‹ Histoire des GirondinsChapitre 24 sur 194 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

Premières insurrections en Bretagne et dans le Vivarais. — Exaltation des patriotes. — Chabot, Grangeneuve. — Tentative de réconriliation des partis à l'Assemblée. — Lamourette. — La suspension de Pétion envenime les ressentiments. — Terreur de la reine à l'approche du jour de la Fédération. — Craintes de la famille royale. — Espoir de la reine. — Outrages à la famille royale. — L'armoire de fer. — Le roi et la. famille royale au Champ-de-Mars. — Assassinats. — Déprémesnil. — Situation de la garde nationale. — Barbaroux et Rebecqui, chefs des Marseillais. — Madame Roland àme du 10 août. — Pétion complice. — Barbaroux, Danton, Santerre à la tête du mouvement. — Conciliabules secrets à Charenton. — Repas aux Champs-Elysées. — Rixes entre les Marseillais et les royalistes. — Tentatives des amis de Robespierre pour lui donner la dictature.

Tout indiquait, comme on l'a vu dans Tadresï^e de Robespierre et dans les mots de Danton , un rendez-vous donné au Champ-de-Mars, le 14 juillet, pour emporter la royauté dans une tempête, et pour faire éclore la république ou la dictature d'une acclamation des fédérés. « Nous sommes un million » de factieux, » écrivait le Girondin Carra dans sa feuille.

La nation tout entière, alarmée sur son existence,

sans défenseurs sur ses frontières, sans gouvernement au dedans, sans confiance dans ses généraux , voyant les déchirements des factions dans l'Assemblée, et se croyant trahie par la cour, était dans cet état d'émotion et d'angoisse qui livre un peuple au hasard de tous les événements. La Bretagne commençait à s'insursjer au nom de la religion sous le drapeau du roi. Cette insurrection toute populaire dans les nobles ne chercha que des chefs. La guerre de la Vendée, destinée à devenir bientôt si terrible, fut (lès le premier jour une guciie de conscience dans le peuple, une guerre d'opinion dans les chefs. L'émigration s'armait pour le roi et pour l'aristo- <-ratie, la A'endée pour Dieu.

Un simple cultivateur, Alain Redeler, le 8 juillet, à la sortie de la messe, dans la paroisse de Fouestan, indiqua aux paysans un rassemblement armé pour le lendemain auprès de la petite chapelle des landes de Kerbader. A l'heure dite, cinq cents hommes s'y trouvèrent déjà réunis. Ce rassemblement, bien différent des rassemblements tumultueux de Paris, téjnoignait par son attitude le recueillement de ses pensées. Les signes religieux s'y mêlaient aux armes. La prière y consacrait l'insurrection. Le tocsin sonnait de clochers en clochers. La population des <ampagnes tout entière répondait à l'appel des cloches comme à la voix de Dieu lui-même. Mais aucun désordre ne souilla ce soulèvement. Le peu-

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