I. — SoumissioJi des grecs d'Asie
die ; leurs attaques contre les Grecs. — Invasion des ie-Mineupe. — Soumission des Grecs d'Asie par Groisos. LÔdo-persique ; Kyros. — Soumission des Grecs d'Asie par - Émigration des Phokaiens. — Héroïsme des Lykiens. } de Samos; sa puissance, sa mort. — Maiandrios. Vuine de Samos. — Expédition de Dareios en Scythîe. le la Thrace et de la Macédoine par les Perses. — Relie. Secours demandés aux Grecs d'Europe. — Incendie
Les Carions et les Kypriotes prennent part à la révolte.
la flotte grecque h Ladè. — Prise de Milet. Soumission \.sie.
vaient réalisé la Cité, qui est la molécule sociale : pas s'élever à l'idée de nation. Leur patriotisme is les murs de la Cité ; môme devant un ennemi ne s'aperçurent pas qu'ils étaient un peuple. L'icités autonomes les rendit impuissantes contre es inférieurs sous tous les autres rapports, mais supériorité du nombre la force que donne l'us. La Grèce d'Asie fut soumise d'abord par les deux fois par les Perses, et la Grèce d'Europe î'émouvoir à cette triple conquête qui forme la uerres Médiques, le Lydie ; leurs attaques contre les Grecs»
LA MONARCHIE LYDIENNK. 331
— La Lydie semble avoir été habitée anciennement par une population pélasgique à laquelle se mêlèrent des éléments sémitiques. Homère donne aux habitants de cette contrée le nom de Maiones, et ne parle pas des Lydiens ; tandis que le catalogue de la Genèse Tait de Lud un fils de Sem. Les traditions recueillies par Hérodote reportaient l'origine de la monarchie lydienne à une antiquité fabuleuse au moyen de deux dynasties, Tune commençant par Manès, Âttys et Lydos, Tautre par Héraclès. Les noms de Ninos et de Bélos qui figurent dans la dynastie hèraciéide donnent à penser que la Lydie a fait partie de l'empire assyrien, comme Taffirme Ctésias. Le rôle historique de la Lydie ne commence qu'avec la dynastie des Mermnades, dont le fondateur, Gygès, parait un personnage réel, quoique son nom, éponyme d'un lac dans le voisinage de Sardes, rappelle celui d'Ogygès, et que sa légende, telle qu'elle est racontée dans Platon, semble rattachée à la fable du déluge. D'après cette légende, Gygès n'était qu'un berger du roi de Lydie ; après un violent orage, il voit une crevasse dans le sol, y descend et y trouve un grand cheval d'airain creux et ouvert, dans lequel était couché un géant mort avec un anneau d'or au doigt. Il prend cet anneau, découvre qu'il a la propriété de le rendre invisible, et s'en sert pour s'emparer de la couronne en tuant le roi avec l'aide de la reine. Hérodote raconte l'avènement de Gygès sous une forme moins merveilleuse, mais en l'attribuant aussi à une trahison et à la complicité de la reine.
Les Lydiens nous sont représentés comme un peuple inférieur aux Grecs sous le rapport moral, mais riche et industrieux. Le Pactole qui coulait du mont Tmolos dans le fleuve Hermos, roulait des sables d'or. Selon Hérodote, c'est en Lydie que furent frappées les premières monnaies. L'influence de la Lydie sur la musique des Grecs a été admise dans toute l'antiquité. Le commerce avec les Lydiens, dont le territoire ne s'étendait pas originairement jusqu'à la mer, fut une source de richesse pour les villes maritimes de l'Ionie, mais ce fut aussi la principale cause des attaques des rois lydiens contre leur indépendance. Ces tentatives commencèrent dès le règne de Gygès, qu'on place vers 715. Il attaqua Milet et Smyrne, dit
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332 CALLINOS D*ÉPHÈ.SE.
Hérodote, et s'empara de Colophon. On dit aussi qu'il prit Magnésie du Sipyle. En même temps qu'il faisait la guerre aux Grecs, il envoyait à leur Dieu Apollon des offrandes magnifiques. Hérodote vit à Delphes des vases d'or et d'argent offerts par Gygès, ainsi que le trône sur lequel il rendait la justice. Son fils Ardys (678) attaqua Milet et s'empara de Priènè ; mais la soumission de l'Ionie fut retardée par des invasions de hordes nomades. Les Trères détruisirent Magnésie du Maiandros, les Kimris prirent Sardes, capitale de la Lydie. Il nous reste un fragment de Callinos d'Éphése, inventeur du distique élégiaque, sur l'invasion des tribus barbares :
« Jusqu'à quand resterez-vous couchés, jeunes gens? quand aurez-vous du courage ? Ne rougissez-vous pas de montrer tant de faiblesse ? Vous croyez vivre dans la paix, mais la
guerre tient tout le pays (lacune) Et qu'en mourant
chacun frappe un dernier coup. Car il est honorable et beau pour un homme de combattre pour sa patrie, ses enfants et sa jeune épouse. La mort, elle viendra quand les Moires l'auront filée. Ainsi, que chacun marche droit, la lance en arrêt, couvrant du bouclier un cœur vaillant, dès le commencement delà mêlée. Il n'est pas dans la destinée d'un homme d'éviter la mort, fût-il de la race des immortels. Souvent, celui qui a fui la bataille et le tumulte des lances trouve la mort en rentrant dans sa maison, et personne dans le peuple ne l'aime et ne le regrette. L'autre, petits et grands gémissent s'il lui arrive malheur. Tout le monde regrette l'homme au cœur brave, quand il meurt ; vivant, on l'honore comme les demi-Dieux. Tous les regards se tournent vers lui comme vers une forteresse, car il fait à lui seul l'œuvre de plusieurs. »
Les ravages des Trères et des Kimris se prolongèrent pendant les règnes d'Ardys et de son fils Sadyattès ; mais Alyatlès parvint à en délivrer l'Asie Mineure, et aussitôt après, les attaques contre les villes ionniennes recommencèrent. Alyatlès s'empara de Smyrne, essaya inutilement de prendre Clazomène, et ravagea pendant douze années successives le territoire de Milet. Mais il tomba malade, et l'oracle de Delphes attribua cette maladie à l'incendie d'un temple d'Athènè. Il demanda une trêve aux Milésiens, qu'il croyait réduits à la
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GROISOS. 333
dernière extrémité. Thrasyboulon, tyran de Milet, prit ses mesures pour que l'ambassadeur rencontrât partout la joie et l'abondancot et le roi de Lydie, désespérant de soumetire une ville à qui la mer fournissait des vivres, conclut un traité d'alliance avec Milet, rebâtit deux temples en remplacement de celui qu'il avait brûlé, et envoya à Delphes, en actions de grâce pour sa santé rétablie, un grand cratère d'argent avec une soucoupe damasquinée, ouvrage de Glaucos de Chios qui avait inventé Fart de la damasquinure.
Soumission de la Grèce d^Asie par Grofsos. — Le dernier et le plus puissant des rois de Lydie, Croïsos, fils d'Alyattès (560), accomplit la conquête de l'Ionie tentée plusieurs fois par ses prédécesseurs* Il attaqua d'abord Ephèse, gouvernée alors par le tyran Pindaros, dont la mère était fille d'Alyattès, et qui était par conséquent neveu de Croïsos. Les Ephésiens consacrèrent leur ville à Artémis en joignant avec une corde leurs murailles au temple de la Déesse éloigné de sept stades . Cela n'empêcha pas la ville d'être soumise à un tribut, et Pindaros fut déposé. <f Croïsos fit la guerre aux Ioniens et aux Aioliens, mais successivement, dit Hérodote, employant des raisons légitimes quand il en pouvait trouver, ou des prétextes frivoles à défaut de raisons. » Hérodote ne nous donne aucun détail sur cette conquête, dont il apprécie cependant la grande importance, car il la considère comme le commencement de la lutte entre les Grecs et les Barbares : « Avant le règne de Croïsos, dit-il, tous les Grecs étaient libres ; ce fut par lui pour la première fois que les Grecs furent soumis et contraints h payer tribut. » L'absencç de lien fédéral entre les cités futia seule cause de la soumission des Grecs d'Asie à une domination étrangère. Hérodote semble l'avoir reconnu, car il loue chaudement l'avis donné aux Ioniens par Thaïes de Milet avant que leur pays eût été subjugué : « C'était d'établir à Téos, au centre de l'Ionie, un conseil général pour toute la nation, sans préjudice au gouvernement des autres villes, qui n'en auraient pas moins suivi leurs usages particuliers que si elles eussent été autant de cantons différents. » Thaïes de Milet est le plus ancien des philosophes grecs ; il est très curieux de trouver chez le père de la philosophie une conception politique supé-
ROISOS.
l'Aristote qui ont essayé de régler, gouvernement inlérieur de la cité, 3 entre elles. La pensée de Thaïes, î de cités libres, n'a été appliquée temps d'Aristide et par la ligue
e d'Asie ne produisit aucune émoi. Croïsos ne semblait pas plus un lis Pélopides, venus du môme pays onsullait l'oracle de Delphes et lui ïs. Il aimait les Grecs, les accueil-
d'une façon très libérale. On ranaion, fils de Mégaclès, ayant eu 3 aux envoyés lydiens venus à Délie prendre dans son trésor autant er. Il en remplit ses vêlements, sa \ la bouche, et s'en poudra les che-
se mit à rire et doubla la somme ; à Athènes la richesse des Alcmaiote sur l'entretien de Solon avec des raisons chronologiques, mais de Mylylène passaient aussi pour près avoir soumis les Grecs du conà attaquer les îles ; on dit que Bias ngénieuse en lui disant que les inhevaux pour porter la guerre en K leur inspirer la pensée de m'atta- , dit Croïsos. — Je crois, répondit moins charmés d'apprendre que tu , et leur fournir ainsi l'occasion de int que tu as réduits en esclavage. »
3 attribuent à Pittacos de Mitylène, qu'il abandonna son projet et fit des îles. Il tourna ses armes d'un uples de l'Asie Mineure à l'ouest du des Lykiens et des Kilikiens. La morivée à l'apogée de sa puissance, fleuve Halys, la monarchie Médo-
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L'EMPIHB MÉOO-FERSIQUE. 335
Persique avait grandi plus rapidement encore. Dans la prévision d'une lutte prochaine, Croïsos, sur l*avis de l'oracle de Delphes, demanda l'alliance des Spartiates, considérés alors comme le plus puissant des peuples grecs. Ils étaient bien disposés pour lui, car peu de temps auparavant ils avaient envoyé acheter de l'or à Sardes pour dorer une statue d'Apollon, et Croïsos leur avait fait présent de cet or. Ils conclurent avec le roi de Lydie un traité d'alliance offensive et défensive.
L'empire Médo-Persiqae. Kyros. — Les Mëdes s'étaient détachés de l'empire d'Assyrie à peu près à l'époque où se fondait en Lydie la dynastie des Mermnades. Sous le règne de Croïsos, il y eut une nouvelle révolution dans la Haute-Asie : la domination passa, sans démembrement, des Mèdes aux Perses. Le dernier roi des Mèdes, Astyagès, était beau-frère de Croïsos, et celui-ci, soit pour le venger, soit pour prendre une part de ses dépouilles, déclara la guerre à Kyros, roi des Perses. Il avait commencé par consulter l'oracle de Delphes dont la réponse, ambiguë, comme toujours, lui avait paru encourager ses espérances. Il croyait pouvoir compter sur ses alliés, le roi de Babylone, le roi d'Egypte, les Spartiates, et sans doute aussi sur les Mèdes, irrités d'une récente défaite : 11 passa l'Halys et détruisit la ville de Ptérion en Cappadokie. Mais Kyros marcha rapidement contre lui avec des forces supérieures. Après une bataille sanglante dont le résultat fut indécis, Croïsos crut prudent de s'enfermer dans les murs de Sardes, sa capitale, et d'y attendre les secours de ses alliés. Si ces secours étaient arrivés à temps, la guerre aurait pu être poursuivie avec succès. De la part des Spartiates, il n'y eut pas de retard ; quoique engagés alors dans une guerre contre les Argéiens, ils firent diligence; leurs vaisseaux étaient prêts et leurs troupes presque embarquées quand ils reçurent la nouvelle inattendue de la prise de Sardes et de la ruine de Croïsos. Sardes, bâtie sur un escarpement du Tmolos, adossée à un rocher à pic, passait pour imprenable. Déjà un assaut avait été repoussé et les Perses étaient réduits à la longue opération d'un blocus. Mais, le quatorzième jour du siège, un accident imprévu fit pour les assiégeants ce que n'avaient pu faire ni la force, ni la ruse. Une sentinelle qui
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SOUMISSION DES GRECS D'aSIE.
ir le point le plus inaccessible des remparts laisse )n casque, descend pour le ramasser par les anfraciu rocher, et remonte de môme. Un soldat perse , prévient Kyros et conduit ses compagnons par le u'il a découvert. La ville est prise et Croises amené vant le vainqueur qui, d*après la tradition lydienne par Hérodote, le condamne d'abord à être brûlé vif, îchissant aux coups imprévus de la fortune, lui fait la vie (546)- (i).
Bsion des Grecs d'Asie par les Perses. — Au ;ement de la guerre, Kyros avait engagé les cités ; à se révolter contre Croîsos, et elles avaient refusé, i& chances favorables aux Lydiens. Après la prise de lies demandèrent à Kyros de les recevoir aux condileur avaient été imposées par Croîsos. Il leur fit une lédaigneuse et ne voulut traiter qu'avec les Milésiens, nent parce que, d'après leurs conventions avec ils étaient les alliés el non les sujets du royaume de s Ioniens se mirent en état de défense et, dans un mu au Panionion, leur sanctuaire commun, décidè- ^royer demander du secours à Sparte. Cette demande as accueillie. Cependant, les Spartiates envoyèrent commissaires à Phokaia pour examiner l'état des it croyant sans doute que leur nom suffirait pour [yros, lui firent dire de ne faire de tort à aucune ville parce que les Lakédaimoniens ne le permettraient )s n'avait jamais entendu parler de Sparte; il crut it un marché de commerce comme les villes d'Jonie, 'il craignait peu des gens passant leur vie sur une )lique à se tromper les uns les autres. « Si les Dieux îrvent la santé, ajouta-t-il, ils auront assez de leurs I sans s'occuper des Ioniens. » 11 quitta Sardes pour à la conquête de Babylone. Aussitôt après son départ, ne tentative de soulèvement en Lydie, et les Ioniens ièrent. Mazarès, un des lieutenants de Kyros, après irimé la révolte des Lydiens, s'empara de Priènè et
les détails, voir mon Histoire des anciens peuples de F Orient,
ÉMIGRATION DES PHOKAIENS. 337
de Magnésie et ravagea la vallée du Maiandros. A sa mort, Harpagos prit le commandement et assiégea Phokaia. Il paraît que les machines de siège représentées sur les bas-reliefs assyriens n'étaient pas connues des Perses, car ils se bornaient à amonceler de la terre autour des murailles pour prendre la ville d'assaut.
« Harpagos fit dire aux Phokaiens qu'il serait satisfait s'ils voulaient seulement abattre une tour de la ville et consacrer une maison. Comme ils ne pouvaient souffrir l'esclavage, ils lui demandèrent de leur laisser un jour pour réfléchir, et de retirer ses troupes pendant qu'ils tiendraient conseil. 11 y consentit, quoiqu'il n'ignorât pas leurs projets. Alors, ils mirent sur leurs vaisseaux leurs femmes, leurs enfants, leurs meubles, et de plus les statues et offrandes des temples, excepté les peintures et les statues de bronze et de pierre. Quand tout fut à bord, ils s'embarquèrent et firent voile pour Chios. Les Perses ayant trouvé la ville abandonnée, s'en emparèrent. »
Émigration des Phokaiens et des Téiens. — Les Phokaiens demandèrent à acheter les Iles Oinusses; mais les habitants de Chios ne voulant pas les vendre, de peur de compronDetlre leur commerce, les Phokaiens mirent à la voile pour Kyrnè (l'Ile de Corse) où, vingt ans auparavant, ils avaient bâti la ville d'Alalia pour obéir à un oracle. Ils retournèrent d'abord à Phokaia, et surprenant la garnison laissée par Harpagos, la massacrèrent. Faisant ensuite les plus terribles imprécations contre ceux qui abandonneraient la flotte, ils jetèrent dans la mer une masse de fer rouge et firent serment de ne jamais revenir à Phokaia que cette masse ne remontât sur l'eau. Tandis qu'ils étaient en route pour aller en Kyrnè, plus de la moitié furent pris de pitié en pensant au pays et aux chers souvenirs, et violant leur serment retournèrent à Phokaia. Les autres, plus religieux, continuèrent leur route. Arrivés en Kyrnè, ils élevèrent des temples et demeurèrent cinq ans avec les colons qui les avaient précédés. Mais comme ils ravageaient et pillaient tous leurs voisins, les Tyrrhènes et les Carthaginois leur livrèrent bataille et détruisirent la plus grande partie de leur flotte; les prisonniers furent assommés à coup de pierre. Ceux qui restaient s'embarquèrent avec leurs femmes et leurs
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héroïsme des lykiens.
»our Rhègion ; puis ils bâtirent au sud de Poseidonia, erritoire appartenant aux Sybarites, la ville d'Hyèlè qui garda longtemps son indépendance quand le voiit soumis aux barbares. Ils furent rejoints par d'au- !s ioniens, entre autres par Xénophane do Colophon, L à Élée une célèbre école de philosophie. 11 est proba- )u'Hérodote ne le dise pas, qu'une partie des Phokaiens à Marseille.
impie des Phokaiens, les habitants de Téos préférèberté à la patrie. Quand le terrassement élevé autour murs par Harpagos eut rendu la résistance impossilontèrent sur leurs vaisseaux et se dirigèrent, les uns rhrace, où ils bâtirent la ville d'Abdère, les autres jsphore Kimmerien où ils fondèrent Phanagoria. Les niens, à l'exception de ceux de Milet qui avaient prêté de fidélité à Kyros, donnèrent des preuves de leur t Hérodote, en défendant chacun sa patrie, mais ayant us, ils furent contraints de se soumettre. ssion de la Doris et de la Carie. Héroïsme des . — Enrôlés dans l'armée perse, les Ioniens et les aidèrent Harpagos à soumettre la Doris, la Carie et Les habitants de Gniide avaient d'abord songé à coume qui les rattachait à la terre ferme; en ayant été s par un oracle, ils se soumirent sans résistance; il sbablement de môme d'Halicarnasse, car, si elle avait ne défense vigoureuse à Pétranger, Hérodote n'aurait ç[ué de nous en parler. La soumission facile de la mparée à la résistance de l'Ionie, s'accorde mal avec B qu'on a coutume d'établir entre l'énergie des (t la mollesse des Ioniens. Seuls des peuples de la Pédasiens, résistèrent longtemps à Harpagos ; mais furent subjugués. Les Lykiens, malgré leur petit voulurent tenir tête à l'ennemi. Mais ayant perdu e, ils se rassemblèrent avec leurs femmes et leurs tans la citadelle dé Xanthos, y mirent le feu et se is tuer en combattant. Quelques familles, absentes int du siège, rentrèrent plus tard dans le pays. Les suivirent l'exemple des Lykiens. Ainsi toute l'Asie
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POLYCRATÈS DE SAMOS. 339
Mineure fut soumise au roi de Perse. « Quoique accablés de maux, dit Hérodote, les Ioniens continuèrent à s'assembler au Panionion; Bias de Priènè leur donna un conseil qui les aurait rendus les plus heureux de tous les Grecs s'ils avaient voulu le suivre : il les exhorta à s'embarquer tous ensemble sur une même flotte, à se rendre en Sardaigne et à y fonder une seule ville pour tous les Ioniens. 11 leur fit voir que par ce moyen ils sortiraient d'esclavage, au lieu que s'ils restaient en lonie, ils n'auraient aucun moyen de recouvrer leur liberté. » L'exécution d'un tel projet aurait sans doute hâté la civilisation de l'Europe occidentale.
Polycratés de Samos. Sa puissance ; sa mort. — Hérodote nous dit que les Ioniens qui habitaient les îles, craignant le sort de ceux du continent, se soumirent d'eux-mêmes à Kyros; mais il est probable que cette soumission fut purement nonfiinale, car les Perses, qui n'avaient pas encore de marine, ne pouvaient les réduire à une obéissance effective. Samos s'éleva même, sous le gouvernement du tyran Polycratés, à un degré de puissance qu'elle n'atteignit à aucune autre époque , Les discordes civiles qui avaient agité Samos comme la plupart des cités grecques semblaient terminées par la victoire du parti populaire sur l'oligarchie, quand Polycratés s'empara du pouvoir avec l'aide de Lygdamis, tyran de Naxos. Il s'était d'abord associé ses deux frères, mais bientôt, il fit mourir l'un, exila l'autre et resta seul maître de la tyrannie. Il prit à sa solde un millier d'archers, équipa une flotte de cent galères et s'enrichit par la piraterie, pillant tout le monde sans distinction, car, disait-il, on fait plus de plaisir à un ami en lui restituant ce qu*on lui a pris que si on ne lui avait rien enlevé du tout. 11 subjugua d'autres îles, s'empara de plusieurs villes sur le continent, fit la guerre aux Milésiens.et vainquit dans un combat naval la flotte de Lesbos qui était venue à leur secours. 11 employa les prisonniers à creuser un fossé autour des murs de Samos. Il éleva aussi un aqueduc et un môle qu'Hérodote regarde comme une des merveilles de la Grèce. Il importa dans son île des chiens d'Épire, des chèvres de Skyros, des brebis de Milet, des porcs de Sicile, protégea l'industrie et les arts et attira à sa cour les poètes Anacréon et Ibycos. Comme il réus-
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PUISSANCE DE POLYCRATÈS.
Ins toutes ses entreprises, le roi d'Egypte Amasis, son ngagea à se défier de celte prospérité constante et à quelque chose à la jalousie des Dieux. H jeta à la mer ^nifique érneraude montée en or et gravée par le grand e Samos, Théodoros, fils de Téléclès. Quelques jours 1 pécheur ayant pris un énorme poisson, le lui apporte.
le remercie et Tinvite à souper: on ouvre le poisson rouve l'anneau d'or. Polycratès écrit le récit de celte ^e aventure à son ami Amasis, et celui-ci, persuadé que Bur inquiétant serait expié tôt ou tard, renonce à son de peur d'élre enveloppé dans sa ruine.
de Perse Cambysès, qui venait de succéder à son père réparait en ce moment une expédition contre l'Egypte, es avait la plus puissante marine de la Grèce; il saisit n de se venger d'Amasis en offrant à Cambysès le senne de ses escadres. 11 y fit embarquer ceux des Saont Topposilion le gênait et écrivit au roi de Perse de sorte qu'ils ne revinssent jamais à Samos. Mais ils n'alis jusqu'en Egypte ; résolus à retourner contre le tyran qu'il avait mise entre leurs mains, ils revinrent l'alta- ►lycralès avait pris la précaution d'enfermer dans Tars femmes et les enfants des citoyens, menaçant d'y 3 feu si le peuple favorisait les insurgés. Ceux-ci, battus sieurs combats, allèrent demander du secours à Sparte, ièrentleur situation, un peu trop longuement, à ce qu'il ^es Spartiates répondirent : « Nous avons oublié le cornlent de votre discours, cela nous empoche de comla On. » Ils revinrent avec un sac vide, en disant : « Notre plus de farine. » Les Spartiates accordèrent le secours ê, et les Corinthiens se joignirent à l'expédition. L'armée e essaya inutilement de prendre Samos et se retira tarante jours de siège. Les exilés Samiens, réduits à piraterie, attaquèrent Siphnos, petite île très riche par îs d'or et d'argent, dont les habitants se partageaient it. Ils lui imposèrent un tribut de cent talents, et après rcouru quelque temps le mer Egée, s'établirent à Kjdois lilc de Crète. Mais au bout de cinq ans, les Cretois it un secours naval des Aiginèies, qui réduisirent les
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MAIANDRIOS ET SYLOSON. 341
Samiens en esclavage. Quant à Polycratès, sa puissance paraissait plus solide que jamais et il songeait à étendre sa domination sur toute la Grèce d'Asie. Mais le satrape de Lydie, Oroitès, qui le haïssait pour une raison inconnue, Tattira dans un piège. Il se disait disgracié par Cambysès et demandait & Pôlycratès de le protéger, en lui promettante moitié de ses trésors. Malgré les conseils de ses amis et les pressentiments funestes de sa fille, Pôlycratès se rendit en Lydie. Oroitès le fit mettre en croix, dans Tunique but de satisfaire une vengeance personnelle, car il n'essaya même pas de s'emparer de Samos. « Ce fut là, dit Hérodote, qu'aboutirent les prospérités de Pôlycratès, comme lui avait prédit Amasis. »
Maiandrios.— Syloson. — Ruine deSamos. — Avant de quitter Samos, Pôlycratès avait laissé le gouvernement à son secrétaire Maiandrios. Â la nouvelle de sa mort, Maiandrios éleva un autel à Zeus libérateur, assembla les citoyens et leur dit : « Pôlycratès m*a confié son autorité et je pourrais la conserver. Mais je ne ferai Jamais ce que je condamne dans un autre ; je Tai blâmé de s'être rendu maître de ses égaux, je ne l'imiterai pas. Je me démets de la puissance souveraine et je rétablis l'égalité. Je demande seulement, comme cela est juste, six talents du trésor de Pôlycratès et le sacerdoce de Zeus libérateur. » Alors un Samien se leva et lui dit : • Tu n'es pas digne de nous commander, car tu n'es qu'un homme de peu et un misérable. Songe plutôt à rendre compte de l'argent que tu as eu entre les mains. )> 11 vit qu'il y avait du danger à être honnête; il rentra dans la citadelle en disant qu'il allait préparer ses comptes, puis il fit appeler, pour les vérifier, celui qui l'avait interpellé, et ensuite, l'un après l'autre, ceux qui lui paraissaient hostiles, et les retint prisonniers. Quelque temps après il tomba malade et son frère Lycaretos les fit mourir. 11 semble, dit Hérodote, que les Samiens ne voulaient pas être libres.
Syloson, frère de Pôlycratès, qui l'avait d'abord associé à la tyrannie, puis exilé de Samos^ s'était engagé, comme bien d'autres Grecs, dans l'armée de Cambysès pour y chercher fortune. Comme il se promenait un jour sur la place de Memphis avec un manteau d'écarlate, un soldat de la garde royale admire ce manteau et le prie de le lui vendre. « Je ne le ven-
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342 UUIiNE DE SAMOS.
drais à aucun prix, répond Syloson, mais je te le donne. » Quelques années après il apprend que, par suite d'une révolution, ce soldat, nommé Dareios, fils d'Hystaspès, est devenu roi des Perses. Il se présente à la cour et demande une audience en disant qu'il a jadis obligé le roi. 11 est introduit, rappelle l'histoire du manteau et le roi voulant reconnaître le service rendu au simple soldat, lui offre de l'or et de l'argent à profusion. « Je ne demande ni or ni argent, dit Syloson, je demande que ma patrie me soit rendue. Depuis qu'Oroitès a fait mourir mon frère Polycratès, un de nos esclaves s'est emparé de Samos. Rends-la-moi sans effusion de^sang et ne permets pas qu'elle soit réduite en servitude. » Le roi fait droit à cette demande et charge Otanès, un de ceux qui l'avaient aidé à monter sur le trône, de partir pour Samos avec une armée et de faire tout ce que Syloson lui demanderait.
En voyant arriver cette armée, Maiandrios jugea toute résistance inutile et déclara qu'il était prêt à capituler et à sortir de l'île. Mais il avait un frère nommé Gharilaos, homme violent et un peu fou, qu'il avait fait enfermer pour quelque faute. De la fenêtre de sa prison, Gharilaos vit des officiers perses tranquillement assis devant le cidadelle ; alors, s'emporlant contre son frère: • 0 lâche, luidit il, tu me retiens enchaîné, moi qui n'ai rien fait, et tu n'oses pas le venger de ceux qui te chassent de chez toi. Donne-moi tes troupes auxiliaires, et les Perses se repentiront d'être venus ici. » Maiandrios, qui n'était pas fâché d'attirer des embarras à Syloson et aux Samiens, permit à son frère de faire ce qu'il voudrait. Puis il sortit de la forteresse par un passage souterrain et s'embarqua pour Sparte. Là, il fit voir au roi Gléoménès les vases d'or et d'argent qu'il avait emportés et l'invita à faire un choix. Mais Gléoménès alla trouver les Éphores : « 11 est de l'intérêt de la république, leur dit-il, de chasser cet étranger, de peur qu'il ne me corrompe et d'autres citoyens aussi. » Maiandrios reçut l'ordre de sortir du Péloponnèse. Quant à Gharilaos, aussitôt après le départ de son frère, il avait égorgé les officiers perses qui s'étaient installés dans la ville sur la foi de la capitulation. A la vue de ce carnage, Otanès oublia l'ordre qu'il avait reçu de prendre Samos sans effusion de sang : il commanda à ses soldats de faire main
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