LES PERSES EN THRACE ET EN MACÉDOINE
rendu la liberté. Quant à celui qui était votre maître, nous allons le traiter de manière qu'il ne fasse plus la guerre à personne. » Les chefs délibérèrent: TAthénien Miltiade, tyran de la Ghersonnèse de THellespont, fut d*avis de saisir cette occasion pour rendre la liberté à Tlonie: mais Histiaios, tyran de Milel, s'y opposa. Il représenta aux autres tyrans que, si la puissance de Dareios était détruite, eux- mômes perdraient leur autorité, les villes préférant toutes la démocratie à la tyrannie. Cette opinion prévalut et on prit la résolution de sauver Dareios, ce qui fit dire aux Scythes que les Ioniens étaient les plus lâches des hommes libres, mais les plus fidèles des esclaves.
Conquête de la Thrace et de la Macédoine par les Perses. — Les Scythes avaient opposé à Dareios la tactique employée plus tard par les Russes contre Napoléon : ils dévastaient les campagnes et se reliraient avec leurs familles et leurs troupeaux vers les régions du Nord, en évitant de livrer bataille à l'ennemi. Quand il eut repassé l'Islros après une retraite désastreuse, Dareios avait cependant encore une armée considérable ; il la laissa en Europe sous le commandement de Mégabaze et retourna en Asie. 11 voulut alors récompenser Goès de Mitylène et Histiaios de Milet auxquels il devait son salut. Goès demanda et obtint la tyrannie de Mitylène, Histiaios le territoire de Myrkine, dans le pays des Thraces Édoniens, où il voulait fonder une ville. Mégabaze acheva la conquête de la Thrace et des cités grecques de l'Hellespont en commençant par Périnthe, puis, traversant le Slrymon,il soumit les Paiônes, dont une partie fut transportée en Asie. Au sud de la Paionie était la Macédoine, qui devait avoir plus tard tant d'importance dans l'histoire grecque. La famille royale de ce pays se prétendait issue des rois Hèracléides d'Argos. Mégabaze envoya sept Perses de distinction au roi Amyntas pour lui demander la terre et l'eau. Amyntas consentit à devenir vassal de Dareios et offrit un banquet aux ambassadeurs. Ceux-ci, échaufi*és par le vin, exigèrent que le roi, contrairement aux usages grecs, introduisît les femmes de sa famille dans la salle du festin, et les traitèrent grossièrement. Le roi n'osa rien dire, mais son fils Alexandre prit un prétexte pour éloigner les femmes et
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