‹ Histoire des GrecsChapitre 182 sur 202 · COALITION CONTRE SPARTE · texte numérisé non relu

COALITION CONTRE SPARTE

toujours électives et gratuites, notamment la plus importante, celle des Stratèges ou généraux, et quelques charges très onéreuses qu'on imposait aux riches et qu'on nommait Liturgies, par exemple celle des Triérarques, qui équipaient à leurs frais les navires de TÉtat, celles des Chorèges qui payaient les représentations dramatiques et musicales. Nous disons souvent que nos institutions sont démocratiques : cela ferait rire les Athéniens, qui ont inventé le mot et la chose. Leur système d'impôts sur les hauts fonctionnaires et de rétribution égalitaire pour l'exercice des devoirs civiques est exactement le contre-pied de cette échelle hiérarchique de traitements que nous avons empruntée au bas-empire romain sous prétexte de démocratie.

Essai de coalition contre Sparte. — En même temps qu'ils introduisaient de graves changements dans leur constitution intérieure, les Athéniens inauguraient dans leurs relations extérieures une politique nouvelle. Tant qu'avait duré la guerre contre les Barbares, il avait fallu sacrifier l'intérêt particulier d'Athènes à l'intérêt général de la Grèce, et pour cela ménager les Spartiates, chefs reconnus du corps hellénique. Maintenant les Perses n'étaient plus à craindre, les Grecs d'Asie étaient délivrés, et Athènes, déjà à la tête d'une grande fédération maritime, pouvait aspirer à prendre, dans la Grèce d'Europe, une prépondérance que les Spartiates, occupés de leur guerre de Messénie, n'étaient pas en état de lui disputer. Telle était l'ambition du parti démocratique dirigé parPériclès. L'impertinence avec laquelle les Spartiates venaient de refuser un secours qu'euxmômes avaient demandé fournit une occasion d'abjurer leur alliance et d'en contracter une avec leurs ennemis héréditaires les Argeiens. On fit entrer les Thessaliens dans cette nouvelle ligue. Les Mégariens, qui se trouvaient alors en querelle avec les Corinthiens pour leurs limites réciproques, s'adressèrent aux Athéniens, qui les reçurent avec empressement dans leur alliance. Le territoire de Mégare, quoique très exigu, avait, au point de vue stratégique, une importance capitale. Les défilés de Gérania étaient l'entrée et la sortie du Péloponnèse ; la Mégaris était donc la clef de l'Attique, et géographiquement elle en faisait partie. Le port de Pègai ouvrait aux Athéniens le golfe

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