‹ Histoire des Girondins et des massacres de SeptembreChapitre 48 sur 54 · LES ASSASSINS BE SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

LES ASSASSINS BE SEPTEMBRE

Uorreur excitée par les massacres. — Xersaint donne sa démission de député pour ne plus siéger parmi des assassins. — Barbaroux, Gensonné etBarrère font décréter qu'on poursuivra les auteurs des massacres. — Récriminations entre les partis. — Chabot accuse Corsas, Manuel et Petion ; Marat accuse et fait arrêter Fournier l'Américain: Chaumette accuse Gorsas et Brissot. — Les poursuites sont commencées. — Les sections les font suspendre en février 1793. — En 1795, les sections demandent la reprise des poursuites.— Mouvement général de l'opinion contre les septembriseurs.— En 1796, le tribunal criminel de la Seine demande des moyens légaux de poursuivre.— En 1797, un décret interprétatif rend les poursuites légalement possibles. — Elles sont commencées.— Instruction. —Procès. — Liste des assassins.

Tant que les Girondins conservèrent Tespoir de recueillir Phéritage de la monarchie, ils se turent sur Tindignité des moyens qui Pavaient renversée, et ils excusèrent rhorrible forfait consommé en vue d'en exterminer les défenseurs. Mais, lorsque leurs dernières illusions se furent dissipées, et que le torrent débordé de la démagogie parut clairement de force à tout entraîner dans son écume, les Giron-

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dins ne voulurent plus avoir la complicité sans les profits. Dès ce moment, les choses reprirent pour eux leur sens véritable; la théorie ridicule et mensongère qui avait fait des massacres de septembre le résultat regrettable et fatal d*un entraînement populaire fut hsiutéitiellt retn{llàt?6e pâi* une accusation directe de préméditation ; et les journées sanglantes reçurent énfiii leur vrai nom: elles furent tin crime.

Guy de Kersaint , dépiité de Seine-et-Oise, poussa, le premier, le cri accusateur, tl écrivit, le 20 janvier 1793, à la Convention nationale, pour -se démettre de son mandat, ne pouvant plus, disait-il, a supporter la honte de s'asseoir dans son enceinte avec des hommes de sang, et endurer le tnalheur d'avoir pour collègues les promoteurs des assassinats du 2 septembre *. »

Écrite trois mois plus tôt, la lettre de Kersaint eût été un acte d'honnêteté et de courage ; à sa date, elle n'était qu'une marque de désappointement et de dépit. Que plusieurs de ses collègues fussent des promoteurs d'assassinats, c'était incontestable ; mais l'histoire a le droit de dire à Kersaint qu'il avait mis bien du temps à s'en apei*cevoii*.

Le jour où il se démettait de son mandat, c'était, on l'a vu, le 20 janvier 1793. Le dernier scrutin de

Moniteur du %i janvier 1798, Séance de la ConTention du

la Convention venait de donner 310 voîjr pour le sursis à Vexécution de Louis XYI, et 380 voix pour rexécution i^unédiate^ Cette mort n'était qu'un d'âme de plus; mais on s'était borné à laisser accomplir celui du 2 septembre^ tandis qu'il avait &llu tremper ses mains dans celui du SI janvier. Les Girondins, révoltés iin peu, il faut le croire, d'être réduits par la peur à faire mourir ce roi qu'ils avaient voulu servir, essayèrent la diversion d'un courage tardif, en demandant la recherche et le chàrtiment des assassins de septembre.

Barbaroux et Gensonné firent la motion. Barrère, qui ne s'était pas encore classé dans le parti des violents, l'appuya. Elle fut décrétée*.

Dès le 27 janvier, les poursuites étaient commencées; et un certain nombre d'assassins des prisons étaient arrêtés à Meaux '.

Les Girondins étaient encore un parti paissant à

i Pour la mort, la majorité avait été encore moindre.

Pour la mort sans condition, 387.

Pour la détention ou la mort conditionnelle 334.

Majorité... 53.

En déduisant 38 absents, la majorité^ prise sur toute la Con- . vention, n'était plus que de 25.

Louis XVI eût donc été acquitté en Cour d'assises. {Moniitw du 32 janvier 1793.)

> Moniteur du 34 janvier 1793, Séance de la Convention du 90,

s Monitmr du 4 février 1794.

la fia de janvier 1793, quoi qu'ils dussent être proscrits en masse le 31 mai, et égorgés le 31 octobre. Il pouvait donc convenir à leur politique de se dégager publiquement de la responsabilité accablante attachée au crime le plus hideux de la Révolution, et de rester conmie le centre et Fespoir des républicains modérés et honnêtes ; mais il fallait une grande somme dMnexpérience ou dUUusions pour se persuader que les auteurs directs des massacres de septembre, alors les maîtres de Paris, par la Commune, et de la France, par les clubs, consentiraient A se justifier devant les tribunaux. La plus vulgaire prudence aurait donc dû leur conseiller de ne pas engager légèrement une lutte mortelle, juste au moment où l'immolation de Louis XYI exaltait au plus haut degré les passions révolutionnaires, car il était bien clair que Marat, Danton, Panis, Billaud- Yarennes , Camille Desmoulins , enfin tous les auteurs principaux des massacres, ne se laisseraient pas déshonorer sans résistance, et que les assassins soudoyés des prisons mettraient tout en œuvre pour ne pas monter sur l'échafaud.

C'est ce qui arriva. Le 4 février, la section dite de Marseille, précédemment du Thé&tre-Français, envoya une députation à la barre de la Convention nationale, pour demander qu'on rapport&t le décret du 20 janvier. Malheureusement pour les Girondins, l'orateur de la section de Marseille, le citoyen Rous-

sillon y n'avait pas eu de peine à trouver contre les auteurs du décret des raisons péreroptoires, c'est-àdire les raisons mêmes des Girondins et de leurs amis, pour justifier ou pour excuser les massacres.

<c Ceux qui font un crime au peuple des premières journées de septembre, dit l'orateur, sont les mêmes ' qui applaudissaient à celle du 17 juillet. lisseraient déplorables, ces événements, dans un temps calme ; mais au sein d'une révolution orageuse, à la suite d'une insurrection sanglante, ne peut-on donc les excuser?

« Si la morale les réprouve, la politique les justifie ; et comme l'a dit un de vos membres, Isnard, les vengeances populaires sont un supplément au silence des lois. . . Il faut toujours reprocher les écarts du peuple à ceux qui les provoquent.

«Cette procédure ridicule qu'on veut intenter contre les auteurs des journées de septembre, n'est qu'un échafaudage contre-révolutionnaire, b&ti par les ennemis de la République ; c'est pour leur arracher le masque que nous venons à votre barre vous demander le rapport du décret qu'ils vous ont surpris ; vous le devez au peuple, encore plus à votre gloire ; et si ce que nous vous disons ne suffisait pas , nous citerons un rapport que vous a fait le ministre de la justice, qui a pensé comme nous '. »

« Uoiniitwf dik 10 février 1793. Sé.ance de la Convention du 8.

Tout cela était accablant* Les Girondins , qui avaient fait l'insurrection du âO juin et la réyolntîon du 10 aoAt, qui avaient gardé le silence pendant toute la durée des massacres , qui les avaient justifiés, par la voix de Roland, qui avaient choqué le verre avec des tueurs aux ipains ensanglantées, en la personne de Petion , pouvaient-ils loyalement et raisonnablement faire un crime à qui que ee fût d'événements dont ils avaient si longtemps accepté la responsabilité et les conséquences?

Quant au ministre de la justice. Garât, il avait froidement énuméré, le 6 octobre 1703, un mois après les massacres, toutes les raisons qui devaient les faire considérer comme les^ conséquences naturelles d'une insurrection légitime en elle-même.

«Les prisonniers détenus dans Paris , avait dit Garât, dans un rapport à la Convention , n'étaient pas les prisonniers d'une ville, mais de la nation*

«C'est presque un crime envers la nation française

de penser que les événements de septembre n'appar-

tiennent pas à l'insurrection.

(( Les glaives ne se promenaient pas entièrement au hasard, et les victimes les plus connues attestent qu'on cherchait ceux qui avaient voulu frapper eux-

mêmes d'un coup mortel la liberté et les lois d'une ^ grande nation. Ce trait, et c'est celui qui domine^ est celui qui imprime leur vrai caractère à ces journées de sang, qui ont été des prolongations des combats de la liberté contre le despotisme .

a Ces considérations établissent que les événements des S et 3 septembre sont dans l'insurrection, et ne peuvent pas être vus et jugés hors d'elle ^ »

Lorsqu'un homme comme Garât, grave, modéré, chef de la magistrature, confondait aussi explicitement, aussi complètement les massacres de septembre avec la révolution du 10 août, œuvre évidente et avouée des Girondins, qui donc, parmi eux, pouvait avoir la droit de les flétrir et d'en demander le châtiment?

Cette lâche Assemblée, à laquelle la peur imposera tant d'excès, et qui avait voté, par acclamation, les poursuites contre les assassins, en vota la suspension avec docilité et en silence.

La pétition de la section de Marseille souleva un orage de récriminations parmi tous ceux qui, de près ou de loin, par une participation directe ou par un

1 UomXewr du 13 novembre 1792. •

silence pusillanime, avaient plus ou moins à se reprocher les massacres de septembre.

Chabot accusa hautement Corsas, Manuel et Petion ; Gorsas, pour avoir approuvé les massacres ; Manuel et Pelion , . pour lui avoir envoyé l'article apologétique publié par son journal ^

Grangeneuve constata le bruit généralement répandu et accrédité , que les massacres avaient été prémédités chez Danton , au ministère de la justice ».

Lanjuinais, dans les détails qu'il donna, porta le nombre des victimes à huit, mille ', et assura qu'on avait tué dans les prisons pendant huit jours consécutifs, du 2 septembre au 9 , inclusivement '.

Il n'est pas jusqu'à Marat qui ne crut devoir rejeter sur quelqu'un les massacres de septembre. Il dénonça et fit arrêter Fournier l'Américain, qui avait, dit-il, pris part à toutes les émeutes, depuis celle du Champ-de-Mars''.

Enfin, la Commune de Paris, fort intéressée dans la question, comme on sait, fit réimprimer et répandre des extraits du Courrier de Versailles et du

1 Moniteur du 10 février 1793.

s Ihid.

> Il est probable que ce chiffre de 6,000 victimes, donné par Lanjuinais , auVa été accepté sans examen par M. Thiers et par la plupart des autres historiens, qui l'ont répété.

« Moniteur du 13 février 1793.

> MonitewrdM 15 mars, Séance de la Convention du 19.

Patriote Framais, dans lesquels Corsas et Bdssot avaient approuvé les assassins '.

En somme, le résultat de cette tardive indignation contre les crimes de septembre fut la suspension de la procédure contre les assassins, décrétée le 4 février, et la perte du parti de la Gironde, proscrit ^ en masse le 34 mai, sous la pression de la Commune et de Marat.

Pendant deux années, en 1793 et en 1794, la justice humaine resta muette. Tallien seul, qui avait été secrétaire-greffier de la Commune de Paris pendant les massacres, se vit Pobjet d'une allusion directe, qu'il ne releva pas *. Attaqué de nouveau le 19 janvier 1795, il déclara que \qs provocateurs des journées de septembre siégeaient, en ce moment, A la Convention, et il menaça de tout révéler'.

Depuis la mort de Danton, de Manuel, de Robespierre, et l'exil de Billaud-Yarennes, la menace de Tallien ne pouvait s^adresser qu'à Pànis.

Le 3 mars 1795, l'opinion publique parut se réveiller. La section des Invalides demanda la punition des massacres de septembre ^. Le 12 septembre suivant, une division de l'armée de Sambre-et-Meuse

1 Moniteur du 18 mai 1793.

> Momieur du 10 novembre 1794, Séance de la ConvenliOo du 8, Discours de Cambon.

> Moniteur du 32 janvier 1795, Séance du 19. ^ Afont/etir du 6 mars 1795.

signa une adresse, pour demander aussi que justice fût faite».

Enfin y le 10 mars 1796^ le tribunal criminel de la SeinCy en corps^ se présenta à la barre du Conseil des Cinq-Cents, présidé par Thibeaudeau, et demanda des éclaircissements sur les moyens de poursuivre d'une manière légale les individus prévenus d'avoir trempé dans les massacres de septembre ^ Une com*^ mission fut immédiatement nommée pour examiner cette réclamation ; et, le 23 mars, sur le rapport de Colombel ^ un décret fut rendu qui permit au tribu* nal de reprendre et de poursuivre le procès des

assassins '•

Grâce au courant nouveau de l'opinion publique, l'instruction du procès des assassins de septembre avait pu commencer par application de la loi du 4 messidor an III, — 22 juin 1795, — qui prescrivait, dans son article 1*', la recherche immédiate de tous les crimes commis depuis le 1*' septembre 1792^.

Un jugement du tribunal criminel du départe-

4 Moniteur du 16 septembre 1795.

, * Moniteur du 16 mftrt 1796*

> Moniteur du 28 mars 1796, Séance du Conseil des Ciiiq*Cents du 33.

* Moniteur du 36 juin 1795, séance de la ConYentioQ du 33.

ment de Paris, en date du 26 fructidor an JH, — iS septembre 1795^ -*- ordonna que « les secrétaires ou autres dépositaires des comités ou commissions seraient tenus de déposer, dans le plus bref délai , au greffe du tribunal, tous registres, cahiers^ notes, feuilles ou renseignements quelconques contenant des déclarations ou dénonciations contre les préve** nus de ces crimes, et que le jugement serait imprimé et envoyé dans les sections , aux commissaires de police, juges de paix, et municipalités du départe* ment^)>

Malheureusement pour la justice, entre la loi du 32 juin 1795, qui avait ordonné les poursuites, le jugement du 12 septembre suivant qui les avait commencées, et le décret interprétatif du 23 mars 1796, qui avait tracé la marche au tribunal criminel , était venue se placer l'amnistie du 4 brumaire, an lY, — 26 octobre 1795, — dont l'article 3 abolissait «tout décret d'accusation ou d'arrestation, tout mandat d'arrêt mis ou non à exécution , toutes procédures , poursuites et jugement portant sur des faits purement relatif à la Révolution *. »

Que pouvaient faire, en présence d'un texte si formel, des jurés toujours plus ou moins iufluencés par les passions politiques, surtout à une époque où le sol

1 Bottier del'Ahhayet pièce imprimée n. 119» {Greffe du Palaitde-Justice de Paris.) * Moniteur du 5 novembre \t9^, Suaiice de It Convention du 4.

tremblait encore, et où les plus clairvoyants n^apercevaient pas encore le terme de la Révolution?

Ce fut dans ces circonstances que le procès des assassins de septembre commença , après une enquête et une instruction dans lesquelles la plupart des membres des anciennes sections furent appelés en témoignage.

L'enquête et Tinslruction terminées, on fit, parmi les assassins, un choix d'environ cinquante individus. Plusieurs étaient pris dans la catégorie de ceux qui, ayant demandé un salaire pour leur crime, en avaient donné des reçus, représentés aux dossiers; les autres étaient de ceux auxquels leur cynisme et leur cruauté avaient constitué une célébrité spécialement horrible. Parmi les premiers étaient Bourre, Damiens, Ledoux, Debèche, Maillet, Dubois, Lachèvre, Lafosse, Lyon, Godin ; parmi les seconds étaient Jean-Pierre Gonord, Petit Manin, Pierre- Nicolas Renier, assassins de la princesse de Lamballe, et Antoine Badot, qui avait porté une oreille humaine comme cocarde à son bonnet rouge.

Sur le nombre total des assassins, le tiers environ fut poursuivi. Les autres, sans en excepter ceux dont les reçus existaient et existent encore, furent laissés dans Toubli, après Tinstruction. Sur les cinquant^ à peu près que le jury d'accusation renvoya devant le jury de jugement, trois seulement, Pierre- Nicolas Renier, dit Le Grand Nicolas, Pierre-François

Damiens et Antoine Bourre , furent condamnés , le 23 et le 24 floréal an IV,— 12 et 13 mai 1796,— à vingt ans de fers.

Le jury déclara que Pierre Dubois, François Maillet, Nicolas Lyon, Jean Debéche, et tous les autres qui avaient, comme eux, donné des reçus aux commissaires des sections, présents au massacre des prisonniers, n'étaient pas convaincus du crime.

Le désordre moral du temps et Tamnistie du 4 brumaire an IV avaient évidemment amené ce résultat.

Cinq ans plus tard, l'arrêté des Consuls du 19 nivôse an IX, — 9 janvier 1801, — fit à quelques-uns de ces misérables une plus exacte justice^ Sur le rapport du préfet de police, et après Tavis du Conseil d'État, seize d'entre eux furent déportés aux lies Seychelles et à Cayenne.

C'étaient : Ceyrat, Rossignol, Monneuse, Bescher, CbMeau, Dufour, Gabriel, Gallebois Saint-Amand, Gaspard, René Jolly, Legros, Petit Manin, Marlet, Prévost, Quinou et Fournier l'Américain.

L'histoire doit à la postérité les noms de tous ceux qui se souillèrent du sang de septembre. Après avoir fait une sévère justice de tous ceux qui conseillèrent le crime, il nous est impossi-

ble d^âtre indulgent pour ceux qui raccomplirent.

La liste des assassins qu'on va lire a été dressée avec un soin scrupuleux , à Taide des nombreux documents que contiennent les Archives de la Préfecture de Police et de l'Hôtel de ville et le Greffe du Palais-de- Justice de Paris.

Nous nous sommes borné, en général, à l'indication du nom et du lieu de naissance.

USTE DES ASSi^SSINS QUI ONT PRIS PART AUX MASSACRES

(*a) Alavoinc ou Davoine *, Le bon de vingt-quatre livres, qu'il a reçues , porte au dos la mention : reçu comptatU et sa signature.

(*a) Amont, a reçu vingt-quatre livres pour sa participation aux massacres de l'Abbaye. Porté siu* l'état des frais faits par la section des Quatre-Nations.

Arbulot (Jean-Baptiste), né à Sedan (Ardennes), âgé de 32 ans. Tondeur de draps, domicilié rue Tirecbappe, n. 315.

a) Amichard (Gabriel-Simon), domicilié à Paris. S'est vanté d'avoir égorgé à lui seul vingt personnes dans la journée du 2. septembre.

Badaud ou Badot (Claude- Antoine), né à Chaudron (Doubs),

* (*) indique les tueurs payés.

L'a indique les tueurs qui ont pris part aux massacres de l'Abbaye.

s Le bon porte le nom de Oavoinb : la signature au dos est Alavoinb.

âgé de 35 ans, gendarme licencié, domicilié rue Saint- Paul, n. 14. L'extrait suivant de Tacte d'accusation, dressé le 23 vehtôse an IV, résume en peu de mots le ^ rôle que ce monstre a joué dans ces tristes jours. « Badot est prévenu d'avoir traîné par- les pieds le corps ensanglanté de la princesse de Lamballe ; d'avoir porté une oreille d'homme à son chapeau en guise de cocarde, enfin d'avoir été vu couvert de sang et foulant les cadavres dans des charrettes où il a mangé du pain. »

(a) Baudet ou Baudette (Claude), garçon serrurier, domicilié rue Sainte*Marguerite, n. 427, dans la même maison que le septembriseur Damiens. A été blessé à la main pendant le carnage.

(a) Bazin.

(a) Bereter (Jean-François), originaire du département de la Manche, âgé de 44 ans, ancien membre dû comité révolutionnaire de la section de l'Unité, domicilié rue Dauphine, n. 8. Dans l'instruction contre les septembriseur^ les témoins déclarèrent que lorsqu'on apportait, dans la cour de l'Abbaye, les cada>Tes des personnes assassinées, Mathys ayant dit que l'on allait pas assez vite , Bereter répondit : a h crains bim que ça lie cesse trop tôt, »

Çà) Bernard , a reçu de l'argent pour sa participation aux massacres des 2, 3 et 4 septembre 1792, d'après la lettre du substitut Tripier au secrétaire-archiviste du comité de la section des Quatre- Nations.

(a) BemiBiudin, horloger, domicilié rue Childebert. L'un des juges des prisonniers, a figuré en même temps parmi leurs bourreaux.

(a) Bemier, aubergiste, rue du Four-Saint-Germain, n. 156. L'un des juges des prisonniers.

Bertrand (François-Jean-Baptisto-Joachim), né Paris, âgé de 33 ans, serrurier, ex-tambour-maître, domicilié rue du Chemin de Ménilmontant.

Bertrand (Jean), né à Paris, âgé de 32 ansj imprimeur, domicilié rue Copeau, n. 199.

Bcscher, rue de la Pépinière. Compris dans le décret de déportation rendu par les Consuls le 19 nivôse an Bigant (Jean-Baptiste), né à Paris, âgé de 47 ans, grayeur, domicilié rue Saint-Jean-de-Beauvais. Membre du Conseil général de la Commune du 10 août, nommé par la section du Panthéon français.

Se rendit sans mission le 2 septen4>re dans les prisons de Paris, et y présida aux massacres.

(a) Blanchard, ciseleur, domicilié rue de Bucy. S'est &it remarquer pour les encouragements qu'il donnait aux assassins.

(a) Boinnet, tailleur d'habits, rue du Colombier. A porté plusieurs jours dans sa poche et s'est fait un trophée d'un doigt coupé à M. de Montmorin.

(a) Bouché, employé dans les charrois, domicilié rue de

Thionville, n. 1749.

Bouin (Mathurin), né à la Chapelle-HuUin (Mayenne), âgé de 35 ans. Bonnetier, rue Saint-Denis, 14, membre du Conseil général de la Commune du 10 août, nommé par la section des Arcis.

C'est lui qui fut chargé avec Moulinneuf, le 15 août 179*2, par la Commune, d'aller à la Poste saisir les huit mille lettres adressées de France à des personnes habitant l'étranger.

Bouin se rendit sans mission dans les prisons de Paris le 2 septembre ; il assista aux tueries et y prit probablement une part active, puisque plus tard il fut poursuivi comme prévenu d'être septembriseur.

Il fut conduit le 19 ni?ûse an IX hors du territoire français, en exécution, d'un arrêté des Consuls qui le condamnait à la déportation.

(*a) Bour ou Bourre (Antoine) , né à Laigneux (Rhône-et- Loire), domicilié à Paris, cour et maison du Tribunal de l'Abbaye.

Avait été'gendarme en subsistance.

S'est vanté d'avoir aidé à tuer trente détmus. Le tren-

tième était , disait-il , le juge de paix de la section de Bonne-Nouvelle.

Envoyé, le 20 frimaire an Y, au bagne de Rochefort.

(a) Bouvier, compagnon chapelier, domicilié rue Sainte- Marguerite.

. Brocart (Nicolas), né à Ghaumont (Haute-Marne), âgé de 4'i ans, doreur-ai^enteur sur métaux,, domicilié rue Frépillon, n. 36.

(a) Brossier (Louis), cordonnier, domicilié rue de Seine, n. 1494. S'est vanté d'avoir massacré avec sa pique tous les prisonniers qui querellaient à se sauver par-dessus le petit mur de TAbbaye, en les enfilant à mesure qu*ils passaient,

(*a) Capitaine (Sébastien). Le bon des vingt-quatre livres qu'il a reçues ne porte que sa croix, avec la mention qu'il a déclaré ne savoir signer.

Caron (Philippe), né à Vêtement (Somme), âgé de 47 ans, employé, domicilié rue de la Loi, n. 55 ou 56, membre de la Commune du 10 août, nommé par la section de 1792. a Accusé d'avoir participé aux massacres des i*' et S septembre ; s'y étant trans{»orté de son propre aveu, et ayant même sollicité à l'avance l'arrêté de la Commune, qui ordonnait, comme moyen préparatAre, défaire sortir les prisonniers pour mois de nourrices et pour dettes. »

Gavai (Pierre), né à la Bigue (Calvados), âgé de 60 ans, marchand de tabac, rue de la Réunion, n. 204. A tué avec son sabre et sa baïonnette un prisonnier qui se sauvait de la Force.

tkvaiiez (Jacques-Philippe], né à Avesnes-l'Ëgalité ' (Pas-de- Calais), âgé de 43 ans, vannier-fontainier, domicilié rue Saint-Germain l'Auxerrois; l'un des assesseurs de Maillard.

Cavanagh ou Cavagnac (Joseph), né à Lille (Nord), âgé de 49 ans, cordonnier et officier de paix, domicilié rue de Hurepoix, n. 7.

1 Avesnea*lo-Comte.

Ceyrat (Joachim), né à Clennont«Ferrand (Puy-de-Dôme),

âgé de 44 ans, ex-juge de pdx, président de la section

du Luxembourg, employé à la Ck)nunis8ion des secours.

Nous avons fait connidtre sa participation au mas-'

sacre des prêtres détenus dans la maison des Cannes.

Un arrêté des Consuls, en date du 1 9 nivôse an IX, Pa condamné à être déporté hors du territoire européen.

(*a) Chanson (Jean).

Chantrot (Pierre), né à Paris, âgé de 49 ans^ défenseur officieux, domicilié rue . de la Coutellerie, n. 3. A rempli les fonctions d'accusateur public près le tribunal sommaire établi les i« et â septembre, à Ja Force, par Monneuse, Michonis et autres.

(a) Chapelier, domicilié à l'entrée de la rue des Boucheries. A pris part au massacre des prisonniers qui se trouvaient dans les voitures.

f a) Chappier (Nicolas). C'est un des quatre individus qui ont diné le 3 septembre chez le marchand de vin Lhuillier, en vertu d'un bon signé par les commissaires de la section.

Chartrain (Pierre), né à tlsprit (Indre-et-L4)ire) , maçon, domicilié rue Cloche-Perce, n. S.

Château (Joseph)' né à Paris, âgé de 46>ans, oiseleiir, doniicilié quai de la Mégisserie, n. 26.

Déporté comme septembriseur en exécution de l'arrêté consulaire du 19 nivôse an IX.

(*a) Chavanne.

. Chémery (Louis), domicilié rue de Chaillot.

L'un des assassins de l'archçvèque d'Arles.

(*k) Chevalier (François-Guillaume), né à Aiigentan (Orne), cuisinier, domicilié rue du Vieux-Colombier, n. 766.

(*a) Choiseul.

Choullier (Jean), né à Tonnerre (Yonne), âgé de 45 ans, menuisier, domicilié rue Coquéron, n. 412.

Cluny (Claude-Joseph). A participé aux massacres des prisonniers qui furent transférés d'Orléans à Versailles, en 1792.

Cochois (Nicolas-Etienne), né à Paris, âgé de 32 ans, marchand tapissier, membre du Conseil général de la Commune du 10 août, nommé par la section du Pont- Neuf, domicilié rue Saint-Louis, près le Palais, n. 46.

La part qu'il prit aux massacres de la Conciergerie a déjà été racontée par nous.

(a) Cognot, paraissant domicilié à Vaugirard.

(*a) Coiffé (Jean-Philippe) aîné, déchireur de bateaux.

Corlet (François-Charles-Honoré), né à Sens (Yonne), âgé de 37 ans, orfèvre, rue Basseville, n: 212 ou 22. A tué dans la Conciergerie trente^trois prisonniers,

f ) Corsin (Pierre-Henry), Fun des massacreurs des prêtres

. détenus à Saint-Firmin. Se rendit à rassemblée de la

section des Sans-Culottes^ avec trois autres tueurs, pour

réclamer le prix de Vexpédition des prêtres de Saint-

Firmin, et obtint un mandat de doiue livres.

Coujon (Charles), né à Rouchy (Calvados), âgé de 33 ans, homme de lettres, domicilié rue de Grenelle n. 7.

Courtavel (Etienne), né à Genève, âgé de 45 ans, serrurier, domicilié rue de TÉgout, n. 521. Signalé comme un des assassins des prêtres détenus aux Carmes.

Crappier (Antoine-Victor), né à Caux-en-Picardie, âgé de 28 ans, bonnetier, domicilié rue de Charonne, n. 29. Accusé d'avoir égorgé six personnes, avec un sabre de cavalerie, dans la prison de la Force. S'est vanté en outre d'avoir coupé la tête à Romainvilliers à l'Abbaye Saint-Germain.

• Cronier (Pierre), né à Cauchy (Seine-Inférieure), âgé de 48 ans, employé des transports militaires, domicilié rue Jean-Fleury.

(a) Cimiont, layetier, domicilié rue Guénégaud.

f a) Dalbaret ou Albaret.

(*a) Dalongeville, domicilié enclos de l'Abbaye, cour des Moines.

(*a) Damiens (Pierre-François), vinaigrier, né à Montmarquet (Somme), âgé de 40 ans, domicilié rue Sainte- Marguerite, n. 426.

Après Tassassinat de radjudant-général De La Leu, Damiens enfonça son sabre dans le bas-ventre de la victime, puis plongea son bras nu dans Pouverture qu'il avait faite, lui arracha le cœur et le mordit. Envoyé le 14 jfrimaire an V au bagne de Rochefort.

Dangé (François).

Daubanel (Charles), né à Paris, âgé de 34 ans, employé dans les bureaux des Domaines nationaux, domicilié rue de Thionville, n. 57.

(a) Debêche (Jean), âgé de 45 ans, né à Paris, joaillier, domicilié rue de Bucy, n. 1507. S'est montré l'un des ' plus acharnés pendant les massacres : s'est vanté d'a\oir tant travaillé la marchandise, que la lame de son sabre était restée dans le ventre de ces scélérats,

Debrenne (Jean-Charles), né à Martigny, âgé de 51 ans, orfèvre, domicilié rue Thionville, n. 1738.

Depoix (Henri-Denis), né Paris, âgé de ^ ans, compagnon de rivière , domicilié rue des Fossés-Saint-Benurd , n. 36. Accusé de participation aux homicides commis en septembre 1792 sur les prisonniers détenus à Saint- Firmin, à la Salpêtrière et à Bicêtre.

Deschaux (Jacques), né à Saint-Hilaire, âgé de 37 ans, gagne-deniers, domicilié rue des Boulangers, n. 30.

Desprez (Charles), prévenu d'avoir participé aux massacres de la maison de Bicétre, les 1*% ^ et 3 septembre

(a) Dubois (Pierre), né à Chully (Indre-et-Loire, âgé de 46 ans, domicilié rue de Nevers, n. 1807.

(*a) Dubois (Pierre), garçon charretier, domicilié rue de la Boucherie, au Gros-Caillou, section des Invalides.

Porté en outre sur Tétat des frais faits par la section des Quatre-Nations.

(*a) Dufour (François).

Payé comme dépouilleur de victimes. Compris dans l'arrêté des Consuls, en date du 19 nivôse an IX, et déporté à Cayenne.

Dufresne (Augustin ou Antoine), né à Fromenthal , départe-

ment de la Haute-Vienne, âge de 43 ans, maçon, domicilié rue Jean-1'Épine.

(a) Duiresne (Pierre-Jean), né à Dunkerque, âgé de 52 ans, armurier, rue Saint-Dominique, n. 4146.

Dumoutiez (Jean-Jacques), né à Franciade (Saint-Denis), département de la Seine, âgé de 39 ans, serrarier, domicilié rue de TOurcine, n. 41. A pris une part active au massacre des prêtres détenus à Saint-Firmin.

(a) Dunant (Benoit), né à Paris, âgé de 40 ans, inspecteur de police.

(a) Dupont (Guillaume-Jean), vétéran de la garde nationale et marchand de bijoux. S'est vaiité d'avoir tué douie prisonniers.

Déporté à la Guyane, en vertu d'un arrêté des Consuls en date du 19 nivôse an IX. -

(*a) Dupuis.

Payé comme dépouilleur de victimes.

Durand (Gaspard), né à Lyon (Rhône-et-I-oire), âgé de 43 ans, doreur, domicilié rue Saint-Éloi, en la Cité. Accusé d'avoir pris part aux homicides commis à la Conciergerie, en septembre 1792.

Fénot (Jean-François), âgé de 30 ans, domicilié rue de Bondy, n. 6.

(a) Ficher, d'origine allemande, tailleur d'habits, domicilié rue Sainte-Marguerite.

(*a) Firmin.

Payé comme dépouilleur de victimes.

(*a) Florentin (Nicolas).

(a) Fouet (Charles), né à Paris, âgé de 53 ans, journalier, domicilié rue de la Boucherie, au Gros-Caillou.

Foumier (Charles), dit l'Américain, l'un des chefs de la bande qui enleva les prisonniers traduits devant la haute Gour d'Orléans.

Compris dans l'arrêté des Consuls en date du 19 nivôse an IX, et transporté en dehors du territoire européen.

Froment (Martin) , né à Villers-Alleran, âgé do 32 ans, mar-

chand de vin, rue de Seine, n. 4477. A pris part au massacre dans la maison des Cannes.

Gabriel , condamné à la déportation hors du territoire européen de la République par l'arrêté des Consuls en date du 19 nivôse. A côté de son nom figure cette mention : Ouvrier septembriseur.

Gallebois Saint-Amand (Jacques), condamné, comme septembriseur, à la déportation par Tarrêté des Consuls en date du 49 nivôse an IX.

(a) Gariot , sergent-major des chasseurs lors des massacres, et depuis membre du Comité révolutionnaire de la section de rUnité.

Gaspard (Gilles), condamné, comme septembriseur ^k la déportation par l'arrêté des Consuls du 19 nivôse an IX.

Geoffroy (Jean-Baptiste), né à Paris, âgé de 38 ans, ancien journalier sur les ports, domicilié rue de Versailles, n. 11.

Georget (Claude-Martin), dit Guillaume, né à Paris, âgé de 21 ans, imprimeur en lettres, domicilié rue de la Calandre, n» 17. Accusé d'avoir participé aux homicides commis dans la prison du Chàtelet et dans celle des Bernardins.

Giroust ou Giroux (Nicolas), né à Paris, âgé de 52 ans, rouleur de vins sur les ports, domicilié rue des Fossés- Saint-Victor, n. 24.

(*a) Godin (Augustin-Victor-Sébastien), âgé de 30 ans, né au Bourget (Seine) , ex-boucher, conducteur de transports militaires , domicilié enclos de la ci-devant Abbaye Saint-Germain-des-Prés, n. 1097.

D'après les déclarations des témoins, il se montra l'un des plus acharnés dans la journée du 2 septembre, et on l'a vu porter de la chair humaine au bout de sa pique.

Gomant (François-Étienne), né à Couches (Eure), âge de 25 ans, agent télégraphe, domicilié rac de la Coutellerie, n. 27.

Gonoi^ (Jean-Pierre), né à Paris, âgé de 38, charron, sou»»

lieutenant de la 46' compagnie de la force armëe de la section de TUnité, domicilié petite rue Taranne, n. 528. S'est vanté d'avoir pris part aux massacres de septembre et de n'être pas étranger à l'assassinat de madame de Lamballe.

Gougault. •

(a) Gouin, domicilié à Paris, petite rue Taranne, n. 533.

Goussiaume (Claude-Timothée), né à Paris, âgé de 40 ans, cordonnier, domicilié rue de Versailles. Accusé d'avoir participé aux homicides commis dans les prisons de Saint-Firmin, de la Salpétrière et de Bicêtre.

(*a) Grapin, domicilié dans la section des Postes. Envoyé par sa section pour ' protéger la personne de deux citoyens détenus à l'Abbaye, il déserta son mandat, s'installa à côté de Maillard pour juger les prisonniers, et réclama de lui un certificat constatant qu'il l'avait aidé pendani soixante-trois heures â faire justice au nom du peuplée

(a) Gratepense, canonnier.

Grenier (Pierre), né à Saint-Flour (Cantal), âgé de 30 ans, doreur et peintre, domicilié rue de la Vannerie, n. 35. Membre du Conseil général de la Commime du 10 août, nommé par la section des Arcis.

Grosfilet (Pierre-Louis), né àGex (Ain), âgé de 35 ans, gendarme de la troisième division, domicilié rue ContrescarpC) n. 2*

Guillardon (Pierre) , né , à Saint-Prix-la-Prune (Rhône-et- Loire), âgé de 47 ans, marchand de cuirs, domicilié rue des Fossés-Saint-Bernard, n. 8.

(*a) Guillet(Jean).

Guinon (Joseph).

(*) Guy (Nicolas).

Hanriot (François), né à Nanterre en 1761, ancien domestique du procureur Formey, ancien commis aux barrières, comnuindant de la force armée de la section des Sans-Culottes au moment des massacres, puis général * de la garde nationale parisienne.

Il fut un des massacreurs des prêtres enfermés à Saint-Firmin.

Son attachement à Robespierre le porta à prendre part à la journée du 9 thermidor : mis hors la loi par le décret de la Convention du même jour^ il fut pris le lendemain, enfermé à la Conciergerie et exécuté le iO thermidor.

Haqueville (Charles-Denis), né à Gonesse, domicilié rue de Seine, n. 13iO. S'est vanté d'avoir tué cinq prisonniers pendant les massacres.

(a) Hardi ou Hardy, domicilié chez M. Deschamps, chirurgien-major de rhospice de la Charité.

f*A) Hardon (Pierre).

(•a) Halle.

(*a) Hiller ou Hilaire (Joseph).

(*a) Hubert.

(a) Husson, marchand de vin, rue Saint-Benoit, vi»4-Tis . la porte de l'Abbaye. L'un des plus acharnés dans le massacre des voitures, et ensuite dans celui des prisonniers de l'Abbaye.

(*a) Javon.

(a) Jouvard, boulanger, domicilié rue de l'Échaudé.

Joli y (René), compris comme septembriseur dans l'arrêté de déportation rendu par les Consuls le 19 nivôse an IX.

(*a) Lachèvre (François), serrurier, âgé de 36 ans, né à Huberville (Seine-Inférieure), domicilié à Paris, rue de Seine, n. 4390.

(a) LaTmeur, potier de terre, domicilié rue Mazarine, près la rue de Seine.' A encouragé les assassins.

(*a) Lafosse.

(*a) Lange (Nicolas).

Laty (Jacques).

(*a) Lausser ou Haussere.

{*x) Le Bègue.

(a) Lcclaire ou Leclerc, membre de l'ancien Comité révolutionnaire. S'est fait remarquer parmi les plus acharnés.

(a) Lecomte, tailleur, domicilié rue de Seine. M. de Rohan-

Chabot apercevant Lecomte entre les deux gaichets de

l'Abbaye, s'approche de lui et lui dit : « Monsieur Le*

comte, TOUS me connaisses, vous connaisses ma famille;

vous savez que nous avons toujours fait le bien autant

qu'il nous a été possible.... » Lecomte, qui savait que

Ton massacrait impitoyablement tout ce qui touchait de

près ou de loin à Louis XVI, l'interrompt : « Je vous

connais bien, dit-il, je sais que vous êtes le comte

de Chabot, que vous avez cent-cinquante mille livres de

rente, que vous vous étiez mis garde du roi , et que

vous étiez au château le 10 août, d

Le prisonnier fut envoyé à la mort.

(*a) Ledoux (Louis-Nicolas-Augustin), âgé de 29 ans, né à

Paris, cordonnier, domicilié rue de FÉchaudé, n. 1033.

Bien qu'il ait nié , comme une grande partie de ses

complices, toute participation active aux massacres de

septembre, cet assassin soldé est réprésenté par l'acte

d'accusation dressé en nivôse an lY, comme ayant été

vu à l'Abbaye égorgeant et massacrant depuis quatre

heures du soir jusqu'à onze heures et demie : Avant

minuit on avait compté soixante^rois prisonniers égorgés

par Ledoux et ses camarades,

Legros (aine), compris comme septembriseur dans l'arrêté des

Consuls du 19 nivôse an IX.

(a) Lelièvre (Charles-Nicolas), né à Paris, âgé de 36 ans, déchireur de bateaux, domicilié à Paris, rue Saint- Dominique.

{*k) Leloux ou I^eroux (Marc).

(a) Lempereur, tailleur. S'est vanté d'avoir tué trente-troi personnes pour sa part, tant aux Carmes que dans la cour de l'Abbaye. A volé une tabatière en écaille et en or à une de ses victimes.

Assassin et voleur tout à la fois, il est resté libre cependant et n'a jamais été poursuivi pour les massacres de septembre.

(*a) Lyon (André-Nicolas), âgé de 50 ans, né à Rouen (Seine- Inférieure), limonadier, rue Sainte-Marguerite, n. 424.

(*a) Luc le Gëant.

(*a) Maillard (Marie-Stanislas), président du tribunal des assassins, à TAbbayé.

Câ) Maillet (François), âgé de 43 ans, né à Allonne-sur-Oise, près BeauYais (Oise), couverturier et tambour du bataillon de la garde nationale de l'Abbaye, domicilié rue Sainte-Marguerite.

(*a) Maingue (Jean), domicilié rue des Deux- Anges.

(*a) Malardier.

Manin (Jean-Gratien-AIexandre Petit). Compris dansTarrêté de déportation des Consuls en date du 19 nivôse an IX.

(a) Marcuna (Etienne-Mathieu), né à Paris, âgé de 40 ans, menuisier, tambour des grenadiers du bataillon de . TAbbaye. S'est élancé, l'un des premiers, le sabre à la main , sur les Toitures : on Ta vu se jeter sur l'abbé Sicard et frapper sur le dos et sur la tête plusieurs prisonniers.

Marlet (Michel), compris comme septembriseur dans le décret de déportation des Consuls, en date du 19 nivôse an IX.

(a) Martin (sans prénom), marchand de tabac, rue des Boucheries. S'est fait remarquer dans le massacre des voitures.

(*a) Massuet.

(a) Mathis, commandant de la force armée au moment des massacres.

(a) Mayeur (Pierre-Louis), né à Sommesouti près Chàlons (Marne), âgé de 28 ans, défenseur officieux, domicilié . rue des Boucheries-Saint-<}ermain, n. 237.

Cet individu, qui fut poursuivi pour les massacres de l'Abbaye, avait certainement pris une part très-active aux assassinats commis dans la maison des Carmes.

(*a) Mercier, fruitier et remplaçant dans la garde nationale, domicilié rue de Seine.

(a) Molier (François-Antoine)^ domicilié rue des Saint-Pères, n. 53, commandant le bataillon de la section des Quatre- Nations.

« Je n'ai point d'ordres», répondit ce couDiandant

aux personnes qui TinTitaient à rassembler sa troupe et à s'opposer à la fureur des scélérats. Peut-être avait-il reçu l'invitation de protéger les assassins ; mais à coup sûr^ c'est un point important à constater, qu'il fallait alors des ordres à un commandant de force année pour empocher des assassinats.

(a) Nobleti marchand chandelier, nië Jacob.

(a) Noblet , boucher, rue Jacob,

(*a) Noël (Charles), voiturier, domicilié à Paris^ rue des Anglaises, n. 29. Il fut aussi requis pour traiisporter les cadavres des victimes à Clamart et à Vaugirard.

(*a) Noger.

(*a) Parmentier.

(a) Pcrcin (Gaude-Marie), cordonnier, rue de Bucy. A encouragé les assassins.

(a) Picard, garçon serrurier, domicilié rue des Boulangers. Assassin, lorsqu'il fut las de carnage, il chercha à recruter des assassins.

(*a) Picard, garçon boucher.

Prévost (Gabriel-Antoine), compris comme septembriseur dans l'arrêté des Consuls, en date du 19 nivôse an IX.

Quinou (Joseph), compris comme septembriseur dans l'arrêté des Consuls, en date du 19 nivôse an IX.

(a) Rativeau, fruitier, domicilié rue Mazarine.

(*a) Refbrd (Nicolas), demeurant rue des Vieilles-Thuileries.

(*a) Renault.

Renier (Pierre-Nicolas), dit le Grand Nicolas, assassin de la princesse de Lamballe. Condamné à 20 ans de fers, le 12 mai 1796.

(a) Riche (Jean-Baptiste), orfévi'e, domicilié rue de Bucy. A encouragé les assassins. *

(*a) Romain.

(aJ Sainte-Foy, garçon charron, domicjlié rue de Seine. S*est vanté d'avoir tué dix-sept personnes à VAbbaye^ et de n'avoir quitté que quand il a été las de tuer.

(a) Savard.

(a) Sauvage, rôtisseur-traiteur, domicilié rue Sainte-Margue*

rite, en bce l'Abbaye. Après avoir massacré quînse

personnes, ce brigand est venu cbercher sa feinlne pour

lui bire voir les cadavres àt ses victimes. (*a) S^uin, tailleur, domicilié nie de Bucy, n. 994. (à) Sëvestre, chapelier, domicilié nu des Boucheries. (•*) Sévin.

(à) Sleker, d'orig^e allemande, loiimeur, domicilié rue du

Colombier.

(*a) Tambuté (François).

(a) Thémister, tailleur, domicilié nie de Bucj. A encouragé

les assassins.

(*i) Thomas.

('a) Toulouie.

(a) Tourangeau, garfon maréchal h la Poste aui chevaux. (*a) Vaudran.

Ta) Vérette.

(a) Viala (François), dit liadouceur, né à Vignaud-aux-

Cévennes,àgé de 36 ans, coifTeuràVaugir^. (a) Viller, marchand- mercier, domicilié nie de Bucy. A

encoun^é les assassins.

{**) Villetle ou Villel.

(•a) Vincent. •

Ici finit, avec la liste des assassins des prisons, rhistoire des massacres de septembre; mais avec elle ne finît pas malheureusement l'histoire des massacres de la Révolution.

En effet, ancun historien sérieux ne sautait quaer autrement que du nom d'assassinats les conmnatioas par lesquelles les tribunaux, dits révolunn^ires, firent périr à Paris, & Nantes, à Arras,

à Orange et dans tant d'autres lieux, des milliers d'hommes et de femmes, de vieillards, d'enfants et de prêtres, innocents de tout crime envers la so* ciëtë.

L'histoire des massacres de septembre appelle donc, comme un complément naturel et nécessaire, une histoire des tribunaux i^évolutionnaires.

La Providence permettra qu'elle soit écrite un jour !

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