LIVRE VINGTIÈME
)) tiable et corrompue! Mais nous la surveillons et » nous sommes forts ! Au moment où les traîtres » voudront li^rer nos villes à l'ennemi, les traîtres » auront disparu et nous nous serons ensevelis sous » les cendres de nos villes ! »
Des discours analogues à cette adresse agitaient rame du peuple dans les sections. La presse répandit dans tout le royaume un de ces discours piononcés à la section du Luxembourg et dont la concision relevait l'énergie. « Français, vous avez fait une ré- » volution, contre qui ?^ — Contre le roi, la cour, les » nobles et leurs partisans ! — A qui avez-vous con- » fié le sort de cette révolution après l'avoir faite? » — Au roi, à la cour, aux nobles et à leurs parti- » sans ! A qui faites-vous la guerre au dehors ? — Aux » rois, aux cours, aux nobles et à leurs partisans! » — Qui avez - vous mis à la tête de vos ar- » niées ? — ^ Le roi , les nobles , la cour et leurs » complices ! Eh bien ! concluez : ou le roi , les no- » blés et les intrigants qui sont à la tète de vos affaires » et de vos armées sont tous des Brutus qui sacri- » fient leurs pères, leurs frères, leurs fils au salut de » la patrie, ou ils vous trahissent! » La conclusion de ce discours, fcicile à tirer, était qu'il ne fallait pas confier une révolution aux hommes contre qui elle a été faite , c'est-à-dire que toutes les demi-révolutions sont des chimères, et qu'il n'y a que la république qui puisse faire une guerre sincère à la monarchie.