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TOME III

98 HISTOIRE DES GIUONDLNS.

« Levez-vous, citoyens! » disait la section ^laiiconseil. « In tyran niépiisal)lesejoue de nos destinées, » qu'il tombe ! L'opinion seule fait la force des rois, » eh bien! que l'opinion le détrône! Déclarons que )) nous ne reconnaissons plus Louis XVI pour roi des » Français. »

Danton , dans la section du Théâtre-Français, foula aux pieds cette distinction aristocratique entre les citoyens actifs et les citoyens passifs, et les appela tous, prolétaires ou })ropriétaires , à prendre les armes pour le salut de la patrie commune.

Plus logique que La Fayette, Danton ne plaçait pas les limites de la richesse à la place des limites de la naissance entre les citoyens; il les effaçait toutes. Cet appel au droit et au nombre devait étouffer les baïonnettes de la garde nationale sous la foret de piques des fédérés. Les enrôlements volontaires pour la frontière prirent plus d'activité; ils avaient lieu solennellement sur la place de l'Hôtel-de-Ville. Ces enrôlements étaient antiques de forme. Quatre tribunes, élevées aux quatre angles de la place, étaient occupées par des commissaires qui recevaient les engagements au brnit des instruments et aux acclamations de la foule. Des allocutions brûlantes enflammaient l'esprit des volontaires : a Citoyens , nous

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» allons partir, » dirent les orateurs de la section des Quinze-Vingts , « vous êtes près du gouvernail , sui- )) veillez le pilote, il vaudrait mieux le jeter à la mer » que de surveiller l'équipage. Le dix-neuvième » siècle approche : puissent à cette époque de i 800 » tous les habitants de la terre, éclairés et affranchis, » adresser à Dieu un hymne de reconnaissance et de » liberté ! Demandez encore une fois à Louis XVl )) s'il veut être de cette fête universelle, nous lui ré- » servons encore la première place au banquet. S'il » s'y refuse , adieu ! Nos sacs sont prêts , notre » adresse est l'éclair qui précède la foudre ! »

Le contre-coup de ces convulsions extérieures se faisait sentir aux Jacobins , aux Cordeliers et jusque dans l'Assemblée. Les séances se passaient à voir défiler des députations et à entendre des adresses. Les Marseillais, au nombre de cinq cents, vinrent déclarer par l'organe de leur orateur que le nom de Louis XYI ne leur rappelait que trahison, et demander l'accusation des ministres et la déposition du roi. « Le peuple est levé , » s'écria l'orateui- des fédéi'és ; « il vous demande une réponse catégorique : pouvez- » vous nous sauver ou non ? »

Isnard, dans un discours ardent et incohérent comme les vociférations de la colère, lança au roi l'outrage, l'accusation, l'ignominie et la mort. Pétion, raisonnant froidement sa haine, lut à la barre avec l'autorité de sa magistrature l'adresse de la

rommiine de Paris, qui n'était qu'un acte d'areusation contre le roi : « Nous ne vous retracerons pas, » disait le maire de Paris, « la conduite entière de » Louis XVI depuis le commencement de la Révolu- » tion , ses projets sanguinaires contre la ville de )) Paris, sa prédilection pour les nobles et les pré- )) très, son aversion contre le peuple, T Assemblée » constituante outragée par les valets de la cour, » investie par des hommes armés, errante au milieu » d'une ville royale et ne trouvant d'asile que dans » un jeu de paume! Que de raisons n'avions-nous » pas de récarter du trône au moment où la nation » fut maîtresse d'en disposer! Nous le lui laissâmes! » Nous ajoutâmes à cette générosité tout ce qui peut » relever, fortifier, embellir un trône! Il a tourné » contre la nation tous ces bienfaits, il s'est entouré )) de nos ennemis, il a chassé les ministres citoyens » qui avaient notre confiance, il s'est ligué avec ces » émigrés qui méditent la guerre extérieure contre » nous, avec ces prêtres qui conspirent au dedans » la guerre civile; il a retenu nos armées prêtes à » envahir la Belgique, il est le piemier anneau de » la chaîne contre-révolutionnaire : il transporte » Pilnitz au milieu de Paris , son nom lutte contre » le nom de la nation; il a séparé ses intérêts de » ceux de son peuple, séparons-nous de lui. Nous » vous demandons sa déchéance ! »

A la séance du o août, Guadct lut des adresses

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