INFLUENCE DU SOL ET DU CLIMAT
ne fussent pas de grande taille, ils étaient Torts à la lutte, résistants à la fatigue, rapides à ta course; après avoir garanti leur indépendance, ces qualités militaires les rendirent maîtres de l'Asie. La nature avait mis la beauté sur leur visage; la vie au grand air, de continuels exercices, développèrent les élégantes proportions de leur corps, et les artistes n'eurent qu'à regarder autour d'eux pour trouver des modèles.
Ajoutez que sur ce sol découpé, où pas une vallée ne ressemble k l'autre, il y eut une telle variété de mœurs et d'institutions que l'agitation fut partout, à l'agora et dans les esprits, partout l'eifort et la lutte. Nul peuple n'a autant vécu.
Un pays, en Grèce, résume par excellence les défauts et les avantages du sol hellénique et de la conliguration de ses côtes, où la terre et la mer se marient harmonieusement ; c'est la stérile Attique, avec ses fertiles campagnes de Marathon et d'Ëteusis qui rendaient soixante pour un de semence, avec ses oliviers, son miel parfumé de l'Hymelte, ses marbres du Pentélique, ses mines du Laurion, son atmosphère si pure, qu'on prétendait apercevoir du cap VuederAcropoicsur Sunion l'aigrette et la lance de la Minerve de l'Acro- ihènes'*'.'"""' pôle; et, mieux que tout cela, avec la mer qui, de trois côtés, lut sert de ceinture. Lorsqu'ils montaient au Parthénon, les Athéniens découvraient ces lies nombreuses semées autour d'eux sur les flots, comme pour devenir leur domaine ou les mener aisément, par a les routes humides », aux côtes de Thrace, d'Asie et d'Égj-pte. Chaque matin se levait le vent du nord qui conduisait doucement leurs navires aux Cyclades; chaque nuit soufflait le vent contraire qui en quelques heures les ramenait au port, sous un ciel tout semé de feux étincelants que ne voilent jamais les brumes épaisses de nos mers. « Douce et suave est notre atmosphère, dit un poète athénien; l'hiver est pour nous sans rigueur, et les traits de Phœbus ne nous blessent point*. »
■ On aperçoit les Propylées iTec leur fronton, le Parthénon el la statue colossale de Hinerre Promachos, qui eu dépasse le sommet. Sur le flanc de la colline, h mi-cAtc, la groltt^ de Pan; enlln l'escalier de la fontaine Clepsydre. En légende : AeHN[AIQNj. (Revers d'une monnaie de bronze.)
' En effel, la lemp<^rature moyenne de Corînthe el d'Athènes est de i 7 degrés centigrades ; mais, dans la seconde de ces villes, si le Ihermomètre ne descend pas au-dessous de 3',2S, il monte quelquefois jusqu'à 40 degrés. La brise de mer aide à supporter cette tempénlnre élevée el exceptionnelle. La température moyenne est : en janvier, de 8*,3; en juillet, de 37',û.
ae INTRODUCTION.
Cependant, au milieu de ces iles, autour de ces caps et dans les nombreux golfes du littoral, les courants marins et atmosphériques changent fréquemment de direction; dans la haute mer surviennent des sautes de vent dangereuses. Au sud du Péloponnèse et vei-s la côte d'Asie, la navigation avait ses dangei-s'. C'étaient des conditions favorables pour former d'habiles marins.
La Grèce était donc un magnifique théâtre préparé à l'activité humaine. Que le despotisme eût approché de cette terre et de ces
Carrières du rentiiliqiic.
hommes, que Darius et Xerxès eussent vaincu à Marathon ou à Salamine, et les heureuses intluences du sol et du climat étaieni neutralisées; ia Grèce ancienne fût devenue ce que les empei*eurs et les sultans de Byzance ont fait de la Grèce moderne, une terre de désolalion. Mais le génie de la liberté s'assit au foyer de ce petit peuple victorieux; il éleva l'ûme des Grecs, que la servitude eût dégradée; il les aida à tirer de leur sol et d'eux-mêmes tous les trésors qu'une
La différence enlre ces deux moyennes n'est donc que de 18°, 8. On reste Ji peine trois jours dans l'année sans voir le soleil, et trois nuits sans que les étoiles brillent. (Neumann, op. cit., p. 17 et li.) H ne tombe, à Athènes, que 55S millimètres de pluie; dans les montagnes, on en compte jusqu'à 1017 millimètres.
* Medilerraitean Pilol, 1. IV.