A L'ÉTUDE
DES OPÉGRAPHES.
Quasd on commence à se livrer à lelude des Cryptogames, on est frappé de l'énorme distance qui les sépare des Phanérogames. Ceux-ci, plus développés dans leur ensemble, présentent des formes mieux prononcées qu'on distingue sur-le-champ. Pour les premiers, an contraire, il faut entrer dans tous les détails minutieux qu'exige la petitesse de leurs parties presque imperceptibles : mais quelle surprise de découvrir cette délicatesse d'organisation qu'on n'eût jamais soupçonnée dans une plante que l'œil pouvait naguère a peine apercevoir! Le Botaniste accoutumé à ne voir que des végétaux plus élevés, se refuse presque à croire que les Cryptogames soient aussi organisés : il lui serait si difficile de s'en rendre compte, qu'il craindrait tle s'abuser. Cependant, à mesure qu'il se familiarise avec eux , qu'il pénètre davantage dans le secret de leur composition, il acquiert de plus en plus la conviction qu'ils jouissent d'une vie incontestable, soumise à des lois constantes comme toutes les autres tribus. C'est ainsi qu'eu reconnaissant dans Vacarus, dans le ciron (tyroglyphus I-atreille), les mêmes ressorts, les mêmes combinaisons que dans le mécanisme auquel le scarabée doit le jeu de ses fonctions, l'Entomologiste transporté d'admiration pour l'harmonie que la nature met dans toutes ses œuvres , se confond à la vue des merveilles multipliées qu'elle réunit dans un être qui n'est qu'un atome vivant , au spectacle de ces insectes entièrement diiphanes qu'anime une étonnante agilité, inconcevable à son esprit, s'il ne leur suppose des fibres d'une rare finesse, ingénieusement assorties pour produire tous leurs mouvements divers.