‹ Histoire des GrecsChapitre 100 sur 202 · COMPTOIRS SUR LE PONT-EUXIN · texte numérisé non relu

COMPTOIRS SUR LE PONT-EUXIN

ses quatre ports et ses nombreux vaisseaux, devint, comme cité marchande^ aussi importante que Tyr. Le tissage des laines de Phrygie,la teinture des étoffes, la fabrication des tapis occupaient ses ouvriers. La classe dirigeante se composait de riches armateurs qui délibéraient sur les afTaires publiques à bord de leurs vaisseaux. Les matelots se lançaient sur les mers du Nord à la pêche du thon. Des stations navales furent établies à Abydos sur THellespont, à Kyzikos sur Tisthme d'une presqu'île de la Propontis. Au delà des rochers du Bosphore, les marins de Milet voyaient s'ouvrir cette vaste mer inquiétante et brumeuse qu'ils appelaient hospitalière, eC^etvcç, par politesse, pour se la concilier. Ils s'y engagèrent résolument et furent bien payés de leur audace. 11 y avait là d'immenses plaines arrosées par des fleuves navigables, des champs couverts d'épis, des prairies pleines de moutons, et dans les forêts vierges une provision inépuisable de bois de construction pour les navires.

Il est vrai que ces trésors étaient gardés par des tribus farouches, immolant les étrangers à leur Déesse, disait la légende d'Iphigénie. Mais ils se laissèrent apprivoiser par les vins de l'Archipel. Dans la région orientale, les eaux du Phase roulaient des paillettes d'or qu'on arrêtait avec des toisons étendues au fond de son lit; de là venait sans doute la légende de la toison d'or ; les Grecs retrouvaient partout les souvenirs de Jason et des Argonautes. Sur la côte méridionale on installa des observatoires et des guetteurs pour épier le passage des bancs de poissons qui venaient du Nord et contournaient la côte. Sinope, la plus importante des pêcheries milésiennes dans ces parages, était le point où aboutissait la grande roule menée deNinive par-dessus l'Euphrate à travers l'Asie Mineure Les Grecs y achetaient des métaux et des esclaves et y vendaient leurs poisons séchés sur place, qui formaient la principale nourriture des gens du peuple dans les villes syriennes de la Gappadokie.

11 est difficile d'assigner une date précise aux établissements des Milésiens. G'étaient plutôt des comptoirs commerciaux que de véritable colonies. « On se contenta d'abord, dit £• Gurtius, d'installer sur le rivage des marchés volants ;

dbyGoogk

COMPTOIRS SUR LE POOT-ÉDXtN.

puis on 8*enteiidit avec les indigônei et on acquit aiil^i siii* cen plages d'outre-mer des marchés à démenti avec des maga-

sins. Les maisons de commerce y eurent leuts agents qui opéraient le débarquement et la vente, surveillaient led dépôts

dbyGoogk

COMPTOIRS SUR LE PONT-El XIN.

de marchandises et restaient sur les lieux, même pendant la morte saison. Bien des stations de cette espèce furent aban-

données après essai. D'autres, au contraire, leur situation s'étant trouvée avantageuse au point de vue des bénéfices

dbyGoogk

Page 1