EXPLICATION DU TABLEAU ANALYTIQUE
Fig. to.
Pyrénule du peuplier, de grandeur naturelle: a, tranche transversale, grossie, noire dans toute son épaisseur, transparente et fibro-gélatinense an milieu; b, réceptacle coupé verticalement, ayant deux loges remplies d'une matière gélatineuse striée.
Fig. il.
Trypethelium de Sprengel, de grandeur naturelle; a, coupé horizontalement, ayant huit spbérules noires remplies d'une matière gélatineuse striée; b, coupe perpendiculaire présentant le parenchyme dans lequel sont plongées les loges, ainsi qu'une ligne noire indiquant l'enveloppe du réceptacle commun; c, T. anomale de grandeur naturelle, ayant cinq petites ouvertures correspondant aux loges intérieures.
Fig. ia.
Trypelhelium mamelonné , de grandeur naturelle : se* réceptacles sont saillants , de rnémr couleur que la croûte, marqués de petits points noirs indiquant les loges.
Fig. l3.
Gtyphis favuleusc, de grandeur naturelle : elle a des réceptacles noirs , couverts d'une pellicule blanchâtre, parsemée d'ouvertures arrondies, qui deviennent ensuite linéaires et contiennent d'autres réceptacles noirâtres do même fonne : a , réceptacle commun ayant ses réceptacles- partiels fortement grossis; b, coupe verticale, intérieur compacte, noir.
Fig. 14.
Chidothécie frangée, de grandeur naturelle : c, réceptacle fortement grossi, crevassé en forme rayonnante, substance intérieure compacte, noire.
PUEROPOKEKS
Tableau analytique des ^nr«.
Ordre 1.
Craphidées.
Ordre 11.
\errucarioïdées.
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PHÉROPORËES,
HYPOXYLA, Joss.; LICHEN ES, Achar. ; HYPOXYLJ, TRIBUS II, PSEUDOL1CHENES, D. C. Synops.
Receptacula prima œtatc verrucœformia , uno aut pluribus poris dchiscenUa , pulverem seminalem ut saepiiu nigrum extus aclspersum e parcnchymate emittentia, in secundo pnesertim ordine cujus structura a priore valde distat , intus cava, succo gelatinoso repleta.
Crusta b'clienoïdea, detcrminata aut iridcterminata, colore albo vel fuliginoso fuccscentc (Phéroporées, Obd. I et II).
Les Phéroporées ont une croûte étalée, uniforme, qui par le port et l'organisation se rapproche du premier ordre des Lichens. Elle affecte comme eux diverses couleurs, et est ordinairement d'un blanc plus ou moins brillant. Elle a, dans quelques espèces, un aspect grenu, quelquefois pulvérulent , moins prononcé pourtant que dans les Lichens , ce qui donne aux réceptacles une teinte bleuâtre. Ceux-ci naissent pu i > et i formes et en grand nombre (du centre à la circonférence) en même temps que la croûte, qu'ils obscurcissent proraptement par leur rapprochement. Leur sommet présente une ouverture semblable à un pore. Ils sont formés d'un tissu celluleux subcartilagineux , qui , coupé par tranches extrêmement minces et grossies au microscope composé, laisse apercevoir, sur la seconde tranche, celle placée au-dessous de la membrane extérieure du réceptacle, les gongyles agglomérés en points dans le parenchyme verdàtre (Phéroporées, fig. !,</).
Le premier ordre se compose des Graphidces, et comprend les genres Opegrapha , Allographa , Arthonia , Schizoxylon ; le second , des Verrucarioïdées, lequel contient les genres ferrucaria, Pjrenula , Trypethelium , Glyphis , Chidothecia.
a PIIÉROPORÉES.
Remarque. \a croûte fournissant aux Lichénographcs un caractère essentiel, il doit exister une grande différence entre les sections qui en sont dépourvues et celles qui en sont munies. Elle parait la première; à sa seule inspection, on juge d'avance Y ordre auquel on doit rapporter l'espèce trouvée. Elle a reçu des Lichénographes le nom de Thallus, ÔotUi*, tige, ou crusta, croûte, parce que sa forme est arrondie et granuleuse. Dans les Phéroporées et principalement dans les Graphidées , les réceptacles naissent presque en même temps. (Voyez pl. 5,fig. a , Opégraphe réticulée , où elle a à peine un quart de ligne.) Cette partie mérite de fixer toute l'attention des Botanistes, à cause de ses rapports avec les organes de la fructification; en outre, elle joue un grand rôle dans le port de la plante. Assez souvent, par sa forme, son étendue, son épaisseur, sa couleur, elle offre des caractères essentiels, et par l'ensemble de son organisation, un grand nombre de signes qu'on ne doit pas négliger pour établir les caractères. On peut dire qu'elle fournit en partie ceux qui sont les plus prononcés et les plus aisés à reconnaître. Les fructifications eu donnent, il est vrai, plusieurs autres, mais assez généralement moins marqués, lesquels pris dans leur forme, leur couleur, sont employés fréquemment par opposition pour distinguer certaines espèces entre elles. Dans un grand nombre d'espèces, les fructifications se ressemblent tellement par leur conformation, qu'elles ne peuvent servir que pour les caractères généraux tirés de l'ensemble. Comme on est fort embarrassé pour donner des préceptes sur cette matière, il convient de les employer concurremment ; c'est par là que l'on parvient à une observation rigoureuse.
Puisque ce sont ces deux parties qui offrent aux Lichénographes les principaux caractères sur lesquels ils fondent leur classiGcation, et qui servent aussi à former les genres, pourquoi laisser parmi les Hypoxylons, quand même d'un côté l'organisation du réceptacle les en rapprocherait, des espèces qui d'ailleurs ont un caractère si tranché (la croûte) et bien suffisant pour les isoler? N'est -il donc pas plus méthodique d'en faire un groupe séparé? Faut-il les admettre parmi les Lichens, à l'exemple du savant Acharius, ou bien doivent-ils former une famille particulière qui viendrait naturellement se placer entre celles des Hypoxylons et des Lichens? C'est cette dernière opinion que nous croyons devoir adopter. Nous donnons à cette famille le nom de Phéroporées, de deux mots grecs, çt'fw, je porte et ropcç, un pore, parce que toutes les espèces qui la composent portent en naissant une ou plusieurs ouvertures en forme de pore.
GRAPHIDÉES.
Receptaculum lineare, oblongo-elongatuni , sessilc, coloratum, sa?pius nigrum, disco in plerisque speciebus ramoso, marginato aut immarginato , piano, in pluribu» subrotundo eoncaviusculo , in génère solo Allograplia primo intuitu crusbs consimile.
Crusta metnbranacea , plerumque detenninata. (Phéroporées, Om>. I, Graphidées.)
Les Graphidées ont une croûte variable en dimension et sous le rapport de la couleur. Leurs réceptacles arrondis ou linéaires dans le même individu (Phéroporées y fig. 5, a, b,c) , sans bords {Arthontà) , ou marqués d'une fente longitudinale (Opegrapha) , sont dans les unes, à nu, dégagés de la croûte; dans les autres, environnés et rebordés par elle. A leur naissance, ils sont généralement punctiformes; dans la plus grande partie des espèces, leur sommet offre un pore arrondi, qui les rapproche en quelque sorte des Verrucaires ; mais bientôt le pore s'aionge , s'étend et devient un véritable sillon , à mesure qu'ils prennent plus d'accroissement.
Les espèces qui font partie de la seconde section des Opégraphes, à laquelle il faut rapporter le genre Graphis, Ach., offrent une autre particularité: les réceptacles, d'abord semblables, deviennent plus longs et plus flexueux les uns dans les autres ; ils restent toujours immergés, et leurs bords, qui sont amincis et tranchants, rapprochés et appliqués, paraissent s'écarter à la manière de deux valves; ce que l'on observe facilement en suivant les progrès de leur végétation , et ce que confirme encore leur inclinaison. Le port dans cette division est d'ailleurs trop différent de celui des autres espèces pour les y réunir, surtout quand ou vient à les comparer entre elles.
Le genre Allographa, composé d'espèces exotiques, ne parait , à le bien considérer, qu'une section du genre Opegrapha ; ceci devient surtout probable, quand on réfléchit qu'un fait semblable s'observe dans le genre Hysterium, où nous voyons des espèces d'une antre couleur. Dans la
deuxième division, tes réceptacles consistent en des empreintes linéaires, décrivant les mêmes contours que ceux des Graphidées, et dont la structure ne diffère point de la croûte elle-même; ces empreintes seraient-elles ainsi disposées pour indiquer la place des gongyles, et auraient-elles les mêmes usages que les feuillets et les tubes des Champignons, c'est-à-dire, serviraient-elles à contenir les graines? A en juger sur des considérations générales, tout porterait à croire que telle est l'intention de la nature.
Les réceptacles , dans le genre Ai thonia , de divisés qu'ils sont dans les premières espèces, deviennent arrondis, convexes, bientôt concaves dans plusieurs autres, sans néanmoins cesser de conserver une organisation celluleuse, semblable à celle des Opégraphes.
Dans le genre Schizoxylon, qui établit une filiation naturelle des deux ordres, déjà la forme change-, c'est dans la jeunesse une vraie Verrucaire, qui devient ensuite plane, même convexe dans la vieillesse.
La croûte des Graphidées fixée sur l'écorce des arbres ou sur les pierres qui lui servent de support , s'y incruste en pénétrant dans les vides et les inégalités; elle conserve encore cachés les rudiments globuleux des réceptacles, qui la soulèvent sous la forme de points, et ('écartent en s'en débarrassant entièrement, ou bien y restent plongés pendant toute leur existence; ensuite ils la sillonnent d'une manière peu régulière, et croissent en se prolongeant (caractère qui leur est propre) en lignes plus ou moins étendues , diversement sinueuses , confluentcs et rameuses ; leur forme dans le même échantillon est très-variée : leur disque est également susceptible de diverses modifications dues aux influences atmosphériques et aux localités.
Organisation. La croûte est crustacée ; elle les rapproche des Patellaires {Lichenes crustacei); on y considère deux parties : i° une membrane extérieure, laquelle lisse, glabre ou couverte d'une matière pulvérulente, produit de- sa sécrétion, protège les vaisseaux et empêche leur dessèchement, usage auquel elle paraît être spécialement destinée par les lois générales de l'organisation; a" le parenchyme , qui conserve toujours une couleur verte tant que le végétal possède la vitalité, ce dont il est facile de s'assurer, même dans l'état de dessiccation, s'il n'a pas souffert d'altération auparavant : à cet effet il suffit de le froisser sous l'ongle, pour mettre en évidence cette eouleur, même dans les espèces où elle paraît noirâtre, soit qu'elles habitent sur les écorces , ou qu'elles croissent sur les pierres. Pour rendre l'expérience plus sensible dans les espèces où la croûte est très-mince, il suffit de la faire pendant un temps humide : la même considération est applicable aux Lichens, car la couleur verte est le signe qui distingue en général chez eux l'état de vie de l'état de mort, quand bien même par leur nature ils seraient
GRAPHIDÉES. 5
d'une toute autre couleur, rouge , jaune ou noire. Ces nuances n'existent qu'extérieurement : ceci est Irès-remarquable dans les Lichens.
Organisation du réceptacle. Le réceptacle (nucleus) est noir dans les espèces d'Europe; il est formé de deux parties : le perithecium et le thecium. Le perithecium enveloppe non-seulement le disque, ses bords, mais encore il s'étend sur ses côtés jusqu'à sa partie inférieure, où il parait se terminer. Cette partie est continue au parenchyme; c'est par elle que pénètrent les vaisseaux nourriciers. Dans les Graphidées, il est plus mince aux endroits recouverts par la croûte, qu'au disque où il est fréquemment saupoudré d'une poussière si abondante qu'il est à peine visible.
Le thecium , ou substance parenchymateuse, est ferme , cartilagineux, cclluleux : il constitue le centre du réceptacle el concourt à lui donner la forme qu'il affecte. C'est particulièrement entre lui et le perilliecium , criblé de porcs nombreux , qu'est logée la poussière noire (gongjli), répandue à leur périphérie, lorsque la substance est tuméfiée par l'humidité de l'air. Cette poussière est assez abondante pour que si l'on vient à passer le doigt sur le disque, il en soit noirci.
Habitat. Les Graphidées habitent sur l'épiderme de l'écorce, sur le bois mort, et jusque sur les pierres les plus dures :1e silex, le granit. Les unes croissent de préférence sur l'écorce lisse des jeunes arbres; d'autres sur les vieilles écorces, les clôtures, les pierres; quelques espèces se rencontrent seulement sur certains arbres : c'est ainsi que, par exemple, l'Opégraphe du cerisier se trouve sur le tronc du cerisier; que l'Opégraphe noire croît plus particulièrement sur le frêne; et que celles qui viennent sur les vieilles écorces (Opcgr. notha, signala, asteroma) , n'ont jamais été rencontrées sur l'écorce unie des jeunes arbres; enfin nous voyons les espèces grumuJosa, lesserata, lithjrga, croître uniquement à la surface des rochers, des murailles, etc.
Elles se plaisent généralement dans les lieux élevés exposés au midi. Les endroits où se trouve un grand nombre d'arbres d'espèces différentes, par conséquent où la culture est le plus variée, sont les plus riches en pareils végétaux, au point que souvent la diversité des arbres semble l'emporter à cet égard sur l'influence de l'élévation : la chose est si frappante, que, dans les environs de Paris, il n'y a pas de bois plus pauvre en espèces de ee genre , que ceux du Plessis-Piquct , de Meudon , tout plantés en châtaigniers, tandis que la forêt de Fontainebleau, les bois de Versailles, et ceux qui servent de promenades publiques sont ceux où l'on en rencontre un plus grand nombre d'espèces.
L'automne est la saison la plus favorable à leur végétation. Elles occupent
G ORDRE PREMIER. GRAPHIDÉES.
ordinairement le côté oriental des arbres; c'est du moins celui où on les observe le plus fréquemment. Il nous est arrivé de voir l'Opégraphe lichénoïde couvrir des arbres à plusieurs pieds de hauteur, et se borner brusquement en ligne perpendiculaire vers l'occident, la partie occidentale ne présentant aucune trace de lichens, ou seulement des espèces dégénérées.