‹ Histoire des graphidéesChapitre 14 sur 18 · OP EGRAPHA CE R E BRI N A · texte numérisé non relu

OP EGRAPHA CE R E BRI N A

Cmsta albissima, subleprosa, crasaa; lirellis valde proruinuhs, turgidis, triquetris, pluribus confluenter aggregatis, mesenteriformibus; disco rimoso, dilatato, multifido, marginibus tumidis, involuti». T. i u , f. 4, b, par» lente aucta ; c, recepucula valde amplificata.

Opegrapha cere brina, Lam. et D C. , FI. fr. n° 849.

Lichen ccrebrinus, Ramond , Pyren. ined.

Habitat ad rupes calcareas Pyrenaeorum.

Crusu perfecte cohœrens, colore niveo, glabra nec unquam pulverulenu, oculo arrnato opaca , cretacea ; reccplacula bina aut terna passim ad rupis loculamenta , mutuaque pressione apothecia Gyrophorarum aut cerebri rircumvolutiones raen-

tiuntur.

Elle a une croûte épaisse, d'un blanc de lait. Ses lirelles sont d'un beau

noir, ordinairement réunies trois ou quatre ensemble et disposées en groupes trés-bri liants et épars, qui occupent les petites excavations que l'on aperçoit sur la roche où croit cette espèce. On en voit qui sont ovales, oblongues , tuméfiées ; mais la plupart ont une forme triangulaire , même quadrangulaire , qui change par la pression : alors elles simulent soit le réceptacle d'un Gyrophore, soit les circonvolutions du cerveau. Le disque est pourvu d'un sillon profond , à trois ou quatre divisions , avec des bords élevés, larges et arrondis, qui se terminent d'une manière obtuse à leurs extrémités.

Elle liabite sur les rochers calcaires et compactes dans les Alpes et les

Pyrénées.

OBS. Par la blancheur de sa croûte , cette Opégraphe est très-remarquable et frappe au premier aspect. Quoique d'une épaisseur assez considérable, elle ne laisse voir aucune fente à sa surface, même avec la loupe. Elle est continue partout, et s'étend d'une manière irrégulière. Elle ressemble à de la craie par sa consistance et son éclat. Elle paraît plus ou moins bosselée, et présente de petites excavations uniquement déterminées par la roche sur laquelle elle croit ; car elle y adhère d'une manière intime et en suit fidèlement les ondulations. Les lirelles , d'un beau noir, sont groupées deux ou trois ensemble par petits pelotons, offrant à l'œil comme autant de tubercules noirs, fort saillants, parfaitement distincts, qui sont logés dans les petits enfoncements que nous venons de signaler, et qu'ils remplissent exactement sans néanmoins s'enfoncer dans la croûte : c'est là qu'habituellement ils croissent et se développent. A leur naissance, les lirelles sont ovales et présentent des sillons très-prononcés; à mesure qu'elles avancent en âge, elles prennent une forme anguleuse , quelquefois même quadrangulaire , dont les angles sont constamment obtus et peu alongés. Le sillon suit la même impulsion, et se divise en trois ou en quatre; ses bords sont renflés, arrondis, roulés en dedans, et connivents à chaque extrémité. La forme que prennent ordinairement les réceptacles est triangulaire, même lorsqu'ils sont réunis plusieurs ensemble, ce qui s'observe le plus souvent. Il en existe aussi d'autres qui sont ovales, oblongs, mais dont la forme s'altère suivant le degré de pression qu'ils exercent les uns contre les autres: de là cette apparence cérébriforme , rendue plus vraisemblable par les sillons profonds qui parcourent les petites masses qu'elles forment , et cette analogie avec les réceptacles des Gyrophores.

GRAPHIDEES. % A la simple inspection de la croûte et à celle des lirelles formant des tubercules très-saillants épars et parfaitement noirs, il est impossible de ne pas reconnaître cette espèce et de la confondre avec YOpegrapha tesserata. Celle-ci , quoique ayant des lirelles également anguleuses et quelquefois quadrilatères , en diffère parce qu'elles sont beaucoup plus petites , isolées, rarement confluentes; en outre, elles sont aussi moins saillantes, et la croate est toujours fendillée en un grand nombre d'aréoles polygones d'un blanc roussâtre.

O PÉGRAPHE EXCENTRIQUE.

OPEGRAPHA EXCE NT RICA.

CtuaU détermina ta , rotundata , subleprosa , glaucescente-alba , quandoque viridula; lireUis confettis, a tri*, subpruinosis, veluti depressis obtusis, excentricis; pluribus palmatim disposais , divergentibus aut cruciatim raraosis ; ça? te ris simplkibus elongatu , linearibus , reflexis serpiginosis ; disco rimœfornii. T. i3 , f. i , a.

Habitat ad truncum crotonis cascarilbe , in America.

Crus ta ut plurimum regularis rotundaU atque subpruinosa ; lire lia? lineares retroflexss , sa?pe ad digitorum instar dispositœ, pabnatae, raniosa; ; alias interdum ad lertiam longitudinis partem cruciformes ; alise , passim bifida? , passim simplices elo'ngatae aut recurvatat, flexuosa? ; denique discus in omnibus aequo producens ac paululum compressus, apicibus semper obtusis , truncatulu.

Sa croûte est déterminée , mince , large d'un pouce, quelquefois plus petite, arrondie, d'un blanc glauque, pulvérulente et parfois verdâtre , glabre. Ses lirelles sont nombreuses, allongées, linéaires, d'un beau noir, altéré dans le sillon par un peu de poussière glauque. Elles sont très-rapprochées les unes des autres , et cependant rarement confluentes ; leur direction est excentrique. Le disque est légèrement déprimé , et son sillon est étroit, souvent nul.

6o ORDRE PREMIER.

ODS. Cette Opégraphe croît sur le crolon cascarille, où elle forme des taches arrondies , ordinairement blanches , atteignant de cinq à six lignes à un pouce de diamètre. On remarque à leur circonférence une espèce d'aréole produite par la croûte dépourvue «le lirelles , sans que, pour cela, elle subisse aucun changement, comme dans Y Opêgrapha atra, mais ayant sous ce rapport quelque affinité avec cette dernière, de façon qu'on pourrait la considérer comme l'Opégraphc noire exotique , à cause des changements qu'elle éprouve aussi fréquemment dans son habitus.

OPEGRAPHE TREMBLANTE.

OPEGRAPHA THEME NS.

Crusta tenuis membranacea , allmsima, subpulverulenta; lirellis atris, serpiginosis , subramosis, variis, clemum sparsis; disoo rimoso , subdehiscente, rugoso. T. i3 , I'. 3, a, par» autta.

Habitat ad corticem crotonis cascarilbr, in America.

Crusta latiuscula, cohaerens. Lirelles lineares, sparsa?, situ variée; alia* majores elongatae, ali» breviores, punctiformes, commixta- ; oinnes praesertim insignes habilu tremente.

at Opegrapha stigmatella : crusta albida, subpulverulenta ; lirellis uunierosis, miuutis, subprominubs, punctis simillimis; disco pruinoso, niarginibus atris conniventibus. T. 1 3, f. 4,5, b, lirellis auctif.

Habitat ad crotonis cascarill» ramulos , in America.

Elle a une croûte très-blanche, irrégulière, comme pulvérulente. Les lirelles sont linéaires , éparses , serpigineuses , tremblotantes , simples : on en trouve plusieurs qui se bifurquent. Leur surface est toujours inégale, rugueuse. Le disque a un sillon étroit, souvent peu marqué, interrompu et fréquemment oblitéré.

* Opégraphe stigmatelle : elle a une croûte large, limitée, continue ou

fiRAPHIDÉES. 6.

formant de petites taches blanches de même grandeur que celle de YOpegrapha bullata, et nu milieu desquelles les lirelles sont comme enfoncées et ressemblent à de vrais points noirs; elles égalent en largeur le point : signe de ponctuation par lequel nous la caractérisons. Le centre du disque est dilaté, glauque; les bords seuls sont noirs, arrondis, en forme de marge. Quoique nombreuses, elles sont distantes les unes des autres d'une manière assez symétrique sur la croûte, qui offre une surface toute puinlillée.

OBS. L'Opégraphe tremblante croit sur les branches du croton cascarille. Elle est remarquable , ainsi que toutes les espèces qui viennent sur cet arbre, par la blancheur de sa croûte, dont l'aspect est presque constamment pulvérulent. On observe aussi que les lirelles, qui sont noires, saillantes , ont quelquefois une légère teinte glauque peu sensible à l'œil , mais qui le devient principalement dans le sillon , lorsqu'on examine le disque avec la loupe. On verra par la suite que les espèces exotiques, même celles de cette section, sont non-seulement saupoudrées d'une poussière glauque plus ou moins abondante, mais encore que la croûte couvre entièrement les lirelles, et leur sert d'enveloppe pendant un certain temps, comme si elle voulait les protéger contre l'ardeur du climat : phénomène que n'offrent point nos espèces indigènes ; car le disque se montre aussitôt, sans que, dans aucune , le réceptacle végète d'une manière clandestine : ce qui occasione des changements très-notables dans le port , et rend par conséquent l'étude des espèces exotiques beaucoup plus pénible. La croûte del'Opégraphe tremblante est bordée par une ligne fuligineuse, qui s'ob serve également dans nos espèces européennes, et qui, comme nous l'avons déjà annoncé, n'est qu'un moyen employé par la nature pour indiquer le point de contact de deux espèces , souvent du même genre. Quant aux lirelles, elles sont presque tontes simples; il y en a plusieurs qui sont divisées au sommet, ou bien d'autres eu serpentant viennent s'appliquer l'une contre l'autre , de manière à paraître trihdes; enfin il en existe encore quelques-unes plus petites, qui sont disséminées çà et là : leur disposition est très-variée. Elles ont toutes cela de particulier qu'examinées avec la loupe et même à l'œil nu, elles ont une apparence tremblotante, déterminée en partie par le disque qui est inégal, et dont le sillon est ou interrompu , ou à peine déhiscent et presque oblitéré.

rj-a ORDRE PREMIER.

OPEGRAPH.E PONCTUEE

OPEGRAPHA PU NCTA TA.

Crusta allia, nigro-punctata; lirellis quant pnr-ccdcntesparsioribus, minutissimis, ovato-oblongis, punctiformibus, aterrimis ; disco rimaefornii. T. i3, f. 6, c, pars aucta. Habitat ad corticem crotonis oascarilbe, in America.

Lirelue in hao specir crus la m adspergunt; idcirco, quasi punctata apparet.

Sa croûte est blanche, mince , étalée. Ses lirelles sont très-petites, ovales, oblongues , le plus ordinairement puncliformes , èparses , sensiblement saillantes ; leur disque est convexe , muni d'un sillon étroit bien prononcé.

OBS. Cette Opégraphe a ses lirelles disséminées sur la croûte en forme de petits points noirs qui, vus à la loupe, ont soit un pore, soit un sillon régulier très-prononcé; si quelquefois on rencontre des lirelles plus alongées , elles ne sont point flexueuses. Malgré cette dissemblance très-notable dans le port, ne serait -elle pas uue variété de YOpegrapha tremens? qu'il nous soit seulement permis d émettre ici notre doute , en attendant des observations plus décisives.

OPÉGKA.PHE VEINEUSE.

OPEGRAPHA F F. NOS A.

Crusta determinata , subrotunda, albida; lirellis conférassions, valde prominulis, Bexuosis, ramosis , saspius longe furcatis, veluti ad varicum instar anastomosan-

GRAPH1DÉES. (>3 tibus;tli$cosubpruino*o, rimaefoimi , marginibus discrète aperlis atei rimis. T. 14, f. i , a, par» eu m lirellis aucla.

Opegrapha venosa, Pers. in Acl. Wctteraw. vol a, t. 10, ». a.

Habiut ad St.-Domingo in arborum corticibus.

La croûte est limitée, presque arrondie, peu épaisse, blanchâtre. Les lirelles sont tres-saillantes, flexueuses, rameuses, mais le plus ordinairement longuement bifurquées à l'une de leurs extrémités, tandis que l'autre est simplement sinueuse. Elles semblent au premier aspect s'anastomoser toutes ensemble de manière à imiter les réseaux tortueux que forment fréquemment les varices. Le disque est large, légèrement saupoudré au milieu; il a un sillon très-prononcé, dont les bords sont très-noirs, minces.

Cette espèce croit à Saint-Domingue , sur 1 ecorce lisse des arbres. Elle nous a été communiquée par M. Persoon.

OBS. L'Opégraphe veineuse est une de nos espèces exotiques les plus remarquables, non par la blancheur de la croûte qui est matte, mais par la conformation des lirelles et la manière dont elles se comportent dans les contours sinueux quelles décrivent. A l'œil elles paraissent d'un beau noir, et se détachent fort bien du fond de la croûte , d'où elles s'élèvent perpendiculairement, en conservant la même largeur à la base qu'au disque, qui offre un plan horizontal; vues de côté, elles sont aplaties, recouvertes par la croûte qui les accompagne. D'abord simples, recourbées dès leur naissance, elles se bifurquent presque aussitôt, et les bifurcations deviennent également flexueuses, se divisant aussi elles-méme rarement plus d'une fois, ce qui rend alors les lirelles rameuses, dichotomes. Quoiqu'on les rencontre pour la plupart seulement bifurquées à une de leurs extrémités, l'extrémité opposée étant simple et décrivant plusieurs flexions, leur disposition est telle, qu'elles semblent s'anastomoser et former un plexus que nous avons comparé par analogie à celui qu'offrent fréquemment les veines variqueuses du corps humain. Le disque est régulier, et la poussière glauque dont son sillon est saupoudré n'est bien visible qu'à la loupe; ses bords sont entièrement glabres.

On ne pourra pas assurément la confondre avec XOpcgrapha prominula , dont nous avons donné plusieurs figures pl. 6 , fis. a , 3 , 4 » ^- Celle-ci a un disque arrondi; son sillon est extrêmement grêle, jamais saupoudré de glauque, quelquefois si délié qu'il faut se servir de la loupe pour le

reconnaître ; en outre, la croûte entoure simplement la base des lirelles sans la recouvrir; car elles sont tout-à-fait proéminentes au dessus d'elle. Dans l'Opégraphe veineuse, le disque présente au contraire un plan horizontal marqué d'un sillon, dont les bonis très-noirs sont minces, évidemment écartés, égaux. Les lirelles sont aussi, comparativement, beaucoup plus longues, plus flexueuses, par fois dichotomes.

OPÉGRAPHE ONDULÉE.

OPEGRAPHA UNDULATA.

Crus ta determinata , larvigata , nitide alba ; lirellis exsertis , elongalia , ûexuosis , vel potius undulatis , a ter ri mis , sparsis, simpUcibus aut longe furcatis ; disco rimsformi , angustato. T. i4, f. a , b , pars aucta.

Habiut ad corticem arborum, in insuli» Malouinet dictU.

Cette Opégraphe croît sur l'écorce lisse des jeunes arbres, aux îles Malouines, où elle a été recueillie par M. Gaudichaud. La croûte est bien prononcée, peu épaisse, d'un beau blanc, nullement pulvérulente. Les lirelles sont linéaires, tin peu éparses , tantôt simples, tantôt rameuses, mais le plus souvent longuement bifurquées. Elles se font remarquer à une certaine saillie encore augmentée par l'effet que produit la couleur blanche éclatante de la croûte et à des ondulations vermiculaires très-sensibles. Le disque est étroit, rimeux, entièrement glabre, d'un beau noir; il a un sdlon confluent dans les réceptacles divisés. On voit épars çà et là sur quelque partie de la croûte , des points noirs qui doivent donner naissance à de nouvelles lirelles.

OBS. Si cette espèce se rapproche de YOpegrapha venosa, à cause de la proéminence de ses lirelles, elle en diffère d'un autre côté, parce qtie ces mêmes lirelles sont plus éparses, très-ondulées, d'un beau noir, nullement pulvérulentes, souvent rassemblées par places, surtout entièrement dégagées

GRAPHIDËBS. 65 de la croûte ; tandis que dans XOpegrapha venosa , elles sont bordées par la croûte, qui s'élève jusqu'au milieu de leur hauteur, et que le sillon est saupoudré d'une poussière peu abondante, il est vrai, mais qui devient visible à la loupe.

OPÉGRAPHE DES BRANCHES.

OPEGRAPHA RAMEALIS.

Grufita subromnda , tenui - Uevigala , irregulari* , albida ; lireHis exsertis minutis , forma situque variis : aliis ovatis, altis oblongis reçus, plnribus elongatis sul»- Aexuoiis; disco tumidiusculo , cotivexo, sobtiliter rimoso, marginibus rotundativ T. 14, f. 3, c, pars aucu.

Elle a une croûte oblongue, arrondie, lisse, d'un blanc grisâtre, tellement mince, qu'on la prendrait volontiers pour une simple altération de couleur de l'épidémie. Les lirelles sont petites, simples, absolument noires, luisantes, très-proéminentes, entièrement dégagées de la croûte; la plupart ont une forme ovale, oblongue; plusieurs sont alongées , droites ou légèrement flexueuses. Elles sont disposées sans ordre sur toute rétendue de la croûte. Leur disque est convexe , pourvu d'un sillon grêle peu profond , à peine marqué, qui eu parcourt toute la longueur; les bords en sont arrondis, connivents aux extrémités qui deviennent obtuses. Il n'est cependant pas rare de voir des individus dont les lirelles ont un disque tout-à-fait arrondi.

OBS. Cette espèce se trouve principalement sur les jeunes branches des divers quinquinas, soit jaune, soit rouge, sur celui que l'on appelle dans le commerce quinquina gris ou Loxa. On la distinguera à sa croûte peu étendue, arrondie ou transversale, d'un blanc grisâtre, comme vernissée, quelquefois parsemée de petites bulles visibles à la loupe, et dont les bords

sont plus ou moins sinueux, ainsi qu'à ses lirelles proéminentes, toujours simples, répandues d'une manière variée et en opposition l'une à l'autre, sans être jamais confluentes entre elles.

OPÉGRAPHE STIZORINE.

OPEGRA PHA ST1ZORINA.

Oust» parcse subcontiguw , hevigaUe, sparsa? , albiihc ; lircllis minutissimis , obovatis, puncliformibus , s parais; disco rinueformi , discrète aperto, marginibus rotundatis, conniventibus. T. 14, f. 4, fi, pars lenle aucta.

Habitat in America , ad ramos cinchona» nova? dicta?.

Cette espèce forme une multitude de petites croûtes transversales qui ont ordinairement trois à quatre lignes de longueur sur une ligne et demie à deux lignes de largeur, et qui d'autres fois présentent une surface plus grande. Elles sont fort rapprochées, contigues, extrêmement minces, lisses, comme vernissées, blanchâtres , semblables à une pellicule peu séparable de l'épidermc de l'écorce. Les lirelles sont saillantes , ovales, obtuses, éparses, tellement petites, qu'elles paraissent à une certaine distance être de véritables points noirs; leur disque a un sillon ouvert dont les bords sont arrondis, connivents aux extrémités, qui sont obtuses.

ORS. Cette Opégrapbe croit sur les branches d'un arbre connu dans le commerce sous le nom impropre de cinchona nova, qui ne jouit point des propriétés médicales attribuées aux autres espèces de cinchona, dont il diffère assurément sous le rapport botanique. Elle les recouvre presque entièrement et dans une étendue considérable. Ses lirelles offrent cette particularité qu'elles sont éparses, marquées d'un sillon peu profond, ouvert; d'autres fois elles sont seulement déprimées , ce qui leur donne quelque i^ssemblance avec de petits œufs de papillon avortés et creusés au milieu.

GRAPHIDÉES.

OPÉGRAPHE CICATRICULE.

OPEGRAPHA CICATRICULA.

Ou s ta membranacca , cxcavato-punctata, virescente-pallida ; lii-ellis confertissimi» , rnisiao subinnatis aut obteetis, niinuùi siniplicibus, oblongis, turgidis; minoribus passim punctiforinibus subglobosis , atris, intus albidis; disco riniœfoiTni , angustissinio suhdehiscente, marginibus rotundatis. T. i5, f. i , a, pan» aucta.

Opegrapba cicalrisans, Ach. , Synop. metb. Lich., p. 78.

Habitat ad corticem cincbonaruui et aliaruni arborai» in America, Guinea.

Franguntur saepissime lireUfe,cicatricein coneaviusculani nigro-margiiiatam in crusta post se relinquentes et habita delineantes quaedam receptacula simpbcia Grapbinae seetionis. Ha?c pertinct observatio ad pluxes speries hujus seetionis, jam ab Licbenographo Achario notatas. Constat untummodo in exoticis.

Elle a une croûte large, peu épaisse, comme membraneuse, lisse, d'un vert pâle. Les lirelles sont petites, très-nombreuses, fort rapprochées, cependant distinctes , et non confluentes. Elles sont droites ou recourbées, noires , proéminentes , oblongues , dégagées , ou enveloppées par la croûte, qui les recouvre comme d'un voile et les obscurcit, de sorte que, dans cette circonstance , elles ne sont plus sensibles que par la saillie qu'elles font à l'extérieur. On rencontre aussi un assez grand nombre de lirelles où la partie supérieure du disque a été brisée et n'offrant plus qu'un bord noir avec un milieu déprimé, blanchâtre. Dans cet état, elles ressemblent a des lirelles immergées dont le sillon serait saupoudré d'une poussière abondante. Le disque est étroitement fendu , parfois arrondi.

OBS. Au premier aspect, les lirelles de cette Opégraphe paraissent effectivement noires , saillantes , puis parsemées d'autres plus ou moins nombreuses, qui sont blanchâtres, immergées, et que l'on croirait appartenir à une autre espèce; mais si l'on prend une loupe, on reconnaît, i° que

les unes sont entièrement saillantes , absolument noires , munie* d'un sillon très-étroit de même longueur; a° que d'autres, également noires, ont une couleur plus terne, due à la croûte qui les accompagne jusque sur le disque , où elle s'évanouit ordinairement sans rien perdre de son épaisseur, tenant ainsi la lirelle ensevelie sous elle ; 3° enfin , il y en a un nombre moins considérable qui, fracturées vers la base, et ayant un bord noirâtre, élevé, résultat de la fracture, simulent, selon leur forme primitive, soit des cupules, soit les réceptacles d'un Grapttis, Acli. , de sorte qu'où croirait voir tout à la fois deux espèces réunies, l'une de la première, et l'autre de la seconde section , à cause du theciwn qui est blanchâtre , et parfaitement distinct du perithecium. Cette singularité n'a pas seulement lieu pour l'Opégraphe cicatricule , elle se retrouve encore dans plusieurs espèces exotiques de cette section , dont les réceptacles sont ordinairement très - fragiles : conformation qui vient à l'appui de ce que nous avons avancé sur l'organisation du nucleus et sur la situation des gongyles.

OPÉGRAPHE ÉTOILÉE.

OPEGRAPHA STELLULATA.

Crusta subrotund» aut irregularis , tenui - membranacra , albida ; lircllu minuùs linearibus , passim confettis stcllulatimque conlluentibus , trifidis , rectiuscubs, sparsioribus simplicibus ; disco rimœformi , marginibus convexis. T. 1 5 , f. a, 6, pars aucta.

Habitat ad truncum cinchonarum , in America meridionab.

Sa croûte est lisse, nullement pulvérulente, tellement mince qu'elle ressemble à une pellicule blanchâtre qui se confond facilement avec la couleur de Pécorce. Ses lirelles sont noires, petites, courtes, presque droites, peu flexueuses , simples ou trifides , ordinairement rassemblées d'une manière rayonnante , à peu près comme dans VOpegrapha rufescens. Le

GR APHIDÉES. 69 disque est étroit, d'égale dimension, et pourvu d'un sillon bien prononcé.

OBS. Cette Opégraphe croit sur le quinquina jaune dont l'écorce est encore unie, et sur l'écorce rugueuse du quinquina royal: sur ce dernier les lirelles sont plus éparses, plus simples. Serait-ce notre Opegrapha rufescens? c'est ce que nous ne pouvons pas encore décider ; seulement noua ferons observer , après les avoir comparées ensemble , que les lirelles de l'Opégraphe étoilée sont moins flexueuses , légèrement obtuses à leurs extrémités; que leur disque a quelques traits de ressemblance avec V Opegrapha

OPÉGRAPHE ENTÉROLEUCÉE.

OPEGRAPHA ENTE ROLEVCA.

Cruita sobeffusa , glaucescente-alba, subpruinosa ; lirellis turgidis simplicibus, ovatooblongis atris, in tus albidis; disco convexiusculo vix rimoso. T. i5, f. 3, c , pars

Opegrapha «riteroleuca , Ach. , Synops. roeth. Lich. , p. 78. Habitat in America meridionali , ad corticem cinchon» novie dicta? .

Cette Opégraphe a une croûte large , souvent peu limitée, d'un blanc glauque , comme pulvérulente et peu épaisse ; ses bords sont irréguliers , sinueux. Les lirelles sont saillantes , renflées, d'un noir mat, simples, ovalesoblongues, point flexueuses. seulement courbes, nullement confluentes entre elles. Leur disque est presque arrondi, marqué d'un sillon le plus souvent si délié qu'il est à peine sensible : quelquefois le disque parait comme finement strié. On rencontre parmi celles-ci d'autres lirelles fracturées , dont la base incrustée dans la croûte simule des lirelles immergées qui auraient leur sillon saupoudré d'une poussière abondante : ce qui s'explique facilement, comme nons l'avons déjà fait remarquer, par un effet dû au ihecium , qui est blanchâtre dans la plupart des espèces exotiques.

7 o OKDRE PREMIER.

OBS. L'Opégraphe entéroleucéc noos offre la même organisation que VOpegrapha cécathcula; le thecium ou tissu parenchymuleux est tout-à-fait distinct du peiïthecium , qui est noir et fait l'office de bords dans les lirelles fracturées, de manière à s'y méprendre et à faire croire à une espèce mixte. Cette apparence trompeuse en imposerait réellement, si en parcourant avec attention la surface de plusieurs individus , l'on n'observait point des réceptacles dont les fractures ont plus d'irrégularité. Crtte espèce diffère de la précédente par sa croûte plus étendue, d'un blanc glauque, rugueuse, comme pulvérulente, par ses lirelles plus grosses, renflées, très-saillantes, plus rarement bordées par la croûte, qui a ordinairement peu d'épaisseur. Quoique nombreuses, elles sont très-distinctes, même un peu éparses , diversement situées. On la trouve principalement sur l'écorce du quinquina jaune royal , et sur le cinchona nova dicta , où elle couvre des espaces de plusieurs pouces d'étendue.

OPÉGRAHHE OVALE.

OPEGRAPHA Of AL/S.

CruaU subefiusa, tenais, glauiescente-alba , lirellis siropucibus , oblongis, subelongatis , rectis , variis , aterrinm, intus albiilis , ad apices sensim attenuatis obtusiusculU ; disco rimœformi discrète aperto , inurginibus rotundatis. T. i!>, f. 4, d, pars aucta.

Habitat ad corticem vetostam cinchona: flavae , in America. Lirellae prominulae , attamen in crusta tanquam depressse videntur.

La croûte est d'une étendue assez considérable , souvent diffuse , paraissant au premier abord pulvérulente, inégale; elle est mince, d'un blanc glauque. Les lirelles sont noires, petites, oblongues, un peu alongées, insensiblement atténuées vers leurs extrémités, qui deviennent un peu

Di

GRAPHIDEES. . , 7 ,

obtuses. Le disque a un sillon bien prononcé, dont les bords sont arrondis et convexes comme dan* VHjrsterium j>uUcare.

QHS. Cette Opégraphe croit sur les vieilles écorces du quinquina jaune; sa croûte est continue , et les inégalités qu'elle présente appartiennent à l'écorce. Ses lirelies sont très-noires, éparses, ayant différentes directions, semblant même vouloir se croiser et être en opposition l'une à l'autre. Le disque est parcouru par un sillon constamment droit et très-prononcé, dont les bords sont arrondis: caractère qui distingue cette espèce de YOpegrapha enieroleuca, dont le sillon est à peine visible et fort souvent nul ,' à cause de l'intumescence des lirelies qui , dans cette Opégraphe , sont plus saillantes, assez souvent courbes et recouvertes quelquefois à la base par la croûte, tandis que celles de l'Opégrapbe ovale en sont entièrement dégagées, quoiqu'elles paraissent légèrement déprimées.

OPÉGRAPHE INAVÏCULAIRE.

• OPKCRJPHA SCAPH ELLA.

£ru&ta lata , menbranacea , irregularis , rugosa, albido-cinerea ; lirellis valde promi r nulis, »impb«ibus, veotricatis ad discuin corapressîs , quandoque cristam bilabiatam ssrpc efficienubus ; minoribus ovàtQ - oblongis , scapboïdeis; majoribus

' f longalis subflexuosis , pluribus superne uicostatis ; disco rimoso bilabiato aut tricostato , ro«is lateralibus concentricis. T. 16, f. 1 , a , pars valde amplificata.

Habitai ad çorticym laevigatai» ânebonarum , in America.

In bac specie eadem occurrit structura quani in prax-edeiitibiu.

Cette Opégraphe a une croûte large, limitée, irrégulière, peu épaisse, presque membraneuse , d'un blanc grisâtre. Sa surface est inégale , rugueuse; examinée à la loupe , elle est lisse , comme vernissée , luisante. Ses lirelies sont très-nombreuses , distinctes , disposées sans ordre et confusément. Elles n'ont point de direction constante; leur base, qui est rétrécie, est recouverte par la croûte qui l'accompagne jusqu'à la naissance des bord»

7a ORDRE PREMIER.

dont la couleur est , ainsi que celle du disque, d'un noir mat. Celui-ci offre tantôt deux petites lèvres béantes, noires, droites, peu saillantes, entre lesquelles se trouve un sillon peu profond ; d'autres fois ce sont trois côtes dont les deux latérales sont concentriques.

OBS. On rencontre fréquemment cette espèce sur les jeunes branches du quinquina rouge, où elle forme de larges taches noires, d'une couleur cendrée , grisâtre , très-remaïquable. Les lirelles naissent confusément, quoique distinctes, surmontant la croûte de manière à paraître pédiccllées ou portées sur une base étroite qui n'est pas produite par la croûte , comme on pourrait, au premier abord, le croire à l'extérieur, mais par la lirelle elle-même qui est très-rétrécic , ainsi qu'on peut le voir dans celles qui sont cassées , et où cette espèce de support persiste. Renflées et ventrues de chaque côté , elles sont ordinairement comprimées à l'endroit du disque etforment une petite crête qui est remplacée, dans quelques-unes, par une surface plus plane ou convexe. Avec cette conformation et cette saillie tout-à-fait singulière, les lirelles ont le port de petites gondoles ou de moules placées de champ , et dont les deux valves béantes auraient deux petites lèvres droites et horizontales. On en voit un grand nombre qui sont cassées , et dont le tissu parenchymateux blanchâtre est bordé d'un cercle noir. Leur structure est la même que celle des espèces précédentes.

OPEGRAPHE MAMELONNEE.

OPEGRAPHA PAP1LLATA.

Crustt deiertuinata, membranacea , bevigata, cinerasecme-albida ; lirellis

mis confettis obovatis puneufonnibus papillatuque ; disco rinuefonni, marginibu* rotundaùs. T. 16, f. a , b , pars valde aucta.

Habitat ad rauios cinchonaruui in America.

Sa croûte est limitée, grisâtre, atteignant de six lignes à un pouce d'étendue. Ses lirelles sont nombreuses, arrondies, obovales, très- peti tes ,

GR APHIDÉES. 7 3 semblables à des papilles saillantes. J-a croûte forme autour d'elles un bourrelet blanchâtre, proéminent, an milieu duquel est posée la lirelle, qui a le port d'un Hjrsterium. Le disque est pourvu d'un sillon très-prononcé dont les bords sont saillants et arrondis.

005. Lorsqu'on trouve pour la première Ibis cette Opégraphe , on croit voir une Lécanore, Ach. , des plus petites, dont les scutelles noires, saillantes , ont un rebord blanchâtre ; mais quand on l'examine attentivement à la loupe, on distingue des réceptacles arrondis, fendus en deux et placés sur des espèces de mamelons. Dans la jeunesse de la plante , ce sont de véritables tubercules blanchâtres qui s'entr'ouvrent au sommet pour mettre à découvert des lirelles noires , dont les bords font saillie ; si Ton en coupe une perpendiculairement , elle prend une forme ovoïde, et on s'aperçoit qu'elle n'est pas seulement placée au sommet du mamelon , mais qu'elle s'y enfonce en partie. Cette jolie espèce croît sur les jeunes branches de diverses espèces de quinquina , et en particulier sur le quinquina jaune.

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