‹ Histoire des grandes opérations financières; banques, bourses, emprunts, compagnies industrielles, etc (volume 2)Chapitre 17 sur 30 · L.:|l,zi;i:v,.C00ylf · texte numérisé non relu

L.:|l,zi;i:v,.C00ylf

— BfO —

mait les artistes : sa maison de Id nie Notr^ttadiedes-Champs fut parée de» plus gracieuses peifittitefi de Watteau, Laucret, Boucher , et de ces jella collflohets-Pômpadour qui faisaient de ^harmanteii bonbonnièpcs de toutes les habitations de flosnciera. Les artistes du XYin' $iëcle n'étaietit pas pudiques; \h multiplièrent le nu dans les ornementa de la mai- Bon de l'abbé Terray. On accusa le contrôleurgénéral de n'avoir pas été étranger à cette direction des arts; le bronte des œuvres antiques reproduisait les groupes enlscés de Nymphes et de Satyres, de Pompéia ou d'Herculaoum ; l'abbé Terray acheta les trois Grftees de Wahloo un peu épais- .ses, que madame de Pompadour, artiste si distinguée, avait flétries par une spirituelle acclamation. Quoique n'aimant pas Greuze , le contrflteur-géhéral acquit pour son cabinet le joli tableau de ta CrWhe etuaée, tant aimé de Marîe--Antoinette.

I,e goût des chefs-d'œuvre plastiques fit accuser l'abbé Terray d'avoir les babititdes de son temps et les mauvaises mœurs d'une génération cotrompbè. Je n'ai jamais remué dans la biographie des es|lrUs politiques ce mauvais côté de la vie ; le cdhtrdteurgénéral était surtout un homme de travail et d'appli-

cation pratique, fort pénétré do cette idée qu'il est difficile au pouvoir d'être populaire; que dèi lors on doit aller droit à son but d'utilité publique et d'intérêt généra) sans prendre garde aux criailleHea qui de tous côtés vous assiègent quand on préside à l'administration d'un grand pays I

Ge but d'utilité que réalisa l'abbé Terray fut, ainsi que je l'ai dîti la création d'un état de finances qui pAt balancer les dépenses par les recettes, et il parvint à son but comme Colbert en altérant les véritables sources du crédit; ce crédit il le blessa par son manque de foi à l'égard des fermiers-généraux et des banquier», toujours en avance envers le Trésor, et par la réduction des intérêts de la dette sans en offrir le remboursement : il neménageapasassez les capitalistes dont le Trésor a toujours besoin dans les crises.

Jamais le contrôleur-général ne fut dominé par les femmes : il sacrifia la baronne de La Garde qui l'avait compromis dans des spéculations, et ses rapports avec madame Destoucbes, femme du secrétaii-e-général des fermes fUrent le plus souvetit des liens intéressés; les femmes s'offrirent toujours à lui comme une distraction et non comme un gouvernement ; elles s'en vengèrent par mille contes et légendes

contre l'abbé; ceci tenait à l'esprit dû siècle tout d'épigrammes et de satires! Dans lesnoèls Je nom de la rue Vide-Gousset fut remplacé par celui de Terray ; on le représentait comme la sangsue du poëte latin qui ne laissait sa prwe qu'après l'avoir sucée jusqu'au sang.

>.. NoD mimiracutem nlBi plena cruoris.

1^ temps a fait justice de chaque système : on peut dire de l'abhéTCTray qu'il fut excellent comptable , administrateur distingué; associé aux vastes projets du chancelier Maupeou, il en seconda la partie financière. Un juge fort distingué de l'époque Napoléonienne, mêlé aux opérations du Trésor à cette époque , l'archi-trésorier Lebrun , s'exprime avec une admiration enthousiaste sur l'administration de l'abbé Terray : « Enfin un homme vint qui avait quelque chose du sens de Sully et de la précision de Colbert, qui crut comme Colbert et Sully que la base de toute finance était l'ordre dans la recette et la dépense. » Ce jugement de l'archi-trésorier Lebrun aurait été vrai sur le contrôleur, s'il avait ajouté que l'abbé Terray commit la grave erreur de blesser le crédit public, la source de tout système financier ; faute qu'un État paie toujours fort chèrement.

Page 1