‹ Histoire des GrecsChapitre 142 sur 202 · MEURTRE DES ENVOYÉS DU BOL · texte numérisé non relu

MEURTRE DES ENVOYÉS DU BOL

tait encore de tribus indépendantes en Macédoine. Mais en doublant le mont Athos, la flotte fut assaillie par une effroyable tempête qui détruisit trois cents vaisseaux; vingt mille hommes furent noyés ou broyés contre les rochersr En même temps, l'armée de terre, attaquée la nuit par les ThracesBryges, perdit beaucoup de monde, et Mardonios lui-même fut blessé. Il put tirer vengeance de cette agression en soumettant les Bryges, mais ses deux armées étaient trop affaiblies pour aller plus loin : il fallut retourner en Asie.

Le roi demande aux Grecs la terre et Tean. — Ces désastres ne changèrent pas la détermination de Dareios ; pendant qu'il préparait de nouveaux armements, il envoya des hérauts dans toutes les parties de la Grèce pour demander la terre et Teau. La terreur qu'inspiraient les Perses depuis la récente conquête de l'Ionie, fit accueillir cette demande par plusieurs peuples du continent qu'Hérodote ne désigne pas, probablement les Thessaliens et les Thébains, et par tous les habitants des îles, même les Aiginètes, qui avaient, à cette époque, la plus puissante marine de la Grèce. Mais à Athènes et à Sparte, les envoyés du roi de Perse furent mis à mort. Selon Pausanias, les Athéniens avaient été poussés à cette violation du droit des gens par Miltiada. Les Lakédaimoniens, joignant la raillerie à la violence, jetèrent les ambassadeurs dans un puits, en leur disant qu'ils y trouveraient la terre et Teau. Un pareil acte, dont les Spartiates se repentirent plus tard, les mettait, à l'égard du roi des Perses, dans le même état d'hostilité implacable qu'Athènes et Érétrie. Les Athéniens portèrent plainte à Sparte contre les Aiginètes pour avoir donné la terre et l'eau, les accusant d'avoir agi ainsi par inimitié contre Athènes, pour envahir l'Attique avec l'aide des Perses, et représentant celte conduite comme une trahison envers la Grèce. On voit se produire alors pour la première fois l'idée d'une nation hellénique, et, en même temps, la suzeraineté de Sparte est reconnue par les Athéniens, qui, plus tard, devaient la lui disputer. Les Spartiates forcèrent les Aiginètes à livrer dix de leurs citoyens comme otages aux Athéniens. 11 en résulta une suite d'hostilités entre Athènes et Aigine, pendant que les Perses préparaient une expédition contre la Grèce d'Europe

356 RUINE D'ÉRÉTRIE.

Expédition de Datii dt d*At*taphefne . — Httiiie â'ÉSrétrie. — Celle expédilion fui conduite par le mède Datis et par Arlaphetne, neveu de Dareios et fils d'Artapherne, satrape de Lydie. Une flotte de 600 trirèmes avec des vaisseaux de transport pour les chevaux, embarqua sur les côtes de Kilikie une armée de il 0,000 hommes, fil voile de là vers l'Ionie, et, pour n'avoir pas à doubler le mont Atlios, qui avait été si funeste h la flotte de Mardonios, prit à travers les lies par la mer Icarienne. Il fallait d'abord punir Naxos de FalTront infligé à la flotte perse conduite par Aristagoras. Les Naxiens s'enfuirent dans les montagnes. Les Perses réduisirent en esclavage tous ceux qui leur tombèrent entre les mains et mirent le feu à la ville et aux temples. Les Dèliens s'étaient réfugiés à Ténos ; Datis leur fit dire qu'il avait ordre de respecter l'tle sainte où étaient nés Apollon et Artémis. Il est probable qu'il agit ainsi par égard pour les Ioniens qui étaient dans son armée. Il poursuivit sa course sans résistance à travers les îles, demandant à chacune des renforts et prenant les enfants comme otages. Il aborda enfin à Garystos, sur la pointe septentrionale de Tile d'Euboia. Les Carystiens, refusant de marcher contre leurs frères d'Érétrie et d'Athènes, leur territoire fut ravagé et ils furent obligés de se soumettre. Les quatre mille Athéniens récemment établis sur les terres des Hippobotes de Chalkis se disposaient à secourir les Érétriens, niais ceux-ci étaient divisés et irrésolus ; les uns voulaient se retirer dans les montagnes, les autres, ne considérant que leur avantage particulier et les récompenses qu'ils espéraient des Perses, se préparaient à trahir la patrie. Les Athéniens, avertis de ces dispositions par un citoyen de la ville, se retirèrent à Oropos. Érétrie essaya de se défendre, mais, au bout de six jours, deux des principaux citoyens la livrèrent à l'ennemi. Les Perses la pillèrent, mirent le feu aux temples pour venger l'incendie de Sardes, et réduisirent le» habitants en esclavage, selon les ordres de Dareios. Ensuite ils remirent à la voile. Le vieux tyran Hippias, qui les accompagnait, les fit débarquer à Marathon, le lie^de l'Atlique le plus commode pour la cavalerie.

MUtiade. — Préparatifs des Athéniens, secours demandés anx Spartiates. — A la nouvelle de ce débarque-

Page 1