‹ Histoire des GrecsChapitre 110 sur 202 · GRATUITÉ DES FONCTIONS PUBLIQUES · texte numérisé non relu

GRATUITÉ DES FONCTIONS PUBLIQUES

bourgeoisie riche, active et entreprenante, qui voulait avoir sa part du gouvernement, et comme ses intérêts se confondaient encore avec ceux du peuple, e\U réclamait Vlsonomie^ c'est-àdire l'égalité des droits. L'oligarchie refusait d'abandonner ses privilèges, dont le plus important était le pouvoir judiciaire. L'esprit de caste l'empêchait souvent d'exercer ce pouvoir d'une manière impartiale. Si l'impunité semblait assurée aux parents et aux amis des dépositaires de l'autorité, si un homme du peuple, en cas de conflit avec l'un d'eux, ne pouvait obtenir justice, il s'ensuivait un mécontentement général, et une lutte s'engageait bientôt entre les gouvernés et les gouvernants, ou, comme disaient les Grecs, entre le grand nombre et le petit nombre. L'oligarchie finissait par ouvrir ses rangs aux bourgeois; la classe dirigeante devenait plus nombreuse et plus forte, mais le peuple y gagnait aussi quelque chose, car pour admettre les bourgeois aux fonctions publiques, il fallait rendre ces fonctions électives et temporaires. Le peuple pouvait choisir ses magistrats; il prenait pour le gouverner ceux qu'il croyait les meilleurs; le gouvernement devenait une aristocratie, mot que nous prenons ordinairement comme synonyme d'oligarchie, mais qui avait pour les Grecs un sens plus favorable.

Gratuité des fonctions publiques. — La gratuité des fonctions empêchait la politique d'être considérée comme une carrière lucrative, et l'ambition ne pouvait jamais être doublée d'intérêt. Indépendamment de toute restriction au droit d'éligibilité, les suffrages du peuple ne se portaient que sur des citoyens riches. Pour élever un citoyen pauvre aux magistratures, il aurait fallu l'indemniser de la perte de son temps ; or, on aurait trouvé dérisoire d'ajouter un salaire à l'honneur de gouverner la cité. Un homme au-dessus du besoin inspirait plus de confiance qu'un autre et semblait moins accessible à la corruption. Celui qui n'avait pas su diriger ses affaires ne semblait pas capable de diriger celles du puWic. Hérodote raconte que les Milésiens, après avoir longtemps souffert de leurs divisions intestines, prièrent les Pariens de rétablir l'union et la concorde. « Voici comment les Pariens y parvinrent ; Leurs députés, gens de considération, ayant re-

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