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PREMIÈRE SOUS-DIVISION

ïjrellœ lineares , ut plurimum conflucntes, ramo&s; disco rimwformi angustissimo.

OPÉGRAPHE CHANGEANTE.

OPEGBAPHA l ERS1F0BM1S.

Crusta longitudinalitcr cxtensa, subleprosa, albido-spureata; lircllis simplicibus , subrotundis, punctiformibus, passim elongatis, flcxuosis , acervatim conglomeratis ; disco rugoso subobliterato. T. \ % f. i , a, pars ojusdem lente aucta.

Opegrapha versifortnis , Cbetallier, Journal de Physique , février, i8aa , p. 38.

Habitat ad ligna putrescentia ci rca Lutctiatn, in Gallia.

Cette espèce a une croûte limitée, rugueuse. Elle forme, sur les bois dénudés, des taches longitudinales , souvent confluentes et d'un blanc sale. Ses lirelles sont simples, les unes punctiformes plus ou moins régulières, les autres linéaires, un peu flexueuses, groupées çà et là en petits tas ; le disque est rugueux, presque nul.

On la rencontre sur les clôtures, les éclialas , dans les haies des environs de Paris, et probablement dans toute la France.

UBS. L'épithète de versiformis, que nous avons donnée à cette espèce,

i4 ORDRE PREMIER.

indique la diversité de ses lirellcs. Les unes, punctiformes , ont un dUqueà peine sensible dont la surface est rugueuse ; les autres, plus alongées , sont linéaires, simples éparses ça et là, parmi les premières; plusieurs, vers le milieu do la croûte, sont superposées en petits tas informes. La croûte est longitudinale, assez épaisse. Elle est inégale, granuleuse, d'un blanc sale, jaunâtre.

Peu d'espèces présentant une semblable disposition dans le port, on la confondra difficilement avec celles que nous décrirons plus tard, quoiqu'elles aient leurs lirelles informes : telles sont les Opégrapbes varie gâta et crustacea, dont les lirelles naissent en groupes. Mais outre que dans ces espèces la croûte estoblongue, toutes les lirelles sont linéaires, excepté dans l'Opegrapha variegata, où elles sont recoquillées sur elles-mêmes, tandis qu'elles ont pour la plupart une forme presque arrondie dans l'Opégraphe changeante, surtout celles qui occupent les bords.

OPÉGRAPHE HYSTÉRIO DE.

OPEGRJPHJ HYSTERIO DES.

(trusta irregularis , mmibratiacca, cincrasccnte-albida ; lirellb confertis, nuuuds- >in>is , siihparahVlis , interdum divurgentibus ; disco rugosittsculo , vit rimosd. T. !,/! a, l>, pars ejusdem lente aucia.

Opegraplia liyswiioïiles, Dufour, Journal de Physique, 1818.

Opegr.ipha verrucarioïdes t, pepega, At'h. , Lich. univ. , p. a45.

Hysterium op«*graplii>idcs, Lan), et DC. FI. fr. , n° 8ao.

Habitat ail ligna pntrescentia , circa Lutetiam.

Sa croûte est oblongue, irrégulière, membraneuse, d'un blanc glauque. Ses lirelles naissent eu grand nombre et très-rapprochées les unes des autres. Elles sont linéaires, très-étroites, très-courtes, presque toutes parallèles, parfois divergentes. Leur disque est rugueux; le sillon est à peine marqué dans quelques-unes, et pour ainsi dire, nul.

ODS. Celte espèce croit sur les clôtures de sapin, où elle forme des taches

GRAPHIDÉES. i5

peu saillantes, irréguliéres , provenant de la réunion de plusieurs individus. On la distingue à sa croûte, qui est mince et dont les bords sont inégaux; à sa couleur blanchâtre tirant sur le glauque; à ses lirelles, qui sont fort courtes, et tellement rapprochées les unes des autres qu'elles couvrent en partie la croûte. Elles ont un disque rugueux, seulement sillonné dans quelques espèces.

Quoique les lirelles aient ordinairement une direction parallèle, on ue peut pas la confondre avec les suivantes , qui ont des lirelles beaucoup plus longues , ni avec Y Opegraplia parallela , parce que les lirelles sont toutes saillantes, d'égale dimension, fréquemment appliquées l'une contre l'autre et parfois- tout-à-coup divergentes, ce que Ton n'observe pas dans V Opegraplia parallela, dont les lirelles sont éparses, souvent obtuses par une extrémité et terminées eu pointe par l'autre. Au reste, l'Opégraphc hystérioïde peut aisément se reconnaître à la brièveté des lirelles, ainsi qua la teinte glauque de sa croûte.

OPÉGRAPHE DU CERISIER.

OPEGRAPHA CE R A SI.

Crusta tennis, albida , rufescens; lircllis longissimis, subparallelis , rectiusculis, atlenuatis, interdum implexis, alris; disen riiineformi, marginibus convexiuseulis , in quibu&dam depressis. T. I,yT3, c, lirella valde amplificata;/. 4 > eadem Opegraplia junior ; il, pars rutn lirelli» aueta.

Opegraplia eerasi, Chevallier, Journal de Physiqui , février, i8ai , p. 38.

Habitat in cortice cerasi, in Gatlia.

Sa croûte est très-mince; d'abord blanchâtre dans sa jeunesse, elle devient ensuite roussàtre. Elle naît sur l'écorce du cerisier et du merisier, en taches alongées, dirigées transversalement, et ayant de deux pouces de longueur sur six lignes de largeur. Ses lirelles sont linéaires, très-longues, toutes parallèles, s'entrelaçant quelquefois, surtout vers leurs extrémités, prenant rarement une autre direction. Leur disque a un sillon très-étroit, à bords convexes.

i6 ORDRE PREMIER.

La figure !\ représente cette espèce plus jeune; </, la même dont les lirellt-s simples sont grossies à une forte loupe. On voit aussi sur la même ccorce,des lirelles de YOpegrapha rubella, qui ont différentes directions.

OBS. 11 est facile; de reconnaître l'Opégraphe du cerisier aux taches oblongues, très-alongécs, qu'elle forme sur les troncs du cerisier et du merisier. Elles naissent en grand nombre et se dirigent dans le sens transversal de l'écorce île l'arbre. Ses taches, très étroites comparativement à leur longueur, ne permettent point de la confondre avec d'autres espèces. D'ailleurs, à la couleur blanchâtre primitive de sa croûte, qui est très-mince et lisse, succède bientôt une couleur roussàtrc. Les lirelles, d'un beau noir, sont très-nombreuses et se prolongent toutes pendant long -temps suivant la longueur de la croûte, sans perdre leur parallélisme. On les voit cependant se croiser à leurs extrémités, et quelquefois aussi changer de direction. Leur disque a un sillon rimeux dont les bords sont convexes; on en rencontre plusieurs où ce sillon n'existe pas; alors le disque parait déprimé.

Il ne faut confondre cette espèce, ni avec le Graphis cerasi d'Acharius. que nous regardons comme une variété île YOpegrapha scripta , qui rentre dans notre seconde section (Graphina) , à cause de la conformation et de l'immersion de ses lirelles; ni avec l'espèce suivante, dont la croûte est plus uniforme, d'un blanc jaunâtre , et qui reste telle à toutes les époques de sa végétation. Dans cette dernière, les lirelles sont parallèles, pour l'ordinaire moins longues et bifurquées sur les bords de la croûte.

Plusieurs autres espèces ont encore quelques rapports avec celles-ci : telles (pic les Opégraphes coryli, stenocarpa ; mais elles ont des caractères trop prononcés, pour qu'il devienne nécessaire de les mettre en parallèle.

Remarque. Tout le monde sait que l'écorce du cerisier et du merisier* soit qu'on la détache à dessein, soit qu'elle quitte le bois spontanément, s'enlève par bandes transversales, ou bien se roule en volutes horizontales, tandis qu'il en arrive tout autrement aux autres arbres : c'est que sur ceuxci les fibres de l'écorce ont une direction verticale; au lieu que sur les premiers elles embrassent le tronc circulairement en manière de ceinture. On a cru voir, dans cette dernière disposition, la cause qui faisait dévier les lirelles de leur direction ordinaire dans les espèces que portent le cerisier et le merisier; ou a pensé que, forcées, pour ainsi dire, par la nature de l'écorce, il leur fallait renoncer à leur marche naturelle, afin de se plier aux mouvements des fibres corticales. Néanmoins l'observation nous prouve qu'elles n'y sont point rigoureusement soumises, puisque l'on

GRAPIilDEES. 17

voit les Opégraphes /"«Ae//«, dispersa, sctipta, dont les lire Iles sont ordinairement réfléchies et contournées, conserver le même type, ainsi que nous le signalerons dans les figures que nous devons donner sur ces espèces, et où l'on verra des échantillons recueillis sur le merisier : fait d'auiaut plus décisif, que dans la seconde section les lirelles s'appliquent plus immédiatement à l'écorce, puisqu'elles persistent assez long-temps après l'entière délitescence de la croûte, même dans les individus qui croissent sur l'épiderme des arhres dont l'écorce est lisse, et de laquelle l'humidité devrait les détacher beaucoup plus tôt.

Eu général, les lirelles îles Opégraphes persistent plus ou moins de temps après l'entière disparition de la croûte; on peut alors reconnaître distinctement la direction qu'elles ont tenue par rapport à celles des fibres corticales, et juger de l'influence que celles-ci peuvent avoir sur leurs contours. II résulte de cet état de persistance que l'on les a regardées comme île véritables espèces, ainsi que nous en rapportons des exemples; ou bien qu'on lésa prises pour des Hystériums, particulièrement celles de la seconde section qui naissent sur les bois dénudés, dont les lirelles s'enfoncent tellement entre les fibres ligneuses , en les écartant à mesure qu'elles augmentent en dimension , qu'on pourrait croire qu'elles ont pris naissance dans le corps ligneux sans tenir à la croûte, à laquelle elles seraient comme étrangères.

Le Schizoxylon présente aussi une analogie tout-à-fait semblable. Ses réceptacles paraissent sortir du bois même.

Quoi qu'il en soit, les Opégraphes qui croissent sur les arbres vivants n'endommagent point leurs écorces, elles y sont seulement adhérentes. Elles n'altèrent en rien leur texture; elles ne disjoignent point les fibres corticales qui les composent. Cet ecartement n'a lieu que sur les bois dénudés, parce que la croûte occupant les interstices des libres ligneuses, les réceptacles peuvent alors s'y fixer, agir par l'augmentation de leur volume à la manière d'un coin, et produire de la sorte un effet tout mécanique. Aussi, dans ces circonstances, les lirelles, gênées dans leur développement, sont obligées de changer leur direction suivant la résistance que leur oppose la ténacité des fibreuses ligneuses. Pour les espèces supercorticales, exemptes de cette contrainte, elles n'obéissent qu'à leur propre tendance et à l'impulsion que leur donne la nature.

Au résumé, nous croyons que si l'écorce exerce parfois quelque influence, ce n'est que d'une manière indirecte et purement mécanique, on

i8 ORDRE PREMIER.

par suite des accidents qu'elle éprouve, et qui troublent la végétation des espèces auxquelles elle sert de support. En effet, les fibres, en vertu de leur direction, ayant de la tendance à se séparer dans le sens transversal , la croûte souffre une lésion, et, par le peu de cohésion de ses parties, tendra à se gercer dans ce sens plutôt que dans un autre. Les lirelles , qui ne tirent leur nourriture que de la croûte, ainsi que nous l'avons déjà fait observer, ne peuvent s'en éloigner; elles sont alors soumises à une espèce de contrainte , effet évident de la direction des fibres corticales : mais t omme cet effet ne peut être que momentané ( les Lichenées ayant la faculté tle réparer ce désordre du temps, en se réunissant par une sorte d'agglutination ), il n'y aurait que clans le cas où l'exposition, trop aérée par exemple, ramènerait ces troubles trop fréquemment, qu'il en résulterait un développement vicié. Ces cryptogames y sont sujets : c'est ce qui nous a engagé à donner une introduction à leur élude pour y signaler plusieurs erreurs où l'on est tombé, et mettre les liotanistes en garde contre toute méprise à l'égard de ces altérations.

OPËGRAPHE DU COUDRIER.

OPKGRAPHA CORYLt.

Crus ta transversa, membranacca , hevigata, alhida ; lirellis lim-.iribus, longiusculis . suhparaHelis, flexuosis varioque intricatis, iioiinullis ad t rusta? marginem ramosis, retroflexis, tli varie a lis, apier bnviter furcatis; disco rimœformi. T. a,/ i,a,)«>nte aucta;/! a, eadoin Opegrapha cuni parle b aurta.

Speiie* Opegrapha? ccrasi aflinis, sed magis ilcxtiosa ac subtilis.

Opcgrapha roryli, Chevallier, Journal de Physique, février, i8qj, p. 38.

Habitat ad truncos corylorum , prope Parisios.

La croûte est transversale, oblongue, peu épaisse, blanchâtre. Les lirelles sont linéaires, moins longues que dans YOpegrapha cerasi, presque parallèles, peu flexueuses, surtout au centre de la croûte; on en voit d'aulres sur les bords de la croûte, qui sont rameuses , réfléchies, divariquées , souvent

GRAPHIDÉES. i y

courtement bifurquées au sommet. Le disque est marque d'une feule étroite.

OSS. Cette espèce a bien, comme YOpegrapfia cerasi, une croûte transversale, mince, mais elle n'acquiert point une longueur aussi considérable. Elle ne suit pas non plus la direction transversale de 1 ocorce d'une manière régulière; car on en observe plusieurs qui se rencontrent à angles ouverts; sa longueur ne dépasse guère plus d'un pouce, et sa largeur est de six lignes; sa couleur est d'un blanc mat terne, rotissàtre. La croûte, examinée à la loupe, est fendillée, ce qui prouve une certaine épaisseur. Au reste, elle est étalée d'une manière uniforme. Les lirellcs sont longues, presque parallèles, si ce n'est aux extrémités où elles divergent, et sur les bords de la croûte où on en observe plusieurs qui ont une tout autre tournure , se divisant tantôt en x alougé, tantôt en trident très-effilé et flexticux. Elles sont noires; leur disque a un sillon bien prononcé. Cette espèce se rencontre dans les bois de haute futaie, sur l'écorce lisse du coudrier, dans les endroits où cet arbre croit abondamment.

Quelques Ilotanistes ont regardé cette espèce et les suivantes comme des variétés de ÏOpegrapha atra ; il nous suffisait , pour en établir la distinction , d'indiquer un seul caractère immanquable, qui ne varie point et ne laisse aucun doute : c'est l'aréole.

OPEGRA.PHE DU TILLEUL

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