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OPÉGRAPHE COULEUR DE ROUILLE

OPEGRAPHA RUB1DA.

Crusta uregulariter cflusa, membranacea , subrufo-virescente ; lirellis abbrevialis, linearibus , 3 , 4 > 5-fidis , divergentibus , rcctiusculis , confertis , ba»i cru s lasubimmersis , prominulis, discoangusti&Minn, coarclato. T. 18, f. i, a, pars auetaj f. a , h , eadem amplificata.

Opcgrapha rubida, Chevallier, Journal de Physique, février, 1822, p. 4a-

Habitat ad truncos juniores alni, coryli.in Gallia.

a Opegrapha crucianclla : crusta tcnuissinia , interrupta, concolor; lirellis confertis, linearibus, ramosis, stellulatim cruciatinique disposais; disco angustato, coarctato. T. t8, f. 3, lirellae aucta?.

Habitat ad corticem adhuc Iwvigatatn quercus, in sylvis umbrosis Picardiav

Elle a une croule couleur de rouille, pu limitée, diffuse; ses bonis •»ont irréguliers. Elle occupe, sur les troncs des jeunes arbres, des espaces assez considérables. Sa surface est lisse, polie, nullement granuleuse comme dans Y Opegrapha ruhclla. Ses Iircllcs sont d'un noir mat, beaucoup plus étroites , plus nombreuses que dans cette dernière. Elles naissent rapprochées les unes des autres , quoique distinctes entre elles. La plupart sont divisées en trois, quatre ou cinq rameaux divergents, tant soit peu flexueux. Leur disque est étroit, linéaire, contracté, tenniné en pointe peu obtuse. Sa base est recouverte par la croûte.

Elle habite sur l'aulne glutineux, le coudrier, dans les bois humides.

a Upégraphe crucianellc : croûte de même couleur que celle de la précédente, tellement mince qu'elle semble faire partie de Técorce dans laquelle elle est comme incrustée. Elle forme de petites taches interrompues, pour ainsi dire confluentes entre elles, d'une couleur rougeâtre qui devient

tift APHIDÉES. 81 d'un roux clair. Les lirelles sont petites , groupées sur ces taches. Elles ont presque toutes un aspect rayonnant. Leur disque est étroit, ayant un sillon dont les bords sont peu élevés.

Elle croît sur le chêne, en Picardie.

OBi> Nous avons rencontré l'Opégraphe couleur de rouille dans plusieurs contrées de la France , sur le coudrier, l'aulne glutineux, le chêne. La croûte forme, sur les jeunes troncs de ces différents arbres, des taches larges, irrégulières, sinueuses, souvent interrompues par d'autres Lichens crustacés et occupant de huit à dix pouces de long. On ne voit pas à leur surface , en se servant de la loupe , de petites bulles comme on en rencontre fréquemment sur la croûte de VOpegrapha nibella. Elle est au contraire extrêmement lisse. Les lirclles , d'ailleurs très-nombreuses , rapprochées, ou quelquefois un peu distantes, lorsqu'elles croissent sur l'aulne, sont de moitié plus petites et plus étroites que celles de VOpegrapha rubella. Elles ressemblent, pour donner une idée plus nette de leur grosseur, à celles de VOpegrapha ru/èseens, avec laquelle il ne faut cependant pas la confondre. Elles se diviseut ordinairement en trois, quatre ou cinq rameaux divergents, subaigus, et leur base est recouverte par la croûte. Le disque est étroit, un peu contracté; ses bords sont minces et tranchants.

Elle diffère de VOpegrapha rubella par sa croûte égale , lisse , nullement huileuse ; par ses lirelles grêles, petites, beaucoup plus rapprochées, divisées en cinq , six rameaux , jamais obtus ; enfin par son disque qui est plus étroit , contracté, et dont les bords sont, dans la plupart des individus, tranchants , et pour ainsi dire appliqués l'un contre l'autre.

On la distinguera aisément de VOpegrapha rufescens , dont les lirelles plus alongécs ont leur base entièrement libre et dégagée de la croûte.

8a ORDRE PREMIER.

OPEGRAPHE DARTRETJSE.

() P E G RAPHA HE RPETICA.

Crusta laie etîusa, cinereo- fumosa, punctis albis adspersa, rugosa; lirellis simplii • ibus, minutissimis, ovatis, tumidulis, subimniersis , confertissimis, nonnullis paulo-longioribus, subramosis furcatisque; disco piano, marginibus evanescrntibus. T. 19, f. 1, a , pars aucta.

Siepissime lirella- viilentur albo prsecineta?.

Opegrapha herpctica, Ach., Licli. univ. p. a48.

Opegrapha herpetica, La m. et DC. Fl. fr. , u" 835.

Habitat ad truncos kcve» fraxini, ulnii, accris campes tri s , in G allia , Germania ,

Suocia , Hispania, atquc in America ad cortieem cinebonarum. « Opegrapha brunnea : crus ta laie effusa, fuligineo-fusccscente; lirellis simplicibus,

minutissimis, punctif'ormibus, subrotundis, convexiusculis, Verrucariis afh'nibus,

eotifertissimis; disco subobliterato. T. 19, f. a. p Opegrapha grisea .crusta effusa, tota cinerea,rugosa; lirellis simplicibus, minutis,

anpustooblongis , subimmersis. subflexuosis, confertissimis; disco planiusculo.

Habitat ad truncos adhuc heves ulmorum, circa Lutetiam.

f Opegrapha a nea , l'ers. Crusta nulla; cortex colore cupreo; lirellis simplicibus,

ovatis, punctiformibus, minutissimis, confertis ; disco vario. T. 19, f. 4- Habitat ad radiées fraxini , in Gallia , Germania.

i Opegrapha ulwacea : crusta K-evigata , virescente ; lirellis simplicibus , ovatis , subiuimcrsis , minutissimis, confertis; disco pnecetlentis simili. T. 19, f. 5.

t Opegrapha liiiearis : crusta concolor; lirellis inter corticis rugas seriatim prominentibus; disco vario. T. 19, f. 6, b, lirellis auctis.

Cette Opégraphe a une croûte large, étalée, diffuse, d'un brun cendré , grisâtre, parfois interrompue sous forme de petites taches rapprochées, continentes, finissant par se réunir plusieurs ensemble d'uue manière irré-

GRAPHIDEES. 83 gulière. Sa surface est inégale , rugueuse , granuleuse , parsemée de points blanchâtres qui lui donnent un aspect particulier. Elle n'est pas très -épaisse et cependant elle paraît boursoufflée lorsqu'elle est humide; à la loupe, on n'y découvre aucunes gerçures. Les lirelles sont très-nombreuses, fort petites, simples, ovales, punctiforraes , formant tantôt des taches de peu d'étendue et tantôt de larges taches noires qui semblent au premier coup d'œil être composées de points peu saillants, dont les bords sont entourés d'une marge blanchâtre, calleuse, qui contraste singulièrement avec le fond rembruni de la croûte. Le disque a un sillon ouvert dont les bords sont peu élevés, souvent nuls, oblitérés dans la plupart des lirelles.

Elle habite sur le frêne, l'orme et l'érable champêtre.

La variété a , l'Opégraphe brunâtre, a une croûte mince, large, diffuse, irrégulière, d'une couleur brune, qui, examinée à la loupe, offre une surface couverte de petits grains grisâtres beaucoup plus fins que dans l'Opégraphe dartreuse. Ses lirelles sont tellement rapprochées, qu'à peu de distance de l'arbre, elles deviennent à peine visibles et se confondent en larges taches brunes, obscures. Lorsqu'on vient à considérer ces taches avec attention , on reconnaît qu'elles sont produites en partie par une multitude de lirelles semblables à des points, d'un noir mat , extrêmement petits , posés sur un fond rembruni, parsemé de fines granulations blanchâtres. Le disque a un sillon ouvert, souvent nul: alors il devient presque arrondi, çe qui, joint à la petitesse des réceptacles, leur donne quelque ressemblance avec ceux de certaines Verrucaires.

Elle habite au bas du tronc des ormeaux, dans les forêts de la France.

OBS. Cette variété est remarquable par le nombre et la petitesse de ses lirelles qui ne sont guère plus grosses que les réceptacles de la l'enumna rhyponta, Ach. On serait en effet tenté de la prendre pour une Verrucaiie, d'abord à la couleur de sa croûte, et ensuite à cause de l'oblitération du sillon.

La variété (i, l'Opégraphe grisâtre, a une croûte cendrée, grisâtre, lar^e mais moins continue que la précédente. Elle est boursoufflée, assez épaisse, granuleuse, rugueuse, ayant sous ce rapport quelque analogie avec ces dartres farineuses qui viennent en taches nombreuses au visage de quelques personnes. Cette variété se rencontre fréquemment sous cet aspect , et forme de petites taches éparses , ayant d'une ligne à une ligne et demie de diamètre. On les voit se toucher et confluer ensemble, à cause du peu

de distance qui les sépare, et offrir sur l'arbre une bigarrure disparate, sous laquelle se présente assez fréquemment le type lui-même, ce qui semble être inhérent à sa manière de croître et de se développer. Les lirelles sont la plupart simples, petites , étroites , plus alongées dans cette variété, et pour ainsi dire linéaires, recourbées; on en voit plusieurs qui se bifurquent constamment au sommet. Le disque est étroit, fendu; ses bords sont peu élevés, entourés d'un rebord calleux, formé par la croûte qui devient plus blanche dans cet endroit, et au milieu duquel la brelle est comme immergée.

ORS. On distingue facilement cette variété à la couleur cendrée, grisâtre de sa cronte, dont la surface parait tuméfiée, lépreuse; à ses lirelles grêles, plus alongées que dans le type. Elle croit sur l'écorce rugueuse de l'orme , dans les bois roontueux. Nous avons quelquefois trouvé des individus où les lirelles se divisaient en trois ou quatre rameaux courts, aigus , divergents comme des étoiles.

La variété y , l'Opégraphe cuivreuse, est dépourvue de croûte. L'empreinte persistante de l'ancienne croûte , souvent limitée par une raie noire , la couleur de l'écorce, plus claire dans l'endroit qu'elle occupait que dans le voisinage, joint à la couleur cuivreuse de l'écorce dans la partie du tronc qui est prés des racines du frêne sur laquelle croît cette variété, sont autant de causes capables d'induire en erreur et de la faire regarder comme une Opégraphc avec d'autant plus de vraisemblance au premier aperçu > que les lirelles n'offrent aucune altération sensible. Elles sont simples, ovales, puuctiformes , très-petites, nombreuses , ayant un disque variable.

La variété £, l'Opégraphe olivâtre , a une croûte large, continue, égale, paraissant lisse à l'œil nu, mais étant légèrement granuleuse à la loupe. Elle vient sur le tronc et les branches du jeune frêne, aux environs de Paris. Les lirelles sont très-nombreuses, punctiforraes, fort petites. Elles sont telle- ■ ïnent rapprochées les uues des autres , que l'écoree de l'arbre semble être pointillée ; leur, disque est peu marqué , le plus souvent oblitéré.

I,a variété e , l'Opégraphe linéaire , croît sur le tronc du hêtre, en Suisse, en France. 6a croûte est peu marquée, d'un vert pâle, extrêmement mince. Ses lirelles sont disposées en séries le long des rides de l'écorce. Elles sont punctiformes , ovales. On en rencontre quelques-unes alongées, linéaires; leur disque a un sillon ouvert dont les bords sont rugueux.

OBS. Les trois variétés que nous indiquons ici doivent être considérées

GRAPH1DEES. , 85 comme des altérations de l'Opégraphe dartreuse! Si nous en donnons une description détaillée, c'est afin de compléter l'histoire de cette Opégraphe, et de démontrer, par des preuves authentiques, jusqu'à quel point une espèce peut varier dans le port.

OBS. L'Opégraphe dartreuse est très-commuue. Sa croûte a un aspect granuleux fort remarquable, d'où lui vient son nom, et qui a fait naître une idée comparative assez juste pour qu'on puisse distinguer d'abord cette espèce de toute autre.

Nous pouvons dire qu'aucune espèce européenne ne nous a encore offert une croûte analogue. Soumise à une forte lentille, on aperçoit visiblement une surface rugueuse , ridée, composée de petits grains blanchâtres, ressortant d'un fond rembruni. Primitivement, elle parait être d'un blanc grisâtre, qui s'altère promptement et qui devient plus ou moins bruuàtre, quelquefois verdAtre,ce qui fait qu'on l'observe plus fréquemment dans ces deux états. Elle occupe ordinairement le bas «les arbres et s'élève à une hauteur moindre que YOpegrapha rubella; lorsqu'elle croit sur le frêne, elle envahit tout le bas du tronc à une hauteur de cinq à six pouces. Comme elle habite au pied des arbres , il n'est pas rare de la voir se prolonger sur leurs racines principales et être souvent recouverte par des Hypnums, qui en dénaturent bientôt la croûte et laissent les lirelles à nu : c'est principalement dans cette circonstance qu'elle se change en Opégraphe cuivreuse, sans que néanmoins les réceptacles perdent leur première forme au moyen de laquelle on peut toujours la reconnaître. Si, ainsi que nous venons de le dire , elle acquiert une dimension considérable , elle ne se comporte pas toujours de la sorte; il est par conséquent essentiel de noter mcore qu'elle forme souvent de petites taches d'une ligue et demie à deux lignes de diamètre, fort rapprochées et confluentes; mode de végétation qui lui est propre et n'a point lieu à l'égard de YOpegrapha rubella, dont la croûte, quoique susceptible de varier, a toujours un pouce et plus de diamètre. Outre le frêne, sur lequel l'Opégraphe dartreuse se rencontre communément et avec tous ses caractères spécifiques , nous l'avons encore recueillie sans anomalie sur les jeunes et les vieux troncs de l'orme, dans presque toute la France, l'Allemagne. De même, pendant nos recherches sur les bois exotiques, elle s'est également offerte à nous sur le quinquina jaune, ayant une croûte étendue et grisâtre. Quels qu'en fussent les supports, les lirelles nous ont constamment paru très -petites , ovales, punctiformes ,

8o l*R DRE FREMI Elt

mûmes d'une espèce de rebord calleux plus ou moins prononcé , mais existant dans la plupart. Elles naissent en grand nombre, fort rapprochées les nues des autres, sans se confondre ensemble, toujours distinctes, immergées à la base , an milieu du cercle formé par le rebord dont nous venons de parler. Lu disque est généralement fort ouvert, presque plane, souvent oblitéré.

t ht distinguera facilement l'Opégraphe dartreuse dé YOpegràpfui rubella , ;i sa croûte rugueuse, granuleuse, d'un gris brun, tantôt Jarge , diffuse, tantôt formant de petites taches ordinairement corifluentes, et occupant un espace assez considérable sur les arbres; à ses lirelles ovales, punctiformes,trrs-petite.s , ayant parfois de l'a'nalogie avee les réceptacles des Verrueaires. Si quelquefois elles sont divisées en trois ouquatrè rameaux ,'d*unc manière rayonnante, comme nous l'avons observé dans des lieux arides et montueux, celte Opégraphc n'en sera pas moins reconnue au seul aspect de sa croûte boursouftlée , ou bien à ses firelles alors linéaires, très-gréles, très-petites, simples ou rameuses.

OPÉG&APHE COULEUR DE POIX.

OPEGRJPHA PICEA.

Ousia indeterminata , crassiuscnla , nigrescente; lirellis subprominulis, minutis ; simplicibus , confertis; majoribus ovato-oblongis ; minoribus puncUformibus , minutiséiinis \ disco variw , «ubdilatato , marginibus convexiusculis , conniventi-

. bus. T. ao, f. i , a, pars lente aucta.

Habitat ad corticem pini aliarumque arborum, in Galba, Gerniania.

« Opegrapba lignicotu : crusta rimosiuscula; lirellis subimmerso-prorainentibus,

obscuri», roinuussimis , confertis; disco dbliterato, coQvexo aut discrète aperto.

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