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EMBELLISSEMENTS D'ATHÈNES

terrain nu et aride de l'Académie, il fit un parc arrosé de fontaines, avec des champs de courses et de frais ombrages. )» Parmi ces promenades publiques il faut citer le Portique des peintures, irctxtXr. oroà, décoré de peintures par Polygnote de Thasos, Micon, Farcbitecte du temple deThèseus, etPanainos, frère de Phidias. Polygnote représenta la ruine de Troie, sujet qu'il traita plus tard dans la Leschè de Delphes. Micon peignit les combats des Athéniens contre les Amazones, et Panainos la bataille de Marathon. Selon Pline, on reconnaissait, parmi les Athéniens, Callimachos, Miltiade, et Kynègeiros, frère d'Aiscbyle; parmi les Barbares, Datis et Artapberne. Le petit temple ionique de la Victoire sans ailes, dont les ruines subsis* tent encore, parait avoir été élevé à Toccasion des victoires de Kimonsurles Perses. Les sculptures delà frise, dont une partie est au British Muséum, se rapprochent par le style de celles du Thèseion. Sur la balustrade qui entourait le temple, il reste quelques débris de bas-reliefs d'un autre caractère, une Victoire montant sur un char, une autre ôtant ses sandales; on les croit de l'époque de Praxitèle.

Libéralité de Kimon. — Les temples, les portiques, les gymnases, les jardins publics^ qui formaient le patrimoine commun du peuple^ contrastaient par leur élégance avec la simplicité des demeures particulières. 11 y avait peu de luxe dans la vie privée. La disproportion des fortunes n'était pas très grande, surtout dans les premiers temps qui suivirent l'invasion des Mèdes. Les riches consacraient leur argent aux embellissements de la ville, aux besoins du peuple, à son édu* cation, à ses fêles nationales, et n'avaient garde de mépriser le peuple, qui disposait des fonctions publiques ; ces fonctions, quoique purement honorifiques, n'en étaient pas moins recherchées. Toute misère était bientôt soulagée, car la bienfaisance, qui corrige les inégalités sociales, est la vertu des hommes libres, comme l'indiqué le mot môme de libéralité. Kimon, qui s'était enrichi par ses victoires sur les Perses, où il avait reçu, comme général, une part de butin, faisait de ses biens un noble usage. Il avait abattu la clôture de ses champs et de ses vergers pour permettre à tout le monde d'en cueillir les fruits. Il y avait tous les jours chez lui un souper simple mais

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SIÈGE DE THâSOB. 423

suffisant pour un grand nombre de convives, et tous ceux qui se présentaient étaient admis. Quand il sortait, des domestiques le suivaient, portant de bons manteaux qu'ils déposaient en silence sur les épaules des vieillards indigents. Cette générosité n'était pas dangereuse pour la.morale publique, car nul ne peut songer à corrompre tout une nation ; cependant elle augmentait le crédit du parti dont Kimon était le chef. Ses adversaires politiques, Ephialtès et le jeune Périclès, fils de Xanthipposi n'étant pas assez riches pour lutter de popularité sur ce terrain-là, cherchaient des moyens d'augmenter la puissance du peuple, ce qui n'était pas facile, car elle était à peu près illimitée. Ces rivalités tournaient au profit de la démocratie. Les dignités étant gratuites, l'ambition n'était que le désir légitime de servir la patrie. Les plus illustres familles se disputaient la faveur du peuple. Il la leur accordait sans jalousie ; quelle gloire ne se perdait dans la sienne? Le soleil n'est pas jaloux d'un de ses rayons. La démocratie avait ses nobles pour la servir, comme Louis XIV a eu les siens ; mais la dignité des Eupatrides n'avait pas à souffrir de cette déférence, car le peuple pouvait dire sans métaphore : « L^État, c'est moi. »

Sié§pe de Thasos. — Tremblement de terre à Sparte. — Révolte des Messéniens. — Les victoires des Athéniens les avaient rendus maîtres de la mer Egée ; ils voulurent assurer leur domination maritime par des colonies. Dix mille hommes, recrutés tant parmi eux que parmi leurs alliés, s'établirent aux Neuf- Voies, entre les deux branches du Strymon, au-dessus d'Eion. Mais la nouvelle colonie eut à lutter à la fois contre les Thraces Ëdoniens, qui habitaient le pays, et contre les Thasiens qui revendiquaient la propriété des mines d'or de Scaptè Hylè. Les colons s'étant avancés dans l'intérieur de la Thrace, furent en grande partie exterminés pas les Ëdoniens. Pendant ce temps, les Thasiens, battus par une flotte athénienne et assiégés dans leur lie, demandèrent aux Spartiates de faire une diversion en leur faveur en se jetant sur l'Attique. L'alliance qui avait été contractée entre Sparte et Athènes au temps de l'invasion de Xerxës subsistait encore ; cependant, suivant l'assertion de Thucydide qui n'est peut-être que l'écho d'un bruit répandu à Athènes de son temps, les Spartiates,

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