TOME iir
cimetières de Paris, les deux inconnus déplièrent une carte, et s'orientèrent sur ce champ de mort. Ils reconnurent, à des signes tracés sur le sol et rappelés sur la carte , l'emplacement de ces souterrains refermés. Ils marquèrent' eux-mêmes , d'un revers de bêche , la ligne circulaire d'une enceinte de six pieds de diamètre, où le fossoyeur devait faire creuser pour retrouver l'ouverture du puits qui descendait dans ces abîmes. Ils lui remirent la somme nécessaire au salaire de ses ouvriers. Ils lui recommandèrent de veiller à ce que l'ouvrage fut achevé le quatrième jour, et se retirèrent en imposant le silence.
Le silence ne couvrit qu'imparfaitement ces funestes apprêts. Un bruit sourd, circulant dans les prisons, donna aux victimes le pressentiment du coup. Les geôliers et les porte -clefs reçurent et transmirent des avertissements obscurs.
Danton, cruel en masse, capable de pitié en détail , cédant aux sollicitations de l'amitié et aux propres mouvements de son cœur, fit relâcher, la veille,quelques prisonniers au sort desquels on l'intéressa. Ordonnant le crime par férocité de système et non par férocité de nature, il semblait heureux de se dérober à lui-même des victimes. 31. de Marguerie, oiricier supérieur de la garde constitutionnelle du roi; l'abbé Lhomond, grammairien célèbre; quelques pauvres prêtres des écoles chrétiennes, qui