‹ Histoire des grandes opérations financières; banques, bourses, emprunts, compagnies industrielles, etc (volume 3)Chapitre 17 sur 39 · ÉSOPE · texte numérisé non relu

ÉSOPE

Et quelle est la vertu d'un fermier ?

M. GRIFFBT.

De l'argent!

Il ne fait point de cas des vertus inutiles, Des soins infructueux et des veilles stériles ; D'une voix unanime et d'un commun accord, Les vertus d'un fermier sont dans son coffre-fort.

Tel était l'esprit du théâtre à l'époque où il s'agissait de poursuivre à outrance les financiers ; on les rendait odieux afin de les dépouiller plus à l'aise, aux applaudissements de tous. Ainsi sont faits quelques écrivains d'une époque ; ils mendient la popularité ;

la scène en est souvent l'expression; il devint de mode dans les pièces de théâtre de mettre un financier. Il y eut même un emploi à la Comédie-Française qui prit ce nom, et l'on vit un personnage fort glorieux, ridicule et trompé, en habit de drap d'or, gilet d'or, pomme d'or, vieux et laid, au ventre rebondi, qui resta constamment le financier de la troupe. Sur ce type on a pris toutes les copies des fermiers-généraux, les plus magnifiques prodigues, les protecteurs de l'élégance et du bon goût au xvine siècle. C'est comme si l'on avait jugé les gentilshommes de France sur les Léandres etlesValères des pièces de Molière ! Le théâtre n'a jamais été qu'un grand pamphlet au service des opinions vulgaires.

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