TOME III
réfléchie des grandes résolutions et la laisse prendre à rinsurrection. Ce que touche le peuple est toujours brisé par la violence ou taché de sang. L'Assemblée nationale fut au-dessous de la crise. Elle eut le tarent, les lumières, le patriotisme, les vertus même nécessaires aux fondateurs de la liberté; elle n'en eut pas le caractère. Le caractère est le génie de l'action. Ces hommes n'eurent (jue le génie de la parole €t le génie de la mort. Bien parler et bien mourir, ce fut leur destinée.
Le contre-coup du 4 0 août fut ressenti dans tout l'empire et dans toute l'Europe. Les cabinets étrangers et les émigrés, tout en déplorant la catastrophe, l'emprisonnement du roi , Pencouragement que le triomphe du peuple de Paris donnait à l'esprit révolutionnaire, se réjouirent eu secret des agitations convulsives dans lesquelles la France allait vraisemblablement se déchirer. Une guerre civile était le plus puissant auxiliaire de la guerre étrangère. Le gouvernement anarchique d'une assemblée était le moins propre à la conduite d'une guerre nationale. I.a France sans chef, sans unité , sans constitution , tomberait, membre par membre, sous les forces des coalisés. D'ailleurs le scandale de ce palais violé, de <;es gardes immolés, de cette famille royale avilie par