelle secrétaire du Conseil des ministres. Monge était un mathématicien illustre, Lebrun un homme de chancellerie versé dans la diplomatie , Grouvelle un lettré subalterne et ambitieux. A neuf heures du soir le gouvernement fut constitué. Les Girondins y dominaient par Roland, Clavière, Servan, Lebrun. La commune les contre-balançait par Danton seul.

A peine nommé , Danton courut au conseil de l'Hôtel-de-Ville faire hommage à ses complices du pouvoir qu'il venait de conquérir pour eux : « J'ai » été porté au ministère par un boulet de canon , » dit-il à ses affidés. « Je veux que la Révolution entre » avec moi au pouvoir. Je suis fort par elle; je pé- » rirais en m'en séparant. » Il appela Fabre d'Églantine et Camille Desmoulins aux deux premiers emplois

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