‹ Histoire des GirondinsChapitre 53 sur 194 · LIVRE VINGTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGTIEME

L'n détachement de quelques hommes seulement était resté à la ca$crne de Courbcvoie. M. de ^faillardoz commandait les Suisses. On les avait logés dans riiôtel de Brionne et dans les écuries de la cour ■Marsan. A onze heures ils étaient sous les armes. On les plaça en avant-postes à l'issue de tous les dél)ouchés.

Trente gardes nationaux stationnaient avec les Suisses dans la cour Royale, au pied du grand escalier. Ils avaient icçu de Mandat Tordre de repousser la force par la force, tel que Pétion l'avait donné lui-même au commandant général. Paris était dénué de troupes de ligne. Les généraux Wittenkoff et Boissieu, qui commandaient la dix-septième division militaire, dans laquelle Paris était compris, n'avaient sous leurs ordres que la gendarmerie à pied et la gendarmerie à cheval. La gendarmerie à pied était consignée dans ses casernes, à l'exception de cent cinquante hommes placés à l'hôtel de Toulouse pour proléger au besoin le trésor royal. Trente hommes de la gendarmerie à pied de la banlieue de Paris étaient postés au pied de l'escalier dans la cour des Princes. La gendarmerie à cheval comptait six cents cavaliers. Ils étaient commandés par MM. de Rulhière et de Verdicre. A onze heures du soir, cette cavalerie se rangea en bataille dans la cour du Lou-

422 HISTOIRE DES GIKOXDIXS.

vre. In faible escadron de gendarmerie à cheval du département arriva dans la nuit et se mit en bataille sur le Carrousel. Quatre pièces d'artillerie étaient placées dans la cour Royale, devant la grande porte, une dans la cour des Suisses, une dans la cour des Princes, une dans la cour Marsan, deux au Pont- Tournant, une à remboucliure du Pont-Royal, deux à la porte du Manège. En tout douze pièces de canon. Les artilleurs étaient des volontaires de la garde nationale , fiers de leur supériorité d'armes et peu assouplis à l'obéissance.

Les seize bataillons de garde nationale arrivèrent par détachements d'heure en heure. Réunis avec peine, ils ne formèrent en tout que deux mille combattants. Les officiers suisses fraternisèrent avec les officiers de ces détachements à mesure qu'ils arrivaient. Ils leur déclarèrent que, pleins de déférence pour la nation, leurs soldats suivraient l'exemple de la garde nationale et ne feraient ni plus ni moins que les citoyens de Paris. Les Suisses furent massés dans le vestibule. Leur drapeau était là ! Assis sur des bancs et sur les marches de l'escalier, leurs fusils dans les mains, ils y passèrent dans un profond et martial silence les premières heures de la nuit. La réverbération des flambeaux sur leurs armes, le bruit des crosses de fusil retentissant de temps en temps sur le marbre , le qui vive à voix sourde des sentinelles, donnaient au palais l'aspect d'un camp

Page 1