II
tt Ces assassinats y dit-il, fiirent*ils coinmandASy furent-ils dirigés par quelques hommes ? Je peùse que ces crimes n'eussent pas eu un aussi libre cours, qu'ils eussent été arrêtés, si tous ceux qui avaient en main le pouvoir et la force les eussent vus avec horreur ; mais je dois le dire, parce que cela est vrai, plusieurs de ces hommes publics,, de ces défenseurs de la patrie, croyaient que ces journées désastreuses et déshonorantes étaient nécessaires ; qu'elles purgeaient Tenipire d'hommes dangereux ; qu'elles portaient l'épouvante dans l'àme des conspirateurs, et que ces crimes, odieux en morale, étaient utiles en politique.
« Oui, voilà ce qui a ralenti le zèle de ceux à qui la loi avait confié le maintien de l'ordre, de ceux à qui elle avait remis la défense des personnes et des propriétés*.»
Robespierre, quelque précaution qu'il mit à dissimuler sa participation aux massacres, en donnai quoique en termes moins explicites, la même explication que Petion :
a L'univers, la postérité, dit-il, ne verra dans ces événements que leur cause sacrée et leur sublime résultat; vous devez les voir comme elle. Vous devez les juger, non en juges de paix, mais en hommes
* MofUitur du 10 novembre 1792/ Dûcour* de Jwrâmê PêHon iwr l'accusation dirigée contre Rohe$fierre.
d^État et en législateurs du monde. Et ne pensez pas que j'aie évoqué ces principes étemels parce que nous avons besoin de couvrir d'un voile quelques actions répréhensibles; nous n'avons point failli ; j'en jure par le tr6ne renversé et par la République qui s'élève •. »
Dans la grande discussion qui eut lieu aux JacobinSy le lundi 5 novembre 1792, au sujet des attaques de Louvet contre Robespierre et contre la députation de Paris, GoUot d^Herbois, allant plus loin que Petion et Robespierre, dans la même voie, indiqua très-clairement la pensée qui avait inspiré les massacres.
a Manuel, dit-il, a fait des observations sur la terrible affaire du S septembre, et j'ai été affligé de ce qu'il a dit. Il ne faut pas se dissimuler que c'est là le grand article du Credo de notre liberté. Nos adversaires ne nous opposent cette journée que parce qu'ils ne la connaissent pas, et que, malgré les détails donnés aujourd'hui par Robespierre, on ne la connaît pas encore. Je déplore tout ce qu'il y a de malheureux dans cette affaire; mais il faut la rapporter tout entière à l'intérêt public.
« Nous, hommes sensibles, qui voudrions ressusciter un innocent, pourrions-nous admettre en principe, comme Manuel, que les lois ont été violées
1 Robespierre, Lettres à ses commettants^ n. 4, p* 165.
dans cette journée, que Ton n'y compte que des bourreaux ?
(c Noos outragerions la vérité si nous ne professions pas, sur la journée du 2 septembre, les mêmes principes, savoir : que nous gémissons sur les maux particuliers qu'elle a produits ; mais que, sans cette journée, la Révolution ne se serait jamais accomplie. Manuel a coopéré à cette journée ; qu'il ne vienne donc pas déguiser son opinion. Manuel sentira que c'est une grande journée dont il a été l'instrument. Qu'il donne à l'humanité les regrets qu'elle exige ; mais qu'il donne à un grand succès toute l'estime que ce grand succès mérite, et qu'il dise que, sans le â septembre, il n'y aurait pas de liberté, il n'y aurait pas de Convention nationale ^ x>
Barrère, qui prit la parole après GoUot d'Herbois, comme s'il avait été jaloux de son succès, leva les derniers voiles qui pouvaient couvrir encore la pensée des massacres :
« Citoyens, dit-il, vous devez aimer la liberté dans toute sa latitude, car vous êtes libres. Et moi aussi, dans le discours que j'avais préparé sur Robespierre, j'avais une opinion aussi politique et aussi révolu (ionnaire que GoUot d'Herbois, sur les événements du 2 septembre. Cette journée, disais*je, dont il faudrai t ne plus parler, car il ne faut pas faire le procès à la
^Moniteur du 14 novembre 1792, Discours de CoUot d'Herbois fiux Jacobins, Ce discours fut vivement applaudi.
Révolution^ présente aux yeux de l'homme vulgaire un crime, car il y a eu violation des lois ; mais, aux yeux de Tbomme d'État, elle présente deux grands effets : i*» de faire disparaître ces conspirateurs que le glaive de la loi semblait ne pouvoir pas atteindre ; 2* d'anéantir tous les projets désastreux enfantés par Fbydre du feuillantisme, du royalisme et de Taristocratie, qui levait sa tète bideuse ^ »
Enfin, l'bomme qui eut la part la plus active à la préparation et à l'exécution des massacres , Marat, exposa en ces termes, dès le 30 août, dans une réunion secrète tenue à l'Arcbevècbé par tous les coopérateurs du crime, l'objet politique de la mesure, d'après le témoignage d'un bomme présent à la réunion, et qui vivait encore à l'époque où ce qu'on va lire fut imprimé :
« Marat rompit le silence, et dit qu'il fallait effrayer la Convention, prête à se réunir, par un coup de vigueur capable de la faire trembler devant la Commune de Paris, que l'on ferait, par ce moyen, marcher à son gré. De suite, il proposa tranquillement regorgement des prisonniers, dont, suivant lui, la mort délivrerait Paris d'autant d'ennemis de la République.
« On écouta et discuta avec le plus grand sang-
( Moniteur du 14 novembre lîlhl, DUcour» de Barrère aux Ja-
froid cette barbare proposition ; tous tombèrent d'accord de Tassassinat ; ils se divisèrent seulement sur le mode d'exécution ^ »
Cette pensée de Marat, d'imposer par la terreur, aux députés des provinces, la politique et la domination de Paris, et de soumettre la Convention à la direction de la Commune, entra certainement pour beaucoup dans l'exécution des massacres, et Brissot la dévoila, dès le 29 octobre, dans sa Lettre d tous les républicains de France.
« Quand je me rappelle, dit-il, toutes les circonstances qui ont précédé, accompagné ou suivi Taffreuse journée du 2 septembre ; quand je me rappelle l'empire qu'exerçait, dans Paris et dans toute la République, un comité dont Robespierre dictait les arrêts sanglants ; son opiniâtreté à élever la Commune provisoire au-dessus des représentants de la nation ; les discours de ses partisans, qui menaçaient sans cesse de dissoudre l'Assemblée nationale ; et quand je me rappelle la motion préméditée de sonner le tocsin et de fermer les portes, sous le prétexte d'enrâler les citoyens ; l'organisation de ce cours d'assassinat; les froides plaisanteries de ceux qui étaient dans le secret de cette expédition ; son apologie faite au sein même de l'Assemblée ; l'inutilité des réquisitions du maire de Paris; l'inertie volontaire du
1 Matbon de la Varenne, Histoire particulière des événemetUt, etc., p. 285.
commandant général; quand je me rappelle toutes ces circonstances, je ne puis m'empècher de croire que cette tragédie était divisée en deux actes bien différents ; que le massacre des prisonniers n'était qu'un accessoire du grand plan ; qu'il couvrait et devait amener l'exécution d'une conspiration formée contre l'Assemblée nationale.
« Telle est la clef la plus naturelle de cette inexplicable atrocité; l'homme le plus féroce ne l'est point sans but... les ordonnateurs du massacre y voyaient le pouvoir suprême, ou ils étaient les plus imbéciles des brigands ^ »
Ainsi, et c'est là le point culminant de la question, dans la pensée des hommes qui abattirent la monarchie et qui établirent le gouvernement révolutionnaire, dans la pensée de Petion, de Robespierre, de Marat, de Gollot d'Herbois , de Barrère, de Brissot, les massacres de septembre furent une mesure politique, un coup énergique et salutaire, frappé par raison d'État, un moyen nécessaire, avouable, honorable, de déblayer le terrain des réformateurs, de soumettre la Convention au joug de la Commune de Paris, et de lui faire accepter, par la voie de la terreur, les principes de la démagogie. En un mot, les massacres de septembre furent un système, non un hasard; et c'est de dessein prémédité que les archi-
* Brissot) Lettre à tous les réptiblicains de France, p. 19| 20, 21.
tectes de la République posèrent ses premières as* sises dans le sang.
Ce premier résultat, aussi inattaquable que les témoignages quM résume, va nous rendre facile la justice qu'il convient de faire des tristes sopbismes des modernes apologistes, lesquels ont prétendu faire des massacres de septembre un fait isolé, un pur accident de l'histoire de la Révolution *.
Quatre faits considérables et authentiques concourent à montrer, avec toute certitude et conformément aux témoignages que nous venons d'exposer, que les massacres de septembre, soumis à une direction unique, furent l'œuvre d'une préméditation réfléchie, et non pas le résultat imprévu et déréglé de l'exaltation populaire. Ces quatre faits sont :
Le très-petit nombre d'hommes qui, pendant cinq jours, purent massacrer en paix, dans neuf prisons, environ douze cents hommes, femmes et enfants, au milieu d'une ville immense, à côté d'une Assemblée délibérante, à la face d'une garde nationale de près de cinquante mille hommes, sans être un seul instant empêchés ou troublés ;
' Voir principalement les Faste» de la Révolution^ par Marrait et Dupont, t. II, p. 349 et suivAnte^.
Le soin avec lequel, trois ou quatre jours avant les massacres, on voit les diverses autorités, et surtout la police, faire mettre en liberté, dans toutes les prisons, sans jugement, même sans raison appai*ente, un nombre considérable de détenus ;
Uexistence de listes de prisonniers, dressées vers le 26 ou le 27 août, listes qu'on voit remises au maire de Paris, au ministre de la justice, aux chefs des assassins^ et dont plusieurs existent encore ;
Enfin, les pièces irréfragables, officielles : arrêtés, dépêches, procès- verbaux du Conseil général ou des sections , bons , factures, ordonnances, quittances, qui établissent, par titres déposés dans les archives publiques, que les massacres furent ordonnés, organisés, surveillés, payés régulièrement, au grand jour, et par voie administrative.
Tous les contemporains sont unanimes pour déclarer que les tueurs des prisons étaient en très-petit ncMnbre.
i< Lie nombre des assassins n'excédait pas trois cents, dit Roch Marcandier, témoin oculaire ; encore faut-il y comprendre les quidam qui, dans l'intérieur du guichet, s'étaient constitués les juges des détenus ^ »
« Combien les bourreaux étaient-ils? dit Louvet. Deux cents f pas detix cents, peut-être ; et au dehors,
• Roch Marcandier, Histoire des hommes de proie^ p. 4.
que pouvait-on compter de spectateurs, attirés par une curiosité vraiment incompréhensible? Le double
tout au plus Le fait que j^avance, je le tiens de
Petion; c'est Petion qui me Ta dit*. »
D'après le témoignage de Brissot, les tueurs n'étaient jDa5 plus de cent.
« Je prouverai , dit-il, que cette scène atroce n'est point l'effet du hasard, d'un sentiment spontané du peuple ; qu'elle a été préparée et méditée dans le cabinet; que les rôles en ont été distribués; que des brevets de juge et de bourreau ont été, pour ainsi dire, expédiés; que la proc-édure en a été combinée ; que les salaires ont été fixés ; que les mots d'ordre ont été prévus et donnés; que les listes des prisonniers ont été examinées, épurées, remises, avec les signalements, aux exécuteurs, afin qu'il n'y eût point d'erreur.
« Je prouverai que le peuple de Paris n'a eu aucune part à cette atrocité, digne de cannibales'; qu'il n'est pas vrai qu'elle ait été l'ouvrage de trente mille citoyens, qui s'étaient portés au Champ- de- Mars pour s'enrôler ; je prouverai que le massacre a commencé à deux ou trois heures ; qu'à cette époque il n'y avait pas cent citoyens au Champ-de-Mars ;
1 r^uvet, Accusation contre Moûpimûien Rohupierre, Séance de la Convention du 29 octobre 1792.
2 Brissot eët malheureusement dans Terreur sur ce point ; oa verra, quand nous publierons la liste des tueurs, qu'un certain nombre d'entre eux étaient des gardes nationaux, et, comme on dit, des boutiquiers.
que le massacre a précédé Fenrôlement ; que tous les motife allégués pour le justifier sont absurdes ; qu'on a eu jusqu'à là précaution de commander dans les journaux des prétextes et des fables; que ces horreurs auraient pu facilement être réprimées ; que les massacres ont été commis au plus par une centaine de brigands inconnus, auxquels se sont mêlés Quelques citoyens de Paris, actuellement en horreur à leurs concitoyens *. »
Quoique ne s'accordant pas entre eux, les témoignages de Roch Marcandier, de. Louvet et de Brissoty relatifs aux massacreurs de septembre, sont généralement dans le vrai. Nous avons pu faire, et nous publierons plus loin la liste complète dès tueurs ; ils . ne s'élevaient pas à deux cents.
Il y avait en effet, & l'Abbaye : Juges, ou soi-disant tels, en y comprenant Maillard. . 7
Tueurs 48
Curieux encourageant les massacres. . . 1 i A la Force : Juges, on soi-disant tels, en y comprenant Dangé et Chépy, présidents, et . Chautrot, accusateur pour le peuple. ... 7 Tueurs ayant servi à toutes les autres prisons 95 Individus embrigadés par Maillard pour ses expéditions aux environs de Paris .... 24
Total des tueurs. ..... i87
> Brissot, Lettrée a tous le$ républicains de France y p. 44, 45.
En ajoutant au personnel des tueurs les commissaires chargés officiellement d'assister aux massacres, de présider au dépouillement des cadavres, de faire laver et vendre le linge et les habits 9 de faire enlever et ensevelir les victimes, on trouve :
Commissaires de la section des Quatre-Na- * tions 27
Commissaires des autres sections. ... 21
Total des individus employés aux massacres 235
Ainsi, ces dbux cent trente-uno individus ont pu, au milieu de Paris, au milieu de la garde nationale, à la face de la Commune et de TAssemblée législative, égorger jour et nuit, pendant cinq jours, le % le 3, le 4, le 5, le 6, et peut-être le 7 septembre, dans neuf prisons, dont quatre, l'Abbaye, la Conciergerie, le Ch&telet et la Force, étaient réellement au centre de la ville ; ils ont pu tuer, avec des masses, avec des piques, avec des sabres, avec des fusils, avec des canons, plus de quinze cents personnes ; des hommes, des femmes, des nobles, des prêtres, des soldats, des bourgeois, des ouvriers, des mendiants, des fous; des galériens ; des vieillards de plus de quatre-vingts ans ; des enfants de treize ans ; et, pendant ces cinq effiroyables journées, ni les ministres, ni le maire, ni les magistrats, ni le commandant général de la garde nationale n'ont envoyé nulle part un piquet
de cinquante hommes pour dissiper ces brigands, lesquels, leur ouvrage fait, sont venus à la mairie recevoir le prix du sang versé et ont donné des quittances qui existent encore !
Certes, on en conviendra, n^y e&t-il que ces deux faits, le petit nombre des égorgeurs et le silence de toutes les autorités, il resterait parfaitement établi que les massacres de septembre furent, non Teffet imprévu, spontané, subit, d'une effervescence et d'un désordre populaire^; mais le résultat d'une me* sure concertée, exécutée, proposée par les dépositaires de la force publique.
Le soin avec lequel un grand nombre de personnes firent sortir de prison, dès les derniers jours du mois d'août, des parents, des amis ou des serviteurs qui s'y trouvaient, par suite des arrestations en masse opérées le 10 août, avait pour motif le bruit généralement répandu des massacres. « Personne ne doutait des massacres, dit M. Michelet ; Robespierre, Tallien et autres firent réclamer aux prisons quelques prêtres, leurs anciens professeurs; Danton, Fabre d'Ëglantine, Fauchet, sauvèrent aussi quelques personnes ^ »
C'est dès le 23 août que le massacre des personnes aiTétées depuis le 10 fut publiquement discuté dans les sections. L'Assemblée et la Commune avaient tant de fois et si solennellement promis au peuple une
1 Michelet, Histoire de la Révolution, t. IV, p. 121.
vengeance, quMl la réclamait à grands cris. « Le 23 aoAt, dit Petion, une section vint en députation au Conseil de la Commune, et déclara formellement que les citoyens, fatigués, indignés des retards que Ton apportait dans les jugements, forceraient les portes de ces asiles et immoleraeint à leur vengeance les coupables qui y étaient renfermés. Cette pétition, conçue dans les termes les plus délirants, n'éprouva aucune censure ; elle reçut même des applaudissements ^ i>
Le 29 août, Danton, en plein Conseil général de la Commune, aborda la question avec la brutalité quMl mettait à toutes choses. Les mesures arrêtées sur sa proposition percent aisément à travers la transparence du procès-verbal: « M. Danton, ministre de la justice, y est-il dit, est entendu sur les moyens de vigueur à prendre dans les circonstances actuelles : il propose, entre autres choses, de faire dans les sections un état de tous les citoyens nécessiteux qui sont propres au service militaire et de leur donner une paye *. »
Sur la proposition de Manuel, complétant la pensée de Danton, la caisse fut battue dans Taprès-midi ; tous les citoyens absents de chez eux forcés d'y rentrer, les maisons éclairées toute la nuit, les visites
f Moniteur du 10 norembre 1793, Discourt de Jérôme Petion iur l'accutation intentée contre MaximiUen Roheepierre.
* Proch'î^erhaux de la Commune de Pari», Séancp du S9 août I19i.
ciliaires annoncées dans chaque quartier par des rappels, les voitures remisées à dix heures ; et les prisons se trouvèrent combles le 30 au matin ^
Le 30 août y le Conseil général de la Commune arrêta officiellement la forme en laquelle les détenus seraient jugés :
<c n est arrêté, dit le procès-verbal, que les sections seront chargées ^examiner et de juger, sous leur responsabilité, les citoyens arrêtés cette nuit '. »
Le 31 août, Tallien, au nom d^une députation de la Commune, annonçait en ces termes , à la barre de FAssemblée, le sort réservé aux prisonniers :
« Nous avons fait arrêter des conspirateurs et nous les avons mis entre les mains des tribunaux, pour leur salut et pour celui de TÉtat... Nous avons fait arrêter les prêtres perturbateurs; ils sont enfermés dans une maison particulière, et sous peu de jours le sol de la liberté sera purgé de leur présence'. »
On le voit, il n'était pas possible d'avoir un doute sur le sort des prisonniers. Le 31 août, les élèves de Fabbé Sicard réclamèrent leur maître par une députation adressée à l'Assemblée législative ^. Le même jour, l'abbé Bousquet, prisonnier aux Carmes, écrivit à Barrère, qui alla demander sa liberté à Danton".
^ Proeèë^erhaux delà Commune dePaHs^ Séance du 29 août 1793.
> Ibid., Séance du 30 août 1793.
s Moniteur du 3 septembre 1792.
♦ IHd.
•Barrère, Mémoires, t. It, p. 24, 25.
«Le i*' septembre, dit Joorniac de Saint-Méardy on fit sortir de l'Abbaye trois de nos camarades : les sieurs Saint-Félix, Laurent, et Ghignard. On en fit sortir quelques autres des cbambres voisines, notamment M. de Jaucourt ^
C'est principalement à l'Abbaye, où il n'y avait guère de prisonniers politiques, que se firent remarquer les mises en liberté sans jugement, un peu avant les massacres ; en voici un petit tableau que nous avons relevé sur le registre d'écrou ;
Liste des prisonniers de fAbbaye mis en liberté
avant les massacres.
1 Lecomte, président de la section de la rue Granffe-
Batelière, mis en liberté le J5 août^ par ordre des administrateurs de police.
2 De Caire^ mis en liberté le 21 août, par ordre des admi-
nistrateurs de police.
3 Brelu de la Grange, mis en liberté le 22 août, par ordre
des administrateurs de police.
A [^millière^ mis en liberté le 22 août.
B Fincken, mis en liberté le 26 août^ par ordre des administrateurs de police.
0 Bourkard, \
1 T esse • ( ™'' ®** liberté le 27 août, par ordre des 9 Monneron, administrateurs de police.
iO Lepeltier, )
i\ Musquinet de Saint-Fëlii, mis en liberté le 27 août, pai*
ordre du Conseil général de la Commune. Ï2 Dossonvillc, mis en liberté le 28 août, en vertu d'un
jugement.
iJourniac de Saint-Méard, Mon agonie de trente-huit heures f
13 Lenoir» mis en Ubertë le 38 août, en veiiu d'un ordre du
Comité de sûreté générale de TAssemblée. iA Parizot. \ ,., ... ^o i*
16 Duyerrier, ordre des administrateurs
l7UBg, I *>«P«''"-
18 Lefebvre, | mis en liberté le S9 août^ par ordre des ad-
19 Drouet, } ministrateurs de police.
20 Lally-Tolendal^ mis en liberté le 34 août, par ordre des
administrateurs de police.
21 Jouneau^ député, mis en liberté le 1**' septembre^ par un
déci*et de FAssemblée nationale législative.
22 Jaucourt^ ) mis en liberté le 1*' septembre^ par ordre
23 Brossard, ) des administrateurs de police.
A la Force, quoique les massacres ne dussent y commencer que le 3, les vivres avaient été supprimés le 2. a Ce jour, dit Mathon de la Yarenne, les vivres étaient entrés en petite quantité, et manquaient déjà à rheure où les distributions ne faisaient ordinairement quQ commencer. Nous ne sûmes à quoi attribuer cela ^ ))
A l'Abbaye, on fit dîner les prisonniers plus tût qu'à l'ordinaire. « Le dimanche, 2 septembre, dit Journiac de Saint- Méard , notre guichetier servit notre diner plus tût que de coutume. Son air e£Earé, ses yeux hagards, nous firent présager quelque chose de sinistre. A deux heures, il rentra; nous l'entourâmes; il fut sourd à toutes nos questions; et après qu'il eut, contre son ordinaire, ramassé tous les couteaux que nous avions soin de placer dans nos ser-
1 Mathon de la Varenne, Les crimes de Marat et des autres égor' gewSf 01* ma résurrection, p. 59.
viettes , il fit sortir brusquement la garde-malade de Pofficier suisse Rediug ^ d
Qu'on dise si la préméditation des massacres de septembre est, comme on Ta imprimé de nos jours, une invention royaliste * ?
iJoumiac de Saint-Méard, Mon agonie detrente-huU heuret, p. 23.
'Marrast et Dupont , îet Faties de la RivoUtHon^ t. II, p. 349.