‹ Histoire des GrecsChapitre 111 sur 202 · LES LOIS ÉCRITES · texte numérisé non relu

LES LOIS ÉCRITES

marqué à leur arrivée l'état déplorable de Milet, dirent qu'ils voulaient parcourir le territoire. Ils le visitèrent, et quand ils rencontraient dans ce pays dévasté un champ bien cultivé, ils mettaient par écrit le nom du propriétaire. De retour à la ville, ils convoquèrent rassemblée du peuple et nommèrent pour gouverner l'Etat ceux dont ils avaient trouvé les terres bien cultivées. Ils croyaient, dirent-ils, que ces gens prendraient le même soin des affaires publiques que des leurs, et ils ordonnèrent à tous ceux qui avaient été auparavant de différents partis de les reconnaître pour leurs magistrats et de leur obéir en tout. » Un autre fait important à signaler dans les habitudes politiques des Grecs c'est que, non seulement les serfs dans les cités militaires, les domestiques dans les cités commerçantes, mais encore les étrangers domiciliés appelés Mélœkes, étaient exclus du droit de suffrage, et que le litre de citoyen était difficile à obtenir. Quant aux paysans, lors môme qu'ils faisaient partie de la cité, comme à Athènes, ils ne pouvaient guère prendre une part active à la vie politique, qui leur eût imposé des déplacements gênants et coûteux.

Les lois écrites. — On cherchait quelquefois un remède aux discordes civiles dans l'établissement d'une législation. Les Locriens d'Italie ayant demandé à l'oracle de Delphes de les tirer d'embarras, reçurent l'ordre de se donner des lois. Ils acceptèrent celles que leur présenta le berger Zaleucos, qui déclarait les avoir reçues d'Athènè dans un songe. La législation de Zaleucos fut le premier Code de lois écrites. On la place en 664, environ quarante ans avant la législation de Dracon à Athènes. On raconte que le fils de Zaleucos s'étant rendu coupable du crime d'adultère qui devait être puni de la perte des deux yeux, fut amené à son père qui lui arracha un œil et s'en arracha un à lui-môme en disant : « Voilà les deux yeux exigés par la loi. » 11 paraît que les lois de Zaleucos restèrent longtemps en vigueur; une précaution avait été prise contre le danger des réxisions trop fréquentes : celui qui proposait une nouvelle loi devait se présenter à l'assemblée avec une corde au cou; si sa proposition était rejetée on serrait la corde. Cette coutume locrienne est citée par Démosthènes dans son discours contre Timocrate. Diodore en fait une loi de

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