‹ Histoire des graphidéesChapitre 13 sur 18 · G PEGRAPHA CR US TA CE A · texte numérisé non relu

G PEGRAPHA CR US TA CE A

Crusla crassa , subtartarea , albido-fuliginim; lirellis longiiisculis , dilTormilius, inonlinatequc coniluentihus. Alia- juniores, punctilormes, liis roinmixtft' surit. T. \ f. \ , f. f> , eadem Opegrapha junior.

Opegrapha « nistacea, Chevallier, Journal de Physique * 1. c.

Habitat ad truncum adhuc larvein carpini , in Gallia.

Elle naît communément sur le charme : sa croûte est oblongue irrégulière, fendillée en aréoles polygones, d'une couleur blanchâtre fuligineuse. Les lirelles sont linéaires, difformes, flexueuses, éparses çà et là sur la croûte, qui est souvent interrompue et dénudée par place. Elles sont assez ordinairement groupées, continentes sans ordre; les plus jeunes sont puuctiformes; les plus avancées sont recoquillées. Leur disque est chagriné, marqué d'un sillon très-sensible, tantôt large, tantôt tout-à-coup rétréci.

OBS. L'Opégraphe croùteuse, que l'on trouve dans les herbiers confondue avec VOpegrapha atra y en diffère par l'épaisseur de sa croûte qui n'est jamais bordée d'aréole , par sa forme moins régulière, mais surtout par ses lirelles, qui naissent éparses çà et là, taudis qu'une partie en est dépourvue, ce qui ferait croire à une perturbation accidentelle, si on n'avait qu'un seul échantillon sous les yeux; néanmoins le même aspect s'observant constamment sur un grand nombre d'individus, nous la considérons comme une véritable espèce.

La croûte, examinée à la loupe, offre une surface inégale, rugueuse comme mamelonnée, fendillée en aréoles polygones, présentant par intervalle des espaces nus, oû il semble qu'elle ait été enlevée et où parait la couleur de l'écorce. Les lirelles, qui sont éparses d'une manière irrégulière , entremêlées d'autres plus petites, punctiformes, ont leurs bords chagrinés. Klles se trouvent, soit réunies sur une des parties de la croûte, soit groupées en petit tas d'une manière confuse et isolément , ce qui donne à cette espèce un port tout particulier qui la rend facile à reconnaître. Elle croit dans les bois de haute futaie sur le tronc du charme, où elle forme des taches d'un blanc crétacé, promptemenl altéré par des fiiliginosités : il n'est pas

GR A PH1DÉES. *5

rare d'en voir plusieurs se réunir et donner à la croûte une forme oblongue , sinueuse, irrégulière.

En considérant l'ensemble de cette espèce, nous n'en voyons aucune avec laquelle elle ait de l'analogie. L'Opegrapha subncbula a bien une croûte d'un blanc sale, fuligineux; mais ses lirelles couvrent également tonte s a surface. Elles ne sont point groupées par place ; les lirelles de la circonférence sont trifides, celles du centre sont plus longues et s'entrecroisent en confluant entre elles.

OPÉGR A.PHE AGRÉGÉE.

OPEGHAPHA GHEGAB1A.

Crust» parca, orbicularis , crasso-rimoaa, albida ; lire! lis excentricis punetiforniilrus , concentrkis longioribus, paru m lle»uosis, subnunosi», confettis; disco plauiusculo. T. S, f. 6, d, pars ejusdem lente aucta.

Opegrapha gicgaria, Ach., Lich. univers. , p. a5a.

Opegrapha depressa , Ach. , Lich. univ. , p. a6a.

Opegrapha rimosa , Lani. et DC. , FI. fr. , n° 847.

Habitat ad trunrum juglandis, in Gallia.

Sa croûte est petite, arrondie, épaisse, fendillée, blanchâtre. Ses lirelles sont courtes, anguleuses; celles de la circonférence punctiformes , celles tlu centre oblongues, peu flexueuses, très-rarement divisées. Elles sont généralement tres-rapprochées les unes des autres, de sorte qu'elles recouvrent tout le milieu de la croûte, à l'exception des bords qui, par leur épaisseur, paraissent arrondis. Le disque est large, déprimé.

OtiS. Cette Opégrapbe croît sur les troncs du noyer, du peuplier, sur la partie lisse de l'écorce , semblable à tles tacbes qui n'excèdent pas six lignes de diamètre. La croûte d'un blanc plus clair est moins rugueuse que celle de Y Opeerairiia cruslacea. Elle se fendille ordinairement dans les individus encore jeunes, en rayonnant vers les bords, ce qui avec l'espèce de convexité produite par son épaisseur, lui donne une apparence comme plissée.

Elle conserve pendant les différentes époques de son existence, à peu près la même épaisseur, surtout les bords qui se terminent assez brusquement sans changer de couleur. Les li relies sont, avons nous dit, la plupart comme des points noirs, d'une forme anguleuse, tellement rapprochées, quoique distinctes, et serrées les unes contre les autres, que leur irrégularité augmente davantage par la pression qu'elles éprouvent. Elles sont d'un beau noir, jamais saupoudrées de glauque. Leur disque est presque aplati, beaucoup plus large que dans les espèces précédentes : il n'est pas rare d'en voir qui soient tout-à-fait planes, ce qui a engagé le Lichénographe Acharius à lui donner le nom d'Opegrapha depressa.

A l'aspect, à l'épaisseur, à la forme peu étendue et parfaitement arrondie de la croûte, au rapprochement des lirelles qui en occupent le centre par leur grand nombre, à l'extérieur anguleux de la plupart d'entre elles, ainsi qu'au disque fréquemment déprimé, on ne peut rapprocher l'Opégraphe agrégée d'aucune des espèces précédemment décrites, qui toutes ont une croûte ou plus mince ou bien rugueuse, d'une étendue plus considérable , dont les lirelles sont linéaires, souvent confluentes entre elles d'une manière confuse. ••

Avec de l'attention, il sera difficile de confondre cette espèce avec la variété * de VOpegrapha rimicola y {Opegrapha rimalis y Ach.) Opegrapha nîgrata, décrite dans notre Monographie des Opégraphes indigènes, quoique toutes les lirelles soient ovales-oblongues, mais tellement rapprochées qu'elles ressemblent à une plaque noire, à cause de l'oblitération de la croûte : cette variété a une croûte souvent indéterminée.

OPÉGRAPHE NÉBULEUSE.

OPEGHAPHJ SUBNEBVLA.

CruMa intemipta, crassiusciiU , albida, pluribus efformata; lirellis contcrtissioiis coufluenlibus, cuspidalis, ad margineni trifidis, crcteris stcllaùm divergenubus, ramosis, paasim simplicibus flexuosi»; disco planiusculo. Lirelke crustam ubtegunt numéro. T. 4» f« 1 > a -

Opegrapha subnebula, Chevallier, Journal de Physique , /. c.

Habitat ad truncum juglandis , in Gallia.

GRAPHIDÊES. 27

k Opegrapha laetea, spccies vix distincte. Crus ta mcmbranacca , Levigata , colore

niveo. T. 4> f- a> f» 3 , £, c , partes ejusdein lente atictav Habitat ad truncuru lœvem popidi pyramidalis.

P Opegrapha punctiformù. Crusta albida dctcrniinnta ant conilueiis; lircllis punctiforniibus, subrotundo - clongatis , Opegrapha* herpetica? alTinibus; plurihus niixtis elongatis paru m flexuosis ; disco rimoso aut plmiusciilo. T. 4, f- A > d, pars ejusdem lente aucta.

Habitat in cortice laevi quercus , circa Lutetiam, in sylvis aridis.

Dans cette espèce, la croûte est assez épaisse et d'un blanc mat; les individus se présentent soit isolés, soit réunis plusieurs ensemble et se confondent en plaques noires d'un à deux pouces d'étendue. Ses lirellcs sont linéaires, très-nombreuses, conflueutes, tellement rapprochées, qu'elles obscurcissent la croûte qui n'est plus alors sensible que vers les bords. D'abord punctiformes, irrégulières, elles se divisent bientôt en trois pointes divergentes, aiguës; elles naissent même trifides; de sorte qu'en parcourant ses variétés, on est frappé à l'aspect que prennent les bords de la croûte qui paraissent comme hérissés de petites pointes. Au milieu de la croûte, on les voit, à la loupe, souvent superposées en croix.

La variété a, l'Opégraphe lactée, a une croûte très-blanche et lisse. Ses Iirelles sont également trifides en naissant; sur quelques individus on les voit naître en points rugueux, formant des petites masses, fig. 4, c. , analogues par leur apparence aux réceptacles de notre genre Polymorphum (Opegrapha macularis, Ach.)

Dans la variété p , l'Opégraphe punctiforme, la croûte est interrompue peu distincte de l'écorce, et se confond avec celle des autres lichens. Les Iirelles sont saillantes, les unes, c'est le plus grand nombre, punctiformes, presque arrondies, les autres oblongues, alongées, légèrement flexueuses. Leur disque est souvent déprimé.

OBS. On remarque sur le même échantillon des parties où les Iirelles sont punctiformes , semblables par leur conformation à celles de Y Opegrapha herpetica, sauf qu'elles ne sont pas immergées; sur d'autres parties, elles sont plus alongées, linéaires, peu flexueuses.

Avec un peu de pratique et d'observation, un œil exercé saisira à l'en-, semble, les rapprochements qui existent entre ces variétés et le type.

L'Opégraphe nébuleuse croit toujours assez rapprochée pour que les individus les plus voisins se réunissent entre eux et n'en forment plus

art

qu'un seul , comme on peut le voir sur les figures que nous en avons données.

Elle habile sur le noyer, le peuplier et le chêne. Sa croûte est d'un blanc jaunâtre dans le premier échantillon, planche 4» u g- >> assez épaisse pour qu'on puisse y apercevoir de petites fentes. Sa couleur se confond souvent avec celle des lichens qui croissent sur les mêmes arbres, parce que ses lignes de démarcation sont peu prononcées.

On ne peut, par plusieurs raisons, confondre cette espèce avec YOpegrapha atra; car elle a une croûte irrégulière et plus étendue; elle offre la même nuance au milieu que sur les bords; ses lirelles, au lieu d'être tremblotantes comme celles de cette dernière espèce, ont une certaine rigidité ; elles sont eu outre trifides sur les bords et ne forment pas de points noirs qui semblent compléter la tache produite par leur ensemble, en rendant plus sensible l'aréole dont elle est entourée : caractères que l'on ne retrouve, ni dans i'Opegrap/ia atra, ni dans les autres espèces.

OPÉGRAPHE RÉTICULÉE.

OPEGRAPHA RETICU LATA.

Crusta lata, déterminât» , tumidulo-tenuiscula , albo-glaucescente ; lirellis simplicibus, angustis, lori^iuaoulis, rellexis, parùm Hcxttnsis, confertissimis , rcûcubtim mi* veijue <-otilhi<-ntibu.s , atcrriiuu ; disco rhiiœforiiii. T. 5 , f. i, a, 3 , 4, a, pars lente aii<la; ('. 2, npraesenlat crus ta m bujus speciei adhuc nascentera.

Opegraplia relie ulata, La m. et DC. , Fl. fr. , vol. 6, p. 170.

Habitat ad tnincos vêtus tos abietuni, aceris, aesculi , eirca Lutetiam , in Gallia.

Sa croûte est d'un blanc glauque, large, déterminée, tuméfiée, s'amincissant par l'Age. Ses lirelles sont simples linéaires, étroites, recourbées, peu flexueuses, trés-rapprochées et disposées en un réseau d'un beau noir. Le disque est fendu, déprimé dans les plus Agées.

Elle habite sur les vieux troncs, dans les forêts des environs de Paris.

OUS. Cette espèce, une des plus belles et des plus remarquables du genre.

GR APHIDÉES. u 9

simule sur l'écorce des vieux arbres un réseau dont les mailles très-délicates et d'un beau noir posent sur un fond blanc mêlé de glauque qui contraste singulièrement avec sa couleur noire, et produit un effet très-agréable aux yeux : il a quclqufois jusqu'à quatre pouces d'étendue sur deux pouces de largeur, lorsque ce végétal naît sur une écorcc lisse dont la surface lui permet de prendre toute son extension.

L'échantillon que nous avons fait dessiner est unique, à cause du bon état où il se trouve; car il est difficile d'en rencontrer de semblable sans que la croûte n'ait éprouvé quelque altération. Cette espèce parait se plaire à la partie élevée des arbres , sur les vieilles écorces et sur le bois dénudé ; nous ne l'avons jamais observée sur de jeunes arbres

Pour ne rien laisser à désirer sur son histoire, nous l'avons fait figurer dans tous ses états, depuis sa naissance jusqu'à son déclin.

Elle ne peut être comparée à YOpegrapha stenocarpa , qui a «les lirelles beaucoup plus courtes, cylindriques, munie d'une fente si déliée qu'elle est à peine sensible, tandis que, «lans cette espèce, la fente est tres-prononcée ou bien la lirelle est déprimée. Les lirelles de l'Opégraplie réticulée sont naturellement courtes, simplement réfléchies, peu flexueuses. Cette apparence rétiforme est due plutôt à leur disposition et à leur confluence qu'à une véritable division du réceptacle.

OPEGRAPHE BIGARREE.

OPEGRAPHA VARIEGATA.

Crus ta oblouga , crassiuscula , inaequahilis , hine inde hullata , alhidu ; lirelJis m maeulas asteriscis simillimas congestis ; disco discrète aperto , rugnsiusculo.

Orulo lente armato, illi asterisci receptaculis aggregatis et cirtumvolutis elîoi minuit. T. 6, f. i, a, pars lente aucta.

Opegrapha variegata , Chevallier , Journal de Physique , /. c.

Habitat ad truncos Iseves fraxinorum , in Gallia. Cette espèce a une croûte arrondie, oblongue, épaisse. Sa surface est

3o ORDRE PREMIER.

inégale, raboteuse, sans cependant être fendillée. Elle est d'un blanc mat, semblable à de la craie. Ses lirelles sont d'un beau noir, ovales , alongées , rapprochées et réunies en petites taches irrégulières, ayant quelque analogie avec des astérisques. Le disque est étroit, un peu rugueux.

OllS. Cette Opégraphe que nous avons observée sur le tronc des jeunes frênes, a une croûte ordinairement épaisse et inégale. Elle donne naissance à des lirelles rassemblées en petites taches noires, éparses, distinctes les unes des autres, très-visibles et faciles à reconnaître au premier abord. Ces taches, vues à la loupe, offrent un agrégat de lirelles le plus souvent courtes, simples, d'autrefois plus alongées, linéaires, diversement contournées; enfin quelquefois tellement serrées les uucs contre les autres qu'elles ne laissent aucun vide, et qu'elles sont, pour ainsi dire, agglutinées, de sorte qu'elles ne présentent plus qu'une vraie masse noire, dont les lirelles sont seulement sensibles vers les bords. Ces lirelles ainsi agglomérées se rencontrent principalement sur les parties élevées de la croûte. Elles la font paraître bigarrée de noir, et donnent à cette espèce un faciès tel qu'on ne peut la confondre avec aucune autre du même genre.

GRAPHIDÉES. 3i

OPÉGRAPHE SAILLANTE.

OPEGRAPHA PROMINULA.

Cru» tac pâme, hevigaUe, albissimae, sparsx; liiellis oblongo-longiusculis, teretiusrxilis, cancellatim conlluentibus, nigerrimis; disco angustissimo convexiusculo » vix rimoso. T. 6, f. a , 3 , 4 > pars cuin lirellis aucta.

Opegrapba prominula , Chevallier, Journal de Physique , février, i8aa, p. fa-

Habitat in squaniis laevibus corticis aesculi, in Galba.

Cette Opégraphe forme de petites taches éparses, parfaitement blanches, qui atteignent tout au plus six à huit lignes d'étendue et dont les bords disparaissent promptement , en sorte que la croûte n'est plus sensible qu'entre les lirelles, où elle est naturellement très-mince, et semble n'être qu'une altération de 1 epiderme de l'écorcc sur laquelle elle croit. Les lirelles sont d'un noir brillant, beaucoup plus saillantes que dans les espèces précédentes. Elles sont ovales - oblongues , alongées, légèrement flexueuses, confluentes entre elles, arrondies à leurs extrémités. On les voit rarement divisées : leur disque est convexe , arrondi ; le sillon est étroit , souvent fort grêle, peu marqué.

OBS. L'Opégraphe saillante se distingue de toutes les autres espèces dont nous avons parlé jusqu'à présent, à la proéminence de ses lirelles qui sont d'un noir brillant, ovales-oblongues dans les individus encore jeunes, plus alongées , linéaires , légèremetit flexueuses dans les individus plus développés. La croûte, qui est mince, surtout vers les bords où elle s'évanouit, a plus d'épaisseur entre les lirelles, principalement à leur base qu'elle entoure : dans cet endroit , sa blancheur semble augmenter la saillie des lirelles, ce qui devient sensible lorsqu'on les compare à celles qui sont privées de croûte ou dont la croûte est presque oblitérée.

Cette Opégraphe a du rapport avec YOpegrapha venosa de Persoon; mais celle-ci a ses lirelles beaucoup plus grosses, plus longues et divisées.

3a ORDRE PREMIER.

Elles sont aussi plus proéminentes, et la croûte est épaisse, fendillée. Cette espèce est exotique : elle croît pareillement sur l'écorce unie des arbres.

On ne peut la confondre avec YOpegrapha reticulata , dont elle se distingue par plusieurs points; car elle a une croûte qui n'est jamais tuméfiée à sa naissance, elle n'acquiert pas des dimensions aussi considérables, et ses lirelles plus flexueuses forment des mailles moins régulières. En outre, elle a un disque très-étroit, à bords arrondis, au lieu que dans VOpcgrapha reticulata le disque est fréquemment déprimé ou nul.

Nous avons rencontré l'Opégrapbe saillante sur le tronc du marronnier. Elle vient particulièrement sur les squames lisses de cet arbre dont l'écorce se détache par plaques plus ou moins larges, de la même manière que celle du platane, du pin.

OPÉGRAPHE DIVULGUÉE.

OPEGRAPHA VVLGATA.

Crustae parcs, inembranacctu , albido-rufescentes aut virescentes ; lirellis minuti» , junioribus, ovato-ohlongis, rectiusculis , simplicibus, majoribua longiusculis, fU'xuosls, ramosia , utrinque altenuatis, confertis, punctis commixtis, disco rimiformi. T. 6, f. 5, c, pars ejusdvm lente aucta.

Opegrapba vulgata, Acli., Mctii. Licb., p. ao. Litb. univ. , p. a5T>.

Lkhen vulgatus, Ach. , Lich. Suec. Prodr. , p. ai (exclusis synon. et fig. excepta forte Linnaei.)

Habitat in squatuis Uovibus corticis abietutn et pinorum , in Galba, Suecia.

Elle forme, sur l'écorce du pin et du sapin, des petites croûtes tantôt ovales, irrégulières, tantôt étroites, oblongues. Leur couleur est d'un blanc sale qui dovient bientôt roussâtre, et il n'est pas rare de trouver des échantillons où elle est même verdàtre. Ces croûtes n'acquièrent guère plus de cinq à six lignes de diamètre, et sont quelquefois si ptu prononcées, qu'on

GRAPHIDÉES. 33

les regarderait comme nulles, si les lirelles n'en indiquaient point les limites, en fixant l'attention. Elles sont ordinairement peu éloignées les unes des autres, parfois confidentes. Les lirelles sont petites, noires, simples, linéaires, droites ou flexueuses. Elles naissent distinctes les unes des autres , sans néanmoins être éparscs. On observe parmi elles des points noirs, disséminés ça et là, qui sont le commencement des lirelles. Leur disque est muni d'une fente très-sensible.

OBS. La localité, qui souvent sert de guide et que l'on peut admettre comme un caractère secondaire dans ces végétaux , conduira naturellement le Botaniste qui aura trouvé pour la première fois cette espèce, à la rapporter, sur ce seul indice, à l'Opégraphe divulguée. En outre, plusieurs autres traits ne laisseraient pas long-temps incertain sur cette Opégraphc toujours facile à reconnaître par le peu d'étendue de la croûte , le nombre et le rapprochement des individus de la même espèce, qui naissent plusieurs ensemble sur les squames de l'écorce du pin, dont assurément la surface est assez bornée , enfin par la couleur la plus ordinaire de la croûte, qui est roussâtre , quoique primitivement elle soit d'un blanc sale , passant aussi quelquefois au verdâtre. Les lirelles sont peu nombreuses , grêles , distantes les unes des autres , on pourrait même dire éparses dans plusieurs échantillons. Leur direction, par rapport à celle de la croûte, est trèsvariable. Il y en a qui tendent à devenir parallèles dans quelques individus.

Cette Opégraphe ne peut être comparée à aucune autre, si ce n'est à YOpegrupha rufescerts , qui a une croûte roussâtre , et encore seulement à une variété de cette espèce , variété où les lirelles sont plus éparses et n'ont pas cette disposition rayonnante, propre à ÏOpegrapha rufescens , qui d'ailleurs présente une croûte indéterminée et des lirelles ordinairement plus alongées et plus grosses. Celle-ci habite sur l'écorce lisse du charme, et l'autre sur les squames de l'écorce du pin et du sapin.

OPEGRAPHE ENTRELACÉE.

OPEGRAPHA 1MPLEXA.

Crusta tenuis, membranacca, albido-rufescens ; lirellis alcrriniis, subtilibus, elongatis, subcylindricis , paru m flcxuosis, jucundc iniplexis, confertissimis ; disco angustissimo convexo atquc saepe subnullo. T. 7, f. 1 , 2.

Habitat ad trnncos juniores ac tavigatos arboi-um , in Gallia.

Cette espèce a une croûte très-mince, irrégulière, quelquefois sinueuse, surtout quand elle croit sur l'écorce du merisier. Sa couleur, d'abord blanchâtre , peu prononcée , devient ensuite légèrement rousse , peu inarquée. Les lirelles sont très-noires , grêles , presque cylindriques , peu flexueuses, ayant une certaine rigidité fort remarquable dans leur habitas. Elles sont linéaires alongées, dirigées en divers sens, et comme entrelacées dans quelques individus ; dans d'autres , elles sont plus courtes , comme tronquées, ajant une direction plus régulière. Le disque est très-étroit, peu marqué.

OBS. L'Qpégraphe entrelacée croit sur l'écorce des jeunes arbres. On la rencontre sur le charme, le cerisier et le merisier. Elle est facile à reconnaître à sa croûte, qui est lisse, extrêmement mince, d'un blanc grisâtre, tirant sur le roux, si peu prononcée qu'on la distingue quelquefois à peine de l'écorce, dans laquelle elle semble incrustée. Les lirelles sont nombreuses , fort rapprochées , alongées ou courtes , comme interrompues : elles se croisent en différents sens. Cette espèce est tantôt isolée , tantôt composée de plusieurs individus réunis ensemble : c'est alors que la croûte parait sinueuse , comme on le remarque principalement sur l'écorce du merisier. Sur le charme, sa forme est plus régulière, et les taches qu'elle offre, sont plus arrondies; les lirelles sont aussi plus longues, plus entrelacées.

GRAPHIDÈES. 35

Cette Opégraphe se rapproche à quelques égards de YOpegrapha stenocarpa, ayant pareillement des lirelies étroites et presque cylindriques, un sillon très fin qui parcourt leur disque ; mais elle en diffère en ce qu'elle a des lirelies plus longues et jamais assez rapprochées pour produire une tache noire où elles ne soient plus distinctes.

OPÉGRAPHE ATTRAYANTE.

OPF.GBA PHA 1LLECK BBOSA.

Cruste parcissimae , sparsee, uumerosissimao, vix a lin. lat<e, crassiuscula» , alb»; lirellLs atcrriniis , irradiatim confettis, subtilibus , furcatis, racdiisiformibus , basi confluentc-ramosis ; disco rimiformi. T. 7, f. 3 , n , pars ejusdem lente aucta.

Opegrapba illccebrosa, Chevallier, Journal de Physique, février 182a , p. 3g.

Habitat ad corticem exartdam, adbuc iaevigatani ulmi, in Galba.

« 0[iegrapha melanockroa : crus la suboblilcrata , ruf.scentc; lirellis confertisMinis, ateiTimis,rugosiu5Culis,parum distinct!», pluribus punctisatris commixtis. F. 4,6.

Habitat ad trunco* arborum, in Gallia.

L'Opégraphe attrayante présente un aspect varié, qui flatte agréablement la vue. Elle a des croûtes très-nombreuses, dispersées ça et là, à peu. de distance les unes îles autres, sur l'écorce de l'orme, où elles forment de petites taches dont la grandeur ordinaire est d'une demi-ligne à une ligne de diamètre. Les lirelies sont très-courtes, rayonnantes vers la circonférence de la croûte, souvent btfurquées, parfaitement noires. Elles sont très- rapprochées les unes des autres , de sorte qu'elles ressemblent n de petites taches noires, entourées par la croûte, qui dégénère insensiblement autour d'elles en une espèce de cercle pâle.

OBS. Cette Opégraphe a , par la disposition de ses lirelies, quelque ressemblance avec VOpegrap/ta medusula. On trouve des individus dont les lirelies, partant d'un même point, vont, comme dans cette espèce, en divergeant d'uuc manière régulière vers les bords de la croûte où elles se

bifurquent ordinairement presque toutes, tandis qu'elles sont simples dans le reste de leur longueur. Elles sont naturellement peu flexueuses et ne décrivent jamais des contours. Elles s'étendent vers les bords de la croûte où alors elles se divisent le plus ordinairement, soit en deux, soit en trois rameaux dichotomes, légèrement flexueux lorsqu'ils ont une certaine longueur, et droits lorsqu'ils sont courts. Il n'est pas rare d'observer des lirelles ayant au sommet une bifurcation tellement brève, qu'elle deviendrait insensible sans l'écarteraent brusque qu'elle présente de manière à former comme une espèce de T dont les brandies seraient extrêmement courtes.

On trouve entre elle et ÏOpegrapha medusula une différence bien marquée : ses croûtes ont moins d'étendue, plus d'irrégularité, quoique souvent d'une forme arrondie; les plus proches sont quelquefois confluentes. Ses lirelles sont évidemment saillantes , jamais immergées dans le parenchyme de la croûte, grêles, proportionnellement plus courtes, munies d'un sillon étroit, rarement oblitéré; tandis que, dans ÏOpegrapha medusula, on rencontre le disque oblitéré sur certains échantillons, les lirelles n'offrant plus alors qu'une tache noire , plane , où elles sont confondues à cause de la pression qu'elles ont éprouvée ( nous parlons ici des individus qui ont atteint déjà le terme de leur complet développement et dont la croûte commence à tomber en délitescence). D'ailleurs, sur ÏOpegrapha medusula encore jeune, la croûte, comme dans toutes les espèces de la seconde section , borde les lirelles. qui en dépassent à peine le niveau, tant elles sont peu saillantes, ce que l'on observe à la loupe en tenant l'échantillon incliné. Son disque a un sillon beaucoup plus large.

et, Opégraphe mélanochroa : elle parait n'être qu'une variété de l'Opégraphe attrayante, dont elle diffère seulement par le changement que cause dans son habilus l'oblitération presque complète de la croûte qui, vue à la loupe, est d'un blanc sale, obscur. Les lirelles forment, comme dans l'Opé» graphe attrayante, des groupes moins réguliers, plus étendus. Elles sont plus rugueuses et entre-mêlées d'un grand nombre de points noirs, un peu déprimés, qui lui appartiennent : ce sont les réceptacles naissante. On en aperçoit quelques-uns plus alongés, placés à la suite les uns des autres, semblables à des lirelles interrompues.

Malgré quelques différences que nous remarquons dans cette espèce et la variété « , nous sommes naturellement porté à croire qu'elles ne sont l'une et l'autre que des modifications de ÏOpegrapha stenocarpa, dont nous allons donner la description.

GRAPH1DÉES.

OPÉGRAPHE S TÉNOCARPE.

OPEGRAPHA STENOCA RPA.

Crusu irregularis, membranacea, l»vigata,albida aut glauccscentc-alba j lirellis brevibus, reciiu5culù,irix Ocxuosu, rarius ramosis, conferùssitnis , variis , persetatem U-\am atram rcferentibus ; disco rimoso , angustissimo. T. 7, f. 5 , c , pars ejusdcm lente aucta.

Opegraplia stenocarpa? Lam. et DC. FI. fr. t. 6, p. 170. Opegrapha stenocarpa, Dufour, Journal de Physique , 1818. Opegrapha stenocarpa, ji bapalea, Acb., Licb. univ. , p. 257. Habitat ad corticcro arlxtrum CaUi» , Angb'ai : Turncr ; in quercu coccifera Hispaniœ, Lagasca.

Variât colore crustie sordide aibo, pallescente ac cincrascente, nec non erusta plus minus lœvigata et pulverulenta , onde etjam subrimulosa interdum evadit. Lirella? aUquando ita confert» et congesUo ut nudis oculis vix discerni ac distingua queant. Acb.

L'Opégraphe sténocarpe a une croûte irrégulière , mince , d'un blanc gtauque, seulement sensible sur les bords. Les lirelles sont parfaitement noires, la plupart simples, très - courtes , peu ou point flexueuses, confluentes, sans cependant s'entre - croiser , mais de manière à laisser peu d'espace libre entre elles. Elles sont si nombreuses et tellement serrées , qu'elles n'offrent ordinairement qu'une large plaque noire , parsemée de points blanchâtres que forme la croûte en remplissant les vides qui existent entre les Lirelles , dont l'arrangement représente une espèce de toile noire, oû les jours de la trame sont marqués par ces points blanchâtres.

OBS. On aurait tort de regarder cette Opégraphe comme une variété de V Opegrapha reticulata, qui a une croûte très-étendue, et dont les lirelles - offrent un réseau à mailles plus écartées, ainsi que l'indiquent les figures de la planche 5. Dans l'Opégraphe sténocarpe , les lirelles sont beaucoup plus courtes , naturellement très-rapprochées , plus variées dans leur direction , et bien différentes quant au port.

Cette Opégraphe ne peut être confondue avec V Opegrapha subnebula , T. 4, fig- a, dont elle se distingue nettement. En effet, la croûte de celle-ci est d'un beau blanc; ses lirelles ont une forme trifide, que l'on retrouve même dans les parties où elles sont en plus grand nombre et où elles sont fréquemment superposées , ce qui n'a point lieu dans I'Opégraphe sténocarpe, dont les lirelles se terminent d'une manière assez obtuse , et ne sont jamais trifides en naissant.

Quant à Y Opegrapha atra , elle en diffère trop visiblement par ses caractères spécifiques, même à n'en juger qu'au simple aperçu de son habitas, pour qu'il soit permis d'en douter un seul instant.

Il sera donc toujours facile de reconnaître I'Opégraphe sténocarpe à ses lirelles extrêmement courtes , étroites et saillantes, qui, serrées les unes contre les autres, simulent comme un tissu noir, tacheté de points blancs.

OPÉGRAPHE DISPERSÉE.

OPEGRAPHA DISPERSA.

Crusta tenuis, niembranacea , ssepius transversa, nitida, veluti serico-alba; lirellis exilissimis , a latere ramosis, divaricatis flexuosissimisque , variis; disco subobliterato. T. 8 , f. i, a, pars ejusdem aucta.

Opegrapha dispersa, Lam. et DC. , FI. fr. n* 833.

Opcgrapba, a, epipasta, Acb. Lich. univ. , p. a58.

Habitat ad truncos laevigatos, praesertim aesculi, accris, tilia?, circa Lutetiani, Argentoratum, in Gallia, Gcrmania, in America (juoque.

a Opegrapha exilis : a praecedente differt colore crusta; minus nitidae atone lirellis exilioribus srepius interruptis, monililbrmibus, inter quas observantur puncta atra , sparsa : receptaculorum rudimenta. T. 8 , f. a , b , pars aucta.

Habitat ad truncum aceris pseudo-platani, in locis umbrosis.

p Opegrapha livida : crus ta tenuissima, laevigata, colore livido; lirellis ramosis,

sparsis, variis; disco piano. T. 8, f. 3, c, pars aucta. Habitat ad Iruncum cerasi avium, circa Lutetiani.

Elle a une croûte très -mince, lisse, souvent transversale, d'un blanc brillant comme satiné. Les lirelles sont très-grêles, capillaires, souvent peu

GRAPHIDEES. 3 9

visibles à l'oeil nu, rameuses latéralement, divariquées, très - flexueuses , décrivant des contours très-déliés , à peu près semblables à ceux que tracent les vaisseaux capillaires. Elles sont toujours dispersées , et disposées en plusieurs sens, d'une manière fort variée. Le disque est peu sensible, déprimé, aplati, bordé par la croûte, qu'il écarte pour devenir saillant.

La variété «, l'Opégraphe déliée, est très-remarquable à cause de la finesse de ses lirelles , qui ne sont visibles qu'à une forte loupe. Elles ont à peu près la même forme que celles de l'Opégraphe dispersée, sauf qu'elles sont souvent interrompues , et semblent être formées de points peu distants et contigus. La croûte est d'un blanc plus terne ; elle est de plus parsemée d'un grand nombre de petits points noirs , qui ont la même orgauisatioit que celle des lirelles , dont ils sont les rudiments.

Elle croit sur l'érable faux platane, dans les lieux ombragés. La variété P, l'Opégraphe livide, a une croûte qui atteint les mêmes dimensions que celle de l'Opégraphe dispersée. Elle en diffère parce qu'elle est d'un brun plombé. Ses lirelles sont rameuses, éparses, dispersées ça et là sur toute l'étendue de la croûte.

Elle croît sur l'écorce unie du cerisier et du merisier. OBS. L'Opégraphe dispersée est commune dans les allées des promenades. Elle vient ordinairement sur le marronnier, le tilleul, l'érable, généralement sur les arbres dont l'écorce est naturellement lisse et polie. On distingue facilement, au premier abord, cette espèce par l'éclat brillant et comme soyeux de sa croûte , qui est extrêmement mince et peu séparable de l'épiderme. Elle forme, sur les arbres que nous avons cités, des taches oblongues transversales, ayant ordinairement un pouce à un pouce et demi de longueur sur six à huit lignes de largeur. Les lirelles sont tellement grêles et déliées qu'elles sont peu visibles à l'œil nu : aussi remarque-t-on d'abord plus aisément cette espèce au simple aspect de la croûte qu'aux réceptacles. Ceux-ci, vus à l'aide d'une loupe, paraissent épars, distants les uns des autres, et disposés en tout sens. Ils se divisent latéralement et forment des zêta. On en observe d'autres qui, après s'être alongés, se bifurquent seulement à l'une de leurs extrémités, ou bien se partagent en trois ou quatre rameaux divergents, également flexueux. Le disque est généralement aplati; ce qui avait engagé le Docteur Dufour à faire de cette Opégraphe une Arthonia, avec lequel genre elle a en effet beaucoup d'affinité; mais comme on rencontre quelques réceptacles qui ont un sillon, nous avons jugé convenable de la conserver parmi les Opégraphes.

OPÉGRAPHE RAPPROCHÉE.

OPE GRAPHE JPPHOXIMATA.

Crus ta prœcedentis simillima ; lirellis rrasaioribus , longiusculis, llexuosis, subramosis, aterrimis, variis; disco rimaeformi aut planiusculo. T. 8, f. 4» pars ejusdem lente aucta.

Opegrapha approximau , Chevallier, Journal de Physique, février, i8aa, p. 4°- Habitat ad trunros juniorcs œsculi, in Gallia.

Sa croûte ressemble d'un côté à celle de YOpegrapha dispersa; elle est mince comme elle , et d'un blanc brillant qu'on dirait satiné ; mats au reste elle est beaucoup plus étroite, n'ayant que trois lignes de largeur sur un pouce ou un pouce et demi de longueur. Les lirelles sont noires , alongées, flexueuses, recourbées, divisées, de moitié plus grosses et plus rapprochées que dans X Opegrapha dispersa. Le disque est large , muni d'un sillon très-prononcé.

Elle croit sur les jeunes arbres, le marronnier : on la rencontre dans toute la France.

OBS. Quoique cette espèce ait beaucoup d'analogie avec YOpegrapha dispersa, à cause de la conformation de la croûte qui est lisse et d'un blanc brillant, cependant, outre qu'elle en diffère, comme nous l'avons déjà dit, elle s'en éloigne encore évidemment par d'autres caractères. Ses lirelles sont plus saillantes et non bordées par la croûte , si ce n'est lorsqu'elles sont encore jeunes; de plus, elles ont un disque large, marqué d'un sillon persistant , bien prononcé , qui , comme nous l'avons déjà fait observer , manque ordinairement dans YOpegrapha dispersa.

Elle ne peut se confondre ni avec YOpegrapha atra , ayant une croûte uniforme, beaucoup plus longue que large, et des lirelles plus éparses; ni même avec YOpegrapha dispersa , dont les lirelles sont extrêmement grêles , le plus souvent planes.

GR APH1DEES.

OPÉGRA.PHE RIMICOLE.

OPEGRAPHA R1MICOLA.

Crusta dcterminata aut subeffusa, crassiuscula, alba; lirellis plerisque simplicibus,

oblongo-elongatis , rectiusculis , nitide atcrrimis , confertissimis , inordinatisque ;

disoo subcanaliculato , dilatato; marginibus involutis, subrotundis , obtuse con-

niventibus. T. 9, f. 1, a, pars aucta.

Opegrapha rimicola, Chevallier, Journal de Physique , /. r. Opegrapha, a, rimalis, Ach., Lich. univ. p. 260 (exclus, syn. Op. chlorina). Habitat ad truncos arborum, pncscrtim inter rimas qucrcus, in Gallia, Suecia :

Schleicher.

Variât colore crustae plus minus albido et nbscurius cinerascente atque sordide

virescente, crusta ipsa tenuiori ve! crassiori, lirellis brevinribus et longioribus ,

sparsis et confertioribu». Ach.

x Opegrapha n igra ta : crusta numéro lirellarum subobliterato; lirellis nigerrimis,

nvato-oblongu, confertissimis, maculasformibus. T. 9, f. a, b, pars ejusdem

lente aucu.

Opegraplu rimalis, fi, fuscata, Ach., Lich. univ., p. a6i.

Habitat cum précédente, ad truncos qucrcuum, frcquentius ciroa Lutetiam.

fi Opegrapha glauca : crusta tenui-effusa , glauca ; lirellis fréquenter sparsis , subel-

lipticis, longiusculis , rectis, simplicibus; disco canaliculato. Ach. Opegrapha rimalis, y glauca , Ach. /. c.

Habitat ad truncos arborum Hclveti» : Schleicher.

Sa croûte est déterminée ou diffuse, épaisse, fendillée, d'un blanc glauque bien prononcé. Les lirelles sont la plupart simples, oblongues, linéaires, ordinairement peu flexueuses, d'un beau noir, très -nombreuses, rapprochées, disposées d'une manière confuse; le disque est presque canaliculé, un peu dilaté; ses bords sont élevés, roulés en dedans , arrondis, connivents et obtus à leurs extrémités.

Cette Opégraphe croît particulièrement entre les fentes des chênes, dans les forêts de la France, de la Suisse: Schleicher.

I-» variété «, l'Opégraphe noirâtre, a une croûte fendillée, d'un blanc sale, grisâtre, obscurcie par le grand nombre des lirelles, qui sont très-petites, ovales, et forment par leur ensemble des taches noires, irrégulières.

Elle vient, comme la précédente, dans les fentes des chênes, au pied des arbres.

La variété p a une croûte glauque plus blanche; elle croît dans les mêmes lieux.

OBS. Ces variétés, quoique différentes du type sous quelques rapports, ont cependant quelque chose qui les y rattache et ne permet pas de les confondre avec d'autres espèces. Les lirelles , il est vrai , sont quelquefois ovales, à peine oblongues, petites, très-nombreuses, d'autres fois pluséparses que dans le type. La croûte elle-même, comme l'a déjà observé le Lichénogrnphe Acharius, varie aussi du blanc glauque à une couleur plus obscure, qui souvent n'est qu'accidentelle. Elle est tantôt plus mince, tantôt plus épaisse ; mais à Y habitat de ces variétés , à la couleur constamment glauque plus ou moins éclatante de la croûte , au beau noir brillant des lirelles, qui ne sont jamais saupoudrées, il est presque impossible de se méprendre sur l'espèce à laquelle elles appartiennent.

L'Opégraphe rimicole croissant ordinairement dans les fentes de l'écorce des arbres, dont elle suit la direction perpendiculaire, nous avons cru devoir changer le mot rimalis eu celui de rimicola (habitante des fentes), pour noter cette particularité. Quoique cette Opégraphe ne soit point rare, on ne la trouve guère abondamment que dans les forêts de chêne, sur les jeunes baliveaux; du moins, nous ne l'avons observée avec des caractères bien tranchés que dans ces localités , où on peut aisément se convaincre qu'elle est une espèce entièrement distincte. Acharius l'indique sur le peuplier, le saule. Il confond avec elle YOpegrapha chlorina de Persoon : les échantillons de cette espèce , que nous avons sous les yeux , et dont nous donnerons plus tard la figure, sont totalement différents.

La croûte de l'Opégraphe rimicole est longue, étroite comparativement à sa longueur; elle paraît quelquefois un peu diffuse, parce que souvent plusieurs individus contigus finissent par se réunir. Ordinairement , elle peut avoir deux pouces de long sur six lignes de large dans les individus qui ont atteint le terme de leur croissance. Elle est irrégulière , inégale à cause des aspérités de l'écorce ; elle se déploie sur un des côtés , ou sur les deux côtés de la crevasse qu'elle occupe; dans le dernier cas, les lirelles diminuent en nombre comme en grandeur, à mesure qu'on s'avance vers

GRAPH1DÉES. /,3

le fond de cette crevasse; on y voit, suivant la longueur, comme une ligne de démarcation très-sensible, sans pourtant que ta croûte soit interrompue. D'abord d'un blanc glauque , celle-ci devient quelquefois d'un gris sale, fuligineuse , surtout dans la variété *; d'autres fois elle tombe en délitescence, et disparaît presque entièrement : alors les lirelles de la variété *, l'Opégraphe noirâtre, qui sont ovales avec des bords arrondis comme dans YHysterium pulicare , pourraient se prendre pour les réceptacles de cet Hysterium , d'autant plus facilement que ces derniers sont très - nombreux , presque confluents, et que V habitat semble favoriser l'erreur, si d'ailleurs ces lirelles, beaucoup plus petites et souvent peu visibles à l'oeil nu, n'empêchaient néanmoins de tomber dans une pareille méprise. Dans l'Opégraphe rimicole, les lirelles sont pour la plupart simples, alongées, linéaires, ayant un disque bien marqué, à bords élevés, un peu ondulés dans les plus longues. Il y en a qui sont ovales, oblongues, dont le disque a des bords plus arrondis et est un peu dilaté au milieu ; d'autres, en petit nombre, sont punctiformes, munies d'un pore prononcé dans cette espèce : caractère que nous avons signalé à la page i , en traitant de la famille des Phéroporées. Parmi les plus longues , on en remarque plusieurs qui ont trois divisions droites , se séparant à angle ouvert.

Ne confondez pas l'Opégraphe rimicole avec YOpegrapha atra. Celle-ci vient ordinairement sur l'écorce unie des jeunes arbres. Sa croûte est mince, peu marquée sur les bords, où l'on ne trouve point de lirelles, tandis que sur l'Opégraphe rimicole on en observe constamment et uniformément répandues par toute la surface de sa croûte. Elles sont aussi longues aux bonis que dans le centre.

Il faut également la distinguer de YOpegrapha vuh'ella , dont les lirelles sout beaucoup plus larges et plus écartées les unes des autres , et sont caualiculées, fort dilatées, ayant souvent la forme d'une nacelle.

Elle diffère de YOpegrapha signala, parce que ses lirelles sont beaucoup moins larges , et qu'elles sont à peu près d'égale dimension dans toute leur longueur, au lieu que dans YOpegrapha signala, elles sont souvent tricuspides, le milieu étant dUaté et chaque division se rétrécissant insensiblement en pointe aiguë.

OPÉGRAPHE ASTRÉE.

OPEGRAPHA ASTKttOMA.

Crusta late effusa , inaequabilis , crassiuscula , alba; lirellu confertissimb , prominulis, distinclis, elevato-tumidubs, 5, 6-divisis, irradiantibus ; ramulis lirellarum apice atténua lis; disco centrali lato, in receptaculis vetustioribus rufo; disci divisionibiu subcanaliculatis , dilatatis , marginibus subinflexis, elevatis , conniventibus.T. 9, f. 3, c, lirella valde amplificata; rf, pars euro lirellis lente aucta.

Lirellae interduni videntur pcrmixUt punclis atris, concaviuscobs.

Opegrapha asteroma , Chevallier, Journal de Physique, février, i8aa , p. 4'-

Habitat ad truncos vetustos , ra ri us circa Lutetiam , in Gallia.

Sa croûte, d'un blanc glauque, est inégale, assez épaisse, à peine fendillée, continue, nullement pulvérulente. Elle n'est point limitée. Elle occupe des espaces considérables. Ses lirelles sont très - nombreuses , proéminentes, renflées, distinctes et jamais confluentes, quoique peu éloignées les unes des autres , rameuses , rayonnantes en étoile. Le disque est divisé : le centre est protubérant, plus large, convexe, roussâtre dans les plus âgées; ses divisions, dont te nombre varie ordinairement de cinq à six , sont déclives, divergentes , un peu dilatées , presque canaliculées. Elles diminuent insensiblement et vont se terminer en une petite pointe aiguë qui sillonne la croûte; leurs bords sont élevés, réfléchis, conni vents aux extrémités.

OBS. Cette belle espèce se plaît sur les vieux troncs dans les bois et les forêts ombragées. Nous l'avons observée sur l'orme à Villers-Coterets. Sa croûte offre un fond d'un blanc glauque d'où s'élève une multitude de petits réceptacles radiés, peu distants les uns des autres, parfaitement distincts, répandus le plus souvent d'une manière uniforme, symétrique, disposés , en quelque sorte , comme les étoiles que l'on voit britler à la voûte des cieux. Ils sont très-saillants, noirs, jamais saupoudrés de glauque; planes dans la jeunesse, ils deviennent convexes, et leur convexité aug-

GRAPHIDÉES. 45

mente avec l'âge. A leur naissance , ils soulèvent la croûte , qui se déchire , ne pouvant prêter avec souplesse à cause de son épaisseur; les bords de la déchirure demeurent béants autour des divisions du réceptacle. Chaque réceptacle a d'abord trois ou quatre divisions , souvent cinq , dont le nombre s'accroît en grandissant; on en voit quelques-uns qui en ont huit; leur forme est alongée, irrégulière: les deux extrémités sont bifurquées, et de chaque côté , il y a deux ramifications ; tous les sillons communiquent les uns avec les autres: cette forme n'est pas ordinaire. En vieillissant, il se tuméfie et semble en même temps s'élargir; il dégénère en un tubercule portant des sillons déclives, légèrement arqués, toujours en rapport avec le nombre des divisions. Ces sillons ont des bonis peu apparents sur la partie convexe , mais qui deviennent plus sensibles sur la partie déclive. Ils finissent en pointe et se réunissent à leur extrémité.

On ne peut confondre cette espèce avec YArthonia radiata, celle-ci ayant ses réceptacles tout-à-fait planes; et si quelquefois, comme on l'observe principalement sur le chéne, où elle est mieux caractérisée, ils paraissent avoir des bords, ils sont produits, dans la jeunesse de la plante, par la croûte qui reste entr'ouverte autour de chaque division du réceptacle; d'un autre côté, la dimension de la croûte n'excède pas un pouce, tandis que dans l'Opégraphe astréc , elle est ordinairement peu limitée.

OPEGRAPHE ROUSSATRE.

()P E G RAPHA HV F ESC F. Y S.

Crusta subeïfusa, tenuis, obscure -rufescens ; lirellis subiamosis , stcllatim conf'ertis , drvergt-ntibus , junioribus ininutissimis ; majoribus clongatis, simplicibus , Hexuosii, sparsis, disco subdepresso, planiusculo. T. 10, f. i , a. pars ejusoVw lente aucta , f. a , eadem Opegrapha cum lirellis sparsioribus.

Opegrapha rufescens, Persl ap. Uster. in Annal. , p. 29.

Opegrapha rufescens, Laro. et DC. , FI. fr. , n° 842.

Opegrapha , a, iiderella, Ach. , Lich. univ., p. a56. Habitat pnesertim ad corticem laevem carpini , in Gallia.

Cette espèce a une croûte roussâtre , mince, dont les bords sont souvent peu limités. Les lirelles sont noires, ordinairement simples, peu rameuses, niais tellement disposées les unes à l'égard des autres qu'elles semblent rayonner. Sur les jeunes arbres où la croûte a deux pouces environ d'étendue, elles sont plus petites, nombreuses, plus rapprochées, arrangées de façon que souvent elles se touchent par une du leurs extrémités, tandis que de I autre, elles sont divergentes. On en rencontre cependant plusieurs qui sont naturellement rameuses, tricuspides. Sur les vieux troncs du charme, où la croûte occupe fréquemment un espace considérable, elles sont plus longues, flexueuses, souvent contournées, plus éparses; elles paraissent encore parfois rayonnantes en se confondant avec d'autres plus petites, ce qui fait souvent croire qu'elles sont réellement divisées. Le disque est étroit, rimeux, presque plane dans les individus avancés.

OBS. Cette Opégraphe, très-distincte par sa croûte d'une couleur roussâtre, varie dans ses dimensions. Elle croît particulièrement sur le tronc du charme, où elle forme des taches plus ou moins larges et sinueuses sur les bords, ayant un ou deux pouces, quelquefois jusqu'à six pouces de diamètre : dans ce cas, il y a presque toujours plusieurs individus réunis. D'abord blanchâtre dans sa jeunesse, elle prend promptement une couleur tirant sur le roux , au moyen de laquelle on peut toujours la reconnaître. Elle est ordinairement si mince qu'on serait tenté de la prendre pour une simple altération de l'épidémie de l'écorce, si, en l'examinant avec attention, on ne la voyait pas se dessiner autour des groupes des lirelles, qui sont nombreuses, petites, étroites, alongées, linéaires, noires, souvent rapprochées, divergentes en rayonnant, la plupart simples, quelquefois rameuses, trifides.

S'il est une Opégraphe dont on puisse la rapprocher, par certains traits de ressemblance dans la disposition des réceptacles, c'est assurément Y Opegrapha cinerea : mais la croûte de celle-ci , quoique d'une étendue aussi peu limitée que dans l'autre, se distingue d'ailleurs manifestement : elle est rugueuse, d'un blanc cendré; elle a constamment la même couleur, qui ne change à aucune époque de son existence; elle est en outre plus épaisse, ayant des lirelles plus noires, plus longues, plus éparses, généralement moins rameuses.

GRAPHIDÉES.

OPÉGRAPHE BULLEUSE.

OPEGRAPHA BULLATA.

Crusu interrapu, albida, hinc inde bullau ; lirelli» simplicibus, aubramosu, longiuscuhs , flexuosis , sparais, basi crusta? subimmersis, pruminulis ; disco rimarformi , coarctato. T. 10, f. 3.

Opegrapba bullau , Pers.

Opegrapha bullata , Lam. et DC. , FI. fr. n u 834.

Habitat ad corticein berem quercus , in Galba ; frequentius in Gennania.

Sa croûte est interrompue, ou plutôt elle se compose d'un grand nombre de petites croûtes huileuses, blanchâtres, très-visibles, peu distantes, ayant tout au plus un quart de ligne ou une ligne de diamètre , souvent confluentes, occupant sur l'écorce un espace de plusieurs pouces. Les lirelles sont petites, étroites, alongées, linéaires, flexueuses, un peu éparses, proéminentes. Elles sont entourées à la hase par la croûte, qui semble s'élever avec elles à mesure quel les se développe nt, ce qui la fait paraître plus tuméfiée qu'elle ne l'est réellement, comme on le reconnaît en la considérant attentivement. Le disque est très-étroit; les bords sont tranchants, contractés et appliqués l'un contre l'autre.

Elle nous a été communiquée par M. Persoon.

OBS. On rencontre cette espèce sur les jeunes troncs du chêne dans les forêts de l'Allemagne, autour de Gottingue. Elle forme de petites taches blanchâtres, diversement disposées: tantôt on les voit disséminées ça et là, ayant une demi-ligne ou une ligne de diamètre sur les individus parvenus à leur entier développement, quelquefois un quart de ligne; tantôt fort rapprochées et confluentes entre elles, ne formant ensemble qu'une seule croûte huileuse, irrégulière, interrompue, marquée à sa surface de petits points blanchâtres , élevés , perceptibles uniquement à l'aide de la loupe : cette croûte couvre plusieurs pouces d'étendue , et produit sur l'écorce vertolive de cet arbre une sorte de bigarrure frappante. De là résulte aussi

'i« ORDRE PREMIER.

une certaine variété clans la manière dont se présentent les lin-Iles : sur les taches qui n'ont guère qu'une simple croûte, elles semblent diverger et sont plus rapprochées; elles paraissent éparses au contraire sur les croûtes qui se composent de plusieurs individus contigus; au reste, considérées en détail, on les trouve linéaires, alongécs, très-étroites, réfléchies, flexueuses, ordinairement simples, parfois rameuses. Elles sont placées au milieu de chaque petite croûte. On en compte sur chaque individu quelquefois une, fleux, trois, rarement plus de cinq. \jc disque est fort remarquable en ce qu'il est étroit, profondément fendu, et que les bonis s'appliquent, pour ainsi dire, l'un contre l'autre.

Doit-on considérer cette Opégraphe comme une variété ou comme une espèce distincte ? Une semblable question est difficile à résoudre. Pour y répondre et pour rapporter l'Opégraphe huileuse au type auquel elle appartient, il faudrait l'avoir observée soi-même dans son lieu natal; c'est ce que nous n'avons pas eu le bonheur de faire. Serait-elle une variété de XGpegrapha ru/escens, dont on a cherché à la rapprocher ? Nous ne déciderons encore rien à ce sujet. Elle en diffère par sa croûte blanchâtre , très-visible , parfaitement distincte de l'écorce ; par le disque , muni d'une fente très-étroite, dont les bords sont rapprochés et minces.

OPÉGRAPHE CENDREE.

OPEGRAPHA Cl N E RE A.

CrusUi subetffusa, crassiuscula , albo-cinerascente, rugosa; lirellis simplicibus , elougato-atteiiuatis , flcxuosu, aut incurvis , interdum irradiatim subramosis, vix confluentibus ; punctis minutissimis subimmersis, bullulis e crusta enaseentibus; disco latiusculo, marginibus subcylindricis, elevatis atque subinflexis. T. 10. f. 4 > f> >* > cadem ad truncum vetustum oxyacanthrc.

Opegrapha ci nerca, Chevallier, Journal de Physique , février , i8aa, p. 4'-

Habitat ad corticem adhuc bevem carpini , in Gallia.

Sa croûle est diffuse , peu limitée , épaisse , fendillée , rugueuse , d'un blanc cendré glauque. Les lirelles sont nombreuses; les unes simples,

GRAPHIDÉES. 4<> nlougées, linéaires, atténuées aux deux extrémités, flexueuses, réfléchies, contournées; les autres, en plus petit nombre, dispersées çà et là parmi les premières, sont rameuses, rayonnantes, trifides, divariquées, à peine coufluentes, ayant différentes directions. Le disque est rimeux, fréquemment plane dans les plus âgées.

ODS. Cette Opégraphe forme une croûte qui est tantôt limitée et tantôt occupe une étendue de six pouces environ. Elle est épaisse, fendillée, rugueuse, pour ainsi dire granuleuse, d'un beau glauque à sa naissance, qui devient un peu moins pur avec l'âge, mais jamais roux, comme dans YOpegrap/ia ru fèsceru. Cette couleur ne change point et n'éprouve aucune altération pendant toutes les périodes de sa végétation. Sa croûte est étalée d'une manière uniforme, et parait fréquemment interrompue, parce qu'il n'est pas rare de voir les individus les plus voisins se réunir ensemble, et laisser alors des espaces vides où l'on peut apercevoir distinctement l'écorce, dont la couleur est brunâtre. Cette particularité rend ordinairement ses hords sinueux et irréguliers; il y a même «les individus encore jeunes , où ils prennent une forme serpigineuse. Les lirelles semblent beaucoup plus noires que dans YOpcgrapha rufescens , parce que la couleur de la croûte augmente leur éclat ; c'est aussi pour cette raison qu'elles sont plus brillantes et plus apparentes. Elles naissent en grand nombre; et si quelquefois elles paraissent un peu éparscs , cela est causé par l'interruption qu'éprouve la croûte ; mais dans la jeunesse de l'individu , où la croûte est encore isolée, elles sont rapprochées, grêles, simples ou rameuses, rayonnantes, flexueuses, contournées, disposées d'une manière assez variée. Le disque, muni d'une fente étroite, se trouve, dans les plus longues, quelquefois déprimé et presque plane.

\oiis n'avons jusqu'à présent rencontré cette espèce que sur les vieux troncs de l'aubépine, du charme, arbre qui, de sa nature, conserve longtemps une écorce lisse et unie. Les taches qu'elle y forme sont très-visibles à cause de la couleur cendrée de sa croûte qui pose sur un fond brun. Aussi l'aperçoit-on de loin à une distance considérable , tandis que celle de YOpegrapha rufescens, étant très obscure, ne devient sensible à la vue que quand on s'en approche de très-près. Les lirelles sont également peu apparentes. Cette Opégraphe , par sa croûte granuleuse , a beaucoup d'analogie avec YOpegrapha herpetica ; mais par ses lirelles alongées , linéaires et flexueuses, tandis que dans l'autre elles sont simples, ovales, puncliformes, immergées à la base , elle s'en distingue suffisamment , comme il est facile de s'en convaincre. 9.

OPÉGRAPHE FULIGINEUSE.

OPEGBAPHA FULiGINOSA.

Crasta suborbicularis , 6 - lin. lata , nigrescente - fuliginosa ; lirellis simplicibus , oblongis, subflexuosis, confcrtis ; disco rimaeformi, subcanaliculato , marginibus elevatis. T. 10, f. 6, b, pars lente aucta.

Opegrapba fuliginosa , Pers. in Act. Wettcraw. , vol. a.

Opcgrapha fuliginosa , Acb. , Lich. unir. , p. a5o.

Habitat ad corticem aceris, tiliae, in Gallia, ad truncum quoque ulmi, circa Lutetiain.

Sa croûte est orbiculairc , large de six lignes , noirâtre , fuligineuse. Les lirelles sont simples, oblongues, peu ou point flexueuses, également disposées sur toute l'étendue de la croûte , et rarement confluentes. Leur disque est muni d'un sillon large, presque canaliculé, dont les bords sont élevés, légèrement rugueux et ondulés.

OBS. Cette espèce n'est pas des plus communes. Elle a été signalée pour la première fois par M. Persoon , qui l'a trouvée sur le tronc de l'érable et du tilleul : elle croît aussi sur l'écorce aride de l'orme dans les environs de Paris. La croûte, d'une couleur particulière, est extrêmement mince, nullement séparable de l'écorce, saupoudrée, ainsi que les lirelles, d'une poussière peu abondante, semblable à de la suie, ce qui empécbe de les apercevoir, et n'offre à l'œil de l'observateur qu'une tache arrondie et noirâtre. Cette couleur lui serait-elle propre, ou seulement accidentelle? Acharius la compare' à celle du Spiloma melanopa , décrit dans son Methodus Lich., p. 10; il doute que les lirelles y soient parasites. Cependant nous sommes porté à la regarder comme une véritable espèce, d'autant plus que nous l'avons observée sur un nombre suffisant d'individus qui offraient tous le même port, et dont les lirelles ne se trouvaient jamais que dans l'endroit circonscrit par la croûte : un caractère aussi constant nous a empêché de croire qu'elle ne dût son existence qu'à des circonstances

GRÀPHIDÉES. 5i purement accidentelles. D'ailleurs, n'y a-t-il pas aussi plusieurs lichens qui présentent une structure analogue? Dans cette Opégraphe, les lirellessont ordinairement simples, oblongues, peu flexueuses, en sorte qu'on ne sera pas tenté de la confondre avec aucune autre; il est en outre très-aisé de la reconnaître à la couleur de la croûte.

Nous sommes loin de partager l'avis d'Acharius, qui, dans son Synopsis methodica Lich., p. 73, regarde cette espèce comme une variété de l'Opegrapha herpetica, dont elle s'éloigne manifestement, ainsi que nous allons le voir. L'Opégraphe fuligineuse (abstraction faite de sa croûte par où elle en diffère sans aucun doute) a des lir elles oblongues , allongées, légèrement flexueuses , évidemment saillantes. Dans YOpegrapha herpetica , elles sont petites, ovales, nous dirons même punctiformes , très -rapprochées, trèsnombreuses, occupant des espaces considérables, ou bien interrompues, ou par place , formant des plaques éparses , où cependant l'on retrouve les principaux caractères du type. Elles ont ordinairement un disque plane recouvert à la base par le parenchyme de la croûte , qui semble l'accompagner et s'élever avec elles , ce que l'on n'observe pas dans l'Opégraphe fuligineuse.

OPÉGRAPHE MARQUETÉE.

OPEGRAPHA TESSERATA.

Crusta squamosa, areolata, sordide alba; lirellis subprominulis , ovato-oblongu , simplicibus , passim angulatis , triquetris ; disco rimœformi (*) , margînibus inftexis, subrotundis, conniventibus. T. 11, f. 1, a, pars eu m lirellis aucta.

Opegrapha tesserata, Lain. et DC, Fl. fr., n° 85o.

Elle a une croûte épaisse, fendillée en une multitude d'aréoles anguleuses, souvent entourée d'une ligne noire et sinueuse; sa couleur est d'un

O C'est par erreur que , dans la feuille septième , on a changé 1> en «', dans les mots rimœformi, medutceformibut , expressions consacrées.

5a ORDRE PREMIER

blanc sale, roussâtre. Les lirelles sont noires, nombreuses, peu saillantes, uvales , oblougues , parfois triangulaires , généralement petites , et à peine flexueuses. Leur sillon est bien fendu, ses bords sont arrondis, connivents, et obtus aux extrémités.

OBS. Cette Opégraphe croît sur les rochers quarUeux et micacés des Alpes , où elle a été récoltée par MM. De Caudolle et Dufour. Elle forme des taches d'un blanc sale , tirant sur la couleur de rouille , qui atteignent huit à dix lignes, et dont les bords sont irréguliers, souvent marqués d'une ligne noire, sinueuse, qui ne parcourt qu'une partie de la circonférence. Leur surface paraît au premier abord granuleuse , inégale , mais en l'examinant à la loupe, on aperçoit très-distinctement une multitude de petites aréoles polygones, quelquefois punctiformes, à bords rembrunis. Au milieu d'elles, naissent les lirelles, qui sont d'un noir mat, petites, ovales, oblongues, simples, parfois anguleuses, nullement flexueuses, distinctes les unes des autres, rarement confluentes entr'clles , disposées ça et là sur la croûte. Leur disque a un sillon divisé en trob ou en quatre, étroit, bien prononcé, cependant moins profond que dans YOpegrapha ccreârina; ses bords sont arrondis et larges.

Elle diffère de YOpegrapha cerebrina , par ses lirelles beaucoup moins saillantes, plus petites, ordinairement simples, munies d'un sillon étroit, peu profond , et dont les bords sont moins tuméfiés. Elle ne peut être comparée à YOpegrapha Uthyrga , parce que sa croûte est divisée en aréoles très-nombreuses, tandis que dans cette dernière elle est constamment lisse, très-mince, d'un blanc grisâtre, quelquefois cependant blanchâtre, très-peu marquée, comme pulvérulente lorsqu'elle vient sur les pierres calcaires, la pierre à chaux, et qu'en outre on ne peut pas la séparer du rocher sur lequel elle croît. D'ailleurs, ses lirelles sont très-flexueuses, éparses ou groupées.

GRAPHIDÉES. 53

OPEGRAPHE DE PERSOON.

OPEGRAPHA PEASOONll.

Crusta crassiuscula , inacquabilis , albida; Urellis subiminerais , oblongis a ut ovaua, dillormibus, rugosis, sparsis; disco rimoso aut planiusculo , subobliterato , démuni rugoso. T. ii, f. a.

Opegrapha Persoonii , Acb. , Melh. Licb. p. i-.

Opegrapha rupestris , Pers. ap. Uster. in Annal. d, Bot St. 1 1 , p. ao. Lichen Persoonii, Ach. , Lich. Suec. Prodr. p. 19. Habitat ad rupes Suecise , Germanise.

a Opegrapha aporea : vix tanquam varietas pnecedentis notanda , ab qua recepUculis

plus rainusve rotundatis atque disco vario modo déhiscente differt. Opegrapha, fi, aporea. Ach., Lich. univ. , p. a 46. Habitat in rupibus et saris Succise , Angliae.

p Opegrapha strepiodina : crusta subpulverulenta , cohsereus , albido-cinerascente ;

Urellis subrotundis difformibusque ; disco planiusculo marginato. T. 11, f. 3,£,

Urellis amplificatis.

Opegrapha, y» strepsodina , Ach., Lich. univ. , p. 247. Habitat in schisto Angliœ.

Receptacula sparsa , crusta; subimmersa , ssepissime marginau fere ut in quibusdam Lecideis, unde sub nomine Lichenis simplicis Daviesii ab Acbario in Methodo Lichenum proposita est.

Cette Opégraphe a une croûte irrégulière, un peu diffuse, quelquefois nulle, tantôt mince, tantôt plus épaisse, et comme pulvérulente. Les lirelles sont éparses, peu saillantes, déprimées, oblongues, alongées, confluentes, difformes; dans les unes, le disque est fendu d'une manière sensible; dans les autres, il est presque plane, à peine prononcé, rugueux sur les bords.

Elle habite sur les rochers, en Suisse, en Allemagne.

a Opégraphe aporée : cette Opégraphe mérite à peine d'être considérée comme une espèce particulière; ses réceptacles ont une forme plus variée

que dans celle qui précède , par conséquent le disque est aussi plus ou moins prononcé.

Elle croît sur les rochers avec la précédente.

P Opégraphe strepsodine : elle a une croûte inégale , diffuse , légèrement pulvérulente, d'un blanc glauque. Les lirelles sont la plupart arrondies, obovales, planes ou presque planes, ayant un bord chagriné, très- mince, souvent peu sensible, de sorte qu'elles n'offrent fréquemment qu'une surface rugueuse: dans les plus jeunes, on voit manifestement la déhiscence du disque.

Elle vient sur les rochers schisteux décomposés, en Angleterre. Achariu» compare les réceptacles de cette variété à ceux de la Lecidea immersa , à cause de leur peu de saillie ; nous ferons observer , en passant , qu'ils ne creusent point la pierre , mais qu'ils sont simplement placés à la surface.

OBS. On ne peut confondre cette espèce ni avec YOpegrapha Utkyrga , dont la croûte est très-mince , d'un blanc grisâtre , et dont les lirelles d'un beau noir sont alongées , linéaires, beaucoup plus proéminentes; ni avec YOpegraptia tesserata, qui a une croûte épaisse, fendillée , et des lirelles • simples, munies d'un sillon très-prononcé; ni même enfin avec Y Ope-

grapha cerebrina , distinguée par la couleur de sa croûte , qui est limitée et porte des lirelles ovales, oblongues, renflées, constamment rapprochées en groupes plus ou moins épars et isolés.

OPÉGRAPHE DES PIERRES.

OPEGRAPHA LITHYRGA.

Crusu tenuis , membranacea , albida ; lirellis simplicibus , oblongo - linearibu* , flexuosis , y aide prominulis, aterrimu, «parais, rarius confluente-ramosit; di*co rinueforn>i. T. 1 1 , F. 4-

Opegraplia lithyrga, Ach. , Lich. Uiuv., p. a47*

a Opegrapha steriza , Ach. , Synop. metbod. Lich. , p. 7a.

Habitat cm» précédente ad rupes et silices, in Gallia, Germania, Anglia.

GRAPHIDËES. 55

f) Opegrapka confluent : crus ta sepissime parasitica; lirellis passim elongatis, passim confettis acervulatUque , rugosis ; disco subobliterato. T. 1 1 , f. 6 , c , speciea et varietas aucta»; fig. 5speciei variatioiiem in lapide calcareo repraesentat.

Opegrapha, p , confluens , Ach. Lich- univ. , p. 247.

Habitat ad lapides juxta vias mixU Verrucaria rupestri.

Reeeptacula ut plurimura conforta atque passim in maculas atras congesta.

Cette Opégraphe a une croûte déterminée, mince, irrégulière, d'un blanc grisâtre. Les lirelles sont d'un beau noir, ordinairement simples, alongées, linéaires, flexucuses, éparses, parfois confluentes, rameuses. î.e disque a un sillon étroit.

Elle croît en France, en Allemagne, en Suisse, en Angleterre.

Dans la variété a, l'Opégraphe stérire d'Acharius , les lirelles sont dépourvues de croûte.

La variété p , l'Opégraphe confluente , est ordinairement parasite. Ses lirelles sont groupées et forment de petites masses noires, distantes les unes des autres, et très-distinctes. Elles sont à demi enfoncées dans la pierre. Vues à une forte loupe, elles offrent une surface rugueuse et des sillons peu marqués.

Cette variété naît ordinairement dans les mêmes lieux que l'espèce : ou la rencontre fréquemment sur les cailloux, le long des chemins.

OBS. On trouve cette espèce sur les rochers, les murs et les cailloux; il n'est pas rare de la voir croître pêle-mêle avec la Verrucaire des rochers, et s'enfoncer dans les trous formés par cette dernière, au point de paraître immergée. C'est surtout dans la variété p, l'Opégraphe confluente, que les lirelles sont rassemblées en petits tas noirs, épars.

La croûte de l'Opégraphe des pierres est assez éteudue, d'un blanc grisâtre ou plombée; elle est mince, lisse, jamais pulvérulente comme dans ÏOpegrapha Personii. Elle est souvent peu visible , et manque entièrement dans certains individus, de sorte que les lirelles paraissent à nu et disséminées sur la pierre. Ces dernières sont d'an noir luisant, alongées, linéaires, flexueuses, recoquillées ou simplement recourbées. On en voit quelques - unes plus petites que les autres , qui ressemblent à des points noirs, munis d'un pore très-ouvert.

OPEGRAPHE DES ROCHERS.

OPEGHAPHA SAXAT1LIS.

Ousta .suhrotiuula , irregularis , crassiuscula, glaucescciite-alba aul spurcata , subntilla; Hrellis numerosis , linraribus , grcgariis, stellalim divergentibus , tritidis , rectis, «tate itiordinatiin conduentibus, rugosU, difformibus; disco riiuoso discrele apcrto .T. i a , f. i , a , a , pars ejusdem aucta.

Opegrapha saxatilis, Lam. et DC. , FI. fr. , n° 848.

Habitat adsaxa, murns et lapides calcareos, in Gallia , Germania, Suetia.

Crus la colore forma et latitudine variât , nunc nitide alba , Opegraphae cerebrina? similis , nuiie albida subevanescens ad saxa compactai, démuni tcnui-spurcata ; in hoc statu lirella? ut plurimum cont'ertissima? et difformes observantur: tum effugit cbaracter specificiis.

, Sa croûte est tantôt épaisse, d'un beau noir', tantôt très-mince, blanchâtre ou d'un blanc saie; il n'est pas rare de la trouver oblitérée dans les individus déjà avancés en âge. Ses lirelles naissent en grand nombre. Elles sont souvent rassemblées par petits groupes distincts, ayant une forme rayonnante; on en rencontre quelques-unes isolées, qui se divisent à angle ouvert eu trois ou quatre rameaux droits; leur disque est confluent, rimetix . égal dans toute sa longueur.

OBS. Cette espèce habite les mêmes lieux que V Opegrapha lUhyrga. Elle forme, sur les rochers, les murs, la pierre calcaire, des taches arrondies ou irrégulières, d'une couleur blanche éclatante dans la jeunesse de la plante, mais dont l'éclat s'altère bientôt avec le temps et finit par disparaître presque complètement dans les individus plus avancés. On remarque assez généralement que la croûte est plus mince, blanchâtre et, pour ainsi dire, nulle, lorsqu'elle croit sur la pierre dure et compacte, tandis qu'elle est épaisse , crétacée sur la pierre tendre : dans l'un et l'autre cas , les lirelles

GJIAPH IDÉES. 5 7 n'éprouvent aucune altération. Celles-ci ont un aspect radié , soil que cela dépende de leur arrangement particulier, ou bien qu'elles soient rameuses , trifides ou quadriiîdes. Elles sont généralement droites et ont une certaine rigidité qui n'existe pas dans les espèces précédentes; leur disque parait comme tronqué et conserve la même largeur dans toute son étendue.

Cette espèce devient quelquefois méconnaissable. La croûte a disparu; les lirelles ont changé d'aspect : elles sont alors confuses, rugueuses à leur surface , formant sur la pierre des plaques noires , interrompues. Dans cet état , on la prendrait volontiers pour une autre Opégraphe , si la nature ne nous montrait pas à chaque instant de semblables métamorphoses, pl. \i,

On distingue aisément l'Opégraphe des rochers à la disposition rayonnante qu'affectent les lirelles , à leurs divisions en trois ou quatre rameaux linéaires, droits, nullement flexueux; à leur disque muni d'un sillon bien marque dont les bords sont peu élevés; ce qui fait paraître les lirelles tant soit peu déprimées comparativement à ÏOpegrapha lithyrga.

OPÉGRAPHE CÉRÉBRALE.

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