‹ Histoire des GrecsChapitre 180 sur 202 · RÉVOLTE DES MESSÉNIENS · texte numérisé non relu

RÉVOLTE DES MESSÉNIENS

jaloux des progrès de la puissance athénienne, promirent secrètement leur assistance aux Thasiens, mais un tremblement de terre qui survint à cette époque les empêcha de tenir cette promesse. Vingt mille personnes périrent, selon Dîodore, et il ne resta que cinq maisons debout à Sparte (464). Les Hilotes, les Messéniens et quelques-uns des Périœkes profitèrent de ce désastre pour se soulever. Ils ne purent s'emparer de la ville, grâce à Ténergie du roi Archidamos qui avait mis tout le peuple en armes, mais ils se retirèrent dans la forteresse d'Ithômè où ils se défendirent pendant dix ans : c'est ce qu'on a nommé la troisième guerre de Messénie. Quant aux Thasiens, après trois ans de siège, ils se rendirent aux Athéniens qui les obligèrent à détruire leurs murailles, à livrer leurs vaisseaux, leurs possessions sur le continent avec leurs mines d'or, et à payer , une forte amende et un tribut annuel (463).

Siège d^Ithômè. — Renvoi des troupes athéniennes. — Le peuple ne fut pas satisfait delà conduite de Kimon dans la campagne de Thrace ; on disait qu'il aurait pu s'emparer de la Macédoine et on l'accusa de s'être laissé gagné par les présents du roi Alexandre. Cependant Périclès, touché, dit-on, par les prières d'Elpinikè, sœur de Kimon, soutint mollement l'accusation, et il fut absous. Mais son crédit baissa. On lui reprochait surtout son attachement pour les Spartiates ; il les proposait souvent pour modèle ; il admirait leur discipline militaire et leurs institutions aristocratiques, et il croyait en outre que l'alliance avec Sparte était nécessaire pour continuer énergiquement la guerre contre les Perses. Mais d'autre part, ceux qui rêvaient pour Athènes le commandement général de la Grèce ne voyaient dans les Spartiates que des rivaux à supplanter. La question ne tarda pas à se poser devant le 'peuple. Les Spartiates, ne pouvant venir à bout de réduire les Messéniens retranchés dansUhômè, demandèrent du secours à leurs alliés, et en particulier aux Athéniens qui passaient pour plus habiles qu'eux dans l'art des sièges. Éphialtès protesta énergiquement contre cette demande ; il fallait, disait-il, fouler aux pieds l'orgueil de Sparte et la laisser enseveUe sous ses ruines. Kimon fit appel au sentiment panhellénique : « On ne peut pas,s*écria-t-il, laisser la Grèce boiteuse. » Son opinion prévalut et le secours fut

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L»AREIOPAGE AMOINDRI. 425

envoyé. Mais quand les Athéniens furent arrivés devant Ithômè, les Spartiates conçurent des craintes qui n'étaient peut-être pas sans fondement. « Voyant, dit Thucydide, que la place n'était pas enlevée de vive force, ils craignirent l'humeur audacieuse des Athéniens et leur caractère remuant. Ils ne les regardaient pas comme un peuple de leur race, et ils appréhendaient que, pendant leur séjour devant Ithômè, ils ne se laissassent gagner par ceux qui y étaient renfermés et ne causassent quelque révolution. Ce furent les seuls des alliés qu'ils renvoyèrent, sans manifester cependant leurs soupçons, mais en déclarant qu'ils n'avaient plus besoin de leur secours.»

L'Areiopage amoindri. Exil de Kimon. Assassinat d*Ëphialtès. — C'était un aflFront pour Athènes et un grave échec pour le parti conservateur dont Kimon était le chef. Il y eut un revirement dans l'opinion publique. Éphialtès, soutenu par Périclès, attaqua résolument l'Areiopage, la plus ancienne des institutions d'Athènes et le dernier rempart de l'aristocratie. Tandis que toutes les autres fonctions étaient temporaires, l'Areiopage, composé d'anciens archontes, formait un corps inamovible et par conséquent irresponsable et hostile à toutes les innovations. Les Athéniens étaient trop attachés à leurs traditions pour supprimer une magistrature antérieure à la constitution de Solon et qu'avaient respectée les réformes de Cleisthénès. La lutte fut très vive. Dans les EuménideSy qui forment la dernière partie de sa magnifique trilogie d'Ore^tèSf le vieil Aischyle rappela au peuple l'origine sacrée de l'Areiopage, ce tribunal auguste, institué jadis par Athènè pour juger un cas de conscience si difficile qu'elle-même, la Sagesse divine, n'osait pas se prononcer. Mais, sans détruire l'Areiopage, on pouvait annuler son influence. Éphialtès et Périclès lui enlevèrent quelques-unes de ses attributions administratives et judiciaires, on ne sait pas exactement lesquelles. Kimon, qui s'opposait à ce changement, fut banni par un vote d'ostrakisme. Quelque temps après, Éphialtès fut assassiné par un homme de Tanagra soudoyé par les aristocrates. Il s'était fait beaucoup d'ennemis par son ardeur à poursuivre les magistrats corrompus ou injustes. Son honnêteté est attestée par Plutarque, en général peu favorable au parti populaire. Éphialtès offre un de^

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