‹ Histoire des GrecsChapitre 163 sur 202 · LES ARMÉES EN PRÉSENCE · texte numérisé non relu

LES ARMÉES EN PRÉSENCE

Ils allèrent s'y ranger par nations, Pausanias occupant l'aile droite avec les Spartiates. Les Tégéatos et les Athéniens se disputaient l'honneur d'occuper l'aile gauche; on rappelait de part et d'autre les exploits des aïeux : Tégéa ceux du héros Echémos qui avait vaincu Hyllos fils d'Héraclès, Athènes la victoire de Théseus sur les Amazones. « Laissons là ces questions de préséance, dit Aristide; que les Spartiates décident, et en quelque lieu que nous soyons placés, nous en ferons un poste d'honneur. » Les Spartiates ^e prononcèrent par acclamation en faveur des Athéniens. Mardonios, s'apercevant du mouvement des Grecs, fit avancer ses troupes le long de l'Asopos. Il se plaça avec les Perses et les Mëdes à l'aile gauche, en face des Lakédaimoniens, et opposa aux Athéniens ses auxiliaires Grecs. Pendant huit jours les armées restèrent en présence ; de part et d'autre les devins menaçaient d'une défaite le parti qui engagerait l'action. Les Grecs étaient harcelés par la cavalerie ennemie, mais ils recevaient tous les jours des renforts et des vivres, tandis que les provisions des Perses s'épuisaient. Sur l'avis du Thébain Timagenidas, un détachement de cavaliers perses garda pendant la nuit les passages du Kithairon et surprit un convoi de 500 bêtes de charge venant du Péloponnèse. Artabaze, le premier des Perses après Mardonios, était d'avis de se rapprocher de Thèbes où on avait fait porter des vivres et des fourrages, et de semer la division entre les Grecs en corrompant les principaux chefs. Plutarque rapporte qu'en ce moment même il y avait parmi les hoplites Athéniens des jeunes gens de grandes familles qui conspiraient pour établir, avec l'appui de l'étranger, une oligarchie comme celle de Thèbes. Aristide découvrit le complot, mais il étouffa l'affaire, craignant un éclat en présence de l'ennemi. Les Thébains, zélés partisans des Perses, appuyaientl'avis d'Artabaze et soutenaient qu'en ne ménageant pas l'argent on pourrait terminer la guerre sans combat. Mais Mardonios, confiant dans la supériorité de ses troupes, était impatient d'en finir; au-dessus des augures, il y avait, disait-il, la vieille coutume des Perses, qui ordonnait de combattre l'ennemi. Il décida que la bataille serait livrée le lendemain.

Pendant la nuit^ Alexandre de Macédoine vint avertir les

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