‹ Histoire des GrecsChapitre 157 sur 202 · BATAILLE DE SALAMINE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE SALAMINE

tenlionné pour le roi, et qui préfère le succès de vos armes à celui des Grecs, m'a dépêché vers vous à leur insu, avec ordre de vous dire que les Grecs effrayés délibèrent s'ils ne prendront pas la fuite. L'occasion d'un éclatant succès vous est offerte, ne la laissez pas échapper par négligence. 11 ne sont pas d'acord entre eux, et au lieu de résister, vous verrez les deux partis aux prises l'un contre l'autre et se détruire réciproquement. > Cet avis donné, Sikinnos se retira. Aussitôt les Perses firent occuper à l'est et à l'ouest les deux issues du détroit qui sépare Salamine de l'Attique. En môme temps ils firent passer un corps de troupes dans la petite lie de Psyttalie située à l'entrée du côté oriental, où devait se livrer la bataille, pour recueillir leurs blessés et tuer ceux des Grecs qui viendraient s'y réfugier. Ces dispositions furent prises la nuit, pendant que les chefs de la flotte grecque délibéraient encore. Thémistocle était rentré au conseil ; un homme le fit appeler. C'était Aristide, son ancien rival, qui avait été banni par une sentence d'ostrakisme, quoiqu'il fût, dit Hérodote, un homme de bien et très juste. « Thémistocle, lui dit-il, remettons nos querelles à un autre temps et disputons à qui servira le mieux la patrie. 11 n'est plus temps de discuter si ou quittera ou non Salamine, nous sommes cernés, j'en suis témoin oculaire. » — « Je le sais, dit Thémistocle, et les Perses n'ont agi qu'à mon instigation. » Aristide introduit dans le conseil dit aux capitaines qu'il arrive d'Aigine, qu'il a eu grand'peine à traverser la flotte des Perses, et leur conseille de se mettre en défense. On ne voulait pas le croire, mais la nouvelle fut confirmée par un vaisseau de Téoos qui avait quitté la flotte du roi pour se joindre à celle des Grecs.

Bataille de Salamine. — La bataille commença aux premières lueurs du matin. Un trône avait été dressé pour Xerxès sur une éminence aux pieds du mont Aigaleos. La veille, un vaisseau grec avait été chercher les statues des héros Aiakides, protecteurs d'Aigine et de Salamine ; ce fut ce vaisseau qui, à son retour, engagea le combat, au dire des Aiginètes ; selon les Athéniens, ce fut un de leurs vaisseaux commandé par Ameinias, frère de Kynègeiros et du poète Aischy le. « Les Phé- L. M. — HiST. DU Grecs. 23

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