FÉVRIER
Tous ces beaux systèmes, je le répète, écrits sur le papier, publiés, prospecturés, ne donnaient pas un centime au Trésor, presque à la veille de suspendre ses payements. Ce sera un étrange épisode dans riiistoire des capitalites de Paris que de rappeler que, sauf MIVL Laiïitte et Sanlot-Baguenauit, aucun d'eux n'avait voulu se charger du placement des 6 millions de rente que le budget de 1816 avait mis à la disposition du ministre des finances; il avait fallu les écouler peu à peu sur le marché d'Amsterdam, qui les avait achetés au prix moyen de 57 fr. Les banquiers de Paris n'en avaient voulu à aucun prix, tant ils avaient peu de foi dans la fortune de la France. Il y avait pourtant de grands capitalistes, immobiles, égoïstes, qui avaient pris
une autre direction : ainsi M. Roy achetait des forêts, de vastes domaines; M. Greffulhe, de beaux hôtels; enrichi dans* les fournitures et dans la spéculation, un peu banquier de la cour, il avait la spécialité des grands prêts sur hypothèques. On avait peu Thabitude des fonds publics; toutes ces existences nouvelles, agrandies à travers les révolutions, toutes bardées de biensnationaux, de forêts domaniales, n'avaient qu'une seule préoccupation, comme Ouvrard, Doumerc, Seguin, se faire payer de l'arriéré, que l'Empire avait épuré et repoussé; mais ils étaient alors incapables d'accomplir une vaste opération de fonds publics.
Dans cette situation délicate, qui remettait le traité du 15 novembre en question, le duc de Richelieu dut s'adresser au duc de Wellington pour examiner de concert et très-sérieusement le parti qu'il y aurait à prendre afin de réaliser les engagements pécuniaires pris par le Trésor de France envers les alliés ; or, la facilité incontestée qu'avait trouvée la négociation des 6 millions de rente à Amsterdam, en 1816, fit entrevoir la possibilité d'accomplir un emprunt considérable à l'étranger. Ainsi, ce ne fut pas M. Ouvrard (il s'en est depuis vanté), qui proposa la
négociation d'une forte partie des rentes françaises sur les marchés de TEurope. M. Ouvrard, qui avait un besoin incessant d'affaires et d'agitation, put servir de courrier et d'intermédiaire, mais l'inspiration première ne vint pas de lui, mais du duc de Wellington et du comte Pozzo di fiorgo.
Il n'avait été d^abord question que de la maison Hope , à Amsterdam, et par contre-coup de M. Labouchère; mais par une filiation d'idées anglaises, on arriva jusqu'à la maison Baring, que le duc de Wellingtion n'engageait qu'à regret (1) , car il sentait peut-être qu^on aurait besoin de toutes ses ressources pour parer aux difficultés financières de l'Angleterre. Cependant la maison Baring, avec ses immenses capitaux laissés à toute leur liberté de transaction, pouvait entrer dans l'opération d'une façon considérable sans se compromettre.
Pai déjà parlé de la maison Hope d'Amsterdam, et de sa noble indépendance dans les luttes pour l'honneur de sa maison durant la réunion de la Hollande à la France. Il y avait chez HM. Hope, comme chez tous les banquiers hollandais, un mélange de fermeté, de prudence et de hardiesse qui fait du spé-
(4) Voir M coneipoiidAnee (i 816-1817).
culateur d'Amsterdam le joueur le plus déterminé du monde, par calcul, par caractère. Quand un^ idée lui plaît, il s'y jette à corps perdu; il joue partout et sur tout; un homme d'esprit appelait M. Hope (la père) une chauve-souris aux ailes de faucon, comparaison qui n'était pas tout à fait exacte, car c'était un homme aussi éclairé que hardi, plein de cette idée qu'une maison de haut crédit est comme une royauté, et que la couronne que donne la confiance du monde à une signature, vaut bien celle que porte au front un souverain ; les services que rendent les banques valent quelquefois ceux des épées : que seraient devenus les soldats de Villars sans les avances des fermiers-généraux et des traitants en 4708?
J'ai besoin de faire encore mieux connaître la maison Baring, qui pour la première fois allait se mêler aux affaires et au crédit de la France. On sait toute l'importance que l'Angleterre attache à ses opérations avec les grandes maisons de banque ; elle les élève, les recueille dans sa pairie, change leurs noms, en fait des lords avec des titres antiques : les Thélusson, par exemple; le premier, Isaacc Thélusson, associé à tous les emprunts de M. Pitt, avait été élevé à la pairie anglaise avec le titre irlandais
dé baron de RendlesbAm. C'était le cadet d'une famille protestante établie à Genève. La vanité a fait commettre bien des erreurs de généalogie au Peerage (1); jamais les Thélusson ne furent authentiquement reconnus de la famille des Fleschelles, jamais un Thélusson ne ht ambassadeur delà république de Genève auprès de Louis XV, par la raison que Genève n'avait pas d'ambassadeur, mais un tout petit agent chargé d'affaires, le plus souvent banquier à Paris. Le bruit qui se fit autour des Thélusson provint surtout du fameux testament qui portait la plus haute substitution des trois royaumes : ils devaient leur importance et leur noblesse à leur fortune. Les Baring (au moins Alexandre le père] n'avaient pas été élevés directement à la baronnie d'Ashburton; ce titre, conféré en 1782, à John Dumug, marié à une cousine des Baring, passa sur la tète d'Alexandre, puis sur celle de l'aîné des Baring d'aujourd'hui. Le Peerage donne encore aux Baring la prétention d'une origine saxonne avant la conquête ; blason bien chevaleresque, bien féodal , quand chacun sait l'origine des Baring. Les vieux marchands de la cité de père en fils ont tous connu l'honorable
John Baring, de Philadelphie, . homme rude, aux
l mains travailleuses, qui fit rapidement fortune, et l épousala fille d'un autre Américain (Louise Bingham), I marchand comme lui, et qui ne portait ni armoirie normande, ni casque saxon. À Bremen, les Baring avaient un vieil oncle, riche de son commerce, marchand aux manières du peuple, et qui était loin d'être un héros des légendes de Walter Scott; ce qui n'empêche aucun des mérites des Baring (1). Depuis la création de tant de nouvelle noblesse, les blasons se confondent comme les pièces d'un échiquier brisé; les pauvres merlettes fuient épouvantées de ces tours restaurées par des juifs, et de ces émaux écartelés de besans d'or gagnés aux Bourses de l'Europe.
Ce fut auprès de ces deux maisons puissantes, Hope et Baring, que s'ouvrirent les actives négociations pour l'emprunt français. M. Hope était déjà à Paris; M. Baring vint l'y joindre, et pendant que la négociation se suivait, il donna des fêtes brillantes, dont on s'entretint beaucoup alors , comme des bals de M. Greffulhe, fort aimé du duc deBerry.La société
(1) Le baron d'Ashborton a époiiBô la fille du comte de Sandwich, et le fils Baring mademoiselle Maret, petite-fille d*im médecin de Dijon, le père de M. Maret, secrétaire d*£tat^ créé duc de Bassano. •
parisienne commençait à prendre quelques-unes dee coutumes anglaises et jusqu'à ses mets de prédilection : le poisson bouilli, le rost-beef, presque incon* nos à nos pères : les tables furent plus abondantes que choisies ; il y eut moins d'esprit et plus de controverse; de la politique et du sérieux partout. H. Baring, reçu par le roi Louis XVIII avec une distinction particulière, discuta froidement la question d*un emprunt français qui pourrait se placer sur les marchés du monde. Il prit pour base les dernières négociations de rente faites à Amsterdam; à raison de la grande masse de rentes qu'il fallait émettre et de la répugnance que semblaient manifester les banquiers de Paris dans cette question des fonds publics , MiM. Hope et Baring s'engagèrent k ne leur en laisser qu'une part facultative : ces maisons françaises avaient fait un tort immense au crédit de leur pays, en montrant une si inconcevable répugnance lors des négociations des 6 millions de rente
en 1816.
Deux traités furent successivement signés par le comte Corvetto et les deux maisons de banque Hope et Baring. Par le premier (1 février 1 81 7) , les deux maisons achetaient 9,090,909 fr. de rente
ê^p. O/o, au prix de Sa fr. 50, jouissance de septembre, et dont le prix serait payable de mois en mois et par douzième; par le second (10 mars 181 7), ces deux mêmes maisons achetaient 8,6310,604 fr. de rente au prix de 55 fr. , toujours payable par douzième ; et enfin, par une clause additionnelle, ils achetèrent encore 9 millions de rente au prix de 61 fr. 50.
Cette différence dans le taux des achats venait de la vive impulsion qu'avait donnée aux fonds publics français Tintervention de deux puissantes maisons de l'Europe. Désormais la Bourse eut confiance, et la rente française se trouva fort bien placée sur tous les marchés financiers, à Londres» Amsterdam, Vienne, Pétersbourg. Les capitaux abondèrent sous la garantie des deux maisons Hope et Bai^ing; il y avait un an à peine, personne ne voulait de la rente française, et tout le monde en désirait depuis les marchés Baring. Au moyen de pesants sacrifices, la France voyait enfin son crédit se fonder : le crédit, puissance des nations modernes ! Ce n'était pas Tacheter trop cher dans Tabandon inouï où la méfiance des capitalistes Tavait jeté depuis les assignats et les banqueroutes de la République.
LA BOURSE, AGENTS DE CHANGE, BANQUIERS ET FINANCIERS DE LA RESTAURATION.
La négociation de l'emprunt avec les maisons Hope et Baring, en donnant une haute impulsion au crédit public , avait grandi les opérations de la Bourse ; les fonds s'étaient tout à coup élevés dans des proportions considérables, et le 5 p. 0/0 se faisait à 61 et 63 fr. Alors s'était manifestée une vive opposition aux conventions de l'emprunt qui assuraient des avantages si considérables aux préteurs. Les mêmes banquiers de Paris, qui n'avaient voulu des fonds publics français à aucun prix, se plaignaient de ce que la hausse profitait à des maisons étrangères ; comme si ce n'était pas l'intervention de la grande banque européenne elle-même qui avait donné cette impulsion et opéré la hausse des valeurs qu'éprouvait la Bourse de Paris.
Parmi les opposants les plus vifs se fit alors très-
remarquer un esprit absolu, colère, et au demeurant
limité, M. Casimir Périer, le fils de Claude Périer, de Grenoble, l'acquéreur de biens nationaux , et qui avait fondé une maison de banque honorable, dure et hautaine aux commerçants. M. Casimir Périer, dans son hôtel bâti près de Tancien couvent des Capucines, commençait à acquérir une renommée d'opposition libérale : on le considérait comme rhommede 1789, ayant donné des gages à la Révolution tout entière; sa brochure contre les emprunts conclus avec les maisons Baring et Hope fut donc un événement de parti, et ouvrit à M. Périer l'entrée de la Chambre des députés, où allait se blottir l'opposition de gauche.
Il eut pour adversaire, en cette circonstance, un banquier alors également de l'opposition libérale, mais esprit plus hardi, plus avancé dans les conditions du crédit, M. Laffitte qui prit résolument la défense des emprunts; il n'eut pas de peine à démontrer <i que le crédit allait précisément se fonder du jour où les capitaux étrangers viendraient aboutir à Paris et prendraient la rente française en faveur. » M. Lafïitte n'était pas un homme d'un talent ordinaire dans les questions de finance; à travers les petites vanités de son caractère et sa personnalité
extrême, c^était le banquier de France qui possédait le mieux Thistoire et les théories du crédit public, sans préjugés et sans petitesse.
MM. Laffitte et Casimir Périer devinrent dès ce moment les chefs de ce qu'on pouvait appeler la banque politique : singulière anomalie qu'un gouvernement faible seul pouvait se condamner à subir. Des banquiers politiques auraient pu se comparer à des juifs qui au moyen-âge auraient voulu se mêler du gouvernement féodal des barons. Qu'un banquier fasse des affaires c'est son droit, sa spécialité, mais de la politique I est-ce là son rôle? Cette manie pourtant s'était étendue sous la Restauration : on voyait MM. Jacques Lefebvre, Odier, André, Ganneron et même MM. Delessert dans l'opposition libérale; ils ne se bornaient pas à leur banque, à leurs affaires, aux emprunts, aux spéculations; ils voulaient juger les systèmes d'États et aspirer au gouvernement du pays. Il n'y avait pas jusqu'à l'inoffensif M. Ternaux qui du fond de sa fabrique n'espérât un rôle politique ; la Restauration avait tout fait pour M. Ternaux qui l'oubliait un peu trop dans son opposition. Il fallait d'ailleurs un gouvernement bien faible, pour accepter ces importantes médiocrités. •
L'opinion si capricieuse, se passionnait pour ces célébrités de banque et d'industrie : la popularité qui après 1815 avait été pour les éperons, les grandes moustaches, les longs sabres, les soldats laboureurs, était un peu revenue de ces gémissements en gravure , pour exalter Tindustrie; le boutiquier devenait un héros, l'industriel un bienfaiteur du genre humain, et les puériles et séditieuses chansons de M. Béranger insultantes pour la religion et la morale, flattaient ce nouveau culte de la jeunesse du commerce qui faisait les émeutes ; on songeait moins à sa boutique qu'au carbonarisme, et Ton citait dans les journaux les faits mémorables des commis de la rue du Sentier ou des Bourdonnais processionnant sur les boulevards à chaque émotion politique en menaçant les vieux et braves gendarmes aux cris de Vive la Charte!
La Bourse restait indépendante de ces passions : la corporation des agents de change était ce qu il y avait de plus honorable et de plus élevé ; l'agent de change n'était pas un être collectif, érinté, affairé autour duquel quinze croupiers se réunissent pour une charge, sans compter les trois ou quatre bailleurs de cautionnement, corps multi-
pie, sans responsabilité morale, machine à vapeur d'affaires dans ce vaste phalanstère qu'on appelle Bourse, sorte d'association Saint-Simonienne telle que l'a prèchée depuis le père suprême H. Enfantin ou l'apôtre H. Michel Chevalier. Les agents de change à cette époque de la Restauration s'appelaient Péan de Saint-Gilles, Delaville-Leroulx, Rigaud , Gibert , Lecordier, Yatri , Àmet, Boscary de Ville-Plaine, etc., etc. Depuis 1816, les affaires étant devenues plus considérables, M. de Corvetto nomma un certain nombre d'agents de change adjoints, et ces choix furent tous d'une distinction particulière. A côté de M. Dosne , depuis jeté plus en avant dans les finances politiques, on comptait deux noms dont le souvenir fut toujours cher à la compagnie : MM. de Macliy et Bocher, hommes du monde autant que financiers : je crois à l'hérédité de l'esprit et des bonnes manières; quand toutes les traditions se perdent, la bonne éducation reste dans les familles.
C'était chose un peu rare qu'un salon de finance : chez M. Laffitte on faisait de la politique; le maître était affectueux ; mais il prenait une telle supériorité, il avait une si bonne opinion de lui-*même qu'il
n'y avait place pour personne. Chez M. C. Périer, le maître suprême, hautain comme Jupiter tonnant, ne souriait qu'aux électeurs, et son teint ne se colorait qu'aux agitations de la tribune ; chez MM. Mallet c'était du prêche à travers les robes blanches et les
fleurs aux cheveux ; chez M. Delessert, au milieu des
recherches des arts et du luxe, on sentait la salle de conversation de Genève ou de Neufchâtel. Il v avait de la grosse bourgeoisie chez MM. Odier, Ganneron, et jusque dans leurs fêtes, il se glissait je ne sais quelle lourdeur de formes, mélange des souvenirs et des traditions de la boutique. Chez M. Hottinguer, le maître jetait sa raideur au milieu des danses et des rondes comme une sourdine sur les instruments. H n'y avait de véritables salons de finance un. peu élégants et supérieurs que ceux de MM. Greflulhe, RougemontdeLowemberget Sanlot-Baguenault. M. Greffulhe qui recevait la cour, le comte d'Artois, le duc de Berry ; MM. Rougemont et Sanlot peu mêlés à la politique et fort en avant dans les affaires d'emprunt de la Restauration.
En tout cela rien qui ressemblât aux anciennes formes des fermiers généraux : quelle protection accordée aux lettres et aux arts? Si M. Laffitte tendait
la main à quelques écrivains politiques, c'est qu'ils pouvaient servir ses projets, et s'il aidait de quelques prêts de jeunes étudiants provençaux qui venaient troubler la société par leurs écrits téméraires, c'est qu'il avait des desseins I Aucun temps accordé à la distraction, aucune idée donnée au loisir : plus de constructions élégantes et de palais féeriques : les nouveaux financiers s'installaient dans les anciens hôtels des fermiers généraux à la chaussée d'Antin et la rue d'Artois ; leurs appartements avaient le mauvais goût des écoles de David et de TProudhon: meubles à colonnes, avec les fauteuils et les canapés façon à la Corinne de Gérard , les harpes, les troubadours, les échappes à la Jean de Paris : tout cet attirail mélangé de quelques gravures sur les soldats de la Loire avec des visages, des moustaches à fairepeur, pour dépopulariser le gouvernement de Louis XVIII qui rendait aux travaux des champs, une génération décimée par la guerre I
Aucune élégance de la vie ; de lourds dîners. Le restaurant commun, vaste pêle-mêle, commençait la destruction delà table raffinée. Dans ces réfectoires ou phalanstères était-il possible de conserver la broche et le gril, les deux conditions essentielles de
toute cuisine? et que pouvaient être ces sauces générales appliquées à tout sans étudier la nature de la viande ou du gibier? L^art du cuisinier au xviii® siècle» consistait oans Tappréciation des coulis et dans la connaissance précise de la cuisson ; jamais on n^eût appliqué d'une façon générale à toute viande une sauce indigesfe et nauséabondte. Les bonnes traditions s'étaieM un peu conservées à la cour de Louis XYIII par le duc d'Escars et dans la magistrature pair M« Brillât-Savarin, intelligence imparfaite mais tien intentionnée : n'était-on pas d'ailleurs à Pépoque Spartiate où la banque libérale allait dineraii Veau qui tête et où M. Béranger, dans quelques mauvais couplets, dénonçait avec indignation les ventrus : « et les dîners que les ministres avaient donnés. ^Pauvres dîners souvent par tète, invariable carte sans génie et «ans invention. Le prince de Talleyrand et le corps diplomatique avaient seuls gardé quelques bons principes, et si le comte Pozzo di Borgo n'avait pas tant mangé il aurait pu passer pour un gourmand sérieux.
A la première époque de la Restauration on put également remarquer la renommée et la juste responsabilité des receveurs généraux qui prirent une
large part à toutes les opérations financières et spécialement aux emprunts; je pourrais citer parmi eux MM. Carion-Latour, de la Hante, Gollot, Raiset, litardi, Gibert, Nivière, Michel Saint-Âlbin, Àkerman, et le trop hardi Sri cogne, qui réunissaient sur leur tète une masse de capitaux dont le Trésor usait en compte-courant. Les receveurs généraux de cette manière, comptables et banquiers à la fois, disposaient de 150 millions au service de la Trésorerie, et c'était une puissante ressource dans les crises de la Bourse.
Depuis 1817 on entrait en pleine voie du crédit public : le premier pas élait fait ; ce qui paraissait une impossibilité en <815 s'accomplissait maintenant presque sans efforts. L'emprunt Barin-Hope avait comme révélé les ressources immenses de la France, pays admirable pour les conditions du crédit public I L'argent abondait sur la place ; les bonnes valeurs commerciales se faisaient à 3 pour 0/0 et le Trésor voyait les bons royaux négociés à l'escompte de 4 pour 0/0 à un an.