COALITION CONTRE ATHÈNES
Asôpos. Les Aîginètes répondirent en envoyarit aux Thêbains les statues des héros Aiakides, Télamon et Pêleus. Gela n'empêcha pas les Thêbains d'être battus; ils renvoyèrent les héros à Aigine en demandant un secours moins mythologique. Les Aiginètes avaient eu d'anciens démêlés avec les Athéniens h Toccasion d'Ëpidaure ; ils expédièrent sans déclaration préalable des galères armées pour ravager les côtes de TAtlique, causant partout de grands dommages. Quoique les Athéniens n'eussent pas encore de flotte, ils se préparaient à user de représailles, mais un danger nouveau sollicita leur attention.
Les Spartiates commençaient à soupçonner qu'en aidant à renverser les Pisistratides ils avaient été dupes d'une manœuvre ; Cléoménès disait avoir trouvé dans l'Acropole d'Athènes des oracles annonçant que Sparte aurait un jour à soulTrir de la puissance des Athéniens. Ils firent venir Hippias de Sigeion, décidés à le rétablir. Pour n'être pas exposés à une défection de leurs alliés péloponnésiens, ils les convoquèrent à un congrès où Hippias était présent. Us exprimèrent le regret de l'avoir détrôné, et engagèrent leurs alliés à une restauration de la tyrannie pour réprimer l'insolence des Athéniens. Mais cette proposition souleva une réprobation unanime parmi les alliés : « Sûrement, ditSosiclès, député deCorinthe, le ciel et la terre vont changer de place, puisque les Spartiates proposent d'imposer aux villes libres le gouvernement injuste et sanguinaire d'un tyran. Nous savons ce que c'est, nous qui avons été soumis aux Kypsélides. Essayez-en d'abord avant de l'établir chei les autres, et si vous persistez, sachez que les Corinthiens ne vous aideront pas. » Tout le monde applaudit; les Spartiates durent renoncer à leur projet, et Hippias, après avoir prédit aux Corinthiens les maux que leur causerait la démocratie d'Athènes, retourna en Asie pour essayer d'intéresser le grand roi à sa cause et l'exciter à faire la guerre aux Athéniens.
Après avoir raconté les luttes de la démocratie naissante contre tant d'ennemis conjurés, Hérodote fait cette réflexion : « On pourrait prouver de mille manières que Tégalité entre les citoyens est le gouvernement le plus avantageux : cet exemple seul le démontre. Tant que les Athéniens restèrent